Paul Détrie, né le à Oran et mort le à Bayonne, est un général de division français.

Il se distingue particulièrement en tant qu'officier supérieur durant la Première Guerre mondiale au cours de laquelle il est cité dix fois et fait chevalier puis officier de la Légion d'honneur.

Biographie Famille Il est le deuxième fils de Paul Alexandre Détrie, lui-même général qui s'est notamment distingué en 1862 lors du combat du Cerro Borrego.

Il passe sa petite enfance en Algérie à Oran, Dellys et de nouveau à Oran, où son père est général de la subdivision puis de la division d'Oran, de 1884 à 1893.

Le , il épouse, à Boulogne-sur-Seine, Suzanne Boucher, fille du colonel Arthur Boucher. Cinq enfants naissent de ce mariage : Yvonne (1902), Marcel, (1905-1909), Christiane (1910), Michel (1912) et Paul-Henri (1920).

Formation Il est sous-lieutenant à sa sortie de Saint-Cyr (promotion Jeanne d'Arc 1893 -1895).

Première campagnes Il rejoint, en , le Étranger où il sert quatre années : deux ans à Géryville dans le Sud Oranais et deux ans au Nord-Tonkin.

Rentré en France à la fin de l'année 1901, il est affecté au RI au Mans.

Première Guerre mondiale En , adjoint au colonel Jullien, commandant le d'infanterie, le capitaine Détrie participe à la bataille des frontières et à celle de Virton en Belgique.

Nommé chef de bataillon le , il est grièvement blessé, le lendemain, près de Roye. Rapatrié, il est soigné, près des siens au Mans.

Le , il reprend sa place au RI, et le il est blessé pour la deuxième fois, mais refuse d'être évacué. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le .

vignette|gauche|Portrait de Paul Détrie alors qu'il est chef de bataillon du B.C.P (1915-1916).

Le , il prend le commandement du BCP et combat sur les fronts de l'Yser, de la Champagne, de Verdun (dès le ) et de la Somme.

Fin , il devient lieutenant-colonel, nommé à la tête du RI, surnommé « La Garde ». Son régiment est engagé sur les fronts de la Somme, de la Champagne, de Verdun et de la Lorraine.

Il est promu officier de la Légion d'honneur en .

Le à Montdidier, son régiment pénètre de plus de neuf kilomètres dans les lignes allemandes. Fin , ce sont les durs combats devant Vouziers.

En , il entre en Alsace, à Rœschwoog. À , que déclare le directeur de l'École, M. Halter, fait écho , l'appel entendu dans son enfance.

Les lettres adressées chaque jour à sa femme, sa correspondance de guerre de quatre années, (plus de 1 100 lettres) seront publiées en 1995 sous le titre de Lettres du Front à sa femme.

Il participe avec le drapeau de La Garde et sa garde au défilé de la Victoire, sous l'Arc de Triomphe, le .

Après guerre Le régiment regagne, en août, Bar-le-Duc, sa garnison d'avant-guerre où il s'installe avec sa famille.

L'année suivante, Paul Détrie est nommé colonel plein. En 1923, son régiment occupe Bochum dans la Ruhr.

Il évalue clairement la situation en Allemagne et anticipe déjà des perspectives inquiétantes qui s'avéreront exactes seize ans plus tard..

Il préside des Conseils de Guerre d’industriels allemands et un avocat allemand Grimm lui rend hommage en ces termes : .

En 1924, le RI occupe Bingen, en Rhénanie, où sa famille le rejoint enfin.

En , après 11 années de commandement, il reçoit les étoiles de général de brigade et quitte le RI pour la DI à Angers.

En 1929, il est affecté à la Subdivision de Rouen.

Le , lors des fêtes commémoratives du cinquième centenaire de la mort de Jeanne d'Arc (patronne de sa promotion à Saint-Cyr), il présente les troupes aux plus hautes autorités françaises et étrangères rassemblées place du Vieux Marché.

En , Paul Détrie est promu général de division et prend le commandement de la division d'infanterie à Bayonne. Il obtient du ministère de la Guerre l’autorisation d’inviter des Officiers espagnols aux manœuvres de la division à Souge, en Gironde.

Il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur le . Les insignes lui sont remis à Pau le par le général Weygand.

Atteint par la limite d'âge, le , il se retire à Bayonne et se consacre à de nombreuses activités : président du syndicat d'initiative du Pays basque, du Souvenir français, de Valentin Haüy, collabore à , et crée un cycle de conférences sur l’Espagne au Musée basque.vignette|Le régiment de parachutistes d'infanterie de marine rend hommage au général Détrie lors de ses obsèques.|gauche

Il meurt à son domicile de Bayonne dans sa quatre-vingt onzième année. Le , les honneurs militaires lui sont rendus par les parachutistes et la garnison de Bayonne, devant sa villa. Il repose au cimetière Saint-Léon de cette ville.

Distinctions Décorations françaises 50px Grand officier de la Légion d'honneur le Commandeur le (rang ) Officier le Chevalier le

50px : Croix de guerre 1914-1918 (dix citations : sept palmes, trois étoiles).

Décorations étrangères 50px : Croix de guerre belge 50px : Le roi d'Angleterre, le , le fait commandeur de l'ordre de Saint-Michel et Saint-George. 50px : La République Espagnole, en reconnaissance de son action en faveur du rapprochement franco-espagnol, le fait Grand Croix du Mérite Militaire Espagnol.

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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