vignette|La médina de Tunis, en Tunisie Une médina (en arabe : , « la ville ancienne », donc « la vieille ville ») désigne la partie ancienne d'une ville par opposition aux quartiers modernes de type européen. Ce terme est surtout employé dans les pays du Maghreb et dans une moindre mesure au Machrek, en Espagne, en Afrique de l'Ouest, en Afrique de l'Est et dans la Méditerranée, notamment à Malte. En raison de leur patrimoine et des savoir-faire qu'elles abritent, un certain nombre de médinas sont inscrites au patrimoine mondial par l'UNESCO, notamment en Afrique du Nord.

Terminologie Le substantif féminin (consulté le 14 janvier 2016). (consulté le 14 janvier 2016). médina est emprunté à l'arabe Entrée . / (« ville »).

Attesté dès le , notamment par le Dictionnaire de Trévoux dans le Dictionnaire de Trévoux, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 14 janvier 2016)., le nom propre Médina a été employé pour désigner certaines villes d'Espagne telles que , , et . Notons que ce terme est également un toponyme de Malte, celui de la ville de L-Imdina ou Mdina.

Par ailleurs, on notera d'une part que la deuxième ville sainte de l'islam s'appelle Médine, c'est-à-dire « Ville [du Prophète] » et d'autre part que le phénomène n'est pas limité à l'arabe : en français, le terme , qui signifie « petite ville », est aussi un toponyme courant, aux côtés de , Neuveville ou encore, en allemand .

Attesté vers , le nom commun médina est aujourd'hui employé pour désigner, dans une ville d'Afrique du Nord, la vieille ville.

De la « ville » à la « ville traditionnelle »

Initialement, le mot arabe médina ne désigne rien d'autre que « la ville ». Avec la colonisation européenne et la création de « villes nouvelles » qui sont venues se juxtaposer aux anciennes médinas, la signification du terme s'est restreinte à la notion de « ville historique », « ville traditionnelle » ou même « ville indigène ».

Une médina se caractérise par ses échanges avec les zones rurales environnantes qui la nourrissent et par les activités marchandes qui la soutiennent, malgré les remparts qui la ferment et la protègent de la menace des envahisseurs. Une grande partie d'une médina est occupée par les souks.

Les médinas se caractérisent par une grande mixité d'activités humaines. Elles forment un espace où se juxtaposent les fonctions résidentielle, économique, sociale et culturelle.

Aujourd'hui, la mondialisation et/ou le développement des pays anciennement colonisés remettent en question les modes de production traditionnels des biens et des services et, en conséquence, le tissu traditionnel des médinas. Les médinas se définissent dès lors par rapport à et dans une relation socioéconomique avec les villes modernes qui ont grandi à leur côté. La prise de conscience de la nécessité de les sauvegarder est récente. Ainsi, la médina de Tunis est classée au patrimoine mondial de l'Unesco en 1979. En effet, les médinas peuvent jouer un rôle très important dans la revitalisation des arts et des traditions qui ont modelé un artisanat de grande qualité, en cours de disparition ou uniquement tourné vers le tourisme.

Un modèle « médinal »? L’urbanisme « médinal », inventé au Moyen Âge, est souvent considéré comme portant en lui les concepts les plus actuels en matière d’environnement (architecture bio-climatique, ville piétonne, densité élevée, compacité, faible impact environnemental, etc.), à l'instar des villes médiévales d'Europe ou d'Asie.

Comme le dit l'architecte et urbaniste Marc Gossé, « les grands principes du développement durable y sont présents – bien avant l’adoption de ce concept à Rio – à savoir : un écosystème subtil et abouti entre nature et urbanisation, une capacité d’adaptation étonnante de la morphologie et des typologies architecturales, une économie d’énergie par la limitation de la mobilité polluante des automobiles et la densité du bâti, un processus participatif et une gestion conviviale des espaces urbains, des systèmes de solidarité et une pratique de l’égalité de statut entre personnes et représentations symboliques spatiales, qui tous ne demandent qu’à être encouragés, réactivés ou réinterprétés, contre un modèle urbain « générique » porté par l’« ultralibéralisme » moderniste mondialisé, qui génère la destruction de l’environnement, du lien social et de la diversité culturelle »..

Liste des médinas Algérie

En Algérie, la médina est le centre historique des villes anciennes, elle n’occupe que 1/5 ou 1/10 de la superficie de la ville, alors que la ville européenne représente le centre économique. Elles sont créées généralement pendant la grande période islamique, mais elles peuvent reprendre des éléments des cités romaines. Ces villes commandent des espaces intérieurs et sont entourées de vergers et de jardins qui sont devenus des espaces d'urbanisation. Mais d’autres villes portuaires ont un noyau ancien.

Un important patrimoine médinal et oasien, la pentapole du Mzab, est classée au patrimoine mondial de l'humanitéVallée du M’Zab, sur le site de Architecture Méditerranéenne .: Ghardaïa El Atteuf Bou-Noura Melika Beni Isguen

Comores

Aux Comores, six médinas — quatre sur l'île de Grande Comore et deux sur celle d'Anjouan ; témoignent de l'architecture swahilie et des anciens sultanats de l'archipel. Elles ont été inscrites sur la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 2026 : Moroni N'Tsoudjini Itsandra Iconi Mutsamudu Domoni

Égypte Le Caire

Espagne Cordoue : site archéologique de Madinat al-Zahra (employée pendant le califat de Cordoue) Grenade, on dénombre quatre médinas : Medina ElviraL'origine de la médina Elvira remonte à l'époque antique. Elle a été utilisée par les évêques par la suite comme centre religieux. Puis, elle fut prise par les arabes au moment de conquête de l'Espagne en 711. La ville reste en mains musulmanes jusqu'à l'avènement des Aghlabides en 1010. Aujourd'hui, on y trouve du mobilier, des ruines de la mosquée et des objets décoratifs., noyau urbain issu de la fondation phénicienne, en bas de la colline de l'Albayzín, médina Garnata, cité primitive bâtie par les Zirides, sur l'Albayzín, 2 médinas palatines dans l'enceinte de l'Alhambra et dans l'Alcazaba (colline de la Sabika)

Maroc Les 31 médinas recensées du Maroc (population en 2004)Banque Européenne d’Investissement, étude pour sa conférence du 30 octobre 2008 à Venise (lire en ligne) :

Portugal

Coimbra (en arabe : القلمريّة Al-Qulumriyya) : quartier Almedina Silves (en arabe : شلب Shelb) : vieux centre-ville arabe près du château Al Hamra Olhão (en arabe : Al-Hain) : vieux quartier historique

Tunisie Bizerte Grombalia Hammamet Houmt Souk Kairouan Le Kef Mahdia Moknine Monastir Nabeul Sousse. Sfax Tozeur Tunis.

vignette|upright=3.2|centré|Panorama de la médina de Kairouan, depuis la droite : la grande mosquée de Kairouan, la place qui s'étend devant le minaret et les anciens remparts.

Autres Dakar () Mdina () Mombasa () Stone Town () Houn () Sebha () Tripoli () Ghadamès ()

Médinas classées patrimoine mondial Ghadamès () Sousse () Kairouan () Tunis () El Atteuf () Bounoura () Beni Isguen () Melika () Ghardaïa () Alger () Aït-Ben-Haddou () Marrakech () Essaouira () El Jadida () Rabat () Meknès () Fès () Tétouan () Moroni () N'Tsoudjini () Itsandra () Iconi () Mutsamudu () Domoni ()

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Catégorie:Architecture islamique Catégorie:Monde arabo-musulman