Jules Cavaillès, ou Jean Jules Louis Cavaillès, est un peintre et lithographe français né à Carmaux le et mort à Épineuil le . Il appartient au mouvement des peintres de la réalité poétique.
Biographie thumb|left|140px|Albert-Émile Artigue. thumb|150px|La Ruche (cité d'artistes), Paris. thumb|150px|Paul Albert Laurens. thumb|150px|Jean Cassou. La plaque commémorative apposée aujourd'hui sur le mur du 6, rue Victor-Hugo à Carmaux rappelle que « Jules Cavaillès, peintre de la Réalité poétique, résistant tarnais » est né là le . Après des études secondaires au lycée d'Albi perturbées par une santé fragileMartan, « Le Tarn », Guide national des maisons natales, mai 2014., puis une classe de préparation à l'École nationale supérieure des arts et métiers à Castres, il est de à dessinateur industriel aux mines de Carmaux. C'est donc à l'âge de 21 ans que Jules Cavaillès, encouragé en cela par Albert-Émile Artigue, quitte sa ville natale et part à Paris pour, avec son épouse née Rose Féral (mariage le ), s'installer à La Ruche et se consacrer à la peinture Francesca Calisti-Cavaillès, Succession Jules Cavaillès - De l'Académie Julian à La Ruche, Millon S.V.V., Paris, mars 2016..
Tout en fréquentant assidûment le Musée du Louvre, Jules Cavaillès est, de 1923 à 1925, élève à l'Académie Julian de Jean-Pierre et Paul Albert Laurens, les deux fils de Jean-Paul Laurens. S'il fréquente alors étroitement des élèves de l'académie tels qu'Amédée de La Patellière, André Dignimont ou André Favory, il se lie surtout d'une durable amitié avec Roger Limouse dont il va partager l'atelierEncyclopédie « Musées Occitanie », Jules Cavaillès., les deux jeunes artistes œuvrant alors ensemble à des travaux publicitaires qu'ils signent Ambo. Il expose en 1929 une nature morte et une étude au Salon des indépendantsRené Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, ..
Avec son épouse Rose, Jules Cavaillès ouvre aux fins de ressources, successivement à Choisy-le-Roi et rue de l'Abbé-Groult dans le , un petit commerce d'alimentation (des clients amis tels qu'André Derain, Henri Matisse, Marc Chagall et Pierre Bonnard s'y retrouvent et s'y attardent) qu'il tiendra jusqu'en 1936, date où il obtient la bourse Blumenthal et à partir de laquelle il va vivre exclusivement de son art Maximilien Gauthier, La fondation américaine Blumenthal pour la pensée et l'art français, Presses universitaires de France, 2017.. En 1938, il est nommé professeur à l'École nationale supérieure des arts décoratifs où il se lie avec Raymond Legueult, Roland Oudot et Maurice Brianchon.
Homme de valeurs, lors de la Seconde Guerre mondiale, il revient dans le Tarn, prend part à la Résistance et devient, avec son ami Jean Cassou, un des chefs du maquis languedocienDiana Wiegersma, Jules Cavaillès, biographie, Jules Cavaillès Research Center, mai 2007. : Alain-Marc Delbouys, « L'atelier de Jules Cavaillès, peintre du bonheur, mis en vente », La Dépêche du Midi, 8 mars 2016..
À la Libération, nommé conservateur du musée de Toulouse, il revient à Paris l'année suivante, s'y partageant entre son atelier de la rue de Poissy et la réintégration de son poste de professeur à l'École nationale supérieure des arts décoratifs. En parallèle, il est professeur à l'Académie Julian de la rue de Berri, jusqu'en 1974.
En dehors des expositions dans les salons, il réalise des décors muraux (salle des mariages de la mairie de Poissy) Dictionnaire universel de la peinture, Le Robert, 1975, vol.1, page 462. et des pièces de mobilier, collabore à la décoration de paquebots (Ferdinand-de-Lesseps, Jean-Laborde).
Œuvres Fresques murales Pavillon du Languedoc, Exposition universelle de 1937. Mairie de Poissy.
Contributions bibliophiliques thumb|190px|Dominique Rolin Jean Giono, Romans : Colline - Un de Baumugnes - Regain - Le grand troupeau - Le chant du monde - Que ma joie demeure - Batailles dans la montagne, trente deux illustrations hors-texte par Jules Cavaillès, Hans Erni, Lucien Fontanarosa, Raymond Guerrier, Élie Lascaux, Maurice-Élie Sarthou, Pierre-Yves Trémois, dix mille deux cent cinquante exemplaires numérotés, Gallimard, 1956. Jean Cassou, Éloge de Cavaillès, sept lithographies originales et culs-de-lampe de Jules Cavaillès imprimés par Mourlot Frères, Éditions Manuel Bruker, 1958Bibliothèque nationale néerlandaise, Éloge de Cavaillès par Jean Cassou, présentation de l'ouvrage.. Maurice Toesca, Le chant du ruisseau, vingt lithographies originales de Jules Cavaillès imprimées par Mourlot Frères, deux cents exemplaires numérotés, Le Livre contemporain et Les Bibliophiles franco-suisses, 1960. Albert Camus, Théâtre : Les justes - Le malentendu - L'état de siège - Caligula, vol.5 des Œuvres d'Albert Camus, illustrations de Jules Cavaillès, Albert Sauret imprimeur, 1962. Vingt fables de La Fontaine, édité sous la direction de Jean Cassou pour la Croix-Rouge française, lithographies originales de Yves Alix, Alexander Calder, Cassandre, Jules Cavaillès, Antoni Clavé, Paul Colin, Lucien Coutaud, Salvador Dali, Hermine David, André Dunoyer de Segonzac, Valentine Hugo, Félix Labisse, Jacques Lagrange, André Marchand, Édouard Pignon, Dom Robert, Georges Rohner, Marc Saint-Saëns et Louis Touchagues, quarante et un exemplaires numérotés, Éditions C. de Acevedo, 1966. Dominique Rolin, Carnet de Cannes, illustré de vingt-quatre dessins de Jules Cavaillès, trois cent cinquante exemplaires numérotés, collection « Carnets d'artistes », La Bibliothèque des arts, 1967. Claude Aveline, Yves Berger, Luc Decaunes, François Nourissier, Marguerite Duras, René de Obaldia, Marcel Béalu, Jacques Brosse, Robert Marteau, Armand Lanoux, Louise de Vilmorin, Claude Roy, Robert Ganzo, Lucien Becker, Pierre-Albert Birot, Jean Blanzat, Michel Butor, Guilherme Figueiredo, Alain Bosquet et Pierre Mac Orlan, Variations sur l'amour, lithographies originales de Georges Rohner, Leonardo Cremonini, Maurice-Élie Sarthou, Jules Cavaillès, Michel Rodde, André Minaux, Pierre-Yves Trémois, Leonor Fini, Paul Guiramand, Blasco Mentor, Édouard Georges Mac-Avoy, Marcel Mouly, Édouard Pignon, Jean Commère, Ossip Zadkine, Lucien Coutaud, André Masson, Félix Labisse, Yves Brayer, André Planson, cent quatre-vingt dix exemplaires numérotés, Le Club du livre, Philippe Lebaud, Paris, 1968. Colette, Œuvres complètes, édition du centenaire de Colette, illustrations de Guy Bardone, Pierre Boncompain, André Brasilier, Bernard Cathelin, Jules Cavaillès, Lucien Fontanarosa, Jean Fusaro, Pierre Garcia-Fons, René Genis, Paul Guiramand, Jacques Thévenet, Éditions du Club de l'honnête homme, 1973.
Affiches S.N.C.F. - Côte d'Azur, 1953. S.N.C.F. - Paris, 1957. S.N.C.F. - Discover France by train, 1957. Le carnaval de Nice, .
Tapisserie La magicienne, 1949, seule tapisserie créée par Jules Cavaillès, ambassade de France à BerlinThierry Thuckriel, « 2017, année Jules Cavaillès », Le Tarn libre, 4 février 2017..
Écrits Jules Cavaillès, Hommage à Jean Pougny, Musée d'art moderne de la ville de Paris, .
Expositions Expositions personnelles
Expositions collectives
Réception critique - Florent Fels Florent Fels, Jules Cavaillès, collection « Les maîtres de demain », Éditions Sequana, 1943. - Bernard Dorival Bernard Dorival, Les peintres du du cubisme à l'abstraction, 1914-1957, Éditions Pierre Tisné, 1957, page 151. - Le Robert - Gérald Schurr Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996, p. 158. - Dictionnaire Bénézit Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, vol.3, page 378. - Maximilien Gauthier
Prix et distinctions Première bourse Blumenthal pour la pensée et l'art français, 1936. Prix Hallmark, 1949. Chevalier des Palmes académiques, 1960. Chevalier de l'Ordre national du Mérite, 1966Ville de Gaillac, Jules Cavaillès (1901-1977) - Un artiste accompli, un artiste engagé.. Commandeur des Arts et des Lettres, 1966.
Musées
Collections privées Paquebot France, La corbeille bleue Pierre Mazars, Les œuvres d'art du paquebot France, Livror S.A., 1969.. thumb|320px|Pierre Jutand.
Élèves (Liste non exhaustive) Pierre Clayette. René Genis aux arts décoratifs. Pierre Jutand. John Levee
Iconographie Portraits de Jules Cavaillès par Raymond Legueult (1898-1971), dessins au fusain, 1964Vente maître Ader, Drouot Richelieu, salle 7, le 14 mars 2012, lots et .
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Louis Chéronnet, « Jules Cavaillès », Art & Décoration, 1937, tome LXVI, . Florent Fels, Jules Cavaillès, collection « Les maîtres de demain » n°IX, Éditions Sequana, Toulouse, 1943. Gisèle d'Assailly, Avec les peintres de la Réalité poétique, Juliard, 1949. Jean-Albert Cartier, « Jules Cavaillès », Les cahiers d'art - Documents, , Éditions Pierre Cailler, Genève, 1956. Bernard Dorival, Les peintres du du cubisme à l'abstraction, 1914-1957, Éditions Pierre Tisné, 1957. Marcel Zahar, Jules Cavaillès, Éditions Pierre Cailler, Genève, 1961. Jean Cassou, Jules Cavaillès, Éditions Galerie Charpentier, Paris, 1961. Pierre Cabanne, Le Midi des peintres, collection « Tout par l'image », Hachette, 1964. Pierre Mazars (préface de Georges de Caunes), Les œuvres d'art du paquebot France, Livror S.A., Genève, 1969. René Huyghe de l'Académie française et Jean Rudel, L'art et le monde moderne, Larousse, 1970. Sous la direction de Robert Maillard, Dictionnaire universel de la peinture, Le Robert, 1975. Sanjiro Minamikawa, Ces maîtres dans leur atelier, Asahi Sonorama, Japon, 1980. Jean Cassou, Jules Cavaillès, Éditions du Musée Toulouse-Lautrec, Albi, 1982. Paul Morand, Claude Roger-Marx et François Daulte, Les peintres de la Réalité poétique, collection « Écoles et mouvements », La Bibliothèque des arts, 1994. Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996. Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999. Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001. Bertrand de Viviès, Jules Cavaillès, peintre de la Réalité poétique, Éditions Grand Sud, Albi, 2008. Christian Fleury et Diana Wiegersma, Jules Cavaillès, 1901-1977 - Le peintre du bonheur, Éditions Galerie Fleury, 2008 (lire en ligne). Ouvrage collectif, Les peintres de la Réalité poétique, Éditions Grand Sud, Albi, 2011. Ader Nordmann (texte de Nicole Belmont), Réalité poétique - Fonds Jules Cavaillès de la collection Jean-Paul Valabrega, Hôtel Drouot, (lire en ligne). Amélie Adamo, Luce Barlangue, Lydia Harambourg et Valérie Pugin, Les peintres de la Réalité poétique - Donation Guy Bardone et René Genis, Éditions du Musée de l'abbaye de Saint-Claude, 2012 (extrait en ligne). De Brayer à Villon, le Tarn, terre d'asile des artistes, Éditions du Musée des beaux-arts de Gaillac, 2015. Millon S.V.V. (texte de Francesca Calisti-Cavaillès, Succession Jules Cavaillès - De l'Académie Julian à La Ruche, Salle SVV, 3 rue Rossinu, Paris, 8 et (lire en ligne). Cyril Dumas, Les peintres de la Réalité poétique, Maison Cazenave, 2016. Maximilien Gauthier, La fondation américaine Blumenthal pour la pensée et l'art français, Presses universitaires de France, 2017. Association des amis de Jules Cavaillès, 2017 l'année Cavaillès, Éditions Bleu Pastel, 2017.
Articles connexes Peintres de la réalité poétique
Liens externes
Les Atamanes, Jules Cavaillès. Jules Cavaillès - Réunion des musées nationaux (RMN). Galerie Paffrath, Düsseldorf, Jules Cavaillès, court métrage (source : YouTube , durée : 5 min 41 s). Jules Cavaillès Research Center.
Catégorie:Naissance à Carmaux Catégorie:Naissance en juin 1901 Catégorie:Décès dans le département de l'Yonne Catégorie:Décès en janvier 1977 Catégorie:Décès à 75 ans Catégorie:Peintre français du XXe siècle Catégorie:Lithographe français du XXe siècle Catégorie:Élève de l'Académie Julian Catégorie:Chevalier des Palmes académiques