L’équipage du Titanic, paquebot transatlantique britannique ayant sombré le , est représentatif de ce que pouvait être l'équipage d'un paquebot du début du . Plus qu'un simple personnel navigant, il est composé d'une multitude de professions, des cuisiniers et des boulangers, du graisseur au coiffeur en passant par les officiers. Un paquebot ne se limite en effet pas au navire, mais se doit également d'accueillir ses passagers dans un certain confort et avec une certaine attention.
Conçu pour transporter près de passagers, le Titanic peut également avoir un équipage d'environ 890 membres. On peut les répartir en trois catégories : les marins, les mécaniciens et le personnel hôtelier. La première partie dirige le navire : on y trouve les officiers, quartiers-maîtres, matelots et veilleurs. La deuxième regroupe ceux qui font fonctionner le paquebot : ce sont les chauffeurs, soutiers et autres graisseurs, ainsi que les mécaniciens chargés de la bonne marche des machines. Les troisièmes, de loin les plus nombreux, sont chargés de veiller au bien-être des passagers. Derrière le commissaire de bord, ce sont toute une batterie de stewards, cuisiniers, mais aussi liftiers, coiffeurs, grooms et même un interprète qui s'occupent d'eux. Certains ne sont par ailleurs pas compris dans l'équipage du navire proprement dit. On compte ainsi le personnel du Restaurant à la carte, situé sur le pont B, mais aussi les huit musiciens de l'orchestre, voyageant en deuxième classe, et les cinq postiers chargés de trier le courrier transporté par le paquebot.
Durant le naufrage, l'équipage est reconnu pour son comportement héroïque : tandis que marins et officiers se chargent de faire embarquer les passagers dans les canots de sauvetage, les mécaniciens continuent à s'activer dans les profondeurs du paquebot, malgré l'inondation progressive des locaux, pour fournir de l'électricité au navire. Enfin, les stewards et hôtesses, ainsi que l'orchestre, font tout leur possible pour éviter un effet de panique et conduire les passagers aux embarcations de sauvetage. Le bilan est lourd, puisque seulement 24 % de l'équipage survit au naufrage. Nombre de marins survivants, les officiers, notamment, voient leur carrière au sein de la White Star Line compromise, la compagnie souhaitant tirer un trait sur l'affaire. En revanche, l'opinion loue l'équipage, et plusieurs monuments sont construits pour leur rendre hommage.
Composition et rôle Personnel de navigation Le personnel de navigation est celui qui est chargé de la direction du navire et du respect de sa trajectoire entre autres. Certaines sources le qualifient aussi de personnel de pont (deck crew).
État major
L'état-major du Titanic est composé d'un commandant, d'un commandant en second et de six officiers. Pour son voyage inaugural, le paquebot est commandé par Edward John Smith, commodore de la White Star Line. Affecté à toutes les traversées inaugurales de la compagnie depuis celle du Baltic en 1904, il est très prisé de la clientèle aisée, certains n'acceptant même de naviguer qu'avec celui qu'ils surnomment affectueusement « E.J. ». Le commandant est en effet plus qu'un marin : c'est lui qui préside aux repas dans la grande salle à manger, de même qu'à l'office dominical et être invité à sa table est un honneur « Captain Edward John Smith », Encyclopedia Titanica. Consulté le 6 janvier 2010.
Les officiers « senior » ont connu un changement de dernière minute. En effet, durant les essais en mer, et jusqu'à la veille du départ, le commandant en second est William Murdoch, qui était précédemment premier officier de Smith sur l’Olympic « Mr William McMaster Murdoch », Encyclopedia Titanica. Consulté le 6 janvier 2010, le premier officier est Charles Lightoller, et le deuxième David Blair « Titanic's officer reshuffle », Titanic-Titanic.com. Consulté le 6 janvier 2010. À la dernière minute, la compagnie trouve plus judicieux de donner le commandement en second à Henry Wilde, qui occupait précédemment cette fonction sur l’Olympic aux côtés de Smith et Murdoch. Les navires de la taille du Titanic sont en effet une nouveauté, et la White Star préfère voir son dernier-né dirigé par un équipage habitué « Mr Henry Tingle Wilde », Encyclopedia Titanica. Consulté le 10 janvier 2010. De fait, Murdoch et Lightoller sont rétrogradés, et Blair quitte le navire. En conséquence, ce dernier part en emportant avec lui par inadvertance la clé du téléphone du nid-de-pie, par chance remplaçable, et en oubliant de signaler à Lightoller où sont rangées les jumelles destinées aux veilleurs. De plus, une certaine tension règne entre Wilde et ses deux subordonnés, Lightoller parlant de « politique douteuse » et de « changement malheureux » dans ses mémoires, « Titanic » and other ships » « Mr David Blair », Encyclopedia Titanica. Consulté le 6 janvier 2010.
Les quatre officiers « junior » ne changent pas, pour leur part. Ce sont, du troisième au sixième, Herbert Pitman, Joseph Boxhall, Harold Lowe et James Moody. Ce sont également des officiers renommés. Lowe fait figure de forte tête mais a des qualités reconnues ; il s'agit cependant de sa première traversée dans l'Atlantique Nord et il a par la suite déclaré qu'il ne connaissait aucun des autres officiers, tandis que tous les autres se connaissaient bienMoody et Lightoller ont travaillé ensemble, avec David Blair, sur l’Oceanic. Smith, Wilde et Murdoch viennent de l’Olympic. « Mr Harold Godfrey Lowe », Encyclopedia Titanica. Consulté le 6 janvier 2010. Moody est le plus jeune, à l'âge de 24 ans, et n'a qu'à peine un an d'expérience à bord de l’Oceanic. Il est cependant considéré par la White Star comme un officier prometteur, et ce voyage est pour lui un réel signe d'avancement pour sa carrière « Mr James Paul Moody », Encyclopedia Titanica. Consulté le 6 janvier 2010.
Chaque officier senior effectue un quart de quatre heures la nuit et un autre le jour, chaque quart étant espacé de huit heures de repos (durant lesquelles ils ne sont pas forcément inactifs, ayant par exemple une ronde à effectuer ou des relevés à faire). Tous ont également des affectations particulières. Boxhall, particulièrement doué pour la navigation, se charge de mettre à jour les cartes du navire et de relever sa position « Titanic's Fourth Officer Joseph Boxhall », Titanic-Titanic.com. Consulté le 6 janvier 2010. Wilde s'occupe du livre de bord, Lowe et Moody de relever les températures de la mer et de l'air. Tous officient sur la passerelle, dont on dit qu'elle est plus calme que la morgue « La passerelle de navigation », Le Site du « Titanic ». Consulté le 6 janvier 2010. Les officiers qui ne sont pas en service disposent d'un fumoir et d'un mess, ainsi que de leurs logements à l'arrière de la timonerie. Le commandant y dispose quant à lui d'une suite de trois pièces (chambre, salon, salle de bains). Deux stewards sont affectés au service des officiers, Montague Mathias et Frederick Tamlyn « Mr Montague Vincent Mathias », Encyclopedia Titanica. Consulté le 6 janvier 2010 « Mr Frederick Tamlyn », Encyclopedia Titanica. Consulté le 6 janvier 2010. Un autre, James Arthur « Tiger » Paintin est au service du commandant et connaît Smith depuis de nombreuses années « James Arthur Paintin », Encyclopedia Titanica. Consulté le 6 janvier 2010.
Quartiers-maîtres
Au nombre de sept, les quartiers-maîtres sont chargés de diriger le navire : ce sont Robert Hichens, George Rowe, Alfred Olliver, Walter Perkis, Arthur Bright, Sydney Humphreys et Walter Wynn « RMS Titanic: Deck Crew », Encyclopedia Titanica. Consulté le 6 janvier 2010. Outre leur quart durant lequel ils tiennent la barre dans la timonerie, les quartiers-maîtres sont aussi tenus de passer un certain temps sur la passerelle de manœuvre et d'accostage, sur le pont arrière. C'est ainsi que George Rowe, qui se trouvait sur cette passerelle aux alentours de minuit la nuit du naufrage, n'a appris que le navire coulait que lorsqu'il a vu les premiers canots partir « George Thomas Rowe », Encyclopedia Titanica. Consulté le 6 janvier 2010.
L'un des quartiers-maîtres, Robert Hichens est doublement entré dans la légende concernant le Titanic. C'est tout d'abord lui qui tient la barre lorsque le navire heurte l'iceberg, ce qui lui vaut de nombreuses difficultés pour retrouver du travail par la suite. Mais c'est son comportement après le naufrage qui l'a rendu célèbre « Mr Robert Hichens », Encyclopedia Titanica. Consulté le 6 janvier 2010. Affecté au canot 6, il passe, selon les témoins, la nuit emmitouflé dans des couvertures, à la barre du canot, tandis que les deux autres hommes présents dans le canot doivent ramer. Lorsque l'idée est évoquée de retourner au secours des autres naufragés, Hichens se retrouve opposé à Margaret Brown qu'il malmène quelque peu. Par la suite, cette confrontation a été enjolivée, certains allant jusqu'à placer un revolver entre les mains de « Molly » Brown, et est apparue dans plusieurs films, notamment Titanic de James Cameron. Par ailleurs, tous les quartiers-maîtres ont survécu au naufrage.
Veilleurs
Au nombre de six, les veilleurs sont chargés de surveiller d'éventuels obstacles depuis le nid-de-pie, en haut du mât avant. Ils effectuent un roulement par paires, formées de Frederick Fleet et Reginald Lee, Archie Jewell et George Symons et de George Hogg et Alfred Evans. Chaque paire travaille deux heures puis dispose de quatre heures pour se reposer. Ces hommes ont une vue affûtée qui a été l'objet de nombreux tests « Lookouts », Encyclopedia Titanica. Consulté le 6 janvier 2010.
En revanche, la White Star Line a pour habitude de ne pas fournir de jumelles à ses veilleurs, et ce depuis près de trente ans. La compagnie considère en effet que celles-ci, efficaces pour détailler un éventuel obstacle, réduisent trop fortement le champ de vision de celui qui les utilise. Cependant, Fleet en avait eu pendant ses quatre années de service sur l’Oceanic, et les veilleurs s'insurgent vite de ce manque au cours de la traversée. Lorsque Symons en demande une paire à Lightoller, celui-ci répond que la paire qui leur était destinée a disparu. Il ne sait pas que la paire en question a été rangée dans sa cabine par David Blair avant son départ. Un point étonne cependant les spécialistes : outre les jumelles des officiers, une paire est destinée au pilote, dans les zones côtières. Ces jumelles inutilisées en haute-mer auraient pu être remises aux veilleurs, mais cela n'a pas été le cas, et aucun des officiers survivants ne justifie cet oubli.
La question de l'utilité des jumelles lors de la collision prête également à débat : si Frederick Fleet répond catégoriquement lors des commissions d'enquête qu'elles auraient pu sauver le Titanic, certains spécialistes, comme l'historien Mark Chirnside, pensent que les conditions étaient telles que les jumelles n'auraient rien changé « Testimony of Frederick Fleet, page 2 », « Titanic » Inquiry Project. Consulté le 6 janvier 2010.
Marins et matelots Une trentaine de matelots qualifiés servent sur le Titanic. Leur rôle est principalement l'entretien et la surveillance du navire et de différents dispositifs. Ils sont parfois chargés de compléter les veilleurs dans leur tâche, par exemple sur la plage avant. De façon générale, ils sont chargés d'assister les officiers. Ils sont également formés au maniement des dispositifs de sauvetage.
Autres personnels de pont