vignette|upright=1.3|Différents types de cigarettes électroniques au format stick, pod et box (2015). vignette|upright=0.9|Vapeur produite lors de l’utilisation d'une cigarette électronique.

La cigarette électronique (ou e-cigarette), aussi appelée vapoteuse, vap ou vaporisateur personnel, est un dispositif électronique, rechargeable ou jetable (appelé alors puff), générant un aérosol destiné à être inhalé. Elle produit une « vapeur » ressemblant visuellement à la fumée produite par la combustion du tabac. Cette vapeur peut être aromatisée et contenir ou non de la nicotine. L'utilisation de la cigarette électronique est également désignée par les verbes « vape » ou « vapoter ».

À la différence de la fumée produite par une cigarette traditionnelle, cette « vapeur » n'est pas du tabac brûlé et ne contient donc ni monoxyde de carbone, ni goudrons. Elle contient néanmoins des particules et substances potentiellement cancérogènes ou toxiques, mais en quantité bien plus faibles que la cigarette (ou la pipe). Elle est souvent présentée comme une alternative moins nocive au tabac ou comme un substitut pour le sevrage tabagique, en particulier au Royaume-Uni, mais l'OMS et des agences nationales comme Santé publique France ont conclu à partir des études disponibles que le potentiel du vapotage comme outil d'aide au sevrage tabagisme « n'[était] pas clair ».

En 2019, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) l'a qualifiée « d'incontestablement nocive » et a appelé les gouvernements à sa régulation. Cette décision a été critiquée en France par l'Académie nationale de pharmacie et par le , président d'honneur de l'association Alliance contre le tabac.

La cigarette électronique fait l'objet de restrictions dans de nombreux pays ; sa commercialisation est interdite au Brésil et en Inde.

Au contraire, l'industrie du tabac fait désormais campagne en sa faveur (et en faveur d'autres produits comme le tabac chauffé) auprès des pouvoirs publics.

Voté en suite à une diffusion de l’Assemblée nationale et du Sénat, les puffs sont désormais interdites à la consommation et à la vente. Cette infraction conduit à une amende allant jusqu’à 200 000 €.

Terminologie vignette|upright=1.3|alt=Exemple de kit simple cigarette électronique.|Exemple d'un kit simple de cigarette électronique (modèle de seconde génération) avec (de g. à d.) :1 étui avec un câble chargeur USB,1 ensemble batterie + clearomizer (atomiseur),1 adaptateur secteur-USB.

Le dispositif est communément désigné par « cigarette électronique » ou « e-cigarette » ou « e-cig », car, dans ses formes les plus démocratisées, il rappelle la forme et l'usage de la véritable cigarette, et simule sa fumée. Fin 2013, la plupart des dispositifs sont électroniques, d'une complexité allant de simples mécanismes de protection à des modèles sophistiqués, avec variateur de tension ou de puissance, contrôle de la température de la résistance, décompte des bouffées, écran, communication avec ordinateur« Rapport et avis d'experts sur l'e-cigarette », Office français de prévention du tabagisme, mai 2013.

Une cigarette électronique dont le liquide à vapoter contient de la nicotine peut aussi être appelée « système électronique d'administration de nicotine » (SEAN) (en anglais electronic nicotine delivery systems, ENDS).

Quand elles ont la forme d'un cigare ou d'une pipe, elles peuvent alors aussi être nommées « cigare électronique » ou « pipe électronique ». Toutefois elles peuvent prendre des formes plus originales.

Les termes « cigarette électronique », « vapoter » et « vapoteur/vapoteuse » ont été inclus dans l'édition 2015 du Petit Larousse. et du Petit Robert..

Historique Le concept d'une cigarette électronique est élaboré par Herbert A. Gilbert en 1963, avec un brevet déposé en 1965 présentant le schéma d'une cigarette électronique . Gilbert est approché par des sociétés souhaitant fabriquer cette cigarette, mais son invention n'est jamais commercialisée.

vignette|Cigarette électronique Ruyan lancée en Chine en 2004.

Le premier dispositif rendu public destiné à simuler l'utilisation d'une vraie cigarette a été réalisé en 2003 par Hon Lik., un ancien pharmacien et ingénieur chinois qui a déposé en 2005 un brevet pour une .

La technologie de vaporisation par résistance chauffante, seule technologie commercialisée pour les cigarettes électroniques actuellement, a été inventée et brevetée vers 2009 par le chinois David Yunqiang Xiu (修运强) avec son « Electronic Nicotine Delivery System (ENDS) ».Liste de brevets de Yunqiang Xiu.

Les cigarettes électroniques sont pour la plupart fabriquées en Chine, dans diverses usines des villes de Shenzhen et Hong Kong. Les revendeurs du monde entier sélectionnent leurs produits via des intermédiaires sur place et se font livrer les kits tout prêts, ou achètent les divers éléments et font eux-mêmes le conditionnement des kits. Certains gros revendeurs louent des ateliers au sein des usines de production ou possèdent des ateliers de montage sur place. Il existe également des modèles développés et fabriqués en petites séries en Europe et en Amérique.

Depuis 2009-2010, la vape a commencé à se développer et les boutiques de vente de cigarettes électroniques et de produits associés (e-liquide, résistance) ayant pignon sur rue ont vu le jour. Les entreprises historiques du tabac se sont progressivement intéressées au marché de la cigarette électronique et chaque acteur majeur du tabac propose maintenant sa gamme de cigarettes électroniques.

Principes généraux vignette|Schéma descriptif des éléments d'une cigarette électronique de (en anglais).

Le principe d'une cigarette électronique consiste à produire un aérosol imitant la fumée de tabac. La technique la plus courante consiste à chauffer le liquide (dit liquide à vapoter. ou e-liquide) par l'intermédiaire d'une résistance chauffante faisant partie de l’atomiseur (dispositif pouvant être appelé « clearomiseur », « tank », « RTA », « RDTA » en fonction de son principe de fonctionnement).

L'utilisateur doit enclencher le chauffage de la résistance, le liquide chauffe, se vaporise sous l'effet de la chaleur et produit un aérosol que l'utilisateur peut alors inhaler.

L'activation du chauffage de la résistance peut être soit manuel (l'utilisateur appuie sur un interrupteur), soit automatique (un dispositif électromécanique placé dans la cigarette électronique détecte l'aspiration de l'utilisateur et active aussitôt la résistance).

L'aérosol (brouillard de micro-gouttelettes) constitue un nuage blanc rappelant la fumée des véritables cigarettes, peu odorant. .

La cigarette électronique a donc l'avantage de ne pas « gaspiller » la nicotine dans l'air car elle ne s'active qu'à l'inspiration du fumeur, par rapport à une cigarette ordinaire qui brûle en permanence même sans inhalation et qui « gaspille » la nicotine dans l'air.

La demi-vie des particules émises par les cigarettes électroniques dans l'air est d'environ 11 secondes, contre 17 minutes pour les particules de fumée des cigarettes ordinaires.

Cette « vapeur » visible disparait rapidement (demi-vie dans l'atmosphère d'environ onze secondesComparaison de l'aérosol de la cigarette électronique à celui des cigarettes ordinaires et de la chicha. Revue des maladies respiratoires, 2013. avec du liquide contenant généralement du propylène glycol, du glycérol et des arômes).

Éléments d'une cigarette électronique

vignette|Un modèle original de cigarette électronique, reprenant la forme d'une grenade (2013).

Il existe un grand nombre de modèles de tailles, de capacités, de formes, de contenus, d'accessoires et de marques. Depuis les cigarettes électroniques jetables ou les premiers modèles qui cherchaient souvent la ressemblance avec les cigarettes traditionnelles jusqu'aux derniers modèles dont l'apparence peut s'éloigner fortement des références au tabac.

Une cigarette électronique est constituée des éléments principaux suivants : une batterie (qui alimente l'atomiseur) ; un atomiseur (qui contient une résistance qui va vaporiser le liquide) ; un réservoir (le contenant du liquide) ; un embout buccal (ou drip tip)., qui permet d'inspirer la vapeur sortant de l'atomiseur.

Batterie vignette|upright|Compartiment d'accumulateur avec système électronique de réglage de la tension, nommé également mod, avec un accu. rouge (2012). L'atomiseur/clearomiseur se fixe au-dessus.

La batterie est constituée d'un ou de plusieurs accumulateurs dans un bloc et équipé d'un module électronique de régulation et de protection. Lorsque cet ensemble est démontable, on parle alors de mod. Les accumulateurs pour cigarettes électroniques sont actuellement presque exclusivement de technologie lithium-ion.

Atomiseur/clearomiseur vignette|gauche|upright|Atomiseur démontable (ancien modèle). vignette|gauche|upright|Atomiseurs de type « clearomiseur » (résistance à l'intérieur) avec embout (drip tip) intégré au sommet (modèle de seconde génération).Les tresses blanches en fibre de verre à l'intérieur s’imprègnent du liquide pour l'amener jusqu'à la résistance, en haut du dispositif.

L'atomiseur est la partie qui a pour fonction de chauffer le liquide afin de générer l'aérosol.

Les atomiseurs, « cartomiseurs » et « clearomiseurs » contiennent un fil résistif en nichrome, Kanthal, acier inoxydable, nickel ou titane qui entoure une mèche qui peut être en fibre de silice, en coton ou en grille de tamis fin (mesh en anglais) et/ou qui est entouré par une bourre. La mèche ou bourre ont pour fonction de stocker le liquide et de l'amener par capillarité à la résistance pour qu'il soit chauffé et vaporisé.

Quand l'atomiseur et la cartouche sont indissociables et ne forment qu'un seul composant, ce dernier est nommé « cartomiseur » (contraction des mots « cartouche » et « atomiseur ») ou cartouche à atomiseur intégré. Les cartomiseurs alimentent en liquide l'atomiseur par l'intermédiaire d'une bourre.

Lorsque l'alimentation est assurée à l'aide d'un système à mèches, on parle de « clearomiseur », équipé en général d'un réservoir en tout ou partie transparent. Le système de mèche est situé soit en haut pour des vapeurs qui seront tiède à chaude, soit en bas pour des vapeurs qui seront froide à tiède.

Les atomiseurs sont des consommables dont la durée de vie varie énormément suivant le modèle, l'utilisation et le type de liquide. La plupart des modèles permettent de ne changer que la résistance lorsqu'elle est trop encrassée, afin de ne pas jeter le reste du corps de l'atomiseur.

Il existe également une famille d'atomiseurs dits « reconstructibles » qui permettent à l'utilisateur de configurer lui-même ses résistances chauffantes et ses mèches.

Un dispositif de régulation du flux d'air peut être également intégré à l'atomiseur.

Réservoir C'est la partie contenant le liquide, généralement cylindrique. Il est en plastique, en verre ou en métal et se présente soit sous la forme d'une cartouche préremplie à usage unique, soit sous celle d'un réservoir à remplir, par le haut ou par le bas.

Il existe trois types de réservoirs : ceux à bourre, ceux sans bourre, dits réservoirs tank, et les atomiseurs secs (dripping atomizers) dans lequel le liquide à vapoter n'est stocké que dans la mèche.

Le réservoir possède deux ouvertures : une entrée d'air et une sortie pour la vapeur.

La sortie peut être équipée d'un embout buccal interchangeable.

Liquides à vapoter vignette|redresse=1.1|Plusieurs flacons de liquides à vapoter (10 ml) et une cigarette électronique (2011).

Les liquides à vapoter (souvent nommés « e-liquides » par les industriels ou les commerçants spécialisés)« VDLV devient le premier fabricant européen de nicotine liquide », Mila Ta ninga, La Tribune, 5 octobre 2017.« Cigarette électronique : le point sur le diacétyle, substance controversée », Mathilde Cousin, 20 Minutes, 29 septembre 2017. se composent :