Le stade olympique de Montréal. est un stade omnisports couvert d'une capacité de 56 000 places, pouvant être aménagé jusqu'à une capacité de places.

Conçu par l'architecte français Roger Taillibert à la demande du maire Jean Drapeau, le Stade avait pour mandat d'accueillir les Jeux olympiques d'été de 1976 dans un premier temps, puis l'équipe de baseball Expos de Montréal par la suite, qui y ont séjourné à partir de 1977, jusqu'à leur départ, en 2004.

Situé au cœur du Parc olympique de Montréal, le Stade olympique fait partie d'un ensemble d'équipements, comprenant la Tour de Montréal, le Centre sportif, les esplanades extérieures, ainsi qu'un vaste stationnement intérieur de près de places. Édifice emblématique de la ville de Montréal, il demeure controversé, étant vu à la fois comme un chef-d’œuvre d'architecture et comme un éléphant blanc..

Surnommé en anglais le « Big O » en référence à sa forme vue de haut, c'est le plus grand stade du Canada. Sa tour de de haut, soutenant 75 % de la charge du toit, est la plus haute structure inclinée au monde. Depuis 2012, c'est le stade hivernal de l'Impact de Montréal. En plus des terrains, il abrite un centre sportif avec sept piscines.

Situé dans le Parc olympique de Montréal, à l'intérieur du quadrilatère formé par la rue Sherbrooke, le boulevard Viau, l'avenue Pierre-De Coubertin et le boulevard Pie-IX, dans l'arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, il borde le parc Maisonneuve et le Jardin botanique. Deux stations du métro de Montréal y donnent accès : Pie-IX et Viau..

Histoire L'histoire du stade olympique commence en 1954 lorsque la ville fait préparer un plan d’aménagement du Centre sportif Maisonneuve en vue de sa seconde candidature pour les Jeux d’été.

Dès 1963, le maire de Montréal, Jean Drapeau, souhaite construire un stade couvert à Montréal pour attirer une équipe de baseball majeur. Le , la ligue nationale, impressionnée par le succès de l'Expo 67, accorde une franchise pour 1969 et Drapeau leur promet que la future équipe montréalaise jouera dans un stade couvert d'ici 1972..

Les Jeux olympiques de 1976

Le , Jean Drapeau annonce officiellement la candidature de Montréal pour la présentation des Jeux olympiques d'été de 1976. Le suivant, le Comité international olympique (CIO) confie à la Ville de Montréal l’organisation des Jeux.

Le maire Drapeau souhaite un stade combinant une structure économique à construire et un aménagement intérieur destiné au baseball et au football canadien mais adaptable aux Jeux olympiques. En , l'architecte français Roger Taillibert, concepteur du Parc des Princes, est invité à Montréal pour exposer son œuvre parisienne réalisée pour un faible coût grâce à l'emploi de pièces en béton préfabriqués. L'architecte étranger convainc et est engagé, ce qui n'est pas sans déplaire aux architectes et ingénieurs québécois.

Début des travaux Le , la ville dévoile la première maquette du futur Stade olympique devant la presse internationale. Il s'agit d’un bâtiment ellipsoïdal ressemblant à un immense coquillage, ouvert au centre et surmonté d’une tour habitable de de hauteur soutenant un toit souple amovible, inspiré par le pavillon australien à l'Expo 70 d'Osaka et par le projet de la Tour Paris-Montréal cher à Jean Drapeau mais non réalisée. La construction des installations olympiques est budgétisée à de dollars ( de dollars de 2016) dont pour le stade seul.

Le , les travaux d'excavation débutent au Parc olympique de Montréal. Entre ce jour et la fin des travaux de terrassement, en , environ de m³ d’argile et de calcaire sont enlevés.

En 1974, le chantier du stade démarre sous le contrôle du service des Travaux publics de la Ville. Pour gagner en temps et en qualité, un maximum de pièces en béton précontraint, tels les voussoirs, les anneaux techniques et les cages d'ascenseurs, sont préfabriqués en usine à Saint-Eustache (Schokbéton) et transportés par camions.

Un chantier chaotique Le , l'architecte Taillibert et la Ville sont éloignés quand le gouvernement du Québec leur impose un « mandataire-coordonnateur » (LVLV-Lavalin) et un nouveau gérant de chantier (Désourdy-Duranceau). Au même moment, les premiers problèmes surgissent. Le dessin des plans de construction, confié à la firme québécoise Régis Trudeau et Associés, prend trop de temps. De plus, le sol, qui longe l'ancienne falaise de la mer de Champlain, est plus fragile qu'attendu et il faut revoir les fondations. En juillet, deux bureaux d'études français, S.E.E.E et Europe Études sont engagés pour refaire les plans du stade et de sa tour respectivement. Le , l'excavation des fondations du stade peut démarrer puis les premiers piliers, coulés sur place, commencent à s'élever du sol. Le , les travaux de construction du Vélodrome (le futur Biodôme) débutent en parallèle.

Les problèmes subsistent, entre autres à cause de la complexité des structures, de la nouveauté des méthodes de construction et de problèmes techniques non prévus. De plus, la corruption est présente : par exemple certains fournisseurs se font payer plusieurs fois pour un même chargement, des travaux sont refaits inutilement, des vols de matériaux et d'outils sont commis et de nombreux emplois sont fictifs... Ajoutant au désordre, le , une grève de deux mois éclate sur le chantier. Elle est suivie par une autre de au suivant, entraînant un retard important mettant en péril la tenue des Jeux prévue pour .

En outre, l'inflation sévit : le prix de l'acier, fixé par les producteurs américains à la tonne au début du chantier, passe à en six mois puis atteint la tonne. Ces facteurs contribuent à l'explosion des coûts réévalués à de dollars début 1975 ( de dollars de 2016). Le maire insiste pour que la Ville reprenne le contrôle du chantier mais le gouvernement du Québec, inquiet quant à l’éventualité d'une annulation des Jeux, rétorque en créant un nouvel organisme public le pour régler les conflits sociaux et superviser les opérations : la Régie des Installations Olympiques (RIO).

La RIO prend les choses en main vignette|Le stade achevé, 1976. Il sera peint en blanc (imperméabilisé) en 1982. Les membres de la RIO déterminent qu'il serait impossible de terminer les constructions à temps selon le plan prévu et prennent des mesures drastiques. L'achèvement des installations non essentielles est repoussé, la tour s’arrêtera à . Afin de faciliter la direction et d’accélérer l’avancement des travaux, le chantier est divisé en six cellules (secteur Stade, secteur Vélodrome, secteur mât-piscines, secteur stationnement Viau, secteur stationnement Pie-IX et secteur installations temporaires), chacune ayant à sa tête un ingénieur. Les demandes des syndicats ayant été accordées, deux mois après la prise en main du chantier par la RIO, la cadence des travaux accélère, une nouvelle harmonie règne sur le chantier et la productivité augmente. En moins de sept mois, malgré l'hiver, 75 % de la structure du stade est construite.

Le , les grues et les équipements lourds sont enlevés du centre du stade pour permettre la pose du gazon et l’aménagement de la piste d’athlétisme. Le , les deux tableaux d’affichage, le tiers des sièges et la pelouse sont installés. Le , les travaux de construction du stade sont officiellement terminés, à l’exception des aménagements extérieurs et de la tour. Le coût de construction du parc Olympique inachevé s'élève à de dollars de 1976 ( de dollars de 2016). Il s'agit probablement d'un record mondial de dépassement de budget, un des deux projets à dépasser les 1000 % de dépassement des coûts, devant l'Opéra de Sydney..

Le , à 15 heures, athlètes représentant 93 délégations nationales défilent devant spectateurs pour la cérémonie d'ouverture. Le stade est l'hôte des épreuves d'athlétisme, de sauts d'obstacles en équipe en équitation et de la finale du football. La cérémonie de clôture des jeux s'y tient le .

La reconversion du stade : les années Expos vignette|Les Expos de Montréal au Stade olympique, 1986. Le , les Alouettes de Montréal deviennent la première équipe locale à disputer un match dans le stade. Le les piscines ouvrent au public. L’intérieur du stade est réaménagé et, le , l'equipe de baseball Expos de Montréal y disputent leur premier match à domicile devant spectateurs. En 1991, la RIO modifie le stade pour le rendre plus adapté au baseball. La capacité est réduite à spectateurs mais le terrain est rapproché des spectateurs et des haut-parleurs sont installés.

En 1998, les Expos renoncent à construire un nouveau stade à la suite du refus de Québec d'investir dans le projet. Le , la franchise joue son dernier jeu au stade olympique devant spectateurs puis déménage à Washington D.C...

Dix ans pour achever la tour Le , le gouvernement du Québec annonce, après de longs débats, vouloir couvrir le stade d'un toit amovible comme prévu dans les plans originaux de Roger Taillibert mais moyennant quelques modifications et pour un coût évalué à de dollars.. Les travaux reprennent en et la tour atteint au printemps de l’année suivante.

Mais le chantier doit être stoppé en urgence car les pieds de la tour risquent de s'enfoncer dans le sol ; en effet, les appuis antisismiques en néoprène sur lesquels ils reposent et le sous-sol rocheux lui-même sont jugés trop fragiles. À la suite d'un moratoire sur le parachèvement du stade, il ne reprendra que le . Pour alléger la structure, les 78 derniers mètres de la tour sont faits de caissons d'acier plutôt que de béton.. Malgré deux incendies, le puis le , la construction est terminée le avec la mise en place du toit rétractable. Le de la même année, un funiculaire unique en son genre, permettant d’accéder à un observatoire au sommet de la tour, est inauguré.

La saga du toit vignette|Détail du toit Birdair, en place depuis 1998. Le premier toit rétractable, une toile de Kevlar fabriquée en Allemagne en 1975, entreposée à Marseille jusqu'en 1982 puis sous les gradins du stade, est assemblée dans un hangar à Ville Saint-Pierre et ramenée au stade la nuit du pour y être installé. Le toit est replié pour la première fois dans la tour le . Cependant, les manœuvres d'ouverture et de fermeture usent prématurément la toile qui déchire 17 fois, le plus gravement le à la suite de vents violents. Entre 1987 et 1992, 88 manœuvres de déploiement sont réalisées puis le toit reste immobile pour limiter son usure.

La RIO recommande alors de remplacer la toile par un toit fixe en acier de pour de dollars et le gouvernement accorde le contrat de fabrication. En , le projet est suspendu pour des raisons de sécurité car sa masse serait trop élevée, puis Québec fait machine arrière en 1995.

Un nouveau toit immobile est mis en place en pour la somme de de dollars. Le , il se déchire sous le poids de la neige en pleine installation du Salon de l'Automobile.. Des restrictions sont imposées interdisant l'organisation de manifestation dans le stade en cas d'accumulation de glace ou de neige sur le toit. En , le seuil d'accumulation de neige autorisé sur le toit pendant l'utilisation du stade est relevé de 0 à ..

Rénover et se réinventer vignette|Rénovations de la Tour en 2016. La facture du Parc olympique, estimée à de dollars canadiens de 1976 avec les intérêts. ( de dollars de 2016), est payée totalement le , soit 30 ans après les Jeux, notamment grâce à une partie des revenus de l'impôt sur le tabac qui étaient affectés au remboursement de la dette olympique depuis . De ce coût total, le stade et sa tour représentent presque 70 % (57 % pour le stade, 12 % pour la tour). Cela en faisait le second stade le plus coûteux jamais construit (après celui de Wembley à Londres), qui lui vaut le surnom anglais de . Depuis, des stades américains ont dépassé ces montants (Yankee Stadium, MetLife Stadium).