La congrégation des filles du Bon Pasteur, généralement connue simplement sous le nom de Filles du Bon Pasteur, était un ordre religieux catholique séculier de femmes, actif aux , qui prenait en charge les filles repentiesPaul Augé (s. dir.), Larousse du en six volumes, L Larousse, Paris, 1931 ; , article « Séculières », 1148-1149., c'est-à-dire souvent des prostituées.
Elle ne doit pas être confondue avec la congrégation de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur d'Angers, aussi appelée congrégation du Bon Pasteur, fondée par sainte Marie Euphrasie Pelletier en 1835, même si leurs missions présentent quelques similitudes.
Historique On connaît plusieurs maisons fondées en France sous l'Ancien Régime à partir du milieu du . Elles s'inscrivent dans la politique d'enfermement des marginaux propre à cette époque, article « Assistance », 102..
Maison de Paris thumb|La Maison de refuge du Bon Pasteur, vue de la place Denfert-Rochereau (1890) par Édouard Zawiski, musée Carnavalet.
Elle doit son origine à Marie-Madeleine de Ciz, veuve d'Adrien de Combé, protestante convertie, qui recueillit chez elle des « filles repentantes ». Elle reçut en 1688 de Louis XIV une maison à Paris au 38 rue du Cherche-Midi, confisquée au calviniste Léonard Laudouin Site de la fondation Maison des sciences de l'homme, agrandie plus tard par l'adjonction d'une propriété mitoyenne, et pour la réparer. Elle fut confirmée par lettres patentes en juin 1698.
La maison de Paris fut fermée sous la Révolution (1790)Jacques-Antoine Dulaure, Histoire physique, civile et morale de Paris : depuis les premiers temps historiques, annotée et continuée jusqu'à nos jours par C. Leynadier, tome 4, Dufour, Mulat et Boulanger, Paris, 1859-1863, 154. . Les bâtiments servirent de magasin de vivres pour l'armée, puis de prison militaire. La fondation Maison des sciences de l'homme occupe aujourd'hui son emplacement.
La ville de Paris acheta en 18211821 transcription au Bureau des Hypothèques de la Seine une maison de la rue d'Enfer pour en donner la jouissance au Bon Pasteur qui fut alors administré par les dames hospitalières de Saint-Thomas de VilleneuveAuguste Vitu, Paris. 450 dessins inédits d'après nature, Quantin, Paris, 1890. . Après renommage de la rue d'Enfer, cette maison est située aux actuels de l'Avenue Denfert-Rochereau dans le .
Maison d'Aix Trois habitants d'Aix, Jean-Nicolas de Mimata, chanoine de Saint-Sauveur, François de Beaumont, écuyer, et Michel Estienne, receveur du domaine, fondèrent rue du Puits-Chaud, à la persuasion du Père Isnard, jésuite, recteur du collège Royal-Bourbon, une maison des Filles Repenties ou des Filles du Bon Pasteur. Elle était aussi connue sous le nom de maison Sainte-Pélagie, sainte du qui avait fait pénitence après avoir vécu avec une troupe de comédiens, à Antioche. La fondation obtint des lettres patentes du roi en septembre 1674, enregistrées par le parlement d'Aix en février 1688Christophe Regina, Brimer les corps, contraindre les âmes : l’institution du Refuge au , Genre & Histoire [En ligne], n°1, Automne 2007, mis en ligne le 23 novembre 2007, consulté le 10 janvier 2010. .
Maison de Dijon La maison de Dijon fut fondée à la demande de Jean-François Joly, docteur en théologie, « vicaire perpétuel de Saint-Michel ». Il obtint le consentement de l'évêque de Langres le , la chambre de ville approuva le et il obtint des lettres patentes du roi en 1687. C'est alors Bénigne Joly qui présida à son développement. Elle subsista jusqu'à la RévolutionN. Prunel, Deux fondations de la Compagnie du Saint-Sacrement de Dijon, Revue d'histoire de l'Église de France, Année 1911, Vol. 2, No 10, 1911, 449-450. .
Maison d'Avignon Une maison du Bon Pasteur et des Recluses fut établie à Avignon par Jean de Madon, seigneur de Châteaublanc, en 1702. Elle fut reconnue par l'archevêque d'Avignon et le vice-légat. Lors de l'annexion du Comtat Venaissin par Louis XV, l'œuvre des Repenties lui fut unie (1770)Cécile Doumas, La prostitution et sa prise en charge à Avignon au , Rives méditerranéennes [en ligne], Jeunes chercheurs 2006, mis en ligne le 31 juillet 2008, consulté le 10 janvier 2010. .
Maison de Toulouse La maison de Toulouse est établie en 1715 avec l'appui de l'archevêque, René François de Beauvau du Rivau, 364.. Les sœurs sont expulsées en 1791 de leur couvent de Saint-Cyprien, puis arrêtées avec leur aumônier le . Malgré une tentative, elles ne réussiront pas à recréer leur établissement après la RévolutionLa maison Seilhan, berceau de l'ordre des Prêcheurs. Leur supérieure, Jeanne-Marie Desclaux, cofonde alors la Congrégation des religieuses de Notre-Dame de la Compassion auprès du vénérable chanoine Maurice Garrigou..
Autres maisons Besançon : maison établie en 1744 par lettres patentesJeanne-Marie Jandeaux, Les lettres de cachet pour affaires de famille en Franche-Comté au , Thèses de l'École des Chartes, 2008. . Montpellier. Rennes : maison installée rue de Belair dans un couvent bâti en 1750. Il fut converti en prison pour femmes durant la Terreur, puis en caserneLucien Decombe, Notices sur les rues de Rennes, Alph. Le Roy fils, Rennes, 1883. Page:Notices sur les rues de Rennes 1883.djvu/13.
Notes et références
Bon Pasteur ancienne