Jane Hading, nom de scène dAlfrédine Jeanne Tréfouret, née à Marseille le et morte à Neuilly-sur-Seine le , est une actrice et chanteuse française.

vignette|Jane Hading, Munsey's Magazine, 1896.

Biographie Fille illégitime qu'Alexandre HadingueObsèques d’Alexandre Hadingue, le père de Jane Hading, à Marseille, (photo au cimetière) « Comoedia » 3 mai 1912, acteur au théâtre du Gymnase de Marseille, alors marié à l'actrice Rose Montron, eut de Jeanne-Hermance Tréfouret, native de Nîmes, Jane Hading était la demi-sœur de Clémence Hadingue, institutrice et femme de lettres (pseudo : Daniel Hadson), née le à Annecy, fille d’Alexandre Hadingue, artiste dramatique, et de Rose Montron, qui épouse Auguste Gaudichot-Masson, dit Michel Masson, auteur dramatique, journaliste et romancier, le à Paris Acte de mariage d'Auguste Gaudichot-Masson, dit Michel Masson et de Clémence Hadingue sur le site des Archives de Paris , le , acte , vue 12/31Nécrologie d’Auguste-Michel-Benoit Gaudichot dit Michel Masson, il avait épousé Clémence Hadingue la demi-sœur de Jane Hading « L'Intransigeant » 26 avril 1883.

La même année, âgée de 14 ans, Alfredine est engagée au théâtre d'Alger puis à l'opéra khédival du Caire. Jolie brune dotée d'une belle voix, elle se fait remarquer dans des rôles de soubrettes ou d'ingénues. Elle prend pour nom de scène Jane Hading. De retour à Marseille, elle interprète des opérettes comme Ruy Blas.

Elle débute à Paris au théâtre du Palais-Royal dans La Chaste Suzanne. En 1883, au Théâtre du Gymnase, Le Maître de forges lui apporte la célébrité. L'année suivante, elle épouse à Marylebone en Angleterre Victor Koning, directeur du GymnaseTranscrit le 31 décembre 1884 suivant dans le registre des mariages de l'année 1884 pour le , actes 726-727 (p.7), sur le site des Archives numérisées de la Ville de Paris.. Ils divorcent en 1887Jugement rendu par le tribunal civil de la Seine le 2 mai 1888 et transcrit le 11 août suivant dans le registre des mariages de l'année 1888 pour le , acte n°421 (p.16), sur le site des Archives numérisées de la Ville de Paris..

1885 semble une année importante pour elle, si l'on en croit Edmond de Goncourt qui, le , après la création de Sapho, note dans son Journal que « …Hading, qui n'a jamais eu une pareille presse, s'est réveillée, le lendemain, non plus Hading, mais Rachel… »

Il est vrai que, dans le rôle principal, l'actrice faisait grosse impression, comme le note toujours Goncourt lors d'une répétition le : « … Hading, cette actrice que je venais voir avec la prévention d'une actrice d'Ohnet [allusion à la création du Maître de forges en 1883], joue très intelligemment le rôle de Sapho et même tous les dessous psychiques du rôle, avec le flottement mou et las de son corps, la putinerie de ses regards longs, l'impudence de sa bouche, la canaillerie de ses pensées qu'on sent habiter son front, les chatteries sensuelles de ses gestes, ses demi-asseyements sur une fesse et une jambe repliée pour jouer du piano, ses fumeries de cigarettes à l'instar des lorettes de Gavarni, enfin toute cette mimique d'une fille et jusqu'à la merveilleuse composition de cette toilette de campagne, idéale toilette de cocotte avachie. »

Quelques jours plus tard, le , pendant le souper qui suit la première, la comédienne frappera tout aussi vivement l'imagination du vieux littérateur. Il en fait ce portrait :

On ne peut se défendre de l'impression que ce beau portrait, ainsi que tout ce que Goncourt rapporte de cet événement, marqué pour lui par la découverte de la sublime actrice (la jalousie de Koning, le mari, pendant les répétitions, une entrevue seul à seule en coulisse d'Alphonse Daudet et de Jane, au bord de l'effusion sentimentale), a été l'intertexte de l'évocation qu'à son tour fera d'elle en 1928, Léon Daudet dans une page entière de son Paris Vécu (Rive droite, III, p. 959-960), dans ces mêmes circonstances — sorte de condensé des données fournies par Goncourt :

« …une des plus belles Vénus du Titien, à la chevelure « auburn », à la peau ambrée, une Marseillaise parfaite (c'est tout dire !) »

Désireux de fournir, lui aussi, une anecdote sur l'atmosphère érotisante qui enveloppa les répétitions de Sapho, Léon Daudet nous apprend que Jane Hading fut l'occasion d'une remarque taquine du père au fils Daudet, celui-là ayant deviné la passion toute platonique de celui-ci pour la belle actrice : Alphonse dit à Léon, tout en l'observant derrière les volutes de sa pipe, qu'il a eu l'occasion de voir le genou de la jeune femme :

« ne jouera pas ce soir. Elle est tombée sur le genou, et elle m'a montré, devant Koning furibond, bien entendu, ce genou un peu cendré par la chute, vraiment exquis, un genou de Catulle ou de Théocrite. »

Accessoirement, Léon Daudet nous apprend qu'elle vivait alors « tout au bout du boulevard Malesherbes » avec son mari. Mais la « grande » littérature ne suffit pas à nourrir les acteurs, et en 1887, Jane retourne à Georges Ohnet (l'écrivain à succès de l'époque, qui fait contre lui l'unanimité, de Daudet à Bloy), avec La Comtesse Sarah. Jugement d'Alphonse Daudet, toujours dans le Journal d'Edmond de Goncourt le : « … si Hading continue à jouer des pièces comme cela, des pièces où elle ne peut pas un moment s'appuyer sur la vérité, elle n'aura bientôt plus de talent. ». Elle y retournera encore en 1906, avec Serge Panine.

En 1888, elle entame une carrière internationale qui la mène en Amérique aux côtés de Benoît-Constant Coquelin (1841-1909) et la rendra célèbre, non seulement dans son pays natal, mais aussi aux États-Unis et en Angleterre.

Le , Alphonse Allais publie, en écorchant son nom, Une lettre de Jane Harding (avec un -r-) dans le Journal ; qu'il s'agisse d'elle, et donc d'une coquille quant à son nom, est prouvé par une Petite correspondance ultérieure (), dans le même organe, où il se livre aux jeux de mots : « Jane à Digne […] Jane à Ding ». Que les gens hésitassent sur la prononciation de ce nom qui sonne vaguement anglais est confirmé par Léon Daudet, dans le même passage, où il fait dire à son patron de l'Hôtel-Dieu (du temps de ses études de médecine), le chirurgien Tilliaux : . Cette anecdote semble encore un ressouvenir de Goncourt, lequel note, à la date du , ce trait rapporté par Alphonse Daudet, qu'il prête à Foyot, autre médecin de l'Hôtel-Dieu : . Quoi qu'il en soit, il semble évident qu'à cette époque, bien des gens, voyant un nom en -ing, avaient tendance à le prononcer à la française, en -ingue…

Allais la donne, en 1894, comme « pensionnaire de l'Opéra-Comique ». Or, cette même année, le , Goncourt, qui aurait — vainement — voulu son concours pour une reprise de la version dramatique de La Faustin, la donne comme étant du Théâtre-Français… Il se peut que, de mars à octobre, Hading ait fait la translation d'un théâtre à l'autre (on sait l'exclusivité que comportait alors un engagement à la Comédie Française) ; quant à sa présence sur la scène de l'un ou l'autre des deux théâtres, la chronologie est pour l'instant muette sur cette année 1894.

La lettre de Jane "Harding" (le biographe d'Allais, François Caradec, reproduira ce nom sous cette forme fautive, sans doute par fidélité au texte allaisien, bien qu'il reconnaisse, p. 347, que son nom « a été écorché par les typos ») est pleine de fantaisie et révèle une culture mythologique très documentée (pour la circonstance, sans doute) auprès de la science allemande contemporaine ; il s'agit d'appuyer les « recherches » d'Allais sur la vélo à travers les âges, par une analyse vélocipédique, entre autres, du mythe de la roue de la Fortune et de celle d'Ixion…

Jane Hading meurt le , à l'âge de 81 ans, à Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-SeineArchives départementales des Hauts-de-Seine, commune de Neuilly-sur-Seine, année 1941, acte de décès , vue 13/113. Elle y avait acquis une propriété, boulevard d'Inkermann..

Théâtre

1877 - : La Chaste Suzanne, comédie en 2 actes de Paul Ferrier, Théâtre du Palais-Royal - rôle-titre.

1878 - : Tant plus ça change, revue en 3 actes d’Edmond Gondinet et Pierre Véron, Théâtre du Palais-Royal - rôle d'Anatole.

1879 : Héloïse et Abélard, opérette de Clairville et William Busnach, musique d'Henry Litolff, Théâtre de la Renaissance. : Une éducation manquée, opérette en 1 acte d'Emmanuel Chabrier, création lors d'une soirée organisée au Cercle de l'Union Artistique à Paris, avec accompagnement au piano par Chabrier lui-même - rôle de Gontran de Boismassif (soprano en travesti). : La Jolie Persane, opéra-comique d'Eugène Leterrier et Vanloo, musique de Charles Lecocq, Théâtre de la Renaissance.

1880 - : Belle Lurette, opéra-comique en 3 actes de Jacques Offenbach, livret d'Ernest Blum, Édouard Blau et Raoul Toché, Théâtre de la Renaissance - rôle-titre (soprano).

1883 : Autour du mariage de Gyp et Hector Crémieux, Théâtre du Gymnase - rôle de Paulette. : Le Maître de forges, adaptation par Georges Ohnet de son roman Le Maître de forges, Théâtre du Gymnase - rôle de Claire de Beaulieu.

1885 : Le Prince Zilah de Jules Claretie, Théâtre du Gymnase - rôle de Marsa. : Sapho d'Alphonse Daudet et Adolphe Belot d'après le roman de Daudet, Théâtre du Gymnase - rôle de Fanny Legrand.

1887 - : La Comtesse Sarah, comédie de Georges Ohnet, Théâtre du Gymnase - rôle-titre.

1890 - : Le député Leveau, comédie en 4 actes de Jules Lemaître, Théâtre du Vaudeville - rôle de la marquise de Grèges.

1891 - : L'Impératrice Faustine, drame historique en 5 actes de Stanislas Rzewuski, Théâtre de la Porte-Saint-Martin - rôle-titre.

1892 - : Le prince d'Aurec, comédie de Henri Lavedan, Théâtre du Vaudeville - rôle de la princesse d'Aurec.

1895 : Les Demi-vierges, comédie en 3 actes de Marcel Prévost (création), Théâtre du Gymnase - rôle de madame de Vouvre. : Marcelle, comédie de Victorien Sardou, Théâtre du Gymnase - rôle-titre.

1897 - : La Montagne enchantée, drame-féérie en 5 actes d'Émile Moreau et Albert Carré, musique d'André Messager et Xavier Leroux, Théâtre de la Porte-Saint-Martin - rôle d'Asitaré.

1900 - : Les Demi-Vierges, comédie de Marcel Prévost (reprise), Théâtre de l'Athénée - rôle de madame de Vouvre.

1901 : Le Vertige, comédie de Michel Provins, Théâtre de l'Athénée - rôle d'Andrée de Roville. : La Pompadour, comédie dramatique d'Émile Bergerat (création), Théâtre de la Porte-Saint-Martin - rôle-titre.

1902 - : La Châtelaine, comédie d'Alfred Capus, mise en scène de Firmin Gémier, Théâtre de la Renaissance - rôle de Thérèse de Rive.

1906 : Serge Panine, drame de Georges Ohnet, Théâtre de la Gaîté - rôle de madame Desvarennes. : L'Attentat d'Alfred Capus et Lucien Descaves, Théâtre de la Gaîté - rôle de Marcelle.

1908 : L'Alibi de Gabriel Trarieux, Théâtre de l'Odéon - rôle de Madeleine Laroche. : La Femme X… d'Alexandre Bisson, Théâtre de la Porte-Saint-Martin - rôle de Jacqueline.

1911 - : La Femme nue, comédie de Henry Bataille (reprise), Théâtre de la Porte-Saint-Martin - rôle de la princesse de Chabran.

1912 - : La Crise, comédie de Paul Bourget et André Beaunier, Théâtre de la Porte-Saint-Martin - rôle de Gisèle Prieur.

1913 - : La Chienne du Roi, comédie de Henri Lavedan, Théâtre Sarah-Bernhardt - rôle de la comtesse du Barry.

Galerie

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

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