Le Connemara ( ) est une région située dans l’ouest de l'Irlande dans le comté de Galway, dans l'ouest de la province de Connacht. La « capitale » du Connemara est Clifden, ville de .

Ses ressources principales sont l'élevage de moutons (essentiellement des Scottish Blackface), l'exploitation de la tourbe et le tourisme.

Toponymie

Le nom de Connemara provient de l'irlandais , qui signifie littéralement « descendants de Conmhac de la mer ». Les sont en effet une branche d’une ancienne tribu irlandaise issue de Connacht et localisée sur la côte atlantique. Conmhac, « fils du chien », d'après la mythologie irlandaise, est le fils d'une reine de Connacht.

Géographie

Localisation

thumb|Le Connemara est indiqué en rouge, la partie rose indiquant son extension la plus grande. La partie verte correspond au .

Le Connemara se situe sur la côte ouest de l'île d'Irlande, ce qui en fait une extrémité de l'Europe.. Cette région s'étend du Killary Harbour, au nord, à la baie de au sud, dans l'ouest du comté de Galway, lui-même situé au sud-ouest de la province du Connacht..

Clifden, ville de , est la « capitale » du Connemara..

Topographie et hydrographie

thumb|Killary Harbour.

La côte du Connemara est un ensemble de plusieurs péninsules. La péninsule de Iorras Ainbhtheach dans le sud-est la plus importante. On y trouve les villages de Carna et Kilkieran. La péninsule d’Errismore se trouve à l’ouest du village de Ballyconeely. Les péninsules d’Aughris, Cleggan et Renvyle se trouvent dans le nord-ouest du Connemara.

Un très grand nombre d’îles se trouve au large du Connemara (Omey, Inishark, High Island, Friars Island, Feenish et Mweenish Island). La plus importante est celle d’Inishbofin.

Climat

Le Connemara jouit d'un climat tempéré..

Géologie

Faune et flore

thumb|Le poney Connemara, originaire de cette région d'Irlande.

On trouve dans le Connemara une race de poneys indigène, le poney connemara, que l'on peut apercevoir en liberté dans le parc national du Connemara, entre autres. Cet animal est le résultat d'un croisement involontaire entre le poney sauvage local et le cheval arabe, accidentellement importé, capturé et remis en liberté par les Irlandais, après la défaite infligée à l'Invincible Armada de Philippe II d'Espagne par la marine anglaise, au . Une partie de la flotte hispanique s'était, à l'époque, échouée dans la tempête, sur la côte nord-ouest de l'Irlande, alors qu'elle essayait de rejoindre l'Espagne, poursuivie par la flotte anglaise. Des chevaux avaient, lors de ces événements de 1588, quitté le bord ou été simplement remis en liberté.

Transports

Histoire La ville principale du Connemara est Clifden, qui est entourée d'une région riche en mégalithes.

Le fameux marbre du Connemara, aussi appelé « marbre vert irlandais » affleure le long d'une ligne entre Streamstown et Lissoughter. Il s'agissait d'un trésor commercial utilisé par les habitants au temps de la préhistoire. Il conserve aujourd'hui encore toute sa valeur. Il est disponible en grandes plaques de dimensions variées, adaptées aussi bien à la construction qu'à la fabrication de petits bijoux.

Système de clans vignette|Guerriers irlandais (kern et gallowglass) armés de piques, d'épées à deux mains et de haches de Lochaber. Dessin d'Albrecht Dürer, 1521. Avant les conquêtes des Tudor ainsi que de Cromwell, le Connemara, tel que le reste de l'Irlande gaélique, est gouverné par des clans irlandais dont les chefs ainsi que leur derbfine sont tenus de respecter le même code d'honneur que celui exigé des chefs de clans écossais.

Dans sa biographie de Robert Roy MacGregor, William Hutchison Murray décrit le code d'honneur comme suit : « Le principe fondamental qui se dégage des archives détaillées est le suivant : le droit doit être rendu en apparence, nul ne doit être laissé dans le dénuement, la parole donnée doit être honorée, le plus strict respect doit être accordé à tous ceux qui ont accordé une confiance absolue, et la confiance d'un invité en sa sécurité ne doit jamais être trahie par son hôte, ni réciproquement. Il existait d'autres principes semblables, chacun reposant sur le simple idéal de la confiance honorée… Toute violation de ce principe était abhorrée et condamnée… Cet idéal était appliqué avec discernement. Son interprétation imprégnait profondément la vie familiale, mais restait superficielle en temps de guerre et en politique. »

L'est de ce qui est désormais le Connemara était autrefois appelé Delbhna Tír Dhá Locha, et était gouverné par des rois affirmant être les descendants de la Delbhna, des Dál gCais de Thomond, et être parentés avec le roi Brian Boru. Les rois de Delbhna Tír Dhá Locha finirent par adopter le titre et le nom de famille Mac Con Raoi.

Le chef du nom du clan Mac Con Raoi gouverne directement en tant que seigneur de Gnó Mhór, qui fut par la suite divisée en paroisses civiles de Kilcummin et Killannin. Comme c'était l'usage à l'époque, en raison du pouvoir qu'ils exerçaient à travers leurs galères, Les chefs du clan Mac Conraoi accomplirent également leur devoir de pourvoyeurs pour les membres de leur clan en demandant et percevant un loyer illégal sous peine de piraterie contre les bateaux qui pêchait ou commerçaient au sein du territoire du clan. Les chefs du clan Mac Conraoi furent donc comptés, avec les chefs des clans O'Malley, O'Dowd et O'Flaherty, parmi les « rois de la mer du Connacht ». Le royaume voisin de Gnó Beag était gouverné par le chef du nom du Clan Ó hÉanaí.

Le clan Ó Cadhla (Kealy) gouverne Connemara Ouest. Comme les chefs du Clan Ó Cadhla, les chefs du Clan Mac Conghaile (Conneely) affirmaient également être des descendants du Conmhaicne Mara.

Au début du , les quatre clans furent déplacés et soumis par les chefs du clan Ó Flaithbertaigh, qui avaient été chassés à l'ouest de Maigh Seola vers Iar Connacht par la branche Mac William Uachtar de la Famille de Bourg, au cours de l'invasion hiberno-normande de Connacht.

D'après l'historienne irlando-américaine Bridget Connelly, « Au cours du , les habitants d'origine, les clans Conneely, Ó Cadhain, Ó Folan et MacConroy, avaient été progressivement repoussés vers l'ouest depuis la région de Moycullen jusqu'au littoral entre Moyrus et Killary Harbour. Et, en 1586, avec la signature des articles de la composition du Connacht faisant de Murrough na dTuadh Ó Flaithbheartaigh le propriétaire au nom de la reine Élisabeth Ire, les MacConneely et les Ó Folan étaient tombés au-dessous de la liste des chefs dont les noms apparaissaient sur le document. Les articles ont privé tous les chefs de clans irlandais d'origine non seulement de leur titre, mais aussi de tous les loyers, redevances et droits tribaux qu'ils possédaient en vertu du droit irlandais. »

Au cours du , la légendaire reine pirate locale Grace O'Malley, déclare publiquement, au sujet de ses disciples : (en irlandais : "Go mb'fhearr léi lán loinge de chlann Chonraoi agus de chlann Mhic an Fhailí ná lán loinge d'ór") (« Qu’elle préférerait avoir un navire rempli des clans de Conraoi et des clans de Mac an Faili plutôt qu’un navire rempli d’or. »)

Bien qu'elle ait traditionnellement été considérée comme une icône du nationalisme irlandais, Grace O'Malley, en réalité, s'est rangée du côté de la reine Elizabeth Ire contre Hugh Roe O'Donnell et Hugh O'Neill durant la guerre de Neuf Ans, après quoi ses descendants connus furent complètement assimilés à la haute société britannique. Même si O'Donnell et O'Neill cherchent, dans un premier temps, à mettre fin à la persécution religieuse de l'Église catholique en Irlande par la reine d'Angleterre et ses fonctionnaires, O'Malley s'estime très certainement pleinement justifiée, au regard du code de conduite, de prendre parti pour la Couronne d'Anglettre contre eux.

La querelle débute en 1595, lorsqu'O'Donnell rétablit la chefferie du clan MacWilliam Íochdar de la famille de Bourg entièrement gaélisé dans le comté de Mayo, ayant été abolie dans le cadre de la politique de renonciation et restitution. Au lieu de permettre au Clan Burc d'invoquer un rassemblement auquel les nobles et le peuple débattraient et puis choisir l'un des derbfine du dernier chef pour les diriger, O'Donnell décide plutôt de nommer son allié, Tibbot MacWalter Kittagh Bourke, comme chef du nom. En transférant les prétentions de son fils Tibbot na Long Bourke à la chefferie, O'Donnell s'est fait un ennemi durable et réellement dangereux de l'ancien allié de sa mère ; Grace O'Malley. Ce dernier a rapidement riposté en déclarant une guerre de changement de régime soutenue par les Anglais, dans laquelle elle lutte contre Hugh Roe dans le but d'arracher la Baguette Blanche de la Chefferie à Tiobóid Mac Walter Ciotach et la donner à son fils. Elle fut rejointe dans cette entreprise par le clan O'Flaherty ainsi que les clans irlandais du Connemara qui suivirent sa responsabilité.

Philip O'Sullivan Beare, chef de clan irlandais, historien et réfugié en Espagne des Habsbourg, devient un critique très sévère de Niall Garbh O'Donnell, Tibbot na Long Bourke, Grace O'Malley, ainsi que d'autres membres de la noblesse gaélique d'Irlande ayant, de façon similaire, déclaré des guerres de changement de régime au sein de leurs clans avec le soutien anglais. Ayant l'avantage du recul concernant les retombées à long terme du soulèvement de Tibbot na Long Bourke contre son chef et bien d'autres à travers le pays, O'Sullivan Beare écrit : « Les catholiques auraient peut-être pu trouver un remède à tous ces maux, s'ils n'avaient pas été détruits de l'intérieur par une autre maladie bien plus grande. Pour la plupart des familles, des clans, et des villes des chefs catholiques, qui ont pris les armes pour défendre la Foi catholique, ils ont été divisés en différentes factions, ayant chacun des chefs différents, marchant à la suite des seigneurs qui se battaient pour leurs domaines et leurs chefferies. Les moins puissants d'entre eux se sont joints au parti anglais dans l'espoir d'obtenir le titre de chef de leurs clans, si les chefs en place étaient destitués de leur position et de leurs biens, et les Anglais leur faisaient habilement miroiter cet espoir. Donc, des hommes à courte vue, faisant passer leurs affaires privées avant la défense publique de leur sainte Foi, ont rallié leurs alliés, leurs partisans et leurs villes aux chefs catholiques et ont transféré aux Anglais d'importantes ressources, or, à la fin, n'ont pas obtenu ce qu'ils souhaitaient, mais ont accompli ce qu'ils ne désiraient pas. Car ce ne furent pas eux, mais les Anglais qui s'emparèrent des biens et des riches patrimoines des nobles catholiques et de leurs proches ; et la Sainte Foi de Jésus-Christ, privée de ses défenseurs, fut livrée à la violence barbare et à la convoitise des hérétiques. Il y avait un moyen par lequel les anglais étaient capables d'anéantir les forces des chefs irlandais, en promettant leurs honneurs ainsi que leur salaire à ceux de leurs propres parents qui tenteraient de leur soutirer leurs partisans et leurs alliés, cependant, lorsque la guerre était terminée, les anglais n'ont pas tenu leurs promesses. »

Persécution religieuse Avant que la dissolution des monastères ne se répande au Connemara, l'Ordre dominicain possède un monastère à environ 3.2 km au nord de ce qui est désormais Roundstone (en irlandais : Cloch na Rón).

Au cours des siècles de persécution religieuse de l'Église catholique en Irlande ayant débuté sous Henri VIII et s'étant uniquement terminée avec l'émancipation des catholiques en 1829, le peuple irlandais, d'après Marcus Tanner, se raccroche à la messe tridentine : « Ils se signaient lorsqu'ils croisaient des pasteurs protestants sur la route, il fallait les traîner dans les églises protestantes et ils se bouchaient les oreilles avec du coton plutôt que d'écouter les sermons protestants. »