La population rurale représente 55 % de la population totale du Sénégal, évaluée à 13,5 millions en . Les secteurs de l'agriculture et de la pêche sont des secteurs économiques importants ; ils contribuent à 14 % du PIB et occupent 50 % environ de la population active. Malgré cela, plus de la moitié des ruraux, en général de très petits paysans pratiquant une agriculture de subsistance, vivent sous le seuil de pauvreté et 30 % d’entre eux sont affectés par l’insécurité alimentaire.

L’agriculture repose à la fois sur des cultures de rente (arachide, coton, produits horticoles pour partie) et sur des cultures vivrières (principalement céréales). L’élevage occupe aussi une place importante ainsi que la pêche.

Il s’agit en majorité d’une agriculture saisonnière et pluviale, centrée sur la période d’hivernage. Mais les surfaces irriguées, qui ne représentent que 5 % de la SAU, et les productions de contre saison ont tendance à se développer.

Les aléas climatiques, la baisse de fertilité des sols et les attaques de ravageurs affectent fortement la production. Aussi le Sénégal demeure-t-il un importateur net de produits alimentaires ; la facture céréalière étant particulièrement élevée.

Les meilleures terres agricoles se trouvent le long du fleuve Sénégal dans la vallée alluviale entre Bakel et Dagana, cette région est la plus densément peuplée de la vallée.

Caractéristiques générales

Zones agro-écologiques Le Sénégal comprend six grandes zones agro-écologiques : La vallée du fleuve Sénégal : Elle couvre une partie des régions de Saint-Louis et de Matam. C’est une bande de environ composée d’un ensemble de plaines alluviales et de hautes terres sableuses. Dans la partie inondable (dite walo) du delta et de la moyenne vallée, les sols sont riches grâce à la couche de limons déposée par le fleuve lors des crues. On y pratique les cultures de décrues. Des périmètres irrigués, notamment pour la riziculture, y ont été aménagés. Dans la partie plus haute, non inondable (dite diéri), les terres ont une vocation pastorale. La zone sylvo-pastorale : Située au sud de la zone précédente, c’est la principale région d’élevage du pays. La pluviométrie y est très faible. Les ressources fourragères sont peu abondantes et fortement dégradées. La zone des Niayes : Elle couvre une bande de le long du littoral atlantique. C’est une zone à forte concentration de population. C’est aussi la principale région du pays. Le bassin arachidier : Il est constitué dans sa partie septentrionale par les régions de Thiès, Diourbel et (partiellement) de Louga et dans sa partie méridionale par les régions de Fatick, Kaolack et Kaffrine. Ce bassin a souffert de larges périodes de sécheresse au cours des dernières décennies. Les écosystèmes se sont dégradés et la fertilité des sols sévèrement affectée. La crise de l’arachide (cf. paragraphe cultures commerciales) a accentué les difficultés de la région. La Casamance: C’est une partie du pays qui bénéficie d’une pluviométrie abondante. On y pratique une agriculture traditionnelle diversifiée : riz pluvial, production fruitière, céréales, coton (en Haute Casamance) Le Sénégal oriental : Il comprend les régions de Tambacounda et de Kedougou. C’est une zone cotonnière et céréalière.

Poids de l'agriculture centre|vignette|upright=1.5

En 2012, le PIB sénégalais était estimé par la Banque mondiale et l'OCDE à un peu plus de US$ 14 milliards. Quatorze pour cent des richesses créées par le Sénégal en 2012 sont des produits agricoles bruts, sept pour cent des produits agricoles transformés. Par ailleurs, une part importante du commerce au Sénégal est liée aux marchés des produits agro-alimentaires.

Utilisation du sol La superficie des terres arables est estimée à 3,4 millions d'ha dont 2,5 millions mis en culture en moyenne chaque année. Les terres cultivées sont occupées pour 50 % par les céréales, pour 30 % environ par l'arachide et pour 20 % par les autres productions. À ces superficies, il convient toutefois d'ajouter une importante zone sylvo-pastorale consacrée en partie à un élevage extensif.

Structure des exploitations en 1998 Taille des exploitations agricoles sénégalaises en 1998 Source: Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage de la République du Sénégal, Recensement National de l’Agriculture 1998-99, vol. 4 : Rapport général du recensement de l’agriculture pluviale, Taille de l'exploitation (ha) Effectif des exploitationsProportion en %Superficie totale cultivéeProportion en % Moins de % % 0,5 à moins de % % 1 à moins de % % 2 à moins de % % 3 à moins de % % 4 à moins de % % 5 à moins de % % 7 à moins de % % 10 à moins de % % plus de % % Ensemble - -

En 1998, il était estimé qu'au Sénégal exploitations agricoles valorisaient environ 1,9 million d'hectares. Il s'agit pour 50 % d'entre elles d'exploitations de très petite taille : moins de . Les exploitations de plus de ne représentent que 10 % de l'ensemble. Un peu moins de 20 % des exploitants disposent de la moitié des terres agricoles.

Seules 15 % des terres agricoles sont exploitées par des femmesMinistère de l'agriculture et de l'élevage (Sénégal) - Recensement national de l'agriculture 1998 -99, 2000.

Le faire-valoir direct est le principal mode d'exploitation : il concerne 70 % des terres. Le fermage est peu pratiqué (moins de 2 %). Une partie des terres (16 %) est prêtée à titre gratuit .

Agriculture et niveau alimentaire de la population En 2011, la FAO estime que la consommation alimentaire moyenne d'un Sénégalais est de l'ordre de par an. Quantitativement, les Sénégalais mangent deux fois moins que les Occidentaux. Pour la période 2014-2016, la FAO estime qu'1,7 million de personnes se trouvaient en situation de sous-alimentation, ce qui correspond à 11,7 % de la population. Cette sous-alimentation a pour effet qu'en 2014, 19,4 % des enfants de moins de 5 ans présentaient un retard de croissance.

Consommation alimentaire moyenne (en kg) d’un Sénégalais en 2011 Source: Bilans alimentaires de la FAO Produits kg/an Céréales 163 Tubercules Viande Poisson Légumes Fruits Produits laitiers Sucre Huiles végétales Ensemble

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Notons que la consommation de céréales, en particulier de riz, est très élevée. Ceci implique que le Sénégal intensifie sa production s'il veut devenir autosuffisant (cf. paragraphe cultures vivrières). Par contre, la consommation de viande demeure faible, quoique compensée en partie par une consommation en poisson assez élevée. Les caractéristiques des filières élevage et de la pêche (cf. paragraphes élevage et pêche) sont en cohérence avec ces données.

Politique agricole Le Sénégal est membre de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui a adopté en 2005 une politique agricole régionale, l’ECOWAP/PDDAA (Economic Community of West Africa States Agricutural Policy) faisant elle-même partie du Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture Africaine (PDDAA) du NEPAD (NewPartnership for Africa's Development)Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt (France) - Politiques agricoles à travers le monde - Fiche pays - Sénégal, 2015. La politique agricole de la CEDEAO est structurée autour de 3 objectifs : le développement des produits stratégiques pour la souveraineté alimentaire (riz, maïs, manioc, produits animaux, produits halieutiques) ; la promotion d’un environnement global favorable au développement agricole ; l’amélioration de l’accès des populations vulnérables à l’alimentation.

Au niveau national, le pays a mis en place le Plan Sénégal Emergent (PSE), nouveau cadre des politiques publiques, qui vise à accélérer la croissance, avec un objectif de 7 % à 8 % sur la période 2014-2018, et à dynamiser l’emploi. Le PSE comprend un volet agricole, le PRACAS (Programme d'accélération de la cadence de l'agriculture sénégalaise) qui vise à renforcer la sécurité alimentaire et réduire le déficit de la balance commerciale. Plus précisément, le PRACAS a pour objectif de développer les filières stratégiques : par exemple, pour le riz, autosuffisance en augmentant les surfaces emblavées et en améliorant la productivité tout en diminuant les pertes, objectif de production de de riz paddy à l'horizon 2017 ; pour l’oignon, objectif de production de en 2017 ; pour l’arachide, objectif de production de 1 million de tonnes ; pour les fruits et légumes, objectif d'exportation vers l'Europe de . De plus, le PRACAS doit permettre la reconstitution du capital semencier, l’accroissement des zones irriguées et l’amélioration de l'équipement du monde rural. Sont aussi prévus : des investissements en infrastructures pour le stockage et la conservation des produits agricoles afin de réduire les pertes post-récolte qui sont très importantes, l’amélioration de la mise en marché des produits ; la création d’un nouvel abattoir ; la création de 3 pôles de développement agro-industriel. Une loi foncière devrait compléter le dispositif de réformes.

Afin de limiter sa dépendance aux importations de blé (80 000 tonnes importées tous les ans), le pays cherche à développer des semences adaptées au climat sénégalais. Les recherches se déroulent à Sangalkam et se concentrent sur des blés égyptiens ou créés par les chercheurs.

Evolution des principales productions agricoles du Sénégal Production (tonnes) des principales cultures :

Spéculation 2014 2013 2012 Mil 662 614/ 480 759 Sorgho 137 574/ 86 865 Maïs 238 423 124 092 Riz paddy* 631 000 /469 649/ 405 824 Fonio 1 497 /1 735 Arachide 692 572 /527 528 Coton graine 32 248 /25 367 Manioc 189 469 /154 879 Niébé 55 015 /28 110 Sésame 5 291 /3 655 Pastèque 182 132 /148 683 Total légumes 740 000 Total fruits 258 000 Viande ovine - - 19 000 t Viande bovine - 87 300 Viande caprine - - 12 900 t Œufs - - 500 millions

Superficies emblavées des principales cultures Sénégal

Culture Moyenne des 5 dernières années. 2013. 2012. 2011 Céréales 1 226 823 /1 136 916/ 1354 919 Arachide 708 956/ 865 770/ 912 895 Niébé 129 206/ 94 530 /95 484 Manioc 23 600 /20 672/ 50 308 Pastèque 16 582 /13 940/ 17 955 Coton 33 694 /26 643/ 30 529 Sésame 11 319 /8 295/ 23 355 Autres 10 380/ 16 233 /15 016 TOTAL 2 160 560/ 2 182 963/ 2 604 478 milsorghomaïsrizarachidecotonmaniocniébésésamepastèque2012480 75986 865124 092405 824527 52825 367154 87928 1103 655148 6832013662 614137 574238 423469 649692 57232 248189 46955 0155 291182 1322014631 0002016439 8712018875 484217 491410 3641 011 26920211 144 855377 323761 8831 349 7231 797 48619 5711 346 474253 89736 1101 677 476 On remarque une hausse considérable de la production vendue dans certains secteurs comme la production d'arachide, de manioc ou de pastèque. Pour l'arachide l'objectif de production de 1 million de tonnes est largement atteint en 2021.

Cultures commerciales ou principalement destinées à l'exportation Les principales cultures commerciales sont les arachides, le coton, la canne à sucre. Mais une partie des productions horticoles (principalement mangue, haricot vert, tomate et melon) fait aussi partie de cette catégorie (voir paragraphe "productions horticoles"). Ces différentes productions contribuent largement aux recettes d'exportation.

Arachide vignette|Rufisque : les arachides en gare (Afrique-Occidentale française). La culture de l’arachide s’est développée au Sénégal dans les années 1960 au point de devenir la principale culture de rente du pays et le moteur du développement de l’économie sénégalaise. Elle a assuré jusqu’à 80 % des exportations du pays à l’indépendance. Le Sénégal étant alors le premier exportateur mondial de produits arachidiers. En 1976, la production a atteint le niveau record de 1,43 million de tonnes avec environ emblavés. Sa production s’effectue dans la plupart des régions du pays avec une forte concentration dans les régions de Kaolack, Kaffrine, Fatick, Diourbel, Thiès, Louga ; ces régions formant le Bassin arachidier.