Les chevaliers de la Table ronde forment un groupe légendaire au service du roi Arthur que ce dernier a chargé de mener la quête du Graal et d'assurer la paix du royaume. La première trace écrite de la légende des chevaliers de la Table ronde se trouve dans le Roman de Brut écrit par l'écrivain normand Wace en 1155. Dans la littérature française, les œuvres de Chrétien de Troyes à la fin du ont eu une influence majeure sur la diffusion de la légende arthurienne.
Définition Il faut attendre le Roman de Brut de Wace pour que ce thème apparaisse dans la légende arthurienne et soit repris par la suite. Ainsi la table ronde est-elle peut-être une invention de Wace et n'a vraisemblablement aucun rapport avec la moindre tradition celtique, tout comme l'ordre chevaleresque médiéval.
La Table ronde des légendes arthuriennes se trouve à Camelot, à la cour du Roi Arthur. Elle fut dressée après que Merlin l'Enchanteur eut révélé à Arthur la nécessité de créer une assemblée faite des chevaliers les plus preux afin de retrouver le Graal. . Elle symbolise l'égalité et la fraternité entre les chevaliers. Outre l'intérêt de rassembler les meilleurs chevaliers du royaume, cette table était destinée à recevoir le Graal, quand il aurait été retrouvé.
Tous les chevaliers appelés à s'asseoir à cette table ont été identifiés, sauf un. Quiconque s'asseyait dans le siège vacant sans avoir été élu était englouti par la terre ; c'est pourquoi cette place s'appelait le siège périlleux. Il semble que cet ajout où seul le plus pur d'entre eux peut s'asseoir est un ajout chrétien tardif ; en effet dans la légende celtique ce serait Lancelot du Lac qui découvre le Graal, mais d'un point de vue chrétien, sa relation adultère avec Guenièvre, l'épouse du roi Arthur, le rend impur. C'est donc Galaad, qui trouvera le Graal, le rapportera à la Table ronde et s'assiéra dans le siège périlleux. Ce retour du Graal à la Table ronde marque la fin des Temps Aventureux, la fin de la quête. Les chevaliers de la grande table légendaire devaient fidélité à leur roi et au Graal.
Il n'existe pas de version unique et complète racontant l'histoire des chevaliers de la Table ronde. Bien qu'écrites à des siècles de distance par des auteurs de cultures très diverses, toutes les versions sont regroupées sous le terme générique de « légende arthurienne », à cause de la position prépondérante qu'occupe le personnage du roi Arthur. On y retrouve régulièrement les principaux protagonistes : Arthur, Merlin, Lancelot du Lac, Guenièvre, etc. auxquels s'ajoute l'histoire de nombreux personnages : Gauvain, Mordred, la fée Morgane, Viviane, Tristan et Iseult, etc. La combinaison des caractères et des situations permet à chaque auteur d'exprimer sa sensibilité sur un sujet précis.
Bien qu'étant liée à une époque préchrétienne ou en voie de christianisation, l'histoire des chevaliers de la Table ronde a été revisitée par des auteurs chrétiens, tels que Chrétien de Troyes, qui ont introduit des éléments et des symboles chrétiens inconnus dans les versions les plus anciennes, tel que le Graal.
Par exemple, nous trouvons le thème suivant : la Bretagne est corrompue par divers pouvoirs maléfiques et la quête revient autant à défaire un par un les maléfices auxquels sont soumis les sujets de Bretagne qu'à trouver le Graal. Une fois le Graal emporté en Palestine, les enchantements et maléfices disparaissent ainsi que les pouvoirs de Merlin l'Enchanteur et Excalibur, l'épée du roi, est restituée à la Dame du Lac. D'une certaine manière, le dénouement et les actes trompeurs qu'Uther Pendragon a commis pour engendrer Arthur finissent par avoir une conséquence (amoureux d'une femme, il s'était fait passer pour son mari afin de passer une nuit avec elle, d'où est né Arthur). Ceci, en fait, s'inscrit dans l'idée que la magie dissipée, les enchantements et maléfices disparaissent, et que l'homme se retrouve à devoir assumer la responsabilité de ses actes.
La lutte du Bien et du Mal est un thème récurrent. Les rôles sont en général bien définis : les chevaliers de la Table ronde se battent pour le Bien et la grandeur du Royaume, les chevaliers qui les combattent sont jaloux ou traîtres. Quelques personnages restent "hors norme" : Merlin l'Enchanteur, à la fois sage conseiller du roi et fils du Diable qui lui donna le pouvoir de voir le passé ; Dieu le racheta du fait de la pureté des actions de sa mère et lui offrit le pouvoir de voir le futur. Ainsi, Merlin l'Enchanteur est similaire au mythe de Prométhée et d'Épiméthée, les premiers des hommes. De même, Viviane est à la fois une frêle jeune fille aimant Merlin d'un amour pur et une puissante fée qui, en emprisonnant Merlin l'Enchanteur, favorisera la chute du royaume. Les récits représentent le Mal comme étant bien plus présent que le Bien (la plupart des preux chevaliers finiront par trouver la mort, y compris Arthur). Plutôt que de l'attaquer directement et par là de choisir son camp, Merlin l'Enchanteur préfère laisser aux hommes le pouvoir de choisir par eux-mêmes leur destin, de même qu'il se laisse définitivement enfermer, en toute connaissance de cause, par Viviane. La magie, dans le contexte de la quête du Graal, bonne ou mauvaise, altère invariablement le jugement et la perception des hommes.
Liste des chevaliers
Le nombre (toujours symbolique) et les noms varient selon les textes. Les premières sources en recensent 24, 36 ou 72. Pour Robert de Boron, chez qui la Table Ronde est une réplique de la table de la Cène, ils sont cinquante. Dans d'autres versions comme Le Morte d'Arthur de Thomas Malory, ils sont 150 (« Trois fois cinquante » est une expression que l'on trouve souvent dans les textes gallois ou irlandais, qui signifie « un très grand nombre », voire « incommensurable »). Le livre Les Blasons des chevaliers de la Table ronde en donne 170, le livre de Michel Pastoureau, Les Chevaliers de la Table ronde : Histoire d’une société imaginaire en recense 239 (vivant sur quatre générations) à travers des sources françaises du jusqu'au À la fin du Moyen Âge, certains auteurs en évoquent même 600..
Voici les plus connus avec leurs identités, selon la légende arthurienne. Attention, aucun récit n'évoque la totalité des personnages ici reportés ; il s'agit d'une liste résultant de la compilation de textes partiels écrits à plusieurs siècles de distance par des auteurs de langue et de culture très variées. Les rôles assignés aux uns et aux autres sont ceux qui reviennent le plus souvent dans les textes. nom habituelvarianteset autres languesnom complet / surnomdescription(rôles, positions, mots-clés)liens familiauxprincipalement cité dans(liste des œuvres)AccolonAccolon de GauleAmant de la Fée Morgane ; ennemi du Roi Arthur après un court temps chevalier de la Table rondeAgravain Engrevain l’OrgueilleuxUn des dénonciateurs des relations entre Lancelot et Guenièvre. Tué par Lancelot pour cela lorsque celui-ci vient délivrer la reine.fils de Lot d'Orcanie et de Morgause ; frère de Gauvain, Gareth et Gaheris ; cousin d'Yvain et Mordred ; neveu de Fée Viviane, Élaine, Fée Morgane et le Roi Arthurla légende arthurienneArthurArthus, Artus, Arzur, son nom signifie oursIl est emmené par Merlin lorsqu'il est encore enfant (à la demande de Merlin à Uther en échange du don de l'apparence de Gorlois afin de tromper Ygraine et donc concevoir Arthur) et confié à Antor. Il est le seul à pouvoir tirer Excalibur de son socle. Il est sacré Roi de la Table ronde et de Camelot (suivant les conseils de Merlin, à la suite de la création de la Table ronde qu'il avait donné au père d'Arthur, Uther Pendragon). Malgré lui, il conçoit Mordred avec la Fée Morgane, sa demi-sœur. Blessé par Mordred, il est ensuite amené après la bataille de Camlann à Avalon par la Fée Morgane, la reine de l'île et par la Fée Viviane, la Dame du Lac.époux de Guenièvre ; fils d'Uther Pendragon et d'Ygraine ; demi-frère de Fée Morgane, Élaine, Morgause et Anna, père et oncle de MordredBedivereBedwyr (gallois), Bediver, Bedivère, BedwirBedwyr Bedrydant ("Bedivere aux muscles parfaits" en gallois)Après la mort du roi Arthur, il rend l'épée légendaire Excalibur à la Dame du Lac (les versions de La Morte d'Arthur divergent et dans certaines versions, c'est Girflet qui jette l'épée dans le lac).frère de Lucan ; cousin de Girflet ; père d'Amren (fils) de Eneuawc (fille)BohortBors (anglais)Bohort « l'Essillié » (l'Exilé)Vainqueur de la quête du Graal avec Galaad et Perceval ; un des meilleurs chevaliers de la Table ronde.fils du roi Bohort de Gaunes ; cousin de Lancelot et de Hector ; neveu paternel du roi Ban de BénoïcCalogrenantcousin d'YvainYvain ou le Chevalier au LionCaradocKaradocBriefbras (bras court), Brechbras (bras long) ou encore Vrec'h vras (bras fort)Ancêtre semi-légendaire des rois de Gwent (Pays de Galles), vivant pendant le .Le livre de CaradocDagonetÉgalement fou de la cour ÉrecL'un des plus grands chevaliers de la Table ronde après Gauvain.fils du roi Lac, époux de la belle Énideroman Érec et ÉnideGaherisGuerrehetPersonnage ayant, sous deux identités dissociées (selon les sources), une fin brutale :
sous le nom de Gaheris de Karaheu, il est empoisonné en mangeant une pomme que Guenièvre lui offre - pomme empoisonnée par un chevalier jaloux de Gauvain. sous l'identité du fils du roi Lot et frère notamment de Gauvain, il s'oppose à la dénonciation d'Agravain, mais est tué par Lancelot lorsque celui-ci délivre Guenièvre.fils de Lot d'Orcanie et Morgause ; frère de Gauvain, Gareth et Agravain ; cousin d'Yvain et Mordred ; neveu de la Fée Viviane, Élaine, Fée Morgane et ArthurGalahadGalaad, Gwalchaved (gallois)Galahad le Preux, Galahad le Pur, faucon d'été (Gwalchaved)Vainqueur de la quête du Graal avec Bohort et Perceval ; le seul à pouvoir regarder à l'intérieur de la coupe (mais il le paie de sa vie). Plus jeune chevalier de la Table ronde, le seul assez pur pour s'asseoir sur le siège périlleux sans en être englouti, il trouve l'épée de Salomon.fils de Lancelot et d'Ellan (ou Élaine de Corbenic, château renfermant le Graal), fille du roi pêcheur Pellès, gardien du Graal, ayant pris l'apparence de GuenièvreGalehautSeigneur des îles lointainesGalessin Duc d'Orcanie Fils de Élaine et de Nautre, roi de Garlot. Il est donc le neveu du roi Arthur et le cousin direct de Gauvain, Yvain et MordredGarethGaherietGareth le Franc ("franc" au sens contraire de fourbe)Surprenant sa mère Morgause au lit avec Lamorak, il les tue tous les deux. Il se fait tuer par Lancelot lorsque celui-ci délivre Guenièvre.fils de Lot d'Orcanie et Morgause ; frère de Gauvain, Gaheris et Agravain ; cousin d'Yvain et Mordred ; neveu de la Fée Viviane, Élaine, Fée Morgane et le Roi ArthurLe Morte d'Arthur de Thomas Malory, Idylls of the king de Lord Alfred TennysonGauvainGawain (en anglais), Gwalchgwyn (en gallois)faucon blanc (Gwalchgwyn) ou faucon de mai selon d'autres langues Celtes (Gwalchmai et Gwalchmei)Le meilleur des chevaliers de la Table ronde ; il se bat pour Arthur mais se fait tuer par Lancelot.fils de Lot d'Orcanie et Morgause ; frère de Gareth, Gaheris et Agravain ; cousin d'Yvain et Mordred ; neveu de la Fée Viviane, Élaine, Fée Morgane et du Roi ArthurL'Âtre périlleux, La demoiselle à la mule, Le Chevalier à l'épée, Sire Gauvain et le Chevalier vert, Erec et Enide, Cligès, Lancelot ou le chevalier de la charrette, Yvain ou le Chevalier au lion, Perceval ou le Conte du GraalGeraintGereint, ÉrecGereint ac Enid, Érec et ÉnideGirfletJaufréL'écuyer d'Arthur, et celui qui rendit Excalibur à la Fée Viviane