Pierre-Louis Helin est un architecte français né à Versaillesparoisse Notre-Dame, c'est-à-dire celle du château de Versailles le et mort à Paris le Michel Gallet, Demeures parisiennes à l'époque de Louis XVI, Paris, Le Temps, 1964, p. 186. Prix de Rome en 1754, il construisit essentiellement des édifices religieux pour la maison de Bourbon et celle de La Rochefoucauld. La plupart de ses réalisations ont été détruites après la Révolution.

Biographie Helin naquit à Versailles de Louis Helin, valet de chambre du comte de Saint-Florentin puis garçon de garde-robe de Madame Adélaïde, et de son épouse Félicitée Chazal. Dès son plus jeune âge, selon ses propres dires, il étudia l'architecture sous la direction de plusieurs maîtres. Il fut admis à l'Académie royale d'architecture comme élève particulier de Louis-Adam Loriot. Pendant ses études, il fut attaché comme inspecteur aux travaux de l'École militaire, sous l'autorité d'Ange-Jacques Gabriel et de Michel-Barthélemy Hazon.

La concurrence aux concours organisés par l'Académie était alors très redoutable, et Helin se trouva confronté à des talents tels que ceux de Julien-David Le Roy, Peyre l'Aîné, De Wailly, Louis-François Trouard, Nicolas-Henri Jardin et Pierre-Louis Moreau-Desproux, qui fut son ami. Au concours de 1751, Helin eut le troisième prix (sujet : une fontaine publique)projet conservé à l'École nationale supérieure des beaux-arts. Il remporta le deuxième prix l'année suivante (sujet : une façade de palais)projet conservé à l'École nationale supérieure des beaux-arts. Helin grava ce projet à l'eau-forte (Michel Gallet, Les Architectes français du , p. 261). et le Prix de Rome en 1754 (sujet : « un salon accompagné de trois autres plus petits, disposés triangulairement et régulièrement autour du plus grand »).

Il fut pensionnaire du Roi à l'Académie de France à Rome à compter de 1756 et y recueillit tout en visitant plusieurs villes d'Italielettre à l'Académie, cité par Michel Gallet, Les Architectes français du , p. 262. Mais il quitta le Palais Mancini dès , un peu avant l'expiration de son terme, rappelé à Versailles au chevet de son père et sans doute soucieux de trouver du travail.

Grâce aux relations de sa famille, il bénéficia de la protection de la maison de Bourbon et de celle de La Rochefoucauld.

Le cardinal de La Rochefoucauld, archevêque de Rouen et seigneur de Gaillon, pour qui il devait restaurer une aile du palais archiépiscopal de Rouen, le recommanda pour reconstruire, à partir de 1772, l'église et les bâtiments réguliers de la chartreuse de Bourbon-lès-Gaillon en Normandie, nécropole des Bourbon-Soissons fondée au , ravagée par un incendie en 1764. Il rebâtit à la même époque l'abbaye bénédictine Notre-Dame de Soissons, dont les abbesses étaient issues de la maison de La Rochefoucauld.

En 1772, le cardinal de La Rochefoucauld, en tant qu'abbé de Cluny, l'imposa contre l'architecte bourguignon Émiland Gauthey pour donner un projet de nouvelle façade d'entrée pour l'abbaye de ClunyFrédéric Didier, , in : . Après avoir effectué un voyage à Cluny en 1773 ou au tout début de 1774, Hélin donna un ambitieux projet de reconstructiondont le solde ne lui fut réglé qu'en 1781 : Archives départementales de Saône-et-Loire, H 12 (2) : ; H 12 (3) : ; . Hélin aura donc reçu au total livres pour sa mission. Il subsiste un plan général à rez-de-chaussée, une élévation de la façade d'entrée ainsi que la maquette en carton, tous conservés à Cluny. qui ne fut pas réalisé.

Pour la maison de Bourbon, il construisit en 1775 la chapelle de la Visitation, rue du Bac à Paris. Le duc de Penthièvre l'appela à reconstruire, entre Chartres et Rambouillet, le chœur de l'abbaye de Haute-Bruyère, qui possédait jusqu'en 1792 l'urne renfermant le cœur de François . À Versailles, il construisit pour le prince de Soubise et pour le duc de LuynesArch. nat., 275 AP 145.

Helin, qui habitait rue du Bac en 1776, quitta ce quartier pour la rue Vivienne. Il se présenta sans succès à l'Académie royale d'architectureDans sa lettre de candidature, il passa sous silence les déboires qu'il avait connus à Soissons.. Son inventaire après décès fut dressé par M Péan de Saint-Gilles le (Michel Gallet, Les Architectes français du , p. 264).

Réalisations et principaux projets alt=Chartreuse de Bourbon-lèz-Gaillon vers 1780|vignette|La chartreuse d'Aubevoye en 1780 telle qu'Helin a pu la côtoyer alt=Bâtiments réguliers subsistant de nos jours ...|vignette|Bâtiments réguliers subsistant de nos jours ...Reconstruction de la Chartreuse de Bourbon-lèz-Gaillon à Aubevoye (Eure), 1772-1776, détruite. Reconstruction de l'église et des bâtiments réguliers après l'incendie de 1764. Les travaux voir le tome IV de l'ouvrage de la bibliographie d'Aubin-Louis Millin de Grandmaison, Antiquités nationales ou Recueil de monumens pour servir à l'histoire générale et particulière de l'empire françois ... furent achevés le . Les projets d'Helin, empreints d'influences italiennes, furent soumis à plusieurs reprises au visiteur provincial des Chartreux, en résidence à LyonIls sont conservés aux archives départementales de l'Eure.. Pour le portail de l'église, à deux étages, il proposa un effet pyramidal très prononcé qui étonna les autorités monastiques et dut être atténué sans toutefois disparaître complètement puisque l’Almanach des artistes . de 1776 décrit la chartreuse comme cité par Michel Gallet, Les Architectes français du , p. 262. Michel Gallet, Les Architectes français du , p. 262-263 Par contraste, les bâtiments réguliers, construits autour de deux cloîtres encadrant symétriquement l'église, tranchaient par la raideur et l'austérité de leur dessin. Sous la Révolution française, la chartreuse, saisie comme bien national, fut rachetée en 1792 par l'architecte Victor LouisLe , la chartreuse fut adjugée pour livres à François Lefan qui ne parvint pas à en acquitter le prix. Elle fut remise en vente et adjugée le pour livres à Jacques Juste Suard qui la revendit à Victor Louis (Helin et Louis sont allés à Rome ensemble)le . qui en fit son manoir familial, en faisant abattre toutefois l'église et le cloître. Après lui, la chartreuse passa à sa fille, Marie-Hélène-Victoire (° 1774 - † à Cahaignes) épouse de Charles, Marie, Aimé Ethis de Corny (*1763 - † 1829), maire d'Aubevoye, Eure. La vente eut lieu le en faveur des époux Dehaumont qui firent enlever jusqu'à ses fondations le manoir pour transformer l'emprise en terres agricoles.

Abbaye de Cluny (Saône-et-Loire), 1773-1774, projet non réalisé. À la demande du cardinal de La Rochefoucauld, abbé commendataire de Cluny depuis 1757, Helin fut chargé de donner un projet de reconstruction des parties occidentales de l'abbaye qui fut approuvé par le chapitre général en 1774 mais ne fut pas mis à exécution, probablement en raison de son coût. Helin proposa d'élever une longue façade d'un néoclassicisme austère, englobant toute la partie occidentale de la clôture. Il habillait la façade de la grande église d'un frontispice supporté par des colonnes d'ordre toscan dont il élevait le pendant au sud pour servir de nouvelle entrée à l'hôtellerie. Entre les deux, il créait le principal accès du monastère, en retrait au fond d'une cour carrée. Frédéric Didier, art. cit., pp. 451-452 L'élévation de la grande façade ne comportait quasiment aucun décor : pas de différenciation des niveaux, pas de chambranles aux baies, simplement scandées ici ou là d'entablements droits. Selon Frédéric Didier, Frédéric Didier, art. cit., p. 456 Chapelle de la Visitation, rue du Bac (emplacement actuel de la rue Paul-Louis-Courier) à Paris (), détruite. La première pierre fut posée en 1775 par la reine Marie-Antoinette. Le plan combinait une croix grecque et une croix de saint André, reproduisant à petite échelle la disposition adoptée par Louis Le Vau et Libéral Bruant à la chapelle saint Louis de La Salpétrière. La chapelle était ornée d'un ordre ionique tant sur le portail que dans le chœur. Abbaye Notre-Dame de Soissons (Aisne), détruite. Helin fut chargé de rebâtir l'abbaye bénédictine Notre-Dame de Soissons, pour les abbesses Françoise-Marguerite de La Rochefoucauld de Roye sœur du cardinal Frédéric Jérôme de La Rochefoucauld, Grand aumônier de France et Marie Rose Charlotte de La Rochefoucauld-Maumont (1723-1808), qui succéda à la précédente en 1778. Il fut en désaccord avec la seconde au sujet des bâtiments claustraux qu'il voulait couvrir de toits plats à l'italienne, invoquant les exemples récents de l'hôtel des Monnaies de Denis Antoine et de la bibliothèque de Saint-Victor construite sur la montagne Sainte-Geneviève par Pierre-Victor DanjanArch. nat., Z1J 1077, 1781. Construction d'un marché à Soissons, 1778Arch. nat., M.C.N., XCI 1165, . Abbaye de Hautes-Bruyères'', Saint-Rémy-l'Honoré (Yvelines), détruite. Reconstruction du chœur. Le plan d'HelinArch. nat., Z1J 1158 superpose le tracé au sol de l'ancienne église et son propre projet : le chœur est entouré d'un déambulatoire d'ordre dorique, auquel donne accès un portail latéral du côté de l'Évangile. Restauration de l'hôtel de Hautes-Bruyères, rue Saint-Germain-l'Auxerrois, Paris, détruit. Restauration d'une aile du Palais archiépiscopal de Rouen. La salle synodale y a été décorée de peintures par Hubert Robert. C'est l'une des rares œuvres d'Helin qui ait été conservée.

Notes et références

Voir aussi Sources

Bibliographie

Catégorie:Architecte français du XVIIIe siècle Catégorie:Prix de Rome en architecture Catégorie:Graveur français du XVIIIe siècle Catégorie:Naissance en septembre 1734 Catégorie:Naissance à Versailles Catégorie:Décès en mai 1791 Catégorie:Décès à Paris Catégorie:Décès à 56 ans