Jean-Louis Pierrot, né le à Acul-du-Nord et mort le à Camp-Coq près de Cap-Haïtien, fut un général et homme d’État haïtien avant d'être président de la République .

Vétéran de la guerre d’indépendance d’Haïti, il est intégré à la noblesse sous le règne de son beau-frère, le roi Henri Christophe, et porte le titre de « Prince Pierrot ». Exilé après la révolution nordiste de 1820, il revient au pays après la chute du dictateur Jean-Pierre Boyer, et rejoint le camp des républicains. Après la mort du président Philippe Guerrier, il est élu président en 1845. Craignant les intrigues autour de Port-au-Prince, il transfère le gouvernement à Cap-Haïtien, une mesure impopulaire qui provoque le lancement d’une procédure de destitution au début du mois de . Il est finalement déposé par les garnisons de Port-au-Prince et remet sa démission le . Ne contestant pas la procédure, il n’est pas condamné à l’exil, et s'éloigne simplement de la capitale.

Carrière militaire Jean-Louis Pierrot est né en 1761 dans le village d'Acul-du-Nord. Analphabète, il réussit une carrière militaire fabuleuse. Sous le régime du roi Henri Christophe, il fut promu lieutenant-général et, proche du roi, reçut le titre de prince d'Haïti. En 1812, il épousa la princesse Louise-Geneviève Coidavid dite Cécile Fatiman, sœur cadette de Marie-Louise Coidavid épouse du roi Henri Christophe. Après la révolution de 1820 et la chute de la monarchieEdgar La Selve, Le pays des Nègres : voyage à Haïti, ancienne partie française de Saint-Domingue, Paris, Hachette, 1881, — sur Gallica., il s'exile en Jamaïque avec toute sa famille. Il revient à Haïti en 1835 mais se fait discret et s'installe dans le Nord.

Président de la République Après la chute du dictateur Jean-Pierre Boyer, il rejoint le gouvernement militaire provisoire. Il sert ainsi successivement les présidents Charles Rivière Hérard et Philippe Guerrier. Le , après la mort du président Guerrier, le parlement organisa une nouvelle élection, débouchant sur la désignation de Pierrot comme nouveau président pour un mandat de 7 ans.

Se méfiant des courtisans et des complots au sein du palais présidentiel de la capitale Port-au-Prince, le nouveau président fait transférer son gouvernement dans la seconde ville du pays, Cap-Haïtien, et Port-au-Prince perd son statut de capitale. Il proclame son intention de conserver la partie orientale de l'île de Saint-Domingue qui se soulevait contre l'occupant haïtien afin de proclamer l'indépendance de la République dominicaine. La population de Port-au-Prince et l'élite intellectuelle et militaire n’acceptent pas le sort réservé à leur ville. Le parlement lance une procédure de destitution le . Par la suite, les garnisons de Port-au-Prince le dépose officiellement. Il accepte alors de démissionner le , se retire alors de l'armée et s'installe dans le nord du pays.

Pierrot meurt le à Camp-Coq près de Cap-Haïtien dans le département du Nord.

Sa fille unique, Marie Louise Amélia Célestine Pierrot, épousa Pierre Nord Alexis (petit-fils du roi Henri Christophe) alors gouverneur provincial sous le régime de l'empereur Faustin , plus tard ministre de la Guerre et de la Marine de 1867 à 1869 et enfin président de 1902 à 1908.

Notes et références

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Chronologie présidentielle

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