Awala-Yalimapo est une commune française de Guyane, située à l’extrême nord-ouest de la Guyane, à plus de de Saint-Laurent-du-Maroni. Elle est traditionnellement et majoritairement habitée par les Kali'nas, peuple autochtone de Guyane.
Histoire La commune a été administrativement créée le par sa séparation de la commune de Mana, souhaitée par les populations Kali'nas des villages d’Aouara et des Hattes qui avait autrefois accueilli un camp dépendant du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni, appelé camp des Hattes.
Dix ans après, en 1999, la population d'Awala-Yalimapo était estimée à , mais avec un taux d’accroissement de + 3,4 % par an. La population avait déjà augmenté de 1982 à 1990 à la suite des conflits armés du Suriname qui ont poussé des familles entières de la région d’Albina et de Galibi à s'établir en Guyane à Awala Yalimapo. En 2000, environ 60 % de la population a moins de vingt ans.
Un site funéraire autochtone a été découvert à la fin des années 1950. Des travaux archéologiques récents ont mis au jour de nouveaux artefactsUn an de prospection à Awala-Yalimapo, les premiers résultats par Claude Coutet.
Géographie
Localisation À environ de Mana, à l'extrême nord-ouest de la Guyane française, la commune s'étend entre l'embouchure du fleuve Mana et du Maroni, peu avant l'estuaire du fleuve. Le territoire communal est délimité : au nord, par l'océan Atlantique ; à l'ouest, par le Maroni ; au sud par la crique Canard puis par une ligne s'étendant selon une direction sud-est rejoignant le CD 9 ; à l'est, par une ligne traversant la Pointe Isère puis le CD 22 et longeant ensuite le CD 9 jusqu'au lieu-dit Saint Antoine.
Communes limitrophes Les communes limitrophes sont les suivantes :
Géologie et relief
Hydrographie La commune se trouve sur les rives du Maroni et de l'océan Atlantique.
Climat Le climat y est de type équatorial humide, type Af selon la classification de Köppen.
Urbanisme Typologie Awala-Yalimapo est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'InseeSelon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.....
La commune, bordée par l'océan Atlantique au nord et par le Maroni à l'ouest, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, par exemple le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit...
Morphologie urbaine La commune regroupe deux villages et un hameau amérindiens. Une communauté kali'na y vit. Awala, sur le littoral près de l'embouchure du Maroni et longeant la Mana. Yalimapo, au niveau de l'embouchure du Maroni. et le hameau de Possoly (crique coswine).
Voies de communication et transports
Logement En 2006, il y avait à Awala-Yalimapo. Parmi ceux-ci 83,3 % sont des résidences principales, 8,3 % des résidences secondaires et enfin 8,3 % des logements sont vacants.
Évolution du nombre de logements par catégorie 196719741982199019992006Résidences principales 60 76 73 112 176 270Résidences secondaires, logements occasionnels 3 2 10 57 14 27Logements vacants 28 0 34 7 13 27Total 91 78 117 176 204 324Sources des données : InseeDonnées démographiques d'après l'INSEE compulsées par le
De même, la même année, 91,5 % des personnes sont propriétaires et 4,8 % sont locataires.
Les logements se répartissent entre maison individuelle et appartement représentant respectivement 90,7 % et 0,6 %. Enfin le parc immobilier se compose de 28,5 % de , 22,6 % de , 20,0 % de , 14,1 % de et 14,8 % de ou plusMarché immobilier, source INSEE.
Il est à noter que 13,3 % des logements sont des habitations de fortune, 1,5 % sont des cases traditionnelles et 27,8 % sont des maisons ou immeubles fait de bois. Enfin, seulement 5,2 % des logements ont le tout à l'égout, 1,5 % ont l'eau chaude et 44,8 % ont de l'électricité.
Toponymie Awala (awara) est un mot kali'na qui désigne un palmier (Astrocaryum vulgare) et, en français, le fruit de celui-ci. Yalimapo, quant à lui, est le nom d'un ancien chef de village (cacique ou jopoto en kali'na).
Politique et administration Tendances politiques La commune a une tendance politique de gauche. En effet, l'actuel maire de Awala-Yalimapo, Jean Paul Ferreira, est élu sous l'étiquette divers gauche et ce depuis l'année 2001.
Administration municipale
La commune a été créée par la volonté des habitants de garantir leurs droits territoriaux. L'espace foncier est géré conjointement par l'autorité communale et coutumière. L'autorité coutumière dispose d'un arrêté reconnaissant ses droits d'usages collectifs exclusifs.
Le chef Michel Thérèse a été élu par la population de Awala. Le chef Daniel William a été élu par la population de Yalimapo. Les conseils coutumiers bénéficient de l'appui des organisations mandatées et membres de la Fédération des Organisations Autochtones de Guyane-FOAG (membre pour la Guyane française de la COICA - Coordination des organisations autochtones du bassin amazonien).
Afin de trouver le consensus sur cette gestion partagée, une commission a été mise en place « la commission mixte commune-communauté » par la délibération 51.01 du conseil municipal, le .
Liste des maires
Population et société Cette commune est peuplée majoritairement d'autochtones Kali'nas.
Démographie
Manifestations culturelles et festivités La Journée du Manioc est organisée chaque année en mai.
Durant la période de juillet à août, se réalisent des manifestations de cérémonies traditionnelles : Omakano, Epekotono (cérémonie de levée de deuil). La culture reste très vivace et la langue régionale est largement pratiquée.
La commune organise des évènements de plus en plus fameux : festival kiyapane (juillet), jeux kali'na (décembre).
En 2005, Awala-Yalimapo a accueilli le de la Coordination des organisations autochtones du bassin amazonien (COICA).
Enseignement Il y a une école primaire sur le sol communal, nommée groupe scolaire Yamanale.
Pour continuer les études au collège, les élèves se rendent à Mana (collège Léo-Othily), à Saint-Laurent-du-Maroni ou à Mana pour aller au lycée.
En 2006, la population scolarisée comprenait, par tranche d'âge, 69,8 % des enfants de 2 à , 96,2 % des enfants de 6 à , 80,0 % des 15 et , 17,8 % des 18 à , 0 % des 25 à et 1,0 % des plus de .
Sur l'ensemble de la population non scolarisée, 1,9 % sont titulaires d'un CEP, 7,4 % du BEPC, 18,3 % du CAP ou du BEP, 4,2 % du BAC ou un équivalent, 1,7 % d'un BAC +2 et 1,4 % d'un diplôme de niveau supérieur. 65,2 % de cette population n'a pas de diplôme.
Équipements culturels Le centre des arts et de la culture kal'ina Centre d'études et de protection des tortues marines à Yalimapo. Écomusée. Centre WWF : exposition sur les tortues marines, écloserie.
Cultes Église Sainte-Bernadette.
Économie Emploi
En 2018, la population âgée de s'élève à , parmi lesquelles on compte 67,6 % d'actifs (18,1 % ayant un emploi et 49,5 % de chômeurs) et 32,4 % d'inactifsLes inactifs regroupent, au sens de l'Insee, les élèves, les étudiants, les stagiaires non rémunérés, les pré-retraités, les retraités et les autres inactifs.. Depuis 2008, le taux de chômage communal (au sens du recensement) des est supérieur à celui de la France et du département.
La commune est hors attraction des villes... Elle compte en 2018, contre 74 en 2013 et 90 en 2008. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la commune est de 154, soit un indicateur de concentration d'emploi de 68,5 % et un taux d'activité parmi les ou plus de 61,9 %..
Sur ces 154 actifs de ou plus ayant un emploi, 70 travaillent dans la commune, soit 45 % des habitants.. Pour se rendre au travail, 61,3 % des habitants utilisent un véhicule personnel ou de fonction à quatre roues, 3,3 % les transports en commun, 29,3 % s'y rendent en deux-roues, à vélo ou à pied et 6 % n'ont pas besoin de transport (travail au domicile)..
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments thumb|Église Sainte-Bernadette d'Awala. Ancien bâtiment datant de l'époque du bagne. Vestiges du bagne de la crique Coswine. Église Sainte-Bernadette d'Awala. L'église est dédiée à sainte Bernadette Soubirous.
Patrimoine culturel Artisanat kali'na Vannerie : yamatu (panier à couvercle). Mule (petit siège traditionnel), malaka (maraca), popiki (poupée), ankysa, petits animaux en terre cuite (kawana, tortue luth).
Gastronomie
Cassave ou galette de manioc (alepa en langue kali'na).
Patrimoine environnemental Awala-Yalimapo est connu pour la plage de Yalimapo, naguère longue de , où des centaines de tortues luth venaient pondre.
De février à juillet environ, les tortues vertes et (plus rarement) les tortues luths se succèdent pour venir y pondre. Ces dernières années, les pontes de tortues luths ont connu une baisse notable en raison de l'avancée majeure du trait de côte. Le site est protégé par la mise en place de la réserve naturelle nationale de l'Amana, mais le braconnage des tortues ou de leurs œufs, bien qu'il ait été réduit s'y poursuit, notamment par l'existence d'une demande. Les cas de violence restent toutefois marginaux. La pêche illégale reste un danger pour les tortues marines.
Personnalités liées à la commune
Pour approfondir
Bibliographie
Articles connexes Liste des communes de la Guyane Frontière entre le Suriname et la France, Suriname Amérindiens de Guyane Conversion linguistique, Linguicide Acculturation, Assimilation culturelle Droits des peuples autochtones (Déclaration des droits des peuples autochtones) Décolonisation Savoirs traditionnels Anarcho-primitivisme
Liens externes Site de la mairie guyane-guide.com : Awala Yalimapo Réserve naturelle de l'Amana Les tortues Luth de Yalimapo (en forte voie de régression)|CNRS| sur Daily-Motion
Notes et références Notes et cartes Notes
Cartes
Références Site de l'Insee
Autres sources
Bibliographie .
Catégorie:Commune en Guyane