Le centre de rétention administrative Paris 1 est un centre de rétention administrative (« CRA ») situé avenue de l'École-de-Joinville dans le quartier de Picpus du de Paris. Le nom de « CRA de Vincennes », sous lequel il est aussi connu, peut être trompeuse : le bois de Vincennes au sud-est duquel le centre est implanté n'est pas dans la commune de Vincennes (Val-de-Marne), mais sur le territoire de Paris. Ce CRA contient actuellement 235 places, réparties en trois centres de rétention officiellement distincts, mais partageant le même site.

Historique Révoltes et incendie de juin 2008 De à , de nombreux mouvements de révolte ont lieu aux deux centres de rétention, pouvant alors accueillir jusqu'à 280 personnesLire, pour un récit plus détaillé de ces mois de luttes : : refus de comptage, tentatives de grèves de la faim, rédaction de pétitions, départs d'incendie, etc. À plusieurs reprises, des CRS interviennent dans le centre pour mater les révoltes (deux nuits consécutives en , dans la nuit du 11 au , faisant cette fois usage d'un Taser X26 et frappant des retenus ) et des manifestations de solidarité ont régulièrement lieu à l'extérieur.

C'est dans ce contexte qu'intervient le décès de Salem Souli, le . Gravement malade - le médecin estimant le que son pronostic vital était engagé-, il est maintenu en rétention et est retrouvé mort dans sa cellule le 21 vers 17h. Les policiers affirment aux retenus qu'il n'est que gravement malade, qu'il est transféré à l'hôpital. L'émoi suscité par l'annonce de son décès, le 21 au soir, conduit à un premier incendie de chambre. La nouvelle se propage au second centre. Le lendemain, des deux côtés s'organisent une marche silencieuse : tandis que les policiers s'y opposent et tentent de la contenir dans le CRA avec des gaz lacrymogènes, déclenchant des mouvements de foule aboutissant à un départ de feu, dans le CRA la marche se termine par un amoncellement de matelas dans la cour centrale puis une double mise à feu, des matelas et dans une chambre, alors qu'une manifestation de solidarité se tient devant le centre de rétention. Les pompiers n'arrivent pas à maîtriser l'incendie et les deux centres sont détruits.

Conséquences de l'incendie L'incendie permet à une cinquantaine de retenus de s'échapper : , certains sont hospitalisés à la suite des inhalations toxiques tandis que de nombreux autres sont transférés dans les centres de rétention de Nîmes, Paris, Oissel, Lille et Palaiseau. Certains sont libérés, les transferts étant parfois irréguliers. Par contre, six étrangers sont condamnés pour l'incendie, à des peines allant de six mois à deux ans et demi de prisonVoir, pour le portrait de l'un d'eux : et .

Le centre est immédiatement fermé. Il rouvre progressivement : le à 60 places, puis le à 87 places puis à 119 places le et enfin à 171 places en (réparties entre trois centres séparés). En , un rapport du Sénat estime le coût des travaux liés à cet incendie et à celui de à 20 millions d'euros : .

Les révoltes et l'incendie qui a suivi inspirent la création d'un jeu vidéo de simulation de centre de rétention : Avenue de l’École-de-Joinville.

Pendant la pandémie de Covid-19 Après qu'un foyer de contagion a été découvert au CRA de Mesnil-Amelot, les retenus testés positifs au coronavirus ont été transférés dans un bâtiment réservé aux personnes contaminées du CRA de Vincennes.

Année 2023 Un retenu est retrouvé mort le matin du au CRA de Vincennes. Certains retenus se mettent alors en grève de la faim..

Le vers 7 h, onze personnes retenues s'échappent du centre après avoir forcé une fenêtre et découpé le grillage de protectionLe Parisien, 25.12.2023.

Références

Articles connexes Liste des centres de rétention administrative en France

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