Le château de Montboissier est un château français de style néoclassique situé dans l'actuelle commune de Montboissier, entre Chartres et Châteaudun, dans l'actuel département d'Eure-et-Loir et la région Centre-Val de Loire. Construit par l'architecte Nicolas Marie Potain à partir de 1772, il a été démoli dès 1795. Il n'en subsiste que quelques vestiges dont deux pavillons où François-René de Chateaubriand a passé un mois à l'été 1817 : ce séjour est évoqué dans l'un des plus célèbres passages des Mémoires d'outre-tombe, « la grive de Montboissier ».
Histoire Montboissier s’appelait autrefois Le Houssay (Husseium), simple hameau de Saint-Germain-lès-Alluyes, attesté bien avant l’année 1069. Le village fut érigé en paroisse le et ne prit le nom de Montboissier qu'en 1767.
Le domaine du Houssay, dont le plus ancien propriétaire connu est Marie Hertenant, fut vendu à Jean du Château, puis à la famille Mallier, aux environs de 1500. À la famille Mallier, appartenaient notamment Claude Mallier du Houssay, Marc Mallier du Houssay et François Mallier du Houssay, qui furent évêque. En 1627, la famille de Mallier fit ériger son fief du Houssay en paroisse autonome de celle de Saint Germain les Alluye, à laquelle il appartenait auparavant. Un château avait été bâti au Houssay entre la fin du et le début du . Il fut remplacé par un nouvel édifice sous Louis XIII, aux environs de 1630, dans le style caractéristique en brique et pierre de cette époque.
Marie de Mallier épousa en 1691 Louis Joseph de Maillé-Brézé en lui apportant le château du Houssay. Leur fille, Marie Anne Geneviève de Maillé-Brézé (1692-1742) épousa en 1711 Philippe Claude de Beaufort-Canillac (1671-1765), marquis de Montboissier, lieutenant général des armées du roi, d'une ancienne famille originaire d'Auvergne. Leur deuxième fils, Charles Henri Philippe de Beaufort-Canillac (1713-1751), dit le vicomte de Montboissier, épousa en 1748 Marie Charlotte Madeleine Boutin (†1782), issue d'une riche famille de financiersSon frère, Charles Robert Boutin, intendant des finances, devait faire construire le château de Herces à Berchères-sur-Vesgre par Denis Antoine.. En 1749, tous deux rachetèrent le château à l'aîné des fils du marquis de Montboissier, Philippe Claude de Beaufort-Canillac (1712-1797), dit le comte de Montboissier.
Après la mort de son époux, la vicomtesse de Montboissier obtint du roi, en 1767, l'érection de la seigneurie du Houssay en comté sous le nom de Montboissier-les-Alluyes au profit de son fils, Charles Philippe Simon de Montboissier-Beaufort-Canillac (1750-1802), baron de Montboissier. Le château ayant brûlé le , elle entreprit de le faire reconstruire, toujours en brique et pierre, par l'architecte du roi Nicolas Marie Potain, collaborateur d'Ange-Jacques GabrielOn trouve aux Archives nationales (T.342) les plans du château de Montboissier « projet exécuté sur les dessins du sieur Potain, architecte du roi »..
Après avoir été élu député aux États-généraux en 1789, le baron de Montboissier finit par émigrerV. Comte Paul de Leusse, Notes sur l'émigration de la baronne de Montboissier et de sa famille, Châteaudun, Société dunoise, 1935. ; sa demeure fut saisie comme bien national et vendue à trois reprises. Les deux premiers acquéreurs ne purent en régler le prix. À la troisième tentative, il fut adjugé à deux marchands de biens versaillais qui entreprirent, dès 1795, de le démolir pour en vendre les matériaux. Ceux-ci ont servi à bâtir plusieurs maisons de la région ainsi que, dit-on, l’église de Meslay-le-Vidame, construite vers 1800.
En novembre 1805, l'ancienne propriétaire, la baronne de Montboissier, née Françoise Pauline de Lamoignon de Malesherbes (1758-1827), fille de Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, racheta ce qui restait de la propriété.
François-René de Chateaubriand et sa femme y séjournèrent, dans le Pavillon des Roses, du au . Ils étaient les invités de la baronne de Montboissier et de l'aînée de ses cinq filles, Charlotte Pauline Christine de Montboissier-Beaufort-Canillac, épouse du contre-amiral comte Colbert de Maulévrier. Le célèbre écrivain évoque ce séjour, marqué par une grave maladie de de Chateaubriand, dans un des plus célèbres passage des Mémoires d'outre-tombe (livre III, chapitre 1), « la grive de Montboissier », qu'on a souvent rapproché de la fameuse « madeleine » de Proust :
François-René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, tome I, p. 76.
La fille de la comtesse de Colbert-Maulévrier, également prénommée Pauline, épousa Timoléon, comte de Leusse (1804-1871) et apporta la propriété dans la famille de Leusse.
Architecture La limite ouest du parc est bordée au nord par la vallée de Paray ou vallée de la Malorne qui conflue au sud avec le Loir.
Le château de Montboissier n'est connu que par la gravure. C'était un imposant édifice en brique et pierre avec un avant-corps central, surmonté par un dôme. Cet édifice peut être rapproché du château de Sourches, construit dix ans auparavant, à Saint-Symphorien aux environs du MansMichel Gallet, Les architectes parisiens du XVIII siècle, p. 415. par Gabriel de Lestrade, beau-frère de Potain. L'usage combiné de la brique et de la pierre peut s'expliquer par la volonté de restituer le château antérieur de style Louis XIII, mais aussi par le regain de vogue de cet appareillage à l'époque néo-classique, comme on le voit par exemple non loin de Montboissier au château de la Ferté-Vidame achevé en 1771 par Antoine Matthieu Le Carpentier pour le financier Jean-Joseph de Laborde.
Dans le grand appartement de Montboissier, Potain avait administré sa conception savante et raisonnée des ordres. « D'après un ancien état des lieux, la salle à manger était "décorée en grande architecture d'ordre toscan", le salon d'été "en architecture d'ordre corinthien", le superbe salon de compagnie "en architecture d'ordre ionique". Le vestibule séparait l'escalier d'honneur d'une chapelle palatine à deux niveaux. »
Il ne subsiste aujourd'hui du château de Montboissier que les pavillons d'entrée – le pavillon de Flore et le pavillon des Roses, qualifiés de « remarquables » par Jackie DespriéeIn : Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir.), Le Guide du patrimoine. Centre, Val de Loire, Paris, Hachette, 1995, p. 454. – la grille, le saut de loup, un arc de triomphe, quelques Fabrique de jardin dans le parc et les dépendances.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Sources Philippe Seydoux, Châteaux de la Beauce et du Vendômois, 1987, Paris, Éditions de La Morande, 112 pages, pages 74-75 ; Michel Gallet, Les architectes parisiens du XVIII siècle, Paris, Éditions Mengès, 1995
Bibliographie Albert Sidoisne, Un tricentenaire : Le Houssay-Montboissier, Nogent-le-Rotrou : impr. de Daupeley-Gouverneur, s.d. (Extrait du Bulletin trimestriel de la Société dunoise, T. XV, 280, juillet 1928, pages 105-112), lire en ligne ; Albert Sidoisne, Le Premier château du Houssay (1563), suivi de quelques éphémérides concernant les premiers Mallier, Châteaudun : Société Dunoise, 1935 (Extrait du Bulletin de la Société dunoise, 234) ; .
Articles connexes Famille de Montboissier Liste des châteaux d'Eure-et-Loir
Liens externes
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