La Force aérienne afghane (Pachto: دافغانستان هوائی قوا, Dari : قوای هوائی افغانستان, Arabe : القوات الجوية الأفغانية), est l'une des branches des forces armées afghanes, responsable de la défense aérienne du territoire afghan. Elle est divisée en trois escadres dans les années 2010, avec la escadre de Kaboul, la escadre de Kandahar et la escadre de Shindand. Le centre de commandement de la force aérienne afghane est situé sur l'aéroport international de Kaboul et la base aérienne de Shindand dans la province de Hérât sert de terrain d'entraînement principal.
Elle est officiellement créée en 1924. Dans les années 1980 les Soviétiques mettent en place la Force aérienne de la République démocratique d'Afghanistan, pour lutter contre l'insurrection moudjahidine. En 1992, l'effondrement du gouvernement de Najibullah et la poursuite des conflits en une guerre civile entre plusieurs factions moudjahidines, tout au long de la décennie, a réduit la force aérienne afghane à de faibles unités disposant de capacités minimales. À l'automne 2001, lors de la campagne de bombardement de la coalition sur l'Afghanistan, ce qui restait de ces forces aériennes est neutralisé. Une force aérienne afghane put renaître de ses cendres en 2005, notamment grâce à l'aide de l'OTAN, de l'ISAF, et des États-Unis (3,1 milliards de dollars d'investissement entre 2010 et 2015). Son sort est en suspens après la prise de Kaboul par les talibans le .
Histoire L'histoire de l'aviation militaire afghane a commencé le , mais la plupart des avions afghans sont détruits pendant la guerre civile qui avait commencé en . Avant 1937, un important plan de reconstruction est engagé. Ainsi, de la fin des années 1930 jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, deux biplans constituèrent le gros de la force aérienne afghane : le chasseur-bombardier léger britannique Hawker Hind et le rustique mais vulnérable IMAM Ro.37, un appareil d'observation d'origine italienne. Le Hawker Hind est resté à l'inventaire jusqu'en 1957. En 1947, la force aérienne fut rebaptisée Force aérienne royale afghane, un nom qu'elle conserva jusqu'aux bouleversements politiques de 1973.
thumb|left|Chasseurs MiG-15 afghans et bombardiers Il-28 en 1959.
En 1960, la force aérienne royale afghane déployait une centaine d'aéronefs, dont les chasseurs MiG-15, les bombardiers légers Il-28, quelques avions de transports et des hélicoptères. À cette époque, un petit nombre de pilotes afghans étaient en formation aux États-Unis, d'autres faisaient de même en Union soviétique, en Inde et dans plusieurs pays européens. En 1973, le roi Zaher Shah est renversé par Mohammed Daoud Khan. Durant ses cinq années au pouvoir, jusqu'au coup d'État communiste de 1978, Daoud comptait sur l'URSS pour améliorer les capacités militaires de la force aérienne afghane, notamment par l'acquisition des nouveaux modèles soviétiques MiG-21, An-24 et An-26. Pourtant, jusqu'au milieu des années 1970, la force aérienne est restée relativement faible et ne s'est développée qu'après l'invasion soviétique, destinée à soutenir le régime communiste afghan contre une insurrection croissante. La force aérienne a été richement dotée par la suite - sans doute près de 400 avions dans le milieu des années 1980 - mais beaucoup d'entre eux ont été pilotés et entretenus par des « conseillers techniques » tchèques et cubains. Les Soviétiques ont souvent été réticents à confier aux pilotes afghans les derniers modèles d'avions ou des missions de haute priorité et, en effet, un certain nombre de ces pilotes ont été tout aussi réticents à mener des frappes aériennes contre leurs compatriotes.
La force aérienne afghane était ainsi à son apogée dans les années 1980 et au début des années 1990, ce qui provoqua une certaine inquiétude de la part des pays voisins. Le service aérien comptait au moins , et plus de étrangers. Il possédait au moins 240 avions de combat à voilure fixe (avions de chasse, chasseurs-bombardiers, bombardiers légers), 150 hélicoptères, et peut-être 40 avions de transport Antonov, ou davantage, de différentes versions (An-26, An-24 et An-2). Au milieu de la guerre, la force aérienne disposait du matériel suivant : 90 intercepteurs MiG-17 - un régiment de MiG-17 et MiG-19 déclaré à Mazar-i-Sharif en 1990Flight magazine 1990 or The Encyclopaedia of World Air Forces. 45 intercepteurs MiG-21 - en 1990, trois escadrons de MiG-21 furent déclarés à la base aérienne de Bagram. 60 chasseurs-bombardiers Su-7, Su-17 - 48 Su-7BM furent livrés à partir de 1970, formant l'équipement de deux escadrons de chasse/attaque au sol de la base aérienne de ShindandOrbis Publishing Ltd, 'Sukhoi Su-7 'Fitter' - Soviet Sledgehammer, 'Warplane, Vol. 2, Issue 21, . 45 bombardiers légers Il-28. 150 hélicoptères Mi-8, Mi-24. vignette|Formatrice afghane en 2011.
Une autre estimation de 1988 a dressé un tableau plus détaillé de la force aérienne en Afghanistan : régiment aérien, base aérienne de Bagram, trois escadrons de chasse de 40 MiG-21. régiment aérien, base aérienne de Bagram, trois escadrons de chasse/bombardier de Su-7/Su-22. régiment aérien, base aérienne de Dehdadi, trois escadrons de chasse/bombardier de MiG-17. régiment aérien, base aérienne de Shindand, trois escadrons de bombardiers de Il-28 et un escadron de chasse/bombardier de MiG-17. régiment aérien, aéroport de Kaboul, trois escadrons d'hélicoptères de Mi-4, Mi-6, et Mi-8 avec un escadron de Mi-8 détachée à Shindand. régiment aérien, aéroport de Kaboul, quatre escadrons d'hélicoptères de Mi-25 et Mi-17. ? régiment aérien, aéroport de Kaboul, deux escadrons de transport de An-2 & An-26/30, et un escadron de transport VIP avec un Il-18 et 12 An-14. deux escadrons d'hélicoptères d'attaque Mi-24 à Jalalabad et Kaboul. Académie de la force aérienne, Kaboul, Yak-18 et L-39. Forces de défense aérienne composée de deux régiments SAM à Kaboul, un bataillon à Kandahar, et un régiment de radar à Kaboul.
Après le retrait soviétique et le départ des conseillers étrangers, la capacité opérationnelle de la force aérienne a régressé. Avec la chute du gouvernement Najibullah en 1992, le personnel a fortement diminué, . À la fin des années 1990, le gouvernement taliban contrôlait la majeure partie des aéronefs restants, tandis que l'Alliance du Nord afghane exploitait un petit nombre d'hélicoptères et quelques avions de transport. Avec l'effondrement des moyens logistiques, la « cannibalisation » de survie des appareils a été généralisée. En automne 2001, les opérations de la coalition ont détruit la plupart des appareils survivants. En 2005, avec l'aide de l'OTAN et de l'ISAF, la force aérienne afghane fut recréée sous la dénomination Afghan Melli-e Ourdou. Ainsi, grâce au soutien financier de l'US Air Force, elle put acquérir de nouveaux hélicoptères et avions de transport.
Le , les talibans ont fait voler un Black Hawk arborant le drapeau des talibans au-dessus de Kaboul. Les hauts dirigeants des talibans ont annoncé leur intention de reconstruire l’armée de l’air. Ils ont également encouragé les pilotes afghans formés par les États-Unis à retourner en Afghanistan. Cependant, seuls quelques pilotes sont revenus depuis la prise de pouvoir des talibans.
Le , le ministre taliban de la Défense, le mollah Yaqoob, a demandé à l’Ouzbékistan et au Tadjikistan de restituer les avions utilisés par les pilotes afghans pour fuir le pays et a mis en garde contre les répercussions si les avions n’étaient pas restitués..
Le , le porte-parole du ministère taliban de la Défense, Enayatullah Khwarizmi, a annoncé qu’environ cinq pilotes afghans étaient rentrés dans le pays et avaient repris leur travail.
L'hélicoptère et l'Afghanistan vignette|gauche|Mi-35 survolant le désert afghan L'hélicoptère d'attaque Mil Mi-24 a une longue histoire en Afghanistan. L'aéronef a été intensivement exploité pendant l'invasion soviétique de l'Afghanistan, principalement pour attaquer les combattants moudjahidins, le bétail et des villages dans le cadre de la politique soviétique de la « terre brûlée ».
À partir de 1986, les États-Unis fournirent aux moudjahidins, des lance-missiles sol-air Stinger. Dans la première utilisation du Stinger en Afghanistan, des combattants moudjahidins abattirent trois des huit Mi-24 de l'Armée soviétique qui approchaient de l'aérodrome de Jalalabad, un après-midi de septembre. Certains historiens soulignent cet événement de 1986 comme le point tournant de la guerre. Les pilotes soviétiques et afghans décidèrent de voler à une altitude où ils seraient moins vulnérables aux missiles, mais aussi moins efficaces dans des attaques au sol. Le Hind fut employé pendant toute la guerre et même appelé à exercer sa puissance dans les hautes montagnes afghanes, où la faible densité de l'air est problématique pour les hélicoptères.
En 1989, les deux premières femmes sont admises dans l'armée de l'air afghane : Laliuma Nabizada et Latifa Nabizada, qui obtiennent leur licence de pilote d'hélicoptère en 1991.
Globalement, le Hind s'est révélé efficace et très fiable, a gagné le respect des pilotes soviétiques et afghans ainsi que les Afghans ordinaires à travers le pays. Les moudjahidins ont surnommé le Mi-24, le Chariot du Diable en raison de sa réputation. Depuis la fin de la guerre afghano-soviétique, la guerre civile des années 1990, après les attentats du 11 septembre 2001 et des opérations de la coalition, l'AAF opère à nouveau sur le Hind, la version export qui est désignée le Mi-35, avec 9 exemplaires en service en 2010 dont 6 donnés par la république tchèque. En , ces Mi-35 ont atteint leur capacité opérationnelle initiale en termes d'attaque au sol. En , un seul est opérationnel sur les 5 restants. 4 Mi-24 sont offerts par l'Inde à partir de cette datehttps://archive.wikiwix.com/cache/20220913220557/http://psk.blog.24heures.ch/archive/2015/12/30/mi-24-supplementaires-pour-l-afghanistan-860484.html.. L'appui aérien sera assuré principalement par des hélicoptères légers MD-530 américains neufs.
Mais le principal hélicoptère utilisé par les forces afghanes est le Mil Mi-8 puis son successeur le Mil Mi-17; 65 ont été acquis par l'Afghanistan, avec des livraisons de 30 Mi-8 en 1971, et 35 Mi-17 en 1987. Dans les années 2000, 14 Mi-17 arrivés en provenance de Slovaquie, République tchèque et les Émirats arabes unis et un contrat passé par l'armée des États-Unis en porte sur la livraison de 21 hélicoptères de transport Mi-17B5 entre 2011 et 2011 par la Russie..vignette|gauche|La sous-lieutenant afghane Niloofar Rahmani, ici en 2013.Depuis 2011, les principaux hélicoptères d'attaque réceptionnés sont des Hughes MD 500F armés de mitrailleuses Herstal HMP de 12,7 mm avec montage en nacelles et de lance-roquettes M260 de 70 mm d'une portée de . 30 sont livrés en 2019 et un accidenté. Un contrat pour 12 autres exemplaires est signé en .. L'objectif annoncé en 2017 est un total de 150 MD-500F.. La même année, l'armée de l'air ouvre officiellement ses portes aux femmes, et Niloofar Rahmani devient la première pilote d'aéronefs à voilure fixe dans le pays.
Entre 2008 et 2021 En , le président Hamid Karzaï déclara que la force aérienne de son pays s'était réincarnée après avoir inauguré son nouveau siège à l'aéroport de Kaboul fraîchement équipée de nouveaux avions. L'armée avait reçu 26 aéronefs neufs ou rénovés, dont des hélicoptères de combat, donnés par la République Tchèque. Avec l'argent des États-Unis, le gouvernement a également acquis des hélicoptères de transport et avions militaires ukrainiens . vignette|gauche|Tireur latéral d'un Mi-17 Hip de l'AAF.