La famille de Gontaut-Biron est une des plus anciennes familles subsistantes de la noblesse française, originaire de l'Agenais puis fixée en Périgord, dont la filiation prouvée remonte à 1147. Elle a notamment donné quatre maréchaux de France, un amiral de France, 12 lieutenants généraux des armées, un grand maître de l'artillerie de France, plusieurs gouverneurs, etc.

Elle se divisa en plusieurs branches (Badefol, Saint-Geniès, Hautefort, Cabrères et Biron) dont seule subsiste celle de Biron-Saint-Blancard titrée comte de l'Empire en 1811.

La baronnie de Biron, l'une des quatre baronnies du Périgord, sera érigée deux fois en duché: de 1598 à 1602 et de 1723 à 1793.

Au , la famille de Gontaut fut admise douze fois aux Honneurs de la Cour et sa branche de Hautefort sept fois.

Histoire La famille de Gontaut parait avoir tiré son nom de la baronnie de Gontaud (sénéchaussée d'AgenBulletin héraldique de France ou Revue historique de la noblesse, Volume 1, Société héraldique et généalogique de France, 1879, page 659.) dont elle conserva une grande partie de la seigneurie jusqu'en 1394Bruno d'Angelo, Les seigneurs de Gontaud, in Revue de l'Agenais, tome 147, janvier-mars 2020, page 16..

Gontaldus, qui fit don d'un terrain à l'abbaye de Cadouin en 926Yvon Lamy, L'alchimie du patrimoine, Publications de la Maison des sciences de l'homme d'Aquitaine, 1996, page 315., est donné comme un des premiers membres de la famille de Gontaut qui prouve sa filiation depuis 1147, année du décès de Vital de Gontaut. Son fils, Gaston de Gontaut, seigneur de Badefol, épouse la fille de Guillaume de Biron, dont les terres sont situées en Dordogne.

Au , il ne subsiste que la branche dite de Biron-Saint-Blancard, adhèrente de l'Association d'entraide de la Noblesse française depuis 1934 (une autre branche subsisterait en Belgique).

Souche commune

Branche de Gontaut-Biron

Branche cadette de Saint-Blancard (subsistante) Cette branche issue de la branche de Gontaut-Biron a pour auteur le frère cadet de Charles de Gontaut (1562-1602), premier duc de Biron, Armand de Gontaut-Biron, baron de Saint-Blancard et de Chef-Boutonne, gentilhomme de la chambre du roi, capitaine de 50 Ordonnances, marié en 1615 à Hippolyte de Lauzières.

Branche cadette de Saint-Geniès (éteinte en 1793) La branche de Saint-Geniès, issue des seigneurs de Badefol, par le mariage de Jeanne de Salignac, dame de Saint-Geniès, mariée à Richard de Gontaut, seigneur de Badefol. Elle a une filiation prouvée qui remonte à Pierre de Gontaut, seigneur de Badefol mort en 1433. Elle s'est éteinte en 1793 avec Charles-Félix Nicolas de Gontaut dit le comte de Gontaut-Saint-Geniès.

Branche cadette de Hautefort (éteinte en 1903) Les Hautefort sont une branche de la famille de GontautJ.-B. de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France, des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume, et des Maisons princières de l'Europe, précédée de la généalogie de la Maison de France, 1826, volume 7, page 68.. Ils ont pour auteur Pierre II de Gontaut, co-seigneur de Badefol, allié en 1303 avec Marguerite de Faye de BornHenri Jougla de Morenas, Grand armorial de France, volume 4, page 281..

Leurs armoiries, "D'or à trois forces de sable, les pointes en haut", sont distinctes de celles des Gontaut

En 1388, Hélie de Gontaut (mort en 1420) épouse Mathe [non pas Marthe] de Born, fille de Bertrand de Born et d'Alix de Calvignac, qui lui apporte la terre de Hautefort dont cette branche prendra les nom et armes. Leurs enfants écartèleront les armes des Gontaut avec celles des HautefortSimon Arbello, Hautefort : notice historique et descriptive, Monographies des châteaux de France, A. Barry, 1962, page 6.

La châtellenie d'Hautefort est érigée en marquisat en 1614 en faveur de François de Hautefort (1548-1640), comte de Montignac, seigneur de Thénon, la Mothe, la Borie, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, conseiller aux conseils d'état et privé. Son petit-fils, Jacques François de Hautefort, deuxième marquis de Hautefort, fait construire, dans la seconde moitié du , l'actuel château de Hautefort et meurt sans postérité en 1680. Sa sœur, Marie de Hautefort, maréchale et duchesse de Schomberg, est favorite du Roi Louis XIII. vignette|Louis Charles de Hautefort, lieutenant général des armées du Roi, par Jean Ranc Au milieu du , le mariage de leur frère, Gilles de Hautefort (I)Michel Vergé-Franceschi, La société française au siècle : tradition, innovation, ouverture, Fayard, 2006, page 165. , plus tard marquis de Hautefort (1612-1693), avec Marthe d'Estourmel fait entrer dans la famille la terre de Champien, en Picardie, avec un ensemble de seigneuries aux alentours, ainsi qu'en Normandie.

Quatre fils, notamment, sont issus de ce mariage, qui furent tous officiers généraux. L'aîné d'entre eux, François Marie de Hautefort (1654-1727), lieutenant général des armées du Roi, fut le marquis de Hautefort mais mourut sans postérité. Son frère, Louis Charles de Hautefort (1656-1721), aussi lieutenant-général des armées du Roi, était connu sous le titre de marquis de Surville et continua la lignée. Leur frère, Gilles de Hautefort (II), dit le comte de Hautefort (1666-1727), lieutenant-général des armées navales, mourut sans descendance. Leur frère, Gabriel de Hautefort, dit le chevalier de Hautefort, mort aussi sans descendance (1669-1743), fut également lieutenant-général des armées du Roi. vignette|Château (disparu) de Champien (Somme) De 1750 à 1753, Emmanuel Dieudonné de Hautefort, fils de Louis-Charles et marquis de Hautefort, est ambassadeur du Roi Louis XV auprès de la Cour d'Autriche.

Ses descendants se succèdent au château de Hautefort jusqu'en 1890 et au château de Champien jusqu'en 1877.

Cette branche s'est éteinte en 1903 avec Armand Alexandre Emmanuel d'Hautefort, général de brigade, commandeur de la Légion d'honneur et de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, qui eut uniquement une fille, Marie ou Gabrielle de Hautefort (1869-1897), mariée avec Fernand Stoffels. Ce dernier fut autorisé par décret présidentiel du à prendre le nom "Stoffels d'Hautefort"Nicolas-Philippe Piot, Noms-dits... (Philippe du Puy éditeur, Paris, 2009), nom que ses descendants portent toujours au siècle.

À partir de 1816, Adélaïde de Maillé de la Tour Landry ( - Paris , ), mariée en 1805 avec Jean-Louis Gustave de Hautefort, comte de Vaudre, dit le comte de Hautefort (mort le ), officier supérieur des gardes du corps, gentilhomme de la chambre du Roi, officier de la Légion d'honneur, est dame de compagnie de la duchesse de Berry, jusqu'au départ de celle-ci pour Palerme, en .

Personnalités

Branche de Gontaut Vianne de Gontaut Biron (1225-1280) ; Hélie de Gontaut-Hautefort (+1420), auteur de la branche de Gontaut-Hautefort ; Armand de Gontaut (vers 1462-1531), évêque de Sarlat, puis archevêque titulaire de Nazareth ; Pons de Gontaut-Biron (vers 1460-1524), gouverneur du Berry (1520-1524), qui aurait inspiré à Charles Perrault le personnage du petit Poucet ; Armand de Gontaut (1524-1592), maréchal de France ; Charles de Gontaut (1562-1602), 1er duc de Biron, maréchal de France ; Jean II de Gontaut (+1636) ; Charles-Armand de Gontaut (1663-1756), duc de Biron, maréchal de France ; Louis-Antoine de Gontaut (1701-1788), duc de Biron, maréchal de France ; Charles-Antoine de Gontaut (1708-1798), duc de Biron ; Armand-Louis de Gontaut, duc de Biron, duc de Lauzun, général, (1747-1793), fils du précédent ; Amélie de Boufflers, épouse du précédent, duchesse de Biron et duchesse de Lauzun (1751-1794) Joséphine de Montault (1772-1862), alors veuve de Charles Michel, vicomte de Gontaut Biron (1751-1826), gouvernante des Enfants de France, créée duchesse de Gontaut par ordonnance du Roi Charles X, le ; Seguin de Badefol ; Armand II de Gontaut (1771-1851), pair de France héréditaire (1815), puis marquis-pair héréditaire (1818) ; Henri II de Gontaut Biron (1802-1883), président du Jockey-Club de Paris de 1853 à 1883, son fils ; Aimé Charles Zacharie de Gontaut Biron (1776-1840), député, frère d'Armand II de Gontaut ; Elie de Gontaut Biron, fils du précédent (1817-1890), député puis sénateur, ambassadeur de France ; Joseph de Gontaut Biron, fils du précédent (1851-1924), député puis sénateur ; Bernard de Gontaut Biron, frère du précédent (1854-1939), secrétaire d'ambassade, député ; Roger de Gontaut Biron (1884-1944), historien.

Branche de Hautefort Louis-Charles de Hautefort, marquis de Surville, lieutenant-général des armées du Roi (1658-1721) ; Emmanuel Dieudonné de Hautefort, maréchal des camps et armées du Roi, ambassadeur à Vienne (1700-1777), fils du précédent ; Gilles de Hautefort (II), lieutenant-général des armées navales (1666-1743), frère de Louis-Charles ; Armand Alexandre Emmanuel de Hautefort, général, commandeur de la Légion d'honneur (1823-1903), arrière petit fils d'Emmanuel-Dieudonné.

Armes Écartelé d'or et de gueules, l'écu en bannière la branche de Gontaut-Hautefort porte d'abord au XVe siècle : Ecartelé, aux 1 et 4, d'or à trois forces de sable les pointes en haut ; aux 2 et 3, contre-écartelé d'or et de gueules. Puis, au XVIe siècle : D'or à trois forces de sable les pointes en haut, l'écu en bannière.

devise : Perit sed in armis (devise d'Armand de Gontaut, baron de Biron)Bulletin de la Société héraldique et généalogique de France, 1880-1881, , .

Titres La famille de Gontaut-Biron a porté des titres de baron associés à d'anciennes baronnies et des titres de courtoisie associés à différentes seigneuries sans qu'il y ait érection de titre par le roiBulletin de la Société héraldique et généalogique de France, Volume 2, pages-663-664.. La baronnie de Biron a porté le titre de marquisat de 1602 jusqu'en 1723 à l'érection en duché-pairieAnselme de Sainte-Marie, Histoire de la Maison Royale de France, et des grands officiers de la Couronne, 1726, page 115..

Titres réguliers qui ont fait l'objet d'une érection par un souverain : Duc de Biron en 1598 (éteint en 1602) et 1723 (éteint en 1793)Edouard de Barthélemy, Les ducs et les duchés français: avant et depuis 1789, 1867, pages 52-53. ; Marquis de Hautefort par lettres de 1614 (branche de Hautefort, éteint en 1903) ; Duc de Lauzun par brevet de 1766 (éteint en 1793) ; Comte de l'Empire par lettres patentes du et Albert Révérend, Titres, anoblissements et pairies de la restauration 1814-1830, Volume 3, H. Champion, 1903, pages 195-199. (subsistant)Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, Robert Laffont, 2007, page 94. Pair héréditaire par ordonnance du ; marquis-pair par ordonnance du et lettres patentes du Henri de Woelmont, Les marquis français, 1919, page 59. (éteint en 1883) ; Titre personnel de duchesse, par ordonnance du , en faveur de Joséphine de Montault de Navailles, gouvernante des enfants de France ; Le titre de marquis de Saint-Blancard est un titre qui fut porté aux Honneurs de la cour le ; Philippe du Puy de Clinchamps (Charondas) écrit dans À quel titre (1970) que les titres de marquis de Biron, marquis de Gontaut-Biron et marquis de Gontaut-Saint-Blancard sont des titres de courtoisiesCharondas, À quel titre, Les cahiers nobles, 1970..

Régis Valette dans son Catalogue de la noblesse française (2007) ne mentionne que le titre de comte de l'Empire de 1810 pour la branche subsistante de Gontaut-Biron, issue d'Armand de Gontaut, frère cadet du premier duc de Biron.

Patrimoine familial

Branche de Gontaut-Biron

Château de Biron (Dordogne, France) Château de Biron (Erezée, Belgique) Château de Saint Blancard Hôtel de Biron (abritant désormais le Musée Rodin à Paris) Château de Montgaillard Château de Montferrand-du-Périgord

Branche de Hautefort Château de Hautefort Château de Champien Château de l'Herm

Œuvres d’art et patrimoine artistique De nombreuses peintures et sculptures reflétant l’influence de la famille sont exposées au Château de Versailles.