La bataille de Maryang San s'est déroulée du 3 au pendant la guerre de Corée entre les forces du Commandement des Nations unies en Corée, principalement australiennes et britanniques, et l'armée des Volontaires du Peuple de la République populaire de Chine. Les combats ont eu lieu pendant une offensive limitée des Nations unies, du nom de code opération Commando, qui a repoussé l'armée chinoise de la rivière Imjin à la ligne Jamestown.
La bataille s'est étalée sur une période de cinq jours et a vu le du Régiment Royal australien, en liaison avec d'autres unités de la du Commonwealth, déloger une force chinoise numériquement supérieure de ses positions de Kowang-San (, ) et de Maryang San (, ).
Utilisant des tactiques d'abord développées contre les Japonais en Nouvelle-Guinée durant la Seconde Guerre mondiale, les Australiens ont pris l'avantage sur les terrains élevés et ont attaqué les positions chinoises dans des directions inattendues. Ils ont ensuite repoussé les contre-attaques chinoises répétées visant à récupérer Maryang San, les deux parties souffrant de lourdes pertes. Aujourd'hui, la bataille est considérée comme l'un des plus grands exploits de l'armée australienne pendant la guerre de Corée.
Contexte
Dans les mois qui suivirent les batailles de la rivière Imjin et Kapyong à la fin-, l'organisation des forces armées de terre du Commonwealth britannique en Corée placée sous commandement des Nations unies subit des changements considérables. Le australien (3RAR) fut transféré de la d'infanterie britannique à la du Commonwealth britannique lorsque la première formation partit pour Hong Kong. Entre-temps, après de longues négociations, les gouvernements d'Australie, de Grande-Bretagne, du Canada, d'Inde, de Nouvelle-Zélande et d'Afrique du Sud, trouvèrent un accord pour mettre en place une formation intégrée dans le but d'accroître l'importance politique de leur contribution et pour faciliter la solution des problèmes logistiques et opérationnels rencontrés par les différents contingents du CommonwealthO’Neill 1985, ..
La du Commonwealth fut créée le en regroupant la d'infanterie canadienne, la du Commonwealth britannique et la d'infanterie britannique, sous le commandement du lieutenant général James Cassels fut rattachée au d'armée USGrey 1988, .. À partir de sa création, la division occupa la partie ouest du secteur central de la ligne de l'ONU, à environ au nord de la capitale, SéoulGrey 1988, 135.. La comprenait trois bataillons d'infanterie : le du King's Own Scottish Borderers (KSOB), du du King's Shropshire Light Infantry (KSLI) et du 3RAR, le royal australien, sous le commandement du général de brigade George Taylor. Au cours de cette période, le 3RAR fut commandé par le lieutenant-colonel Francis HassettCoulthard-Clark 2001, 266.. Les pourparlers de paix à Kaesong en juillet et septembre conduisirent à une accalmie dans les combats et le 3RAR fit surtout des travaux défensifs, participant notamment au renforcement de la ligne Kansas, au sud de la rivière Imjin, et effectua des patrouilles sur la rive nordKuring 2004, .. Le bataillon utilisa également ce rythme opérationnel réduit pour former ses renforts. La période s'acheva au mois de septembre sur une avancée, limitée mais sans résistance, de la division de 12 kilomètres au nord de l'Imjin, sur la ligne Wyoming, du nom de code de l'opération MindenHorner 2008, ..
Prélude
vignette|Un char britannique Centurion similaire à ceux utilisés pendant la bataille de Maryang San. Le , le général James Van Fleet avait remplacé le général Matthew B. Ridgway en tant que commandant de la armée américaine et des forces des Nations unies en CoréeO’Neill 1985, 132.. L'offensive du printemps chinois en avril et s'était terminée par un échec et fut suivie par deux mois d'opérations sporadiques à partir de la mi-juin et en août, la guerre entra dans une nouvelle phase, Van Fleet reprenant l'offensive. En juillet, les lignes Kansas et Wyoming avaient été renforcées, tandis qu'à la mi-août, une offensive limitée dans le secteur centre-est avait permis de s'emparer des hauteurs autour de Punchbowl et Bloody Ridge lors de la bataille de Bloody Ridge. En septembre, l'offensive dans ce secteur se poursuivit, avec comme objectif la prochaine zone de collines au nord de Bloody Ridge, connue sous le nom de Heartbreak RidgeO’Neill 1985, 165.. Fin septembre et début octobre, Van Fleet, tout en continuant d'attaquer Heartbreak Ridge, élabora un plan pour une offensive limitée dans le secteur ouest, connu comme l'opération Commando, qui permettrait d'avancer de au nord du , dans le but de repousser les forces chinoises et de donner aux forces des Nations unies plus de poids dans les négociations de trêve conduites à l'époque à Panmunjom. L'opération Commando était prévue pour les 3 au et le lieutenant général John W. O'Daniel, commandant du , souhaitait que trois des quatre divisions du des États-Unis et la d'infanterie américaine placée sur le flanc gauche du , s'emparent d'une nouvelle ligne défensive connue sous le nom de ligne Jamestown. Les divisions qui devaient être utilisées dans l'attaque incluaient la du Commonwealth, la de cavalerie américaine et la sud-coréenne tandis que la sud-coréenne resterait sur sa position actuelle sur le flanc gaucheO'Neill 1985, 181..
Dans le secteur affecté à la du Commonwealth, les forces communistes chinoises s'étaient enterrées dans un groupe de collines surplombant l'Imjin. La tâche confiée à la division était de prendre ces positions avec pour objectif de faire avancer la ligne de front de la rive sud de l'Imjin aux collines au nord, soit au total une percée s'étendant sur plus de O'Neill 1985, 166.. Les principaux objectifs de l'avancée étaient de s'emparer de Kowang-San (, ) et de Maryang San (, ) et cette tâche fut affectée à la du Commonwealth britannique, cette formation devant assumer la plus grande part des combatsKowang-San () est souvent connu comme 'Little Gibraltar' par les Américains et figure souvent sous ce nom dans les livres sur cette bataille.. Cassels avait prévu de s'emparer de la ligne Jamestown en trois phases. Dans la première phase, prévue pour le , la prendrait la dans le secteur centre-est. Au cours de la deuxième phase, le , la partirait à l'assaut de la et de la crête au sud-ouest longeant la rivière Samichon. Enfin au cours de la troisième phase, prévue pour le , la s'emparerait de et O’Neill 1985, .. À ce titre, la majeure partie des effectifs de la division serait concentrée sur le flanc droit de l'attaque, où devait se tenir la , tandis que la tiendrait le flanc gauche et la se tiendrait en réserve et fournirait également un bataillon de renfort à chacune des deux autres brigadesO’Neill 1985, .. La division faisait face à deux régiments chinois de la de la , avec un troisième régiment en appui, chacun comptant environ retranchés dans des positions bien abritées. La , pour sa part, avait devant elle l'un des deux régiments précédents qui avait déployé un bataillon sur la , un second sur les collines 217 et 317 et un troisième se tenant en réserve à l'ouest.
Kowang-San serait attaqué au cours de la première phase par les bataillons des King's Shropshire Light Infantry et King's Own Scottish Borderers avec le 3RAR en appui tandis que Maryang San serait prise à la troisième phase de l'opération par le 3RAR et le du Royal Northumberland Fusiliers qui étaient sous commandement de la pour la durée de l’opération Commando. De minutieux travaux de reconnaissance et de planification eurent lieu dans la semaine avant le début de l'opérationO’Neill 1985, 184. et Taylor mit l'accent sur l'utilisation des tirs indirects, l'appui aérien, les tactiques d'infiltration ainsi que l'exploitation des points faibles dans les défenses chinoises pour limiter les pertes humainesMalkasian 2002, 151.. En appui direct de la brigade, se tenait le de campagne du Royal Regiment of New Zealand Artillery avec ses canons de campagne de en plus des armements des divisions et du corps qui comprenaient des mortiers de et de et des obusiers de d'artillerie lourde, soit au total plus de et mortiers. Deux escadrons de chars Centurions britannique du King's Royal Irish Hussars figuraient également en renfort. Hassett, sachant que sa tâche principale était de s'emparer de la , étudia les approches par air et par terre. Les deux tentatives américaines précédentes de prendre Maryang San avaient été des échecs. Il conçut d'abord des tactiques utilisées contre les Japonais en Nouvelle-Guinée durant la Seconde Guerre mondiale consistant à avancer sur les sommets des crêtes, ayant l'intention de profiter de la situation élevée, de l'abri fourni par la jungle et des facilités de mouvement le long d'une ligne de crête pour attaquer les Chinois à partir de directions inattendues.
Toutefois, durant la première phase de l'opération, les Australiens seraient chargés de s'emparer d'un avant-poste chinois sur la afin de permettre aux chars et aux mitrailleuses de faire des tirs directs sur les versants nord et est de la en appui d'une attaque par le KOSB au sud-est. De même, la KSLI devrait s'emparer de la . Deux jours avant le début de l'opération Commando, la traversa la rivière Imjin pour pouvoir être derrière la le . Le lendemain, le 3RAR, sans la et le KOSB s'avancèrent sur leurs zones de départ, prêts à partir le lendemain matinO’Neill 1985, 185.. occupa un poste à en face de la position canadienne, au nord-est de la . La compagnie B étant à en arrière. Dans l'après-midi, la fut soumise à d'intenses bombardements, perdant un soldat blesséHorner 1990, 445.. , sous commandement du major Basil Hardiman, fut détachée à la pour renforcer son front étendu et ne fut pas disponible avant l'après-midi du .
La bataille La prise de la colline 199 () À du matin, le , la compagnie B du 3RAR avança de deux kilomètres vers le nord en direction de la , traversant la vallée en profitant de l'obscurité et du brouillard épais. Ce fut ensuite le tour de la puis de la A. Avant l'aube, des tirs d'artillerie et de mortier furent déclenchés sur les positions connues de l'artillerie chinoise avec des tirs de contre-batterie puis arrêtés pour permettre au KSOB de mener son assaut sur la . Simultanément, le KSLI attaqua la avec le soutien de du Royal Irish Hussars et ils atteignirent leur position sans opposition à Breen 1994, 21.Johnston 2003, 165.. À la s'était emparée des hauteurs au nord et se mit ensuite à patrouiller légèrement à l'ouest de leur objectif qui avait été pris avec trois blessés australiens, cinq Chinois tués et un capturé. En milieu de matinée, à la fois le KLSI et les Australiens s'étaient emparés de tous leurs objectifsBreen 1994, 23..
S'attendant à une contre-attaque, les Australiens commencèrent à s'enterrer sur la , mais aucune attaque de ce genre n'eut lieu ce jour-là. s'avança ensuite et se vit attribuer une position entre la et le KSOB. Les compagnies B et C furent toutes deux bombardées dans le courant de la journée et deux hommes furent blessés. À , la , dirigée par le capitaine Jim Shelton, se mit à organiser la défense de la , et la vint en renfort derrière la A. Comme cela avait été prévu, un groupe de chars Centurion et une section de mitrailleuses furent ensuite envoyés gravir la et commencer à tirer sur le versant nord de la , pour aider le KSOB. Pendant ce temps, à , après des tirs de préparation d'artillerie et de mortier, les compagnies d'assaut britanniques commencèrent à avancer vers la . Cependant, comme les Chinois s'attendaient à un assaut dans cette direction, les Britanniques rencontrèrent une forte résistance initiale et le KSOB fut contraint de reculer et de se réorganiser. À un second assaut fut lancé qui s'empara des premières pentes, et celles-ci furent consolidées à la tombée de la nuit.