Le Global Champions Tour, également appelé Longines Global Champions Tour par contrat de nommage depuis 2013, est un circuit privé de concours de saut d'obstacles.

Chaque année depuis sa création en 2006, un championnat est organisé dans l'objectif de déterminer un vainqueur grâce à un système de points cumulés à chaque étape. La compétition est basée sur des Grands Prix, dans lesquels les 30 meilleurs cavaliers mondiaux au classement mondial des cavaliers de la Fédération équestre internationale s'affrontent sur quelques unes des plus belles pistes du monde.

Depuis 2007, tous les concours du Global Champions Tour sont des CSI 5*.

Cette compétition sportive, homologué et intégrée au calendrier officiel par la Fédération équestre internationale (FEI) en 2008, est gérée par le Global Champions Group, une société contrôlées par le Néerlandais Jan Tops.

Le Britannique Ben Maher devient en 2022 le cavalier le plus titré de l'histoire du circuit en remportant sa troisième couronne générale. Cette performance lui permet de se détacher de l'Australienne Edwina Tops-Alexander et de son compatriote Scott Brash, qui avaient tous deux établi le précédent record en réalisant un doublé consécutif l'un après l'autre.

Histoire L'histoire du Global Champions Tour, trouve son origine dans la volonté de son fondateur, le médaillé d'or par équipe aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992 Jan Tops, de promouvoir . Celui qui est également le président de ce circuit privé partage ainsi son idée en ces terme : « Ma vision est claire. Seul le meilleur est réservé aux meilleurs ».

Les débuts (2006-2013) alt=Jan Tops est cavalier professionnel de saut d'obstacles avant de devenir un important homme d'affaires dans le milieu équestre.|gauche|vignette|Jan Tops est cavalier professionnel de saut d'obstacles avant de devenir un important homme d'affaires dans le milieu équestre. C'est en 2006, que le Néerlandais, médaillé d'or par équipe aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992 Jan Tops, créé le Global Champions Tour.

Dans la tête de son créateur, l'objectif du nouveau circuit réside avant tout dans la modernisation des sports équestres, notamment du saut d'obstacles. Pour cela, le natif de la bourgade de Valkenswaard (Brabant-Septentrional) s'inspire du modèle de « world tour » qu'offre, entre autres, la Formule 1. Steve Guerdat, champion individuel aux Jeux olympiques d'été de 2012 à Londres, déclare ainsi à ce sujet et à propos du Néerlandais : « Il m'avait dit, en discutant, qu'il allait faire de l'équitation un sport comme la Formule 1. C'était son but ».

En constituant un circuit privé à travers le monde, celui qui, en parallèle de sa carrière sportive, avait déjà débuté une activité d'entrepreneur dans le commerce de chevaux de haut niveau, veut séduire des partenaires et sponsors privés extra-équestres. Son objectif est aussi d'attirer une couverture médiatique internationale en garantissant la présence systématique des 30 meilleurs au classement mondial des cavaliers de la Fédération équestre internationale pour offrir plus de spectacle, le tout en s'appuyant sur un solide argument : une augmentation drastique de la dotation financière (prize money) pour les cavaliers et les propriétaires, face aux concours traditionnels.

La première édition brise ainsi les codes du saut d'obstacles traditionnel en proposant, à chaque Grand Prix, des dotations culminant à plusieurs centaines de milliers d'euros et des expériences VIP dans des infrastructures d'accueil très haut de gamme, lors d'un championnat en six manches : Wellington (USA), Cannes (FRA), Monaco (MON), Valkenswaard (NED), Lanaken (BEL) et Rio de Janeiro (BRA).

Dès l'année suivante, l'ambition de Jan Tops franchit un cap majeur : la série ne propose désormais plus que des CSI 5* à son calendrier.

Les deux premières éditions de la compétition sportive ne sont pas homologuées ni intégrées au calendrier officiel par la Fédération équestre internationale (FEI).

L'année 2008 marque l'histoire du circuit à travers sa reconnaissance juridique et sportive officielle par la FEI.

Les grands moyens (2013-) L'année 2013 fait changer de dimension le circuit privé. La maison horlogère suisse Longines devient le partenaire titre du Global Champions Tour. En signant un contrat de partenariat de cinq ans, la marque de luxe exclut d'une part l'horloger Jaeger-LeCoultre - présent les années précédentes sur certaines étapes en tant que chronométreur officiel - mais apporte surtout, d'autre part, une stabilité financière sans précédent en injectant des moyens colossaux dans son fonctionnement.

Introduction de la Global Champions League (2016) « Amener le saut d'obstacles à un niveau supérieur en adoptant des pratiques et des modèles dérivés des ligues sportives les plus prisées » : tel est l'objectif affiché par Jan Tops à travers la création de la Global Champions League. Avec son copropriétaire américain Frank McCourt, détenteur de 50 % de la société organisatrice déjà responsable du Longines Global Champions Tour, il introduit ainsi un format inédit de compétition par équipes privées.

Inspirées, notamment, du fonctionnement de la Formule 1 et du modèle de ses écuries, ces équipes n'ont pas vocation à représenter un pays, mais reposent sur le principe des franchises. Des sponsors ou des hommes d'affaires très fortunés deviennent ainsi propriétaires d'une équipe de ce nouveau « world tour », en échange d'un droit d'entrée de plusieurs millions d'euros. Ce nouveau circuit de saut d'obstacles par équipes, initialement prévu pour 2015, est perçu par l'homme d'affaires américain, arrivé deux ans plus tôt au capital du circuit individuel, comme la « vision d'une nouvelle compétition par équipes qui attirerait davantage de fans de saut d'obstacles à travers le monde, insufflerait un nouvel élan à ce sport et redéfinirait ce que signifie être cavalier ».

Les épreuves par équipes deviennent le pendant des épreuves individuelles du Global Champions Tour et sont organisées en parallèle de celles-ci, sur les mêmes pistes et durant les mêmes week-ends.

L'introduction de la Global Champions League s'est faite à la suite d'une longue bataille juridique entre la société organisatrice et la Fédération équestre internationale (FEI). Cette dernière refusait l'homologation et l'intégration de ce nouveau circuit privé à son calendrier officiel, même après un an de négociations. Conformément à son règlement, la FEI menaçait de suspension chaque cavalier, cheval ou officiel qui y participerait. Cette décision s'appuyait sur sa « clause d'exclusivité », qui interdisait aux cavaliers de prendre part à des compétitions non agréées par la FEI elle-même.

Après le dépôt d'une plainte pour infraction au droit européen de la concurrence auprès de l'Autorité belge de la concurrence à Bruxelles, une décision de justice de suspension ordonne à la FEI, à titre de mesure provisoire, de suspendre la clause d'exclusivité relative à la Global Champions League dans l'attente des conclusions de l'enquête sur la plainte. Cela permet ainsi à la toute première édition de cette compétition à se dérouler en 2016.

Un accord entre les deux parties est finalement trouvé, permettant la reconnaissance officielle de la compétition.alt=Homme d'affaires américain et ancien propriétaire de la franchise des Dodgers de Los Angeles, Frank McCourt entre au capital du Longines Global Champions Tour à hauteur de 50 % en 2014, deux ans avant son rachat de l'Olympique de Marseille. Il revend ses parts en 2018.|vignette|Homme d'affaires américain et ancien propriétaire de la franchise des Dodgers de Los Angeles, Frank McCourt entre au capital du Longines Global Champions Tour à hauteur de 50 % en 2014, deux ans avant son rachat de l'Olympique de Marseille. Il revend ses parts en 2020.

Un système controversé De nombreuses critiques gravitent autour du Global Champions Tour, et plus encore autour de la Global Champions League. Certains cavaliers et médias déplorent plusieurs aspects, tant sur le plan sportif à proprement parler que sur le modèle économique et les références sur lesquelles ce dernier s'appuie.

Le champion individuel des Jeux olympiques d'été de 2012 à Londres Steve Guerdat, a ainsi reçu les confidences du créateur de ce circuit fermé lorsqu’il était cavalier chez lui, alors que celui-ci n’existait pas encore : « Il m'avait dit, en discutant, qu'il allait faire de l'équitation un sport comme la Formule 1. C'était son but ». Face à cette ambition assumée, de nombreuses critiques fusent, notamment sur la question du mérite sportif. Ce modèle permet à de richissimes propriétaires ou à de grandes multinationales de devenir propriétaires d’une équipe de la Global Champions League, à condition de payer un droit d’entrée de 2 millions d’euros. De ce fait, un cavalier qui n’a pas le niveau des plus grandes compétitions internationales peut concourir aux côtés des meilleurs cavaliers mondiaux - qualifiés, eux, grâce à leur classement selon le modèle des concours traditionnels -, alors même qu'il s'agit d'épreuves CSI 5*. Cela risque ainsi de perturber le classement mondial des cavaliers de la Fédération équestre internationale (FEI), dont les premières places peuvent notamment être synonymes de qualification pour les Jeux olympiques. Un organisateur de concours CSI 5* a ainsi pu déclarer : « Dans ses concours, on ne trouve que des fils et des filles à papa qui ont les moyens de payer. Ce n'est plus un sport olympique ». Dans les faits, l'accès direct est ouvert au top 15 mondial (au lieu du top 30 dans les règles FEI). Pour le reste, 60 % des places sont à la disposition de ceux qui ont les moyens de se les offrir. « C'est comme si un homme d'affaires dont la fille pratique le tennis souhaitait qu'elle dispute Roland-Garros, explique le cavalier Steve Guerdat. Il paye alors l'organisateur pour qu'elle joue au premier tour sur le central contre Roger Federer. Ou comme si un père pouvait acheter une place de titulaire pour son fils dans l'équipe du Barça ! » Ce modèle a permis à Athina Onassis (héritière de la famille d’armateurs du même nom), Jennifer Gates (la fille du fondateur de Microsoft, Bill Gates) ou encore Eve Jobs (fille de celui d'Apple, Steve Jobs), de s’offrir le droit de concourir avec les meilleurs.

Pour Alban Poudret, historique directeur sportif du prestigieux concours hippique international de Genève, la part de ces participants autorisés à concourir pose des problèmes d’éthique sportive : « dans certains pays comptant peu de cavaliers comme la République tchèque ou la Russie, celui qui en a les moyens sera ainsi nettement favorisé pour se qualifier pour les Jeux olympiques ».

Cette raison, ajoutée au fait que l’organisation de ces compétitions officiellement intégrées au calendrier de la FEI perturbe ce dernier. Alors que ce point était au départ une des raisons avancées par l’autorité sportive pour ne pas reconnaître le circuit privé et sanctionner ses participants, d’autres compétitions historiques et qui reposent sur le mérite sportif, comme la Coupe des Nations et la Coupe du monde, se retrouvent affaiblies. Certains cavaliers aux premières places mondiales privilégient la compétition privée, plus lucrative. Face à cela, des mouvements de boycott par certains cavaliers de renommée internationale touchent les compétitions sportives organisées par Jan Tops. Le cavalier suisse Steve Guerdat et le pilote français Kévin Staut refusent ainsi de participer à ses épreuves par équipes : « Je préfère gagner 30 000 euros dans une Coupe des Nations que cent mille dans une épreuve du Global », a déjà déclaré l'ancien numéro 1 mondial suisse. Avant de poursuivre : « Ce qui l'intéresse [Jan Tops], c'est l'argent, son pouvoir. Et pour y arriver, il se fout pas mal de ce qu'il laisse derrière lui ». Le Français, également ex-numéro 1 mondial, a dénoncé : « Il a fait beaucoup pour ce sport [...] c'est un chef d'entreprise, mais c'est un tueur ».