vignette|300px|Champ d'action de L'Œuvre d'Orient. Cette carte correspond en grande partie à la répartition des chrétiens d'Orient.
Les chrétiens d'Orient sont les chrétiens qui vivent au Proche-Orient et au Moyen-Orient. Ils représentent des minorités qui sont plus ou moins importantes en Irak, en Syrie, en Palestine, au Liban (dont la communauté maronite), en Égypte (dont les communautés coptes), mais aussi dans des pays non arabes comme en Israël (parmi les Arabes israéliens), en Iran ou en Turquie. On peut y ajouter, en Inde et au Pakistan, les communautés issues de l'expansion de l'Église de l'Orient dans les premiers siècles du christianisme.
Les chrétiens d'Orient ne forment pas un groupe homogène. Ils descendent de populations préislamiques présentes avant l’expansion de l’islam ainsi que d’anciennes tribus Ghassanides et Lakhmides appartenant à différentes confessions chrétiennes : les Églises antéchalcédoniennes (anciennement nommées « orthodoxes orientales »), l'Église orthodoxe, l'Église catholique et, plus rarement, diverses Églises protestantes.
Présents depuis les origines du christianisme, les chrétiens d'Orient ont été discriminés sous plusieurs régimes., parfois exterminés. À l'époque contemporaine, ils sont persécutés dans certains pays. Au début du , au Proche-Orient et au Moyen-Orient, un habitant sur quatre était chrétien ; ils sont aujourd'hui parmi de musulmans (soit un sur trente), partout minoritaires et contraints de chercher la protection des pouvoirs en place.
Terminologie La terminologie n'est pas dénuée d'ambiguïté : l'expression « christianisme oriental » peut désigner, au sens le plus large, les chrétiens non latins, donc surtout orthodoxes, mais on parle de « chrétiens d'Orient » pour désigner toutes sortes de groupes chrétiens du Proche ou du Moyen-Orient : les membres des Églises des deux conciles, des Églises des trois conciles, de l'Église orthodoxe et des Églises catholiques orientales (par exemple, les maronites) ou encore de plusieurs dénominations protestantes. Ainsi, la notion de « christianisme oriental » (environ 280 millions de fidèles au début du ) n'est pas synonyme de « chrétiens d'Orient », ces derniers ne comptant qu'une dizaine de millions de fidèles répartis au sein de onze Églises..
Les chrétiens d'Orient représentent des minorités plus ou moins importantes présentes en Iran, Turquie, Inde, Pakistan, Indonésie, Éthiopie, en Érythrée, en Égypte, en Arménie, en Syrie et au Liban mais elles connaissent également d'importantes diasporas en Europe, en Amérique du Nord et du Sud et en Australie.
Les chrétiens d'Orient aujourd'hui
Églises d'Orient Les ruptures opérées par les conciles d'Éphèse en 431 (proclamation de Marie en tant que mère de Dieu) et de Chalcédoine en 451 (proclamation du Christ vrai Dieu et vrai Homme) conduisent à la naissance de quatre traditions historiques principales d'Églises orientalesLes données de cette section s'inspirent de Jérémie Lanche, in La Vie, Paris, 6 septembre 2012. :
Type Nom Commentaire Églises des deux conciles Église de l'Orient Née au , de rite syriaque oriental et remonte à l'apôtre Thomas. S'est scindée en 1553, date à laquelle une branche chaldéenne (voir ci-dessous) s'unit à Rome. Ces deux Églises ont chacune leur patriarche. Église chaldéenne Se sépare en 1553 de l'Église précédente et s'unit à Rome. Églises des trois conciles Église syro-jacobite Organisée en patriarcats, elle célèbre le rite syriaque occidental. Une partie est rattachée à Rome. Église copte A été fondée par l'évangéliste Marc, issue de l'église d'Alexandrie. Sous la juridiction d'un patriarche-pape, les Coptes célèbrent leur rite en langues copte et arabe. Église apostolique arménienne Fondée au par Grégoire l'Illuminateur. Églises chalcédoniennes Églises orthodoxes et grecque-catholique (ou melkite) Fidèles à la doctrine de l'unique personne du Christ en deux natures, elles sont de rite byzantin. Les Grecs orthodoxes dépendent du Patriarcat de Constantinople. Les Melkites — unis à Rome — dépendent de celui d'Antioche, de Jérusalem, ou d'Alexandrie. Église maronite Implantée au Liban, rattachée à Rome, mais organisée en Patriarcat autonome. Le culte célèbre le rite en syriaque ou en arabe, dirigé par Bechara Boutros Rahi. Église latine Patriarcat latin de Jérusalem Patriarcat héritier des Croisés, fut dirigé (2008-2016), par Fouad Twal, (patriarche émérite), qui réunit des fidèles dans le Proche-Orient. Le rite est célébré en arabe et parfois en latin. Églises protestantes À ces « latins », il convient d'ajouter des églises protestantes implantées depuis le . La plupart sont rassemblées dans la et le CEMO.
Les Églises catholiques orientales sont des Églises issues de ces différentes traditions historiques qui se sont, à un moment de leur histoire, unies à Rome.
Famille des Églises protestantes Cette cinquième famille est représentée dans le Conseil des Églises du Moyen-Orient, elle en est une partie constituante. Les branches majeures de la Réforme protestante sont présentes au Proche-Orient arabe, que ce soient les Églises dites traditionnelles, ou celles de facture évangélique. Luthériens, anglicans, réformés, baptistes, évangéliques, pentecôtistes ou adventistes ont des communautés, des paroisses ou des représentations dans l'un ou l'autre des pays. Cependant, en dépit de la variété de ces Églises, leurs poids démographique n'est pas considérable. On les estime à 1 % des chrétiens du Proche-Orient arabe qui compterait de fidèles...
Des communautés en pleine mutation thumb|Musée copte du Caire. Si beaucoup de chrétiens d'Orient essayent d'émigrer, c'est plus pour fuir la misère que pour sauvegarder leurs croyances. La formation d'États-nations au a contribué à accentuer le départ des chrétiens d'Orient. La vague la plus récente est celle des Chaldéens d'Irak à la suite des deux guerres que le pays a vécues. Ces chrétiens possèdent déjà un réseau de relations à l'étranger et peuvent obtenir plus facilement des visas. La marginalisation des chrétiens s'est accrue avec l'arrivée des pétrodollars à partir de 1973.
On assiste actuellement à un véritable renouveau religieux chez les chrétiens d'Orient. Le clergé dynamique s'est rajeuni. Si les conditions des non-musulmans se sont durcies, cependant, le monachisme, longtemps laissé à l'abandon, est en pleine renaissance. Des couvents sont restaurés et repeuplés, surtout chez les Coptes. Le patrimoine artistique et liturgique est mis en valeur. Le renouveau copte se colore cependant de traditions fondamentalistes.
Dans la diaspora, les Églises orientales s'appliquent à conserver un lien social entre les migrants.
Recensement des chrétiens d'Orient Composant une mosaïque complexe où il n'est pas facile de se retrouver et qui ne trouve pas d'unanimité typologique, les membres de ces églises sont difficiles à dénombrer : même s'ils sont regroupés sous une même appellation, les chrétiens d'Orient n'ont souvent pas grand-chose à voir les uns avec les autres et tant les rites que les langues — vernaculaires ou rituelles —, ou encore les niveaux sociaux sont divers.
Le recensement des chrétiens d'Orient est donc malaisé : peu d’enquêtes fiables ont été menées et, en outre, les responsables religieux ont tendance à surestimer leurs effectifs.. Les statistiques varient ainsi d’une source à l’autre et doivent être considérées à titre indicatif plutôt qu’absolu..
Lent exode D'une manière générale, ces communautés chrétiennes connaissent un exode important depuis la fin du avec l’exil de nombreux Libanais chrétiens en Europe et en Amérique latine, puis le génocide arménien par les Ottomans qui occasionne plus d'un million de morts au début du et l'exil des survivants dans les pays arabes voisins, en Europe et en Amérique.
L'exode s’est aggravé depuis le milieu du , notamment à la suite de l'essor des nationalismes de la période post-coloniale, au conflit israélo-arabe, à la guerre civile libanaise, à la guerre Iran-Irak, à la guerre du Golfe puis la guerre d'Irak, et enfin depuis 2011 à la Guerre civile syrienneXavier Baron, Aux origines du drame syrien : 1918-2013, Paris, Tallandier, coll. « Approches », 2013, 324 p. ..
Parmi d'autres facteurs, on peut également relever le soutien américain aux fondamentalistes musulmans pour contrer l'URSS après l'invasion de l'Afghanistan et déstabiliser les régimes nationalistes, autoritaires ou dictatoriaux, ou encore la montée du terrorisme islamiste d’Al-Qaïda. Par ailleurs, comme le reste de la population, les chrétiens souffrent du manque de démocratie, des difficultés économiques, du sous-développement, de l'emprise de l'Occident et des nombreux conflits.
Dénombrement De manière globale, il n’y a probablement pas moins de chrétiens au Moyen-Orient au début du que cent ans auparavant mais le pourcentage qu'ils représentent dans l’ensemble de la population régionale n’a cessé de baisser, parfois de manière très importante. Suivant les estimations concernant le début du , les chrétiens représentaient alors entre 12 et 15 % de la population dans les pays arabes du Proche-Orient. Au début du , ils ne représenteraient plus que 4 à 5 % de la population d'environ d’Arabes.
Églises vignette|Patriarche et évêques maronites à Rome en 1906. Les maronites font partie des Églises catholiques orientales. Au Proche et au Moyen-Orient, les chrétiens seraient une dizaine de millions au début du , qui se répartissent au sein de onze Églises. S'agissant des Églises, les coptes d'Égypte sont à eux seuls environles chiffres de la population copte d'Égypte sont fort débattus, oscillant parfois du simple () au triple () ; cf. article Copte. huit millions. et si l'Église apostolique arménienne compte plus de trois millions de fidèles en Arménie, la diaspora arménienne compte plus de quatre millions de personnes. L'Église apostolique assyrienne de l'Orient, compte elle deux millions de fidèles au Liban, en Irak et en Inde tandis que, dans les mêmes régions, on dénombre un million de membres de l'Église syrienne ou « Jacobite ». Ainsi, les églises non-chalcédoniennes, toutes membres du Conseil œcuménique des Églises, rassemblent environ soixante millions de chrétiens.
Suivant les chiffres avancés par le périodique catholique Témoignage chrétien en octobre 2010., quatre catégories sont à distinguer parmi les chrétiens d'Orient : les Églises des deux conciles, pour un total de plus de ; les Églises des trois conciles, autrefois appelées « orthodoxes orientales », pour un total d'environ de fidèles dans le monde ; l'Église orthodoxe, qui compte de fidèles au Moyen-Orient ; l'Église catholique, présente au Moyen-Orient sous la forme des Églises catholiques orientales, qui rassemblent environ de fidèles.
Répartition au Proche et au Moyen-Orient Estimations des populations chrétiennes au début du , à titre indicatif, les chiffres variant parfois beaucoup selon les publicationssauf références contraires, les chiffres présentés ici synthétisent les publications de , et lAtlas des religions, édition Le Monde/La Vie, 2011, , actualisés concernant la population totale. : Égypte : généralement estimé de 7 à 10 % d'une population de d’habitants. Mais la fourchette des pourcentages proposés peut osciller de 5 à 20 % ; Liban : estimé de 38 à 41 % sur une population de 5 à d’habitants (répartis en 21 % de maronites, 8 % de grecs-orthodoxes, 5 % de grecs-catholiques, 1 % de protestants, 4 % d’Arméniens, orthodoxes et catholiques ainsi que de 2% de minorités chrétienne tels que des assyriens, des chaldéens et des syriaques). Mais la diaspora libanaise compte environ de personnes, principalement des chrétiens, dont un tiers aux États-Unis, et le reste réparti entre l’Europe, l’Amérique latine, l’Afrique subsaharienne et l’Australie ; Syrie : de 4 à 9 % sur une population de d’habitants (répartis entre grecs-orthodoxes, syriaques, melkites, jacobites, Arméniens et latins) ;