La famille de Banyuls, aussi connue depuis le sous son nom de Montferrer puis depuis le de MontferréLe patronyme complet est bien de Banyuls de Montferré, le nom d'usage étant "de Montferré" à partir du . est une famille de noblesse d'extraction chevaleresque prouvée depuis le . Elle est éteinte de nos jours en ligne masculineLe dernier marquis de Montferré est décédé en 1971, deux descendants en ligne féminine ont relevé le patronyme en 2009. Originaires du Roussillon, ses membres furent influents dans l'histoire de cette région du Moyen Âge à la Révolution française avant de se disperser dans l'Ariège, les Baléares, le Gard puis le Maine.
Titres et fiefs de l'Ancien Régime
À Banyuls-dels-Aspres se trouve le berceau de la famille qui porte son nom. La famille garda ce fief jusqu’en 1461, date à laquelle Francesch de Banyuls alors seigneur de Banyuls-dels-Aspres et de Saint-Jean-Lasseille se fait confisquer tous ses biens par le Roi de France Louis XI qui profite de la crise de succession du Royaume d’Aragon pour annexer (temporairement) la Catalogne et la Cerdagne. Au , ils devinrent les barons de Nyer. La baronnie de Nyer, qui relevait de la viguerie de Conflent, appartenait au haut Moyen Âge à la famille de Ça Rocha. Vers 1340 la fille unique de Ramon, baron de Ça Rocha d'Anyer qui deviendra Nyer, épousa Raymond IV de Banyuls lui apportant en dot les baronnies de Nyer, de Laroque de ConflentOrthographié aussi La Roqua, Ça Rocha ou la Rocha suivant les sources et de Porcinyans. Leur fils unique Berenguer décédant sans postérité en 1375 laissa Nyer, Laroque de Conflent et Porcinyans en héritage à son oncle Dalmau II de Banyuls, frère cadet de son père Raymond IV. La baronnie de Nyer fut le fief principal de la famille jusqu'à la Révolution.
En 1388, Catherina Jorda, fille de Guillem Jorda alors juge des premières appellations en Roussillon et VallespirJean Sagnes (dir.), Le pays catalan, t. 2, Pau, Société nouvelle d'éditions régionales, 1985, 579-1133 p. épousa Arnaud VI de Banyuls lui apportant en dot le fief des Cortals dépendant de la paroisse de La Llagonne. Au vinrent aussi s’ajouter au patrimoine de la famille les seigneuries de Réal et d’Odeillo. Au , ils devinrent également les barons de Montferrer. En 1488, Eléonore de Pontòs, née de Blan, apporta en dot à Jehan III de Banyuls la seigneurie de Montferrer dominée par l'importante forteresse de Mollet. Les descendants des anciens seigneurs de Banyuls-dels-Aspres annexèrent à leur nom celui de Montferrer (devenu par usage Montferré) sans qu'une nouvelle distinction nobiliaire vint s'ajouter à la désinence onomastique de la Maison.
Au , vint s'ajouter la seigneurie de Puig. Au début du , ils héritèrent des seigneuries de Leca (aujourd'hui hameau de Corsavy) et des Graus (commune de Thuès-Entre-Valls). Au , ils furent promus marquis de Montferrer. À la suite de l'annexion du Roussillon après le traité des Pyrénées, Louis XIV « aligna » les titres de la noblesse roussillonnaise au niveau de la noblesse de son Royaume. Ainsi en le domaine féodal de Montferrer est érigé en Marquisat, conciliant la définition féodale du territoire frontalier avec l'usage d'Ancien Régime pour lequel le marquisat était composé de trois baronnies et d'au moins trois châtellenies ou de deux baronnies et de six châtellenies. Depuis cette date, l'aîné de famille porte le titre de marquis de Montferré. Ce nouveau marquisat a néanmoins la particularité de rapidement ne plus avoir de château, la forteresse de Mollet étant rasée sous la supervision de Vauban pour ne plus servir de refuge à d'éventuels insoumis. Le marquis de Montferré réside alors au château de Nyer. Au , ils héritèrent de la seigneurie de Millepetit (commune de Trèbes). Les douze seigneuries furent conservées jusqu’à la Révolution.
Histoire Origines
La famille de Banyuls de Montferrer est à l'origine de Banyuls-dels-Aspres.
Il s'agirait d'une branche cadette subsistante de la famille des Vicomtes de CastelnouRaconté dans Bulletin archéologique, historique et artistique de la Société archéologique de Tarn-&-Garonne, Volume 40, page 124, à propos de l'histoire de la lignée des Vicomtes de Castelnou: "C'est avec Jaspert V, dernier vicomte de Castelnou, mort en 1321, qu'elle prit fin. Cependant cette famille illustre, dont plusieurs membres s'étaient détachés au pour aller prêter main-forte au roi Jacques le Conquérant, se continua encore par une branche cadette dite de Banyuls de Montferrer plusieurs fois alliée aux Alemany, Çagarriga, des neuf barons de Charlemagne.". Lors de la conquête des territoires de l'actuelle France par Charlemagne en 811, dès que celui-ci récupère le Roussillon, il le place dans son système féodal divisé en comtés et marches. Le Sud de la plaine est intégré au comté de Besalú (ville actuellement en Espagne). Auparavant dominée par une aristocratie locale d’origine tribale ou wisigothique, l’attitude d’indépendance que manifeste la région oblige rapidement les Carolingiens à mettre en place des comtes d’origine franque, dominés par Bernard de Gothie puis Guifred le Velu, comte de Barcelone, à l’origine de la Catalogne. De cette aristocratie franque est originaire la très puissante famille des Vicomtes de Castelnou, également Vicomtes du Vallespir, incontournable du au . Une branche cadette subsistante de cette famille aurait donné la famille de Banyuls que l’on retrouve comme seigneurs de Banyuls depuis l’origineTiré de la revue des langues romanes, volume 67, par la Société pour l'étude des langues romanes, 1970, p.68: "Ortaffa, Nyer, Oms, Montferré, Enveitg, Cabestang, Périllos, ne sont que de petits villages sans aucune importance, de petits hameaux presque inconnus, et cependant les familles qui en portent les noms remontent aux premiers temps de la Féodalité, peut-être à l'époque de Charlemagne, et n'ont cessé, quelques-unes jusqu'à nos jours, d'occuper un rang des plus élevés et d'exercer une influence considérable autour d'elles.".
Les premiers membres mentionnées sont deux frères, Bernard I de Banyuls et Pierre I de Banyuls. On trouve leurs traces dans divers documents datés de 1132, 1134 et 1164.
Le cinq des nones d', ils apposent leur signature, au bas de l'acte de donation d'un manse (petit domaine féodal) adjacent à la localité de Banyuls-dels-Aspres, qui fut consenti aux templiers du Mas Deu. On sait que leur père était déjà seigneur de Banyuls. Le à la mort de ce dernier, Pierre I et Bernard I signent une convention afin de délimiter les propriétés de chacun, issues d’un honor que leurs parents viennent de leur transmettre en héritage, de part et d’autre de la Voie Domitienne, « chemin franc » reliant La Cusa à Perpignan.
De la Catalogne à la France
En 1659, le traité des Pyrénées signe la partition de la Catalogne. Le célèbre article 42 stipule que « les monts Pyrénées qui avaient anciennement divisé les Gaules des Espagnes seront aussi dorénavant la division des deux mêmes royaumes ».
Le Roussillon, le Conflent, le Vallespir et la Cerdagne où la famille de Banyuls réside deviennent Françaises.
Thomas II de Banyuls de Montferrer
Alors seigneur de Nyer, Montferrer, Réal, Odeillo, Puig et Léca, devenu militaire, il prend parti pour la France en 1641 et commande un régiment. Le Louis XIII roi de France le nomme procureur royal des comtés du Roussillon et de Cerdagne. Il quitte le parti de la France en 1652 comprenant que Louis XIV veut conserver le Roussillon alors qu'il est lui-même pur catalan. En il est dépossédé de ses terres en faveur de Josep Margarit, resté fidèle au roi. Il a deux fils: Charles (1647-1687) François (1648-1695)
Charles de Banyuls de Montferrer
Il épouse Thomasine d'Ardenne et d'Aragon en 1663. Malgré son alliance avec la fille d'un partisan de la cause française, il soutient les Angelets de la terreEls angelets de la terra (en français, "les petits anges de la terre") sont les paysans du Roussillon qui se sont soulevés contre le roi Louis XIV pour protester contre l'établissement de l'impôt sur le sel. et est entrainé par sa mère, fidèle à l'Espagne, dans la conspiration de Villefranche en 1674 pour livrer Villefranche-de-Conflent aux Espagnols. On confisque tous ses biens en Roussillon. Il s'enfuit en Espagne dans la famille de sa belle-mère. Il est condamné à mort le par le Conseil souverain mais ne sera pas exécuté, il est exilé en Espagne. Son épouse, profitant du crédit qu'avait son père, se fait donner par Louis XIV tous les biens confisqués sur son mari et obtient même qu'on érige pour elle en marquisat la terre de Montferrer en . En revanche, le château féodal de Mollet, à Montferrer est rasé par Vauban afin d'éviter de servir de repaire à un éventuel soulèvement. La famille de Banyuls qui se partageait entre les châteaux de Montferrer et de Nyer réside alors dorénavant à Nyer. Charles meurt à Barcelone en 1687 sans postérité. Sa femme décède en 1693 avec le titre de marquise de Montferrer.
François de Banyuls de Montferrer
Frère de Charles , il prend sa succession à la mort de ce dernier. Baron de Nyer, seigneur de Réal, Odeillo, les Cortals, Léca, la Rocha, les Graüs. Il devient militaire au service du roi de France. Il part pour la campagne de Hollande. Fin 1671 il devient capitaine. Le à Mézières il épouse Anne Martin, il a alors le grade de Premier Capitaine au régiment étranger de Cavalerie du dauphin. En il obtient du roi de France que le marquisat de Montferrer lui revienne ainsi que sur ses descendants. Il devient ainsi le de Montferrer. Il a deux fils : François-Gérard IV dont descendent tous les Banyuls suivants et Jean III, ecclésiastique, chanoine de la cathédrale Saint-Jean de Perpignan.
François-Gérard IV de Banyuls de Montferrer
Le il fait reconnaissance au Roi du château et du territoire de Montferrer. Ses affaires sont en mauvais état. Les dettes de son père n'ont fait qu'empirer, et Nyer est devenu un village pauvre. La plupart des forges sont fermées (pas assez productives, et le bois nécessaire a épuisé les forêts) Un riche mariage le tire d'affaire. Le il épouse Madeleine de Forcades, née à Perpignan. Son argent lui permet de sortir Nyer de la misère, il développe les vers à soie, fait des plantations de bois précieux. Son niveau de vie revient à celui que ses ancêtres possédaient. Il a 14 enfants, tous doté de bonnes situations et bien en vue dans la société de l'époque. Il meurt à Perpignan le , et est inhumé à l'église Saint-Joseph. Parmi ses trois fils, deux sont ecclésiastiques (Henri et Ange), son fils aîné Joseph lui succède.
Joseph de Banyuls de Montferré (1723-1801) Marquis de Montferrer (), baron de Nyer, seigneur de La Rocha, de La Réal, d'Odeillo, de Puig, de Leca et de Millepetit Seul de sa famille susceptible de transmettre son patronyme, il a seize enfants, dont cinq fils qui atteignent l'âge adulte: Raymond qui suit Jean-Baptiste qui devient ecclésiastique (cf Personnages - Ecclésiastiques) Jacques, sans postérité, finit sa vie à Majorque. Joseph, Maréchal de camps et armées du roi, Général commandant la à Périgueux (1826), dont est issue la branche du Maine. Pierre, compagnon de Napoléon Bonaparte à l'École Militaire de ParisCité plusieurs fois dans La jeunesse de Napoléon d'Arthur Chuquet, Élève du collège militaire de SorèzeSite de l'association sorézienne, Annuaire --s siècles le , sorti le comme sous-lieutenant dans le Régiment de SoissonnaisÉtat Militaire de France pour l’année 1789, Seconde Partie, Troupes, Chapitre II, Infanterie Françoise et Étrangere, Soissonnois.. Il abandonne le service le .
Fin de la branche du Roussillon
Raymond de Banyuls de Montferré (1747-1829) (cf Personnages-Seigneurs, militaires et/ou diplomates)