vignette|Schéma du système éducatif en Tunisie.

Le système éducatif en Tunisie permet la prise en charge et l'instruction des Tunisiens.

Contexte

vignette|Taux d'alphabétisation des adultes en Tunisie (1985-2015) selon l'Institut de statistique de l'Unesco.

Depuis que la Tunisie a accédé à l'indépendance vis-à-vis de la France en 1956, son système éducatif a montré de grands progrès. La politique en Tunisie a en effet concentré ses efforts pour développer un système éducatif qui puisse produire une base de capital humain solide qui soit en mesure de répondre aux besoins changeants d'une nation en développement. Des efforts de réforme soutenus depuis le début des années 1990, de prudentes politiques macro-économiques et une plus grande intégration commerciale dans l'économie mondiale ont créé un environnement favorable à la croissance. Cet environnement a conduit à des résultats positifs dans le secteur de l'éducation, ce qui place la Tunisie devant des pays au revenu similaire et en bonne voie d'atteindre les objectifs du millénaire pour le développement. Selon l'indice de développement humain de 2021, la Tunisie se classe sur 191, et parmi les pays arabes. L'éducation est la priorité du gouvernement, avec plus de 20 % de son budget alloué à l'éducation en 2005-2006.. À partir de 2006, la dépense publique d'investissement s'élève à 7 % du produit intérieur brut..

Réformes du secteur Le système éducatif tunisien est fondé sur le modèle français. Par conséquent, les efforts des réformateurs ont porté sur l'arabisation du cursus scolaire et universitaire. Étant donné le nombre de nationaux francophones et l'absence d'enseignants qualifiés en arabe pour enseigner les matières scientifiques, les décideurs politiques maintiennent le français, à la fois comme langue étrangère et comme langue de l'enseignement des mathématiques et des sciences à l'école primaire. Les sciences humaines et sociales sont progressivement arabisées, d'abord dans le primaire, puis dans le secondaire. Dans les années 1970, la décision est prise d'accentuer l'arabisation dans tous les domaines après le primaire, sauf dans l'enseignement professionnel et technique. À l'université, le français est maintenu comme langue d'enseignement dans les instituts de technologie et les facultés de science..

Plusieurs autres réformes sont menées depuis l'indépendance en vue d'améliorer le système éducatif à tous les niveaux. Ainsi, la loi de réforme de l'éducation de 1958 fait porter ses efforts sur l'enseignement professionnel et technique, et la formation d'une nouvelle espèce d'enseignants qui sont qualifiés pour enseigner dans le nouveau cursus en mettant l'accent sur l'arabisation, la littérature, la pensée islamique, l'histoire et la géographie de la Tunisie et de l'Afrique du Nord. Par la suite, en 1969, la loi sur l'enseignement supérieur place toutes les institutions d'enseignement et de recherche scientifiques reconnues par l'État sous la coupe de l'Université de Tunis, un établissement créé en 1960, en incorporant plusieurs écoles supérieures et instituts existants. Au cours de l'année scolaire 1990-1991, la nouvelle loi sur l'éducation introduit une durée allongée d'enseignement aux niveaux primaires et secondaires, en passant d'un cursus de douze ans à un total de treize ans ; il rend également obligatoire pour les écoliers de six à seize ans d'arriver à un niveau d'instruction minimal. La Tunisie introduit aussi une approche fondée sur les aptitudes dans le cursus scolaire en 2000 et modifie les manuels scolaires en conséquence. La loi sur l'éducation de 2002 souligne par ailleurs l'importance des technologies de l'information et de la communication dans le secteur éducatif.

Système éducatif L'année académique se déroule de septembre à juin et les examens ont lieu début de juin. La langue officielle de l'enseignement à l'école est l'arabe ; le français et l'anglais sont introduits comme langues étrangères au cours de la troisième année d'école. Les écoliers subissent des examens à la fin de chaque trimestre, à travers des épreuves orales, écrites et pratiques dans toutes les disciplines.

Puériculture et petite enfance Le gouvernement tunisien a montré un fort engagement dans l'enseignement des classes maternelles. L'éducation maternelle doit être assurée dans des établissements ou des lieux prévus à cet effet, aux enfants de trois à six ans.. En Tunisie, l'enseignement préscolaire est assuré principalement par trois dispositifs.

Les écoles maternelles sont des institutions socio-éducatives dépendant du ministère des Affaires de la femme, de la Famille, de l'Enfance et des Personnes âgées ; elles sont rattachées au secteur privé ou public, constituent des établissements quasi-publics ou sont gérées par des associations spécialisées. Une amélioration considérable est à noter dans le taux de couverture des écoles maternelles, passant de 7,1 % en 1990 à 14 % en 2000, même si ce taux est encore bas, principalement parce que la plupart des enfants de trois à six ans ne vont pas à l'école maternelle.

Les kouttabs sont des institutions religieuses s'occupant également des enfants entre trois et cinq ans. Leur rôle est de les initier à l'apprentissage du Coran, ainsi qu'à écrire, lire et compter. Elles sont placées sous la responsabilité du ministère des Affaires religieuses. Des réformes ont permis d'augmenter leur nombre de 378 en 1987 à 961 en 2007. Ces kouttabs accueillent plus de , dont sont des filles. Elles sont tenues par des mouaddibs (enseignants), dont 121 ont des diplômes en sciences islamiques et 60 sont titulaires de diplômes universitaires. Un projet présidentiel, , a été lancé pour soutenir les kouttabs afin qu'elles remplissent leur mission éducative de consolider les valeurs de l'islam..

Enfin, le cours préparatoire fait partie intégrante de l'éducation de base mais n'est pas obligatoire. Dépendant du ministère de l'Éducation, il est assuré dans les écoles publiques, privées et quasi-publiques.

Le taux d'inscription brut en maternelle a augmenté fortement depuis 2000 en passant de 15 % à 22 % en 2003.

Enseignement de base

vignette|Écoliers en sortie de classe à Ras Jebel.

L'enseignement de base consiste en neuf années de scolarité et se divise en deux étapes distinctes : six années d'école primaire et trois années d'enseignement préparatoire (collège). À l'issue de ces neuf ans, les élèves passent l'examen national de fin d'études de l'enseignement de base dont le succès permet d'obtenir le diplôme de fin d'études de l'enseignement ; les écoliers doivent obtenir une note supérieure à 50 % à la fin de des études primaires pour accéder à l'enseignement secondaire, bien qu'il y ait un pourcentage élevé d'élèves qui échouent aux importants examens de fin de d'études primaires. Cependant, en raison d'efforts du gouvernement, le nombre d'écoliers qui doivent redoubler la dernière année d'école primaire décroît : 26 % des élèves devaient redoubler leur dernière année d'école primaire en 1991-1992 alors que ce nombre est tombé à 18 % en 1999-2000.

Le taux d'abandon de scolarité à l'école primaire est de 6 % ; il a néanmoins diminué de moitié par rapport à 2000 (12 %). Le taux d'alphabétisation dans l'enseignement primaire et secondaire est supérieur à 1, ce qui montre que plus de filles que de garçons sont accueillies dans ces deux niveaux. Le taux d'alphabétisation dans le secteur privé a lentement progressé de 0,7 % en 2000 à 0,9 % en 2003 et 1,4 % en 2007. Le taux d'alphabétisation à l'entrée de l'enseignement secondaire s'établit en 2007 à 113 %, un bond de sept points par rapport à celui de 2006.

vignette|École primaire à Hergla.

L'école primaire privée gagne du terrain sur l'école publique, notamment grâce à son fort taux de réussite. Contrairement au secteur public, l'école privée dispense aux élèves des cours de français et d'anglais à partir de la première année. Les enfants sont initiés à l'informatique, à la danse et à une panoplie d'activités sportives et culturelles, contribuant ainsi à leur épanouissement et à l'éclosion de leurs potentialités. L'enseignement primaire privé est concentré essentiellement dans la région de Tunis où l'on compte plus de 65 écoles primaires privées qui accueillent un peu moins de .. Sur l'ensemble du territoire tunisien, on compte 104 écoles privées pour plus de et où enseignent plus de ..

Au début de l'année scolaire 2007-2008 sont mis en place des collèges pilotes afin d'offrir plus tôt un encadrement aux écoliers doués qui leur permette de poursuivre leur scolarité dans les domaines scientifiques, littéraires et artistiques, avec l'appui d'enseignants compétents et expérimentés. Avec le succès grandissant des collèges pilotes, quatre nouveaux établissements ouvrent leurs portes en . En 2013, le nombre de collèges pilotes s'élève à 24 dont quatre pour la ville de Tunis et sa banlieue..

vignette|Cour du lycée pilote de l'Ariana.

À l'issue de l'examen de fin d'études de l'enseignement de base, les meilleurs élèves peuvent accéder aux lycées pilotes mis en place pour réunir ces élites dans des établissements spécifiques. Le ministère de l'Éducation devait ouvrir en 2011 deux nouveaux lycées pilotes à El Menzah VIII et Kasserine ; il envisage aussi de consolider l'infrastructure des lycées pilotes et de porter le nombre de classes disponibles de 81 à 133.. En , le nombre de lycées pilotes s'élève à quatorze dont trois pour la ville de Tunis et sa banlieue.. Les lycées pilotes offrent aux élèves issus de l'enseignement de base pour l'année scolaire 2013-2014. Pour l'année 2013, le pourcentage d'élèves admis aux lycées pilotes ne représente que 2,1 % de l'ensemble des élèves des classes de neuvième année..

Enseignement secondaire Les quatre années d'enseignement secondaire sont ouvertes à tous les titulaires du diplôme de fin d'études de l'enseignement de base. Tous ont pour but d'entrer à l'université ou dans la vie active à la fin de cet enseignement. Celui-ci se divise en deux phases : une étape académique générale d'un an et une étape spécialisée de trois ans.

Dans la phase académique, tous les élèves sauf ceux de la filière sport suivent une année de tronc commun à la fin de laquelle les élèves sont orientés vers l'une des quatre filières suivantes : lettres, sciences, technologie informatique, et économie et services. À la fin de la deuxième année, les élèves sont orientés à nouveau vers l'une des six sections suivantes : lettres, économie et gestion, sciences de l'informatique, mathématiques, sciences expérimentales et sciences techniques.. La langue de l'enseignement dans les domaines techniques, scientifiques et mathématiques est le français. À la fin de la quatrième année des études secondaires, les élèves subissent l'examen national du baccalauréat. Les élèves sont contrôlés sur six sujets en moyenne. Ceux qui complètent le cycle secondaire mais échouent au baccalauréat obtiennent un certificat de fin d'études qui peut plus tard être utilisé pour entrer dans la vie active ou pour poursuivre leurs études dans une école privée.

vignette|Lycée Ibn-Mandhour de Ben Arous.

Pour l'année 2013, le pourcentage d'élèves admis au baccalauréat est de 52,34 % sur l'ensemble des qui ont passé cet examen. La Tunisie apparaît dans le classement du Trends in International Mathematics and Science Study (TIMSS). depuis 1999 comme l'un des pays les mieux classés des pays arabes. En 2007, la Tunisie s'est classée deuxième en mathématiques et troisième en sciences parmi tous les pays arabes, avec respectivement des scores de 420 et 455. L'indice de parité entre filles et garçons, inscrits dans la scolarisation secondaire, est de 1,1 % en 2006, ce qui implique qu'il y a plus de filles que de garçons à ce niveau.

Enseignement technique et professionnel