L'oppidum des Caisses de Jean-Jean est un oppidum situé dans la commune de Mouriès, dans les Alpilles, dans le département des Bouches-du-Rhône, en France. Il remonte à l'époque celtique. Il est situé dans une cuvette entourée de deux barres rocheuses calcaires au nord et au sud qui se rejoignent à l'est pour former une acropole. Des fortifications de plusieurs époques y ont été identifiées, attestant du peuplement de cet oppidum du « Remparts et stèles de l'oppidum des Caisses de Jean-Jean », dans .. Il est accessible au moyen d'un itinéraire balisé« Les ressources, hier et aujourd'hui », dans ..

Situation vignette|redresse=1.2|Une des maisons dégagées ().

L'oppidum se situe dans la partie la plus orientale de l'acropole, barré au nord, au sud et à l'est par d'imposantes barres rocheuses. La partie ouest présente une élévation naturelle donnant sur une esplanade dégagée de de long. Chacune des deux extrémités de cet espace est constituée d'un rempart, de telle sorte que le village, protégé par ces deux murs, se trouve dans une position quasi imprenable. Le mur contigu au village se trouve sur un talus artificiel ou qui, du moins, a été aménagé. On peut le rapprocher du rempart de l'oppidum d'Ensérune (Hérault) que longe un chemin de ronde auquel sont accolées les premières maisons du castrum. L'oppidum est relié aux autres sites contemporains des Alpilles par des chemins menant notamment au castellas de Maussane et à celui d'AureilleY. Marcadal, « Les oppida des Alpilles », in ..

Historique L'oppidum a été fouillé par l'archéologue Fernand Benoit de 1935 à 1942« Mouriès et l'histoire », sur le site de l'office de tourisme de Mouriès.Fernand Benoit, « Note relative aux fouilles de Mouriès (oppidum des Caisses), canton de Saint-Rémy, arrondissement d'Arles », dans Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, , , novembre-décembre 1939, , séance du 8 décembre.. Lors de ses fouilles, entre 1933 et 1938, Fernand Benoit s'est notamment intéressé à l'espace entre les deux remparts où il n'a pas trouvé de murs d'habitation, notamment au pied de la falaise sud, mais de la céramique indigène, ce qui semble indiquer que la période d'habitation la plus intense se situe entre le .

Le site a été inscrit aux monuments historiques par un arrêté du ..

Description Le plateau de l'est contiguës au rempart, ce qui a été confirmé par les dégagements des quatre habitations que l'on peut aujourd'hui constater. Ces maisons présentent des murs de de haut. On les date du sans plus de précision. Les archéologues ont trouvé dans ces maisons des morceaux de dalles de couverture avec larmiers en remploi ainsi qu'un graffiti marqué d'un mot grec : « ουρρεο . Selon Fernand Benoit, les substructions de ces maisons datent des . Elles ont été relevées quelques siècles plus tard, ainsi que l'attestent les petits bronzes au taureau, monnaie de Marseille trouvée dans ces maisons. Celles-ci ont été édifiées sans joint de taille, mais à l'aide de brique d'adobe.

Stèles Lors de ses fouilles, Fernand Benoit découvre des stèles en calcaire Ces stèles sont aujourd'hui conservées à Arles. Le décor est gravé de chevaux ainsi que de cavaliers héroïsés portant des javelots et des signes pectiformes. Après les découvertes de F. Benoit, d'autres stèles ont été mises au jour au pied du rempart en 1965, puis en 1985-1986Yves Marcadal, « Les nouvelles stèles cultuelles des Caisses de Saint-Jean à Mouriès (B.-du-Rh.) », in Documents d'archéologie méridionale, Lattes, , 1992, p.174-176..

L'oppidum est-il le site de l'antique Tericiae ? vignette|redresse=1.2|La carte de Peutinger fait référence à un lieu nommé Tericias (Tericiae).

La Table de Peutinger (Tabula Peutingeriana ou Peutingeriana Tabula Itineraria), appelée aussi « Carte des étapes de Castorius », copie du d'une ancienne carte romaine où figurent les routes et les villes principales de l'Empire romain qui constituaient le cursus publicus, fait référence à un lieu qu'elle dénomme Tericias, forme dative de Tericiae. D'est en ouest, depuis Aix-en-Provence jusqu'au Rhône, on y lit les noms suivants : Aquis Sextis XVIII Pisavis XVIII Te[r]icias« Une agglomération secondaire antique près de Mouriès : Tericiae ? », dans .. Ces indications localisent Tericiae sur le territoire de la commune de Mouriès, un peu à l'ouest du village. Mais de nombreux chercheurs se sont interrogés quant à son identification, son nom latin n'étant semble-t-il pas passé dans un toponyme moderne. Et l'on pourrait logiquement s'interroger quant à savoir s'il ne faudra pas voir dans l'oppidum des Caisses de Jean-Jean le site de l'antique Tericiae.

C'est un dénommé Villevieille, antiquaire à Montpellier qui, le premier, a proposé de voir en Tericiae le site antique de Mouriès. L'historien-préfet, Christophe de Villeneuve-Bargemon (1824), localise la ville sur la propriété de Jean-JeanChristophe de Villeneuve-Bargemon, Statistique du département des Bouches-du-Rhône avec atlas, II, Marseille, A. Ricard, 1824, p.1159.. En 1884, Isidore Gilles propose le quartier de la Castelette, situé entre le village de Mouriès et les Caisses de Jean-Jean. Depuis 1895 et les études de L. Rochetin, il semble établi qu'il faille voir Tericiae en contrebas de l'oppidum« Tericiae. Une des stations de la voie aurélienne dans la Haute-Provence », L. Rochetin, in Mémoires de l'Académie de Vaucluse, Avignon, vol. XIV, 1895, p.18-34.. Selon Fernand Benoit, une fois la paix romaine installée en Basse-Provence, la population de l'oppidum serait descendue dans la plaine qu'elle aurait colonisée, donnant naissance à la ville de Tericiae. Benoit propose même un site précis, entre les Caisses, le Castellas, le Mazet et le hameau des BaumettesFernand Benoit, « La voie d'Italie en Espagne à l'époque d'Auguste sur le territoire d'Arles », in Revue des études anciennes, Bordeaux, vol. 40, 1938, p.142-143.. Pour Patrice Arcelin, en revanche, la coexistence des Caisses et de Tericiae témoigne de la création de quartiers périphériques aux habitats antiques dans toutes les Alpilles ; on observe le même phénomène à Saint-Rémy-de-Provence, dès le , avec le peuplement du mont Gaussier en retrait de Glanum« Le peuplement des Alpilles durant l'âge du Fer », in ..

Galerie

Notes et références Notes

Références

Bibliographie L. Rochetin, « TERICIAE, une des stations de la voie Aurélienne dans la Haute Provence », dans Mémoires de l'Académie de Vaucluse, 1895, (lire en ligne). Adrien Guebhard, « Commission d'étude des enceintes préhistoriques et fortifications anhistoriques », Bulletin de la Société Préhistorique de France, t.4, 1907 p.26 ( en ligne). Pierre de Brun, « Le cimetière gallo-grec de Servannes, près de Mouriès (Bouches du Rhône) », in Provincia, XIII, 3-4, 1933, p.149-162 (en ligne). . Fernand Benoit, « Carte (partie occidentale) et texte complet du département des Bouches-du-Rhône », Paris, éd. Leroux, 1936, p. 118-119 (Forma Orbis Romani, Carte archéologique de la Gaule romaine, V). Émile Espérandieu, « Sanctuaire préromain des Caisses», in Recueil général des bas-reliefs, statues et bustes de la Gaule romaine, tome 11, suppl., 1937, p. 17-18 (en ligne). Fernand Benoit, « Note relative aux fouilles de Mouriès (oppidum des Caisses), canton de Saint-Rémy, arrondissement d'Arles », Comptes rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, vol. 83, , 1939, p. 621-623 (en ligne). Fernand Benoit, « Des chevaux de Mouriès aux chevaux de Roquepertuse. Recherches sur l'art et le symbolisme funéraire de la vallée du Rhône avant la conquête romaine », Préhistoire, X, 1948, p.137-210 (en ligne). Fernand Benoit, « L'héroisation équestre », Annales de la Faculté des Lettres, Nouvelle série , Aix-en-Provence, Ophrys éd., 1954. Fernand Benoit, « Le développement de la colonie d'Arles et la centuriation de la Crau », Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Vol. 108, tome 1, 1964, pp. 156-169 (en ligne). Jacques Brémond, Jean-Claude Richard, « Monnaies antiques de l'oppidum des Caisses de Saint-Jean à Mouriès (Bouches-du-Rhône) », Cahiers numismatiques, vol. 16, , 1979, p. 311-314. Yves Marcadal, « Les Caisses. Mouriès (Bouches-du-Rhône) », Les enceintes protohistoriques de Gaule méridionale, B. Dedet, M. Py (éd.), Caveirac, ministère de la Culture, sous-direction de l'archéologie, association pour la recherche archéologique en Languedoc oriental (ARALO), cahier , 1985, p. 104-107 (en ligne). Marc Gauthier (dir.), « Informations archéologiques, Provence Côte d'Azur », Gallia, , vol. 2, 1986, p. 440-443 (en ligne). Robert Royet, Mireille Provansal, Maurice Jorda, « L'histoire «naturelle» d'un site de l'Âge du Fer sur le piémont méridional des Alpilles. Le domaine de Servanne (Bouches-du-Rhône) », in Gallia, , 1990, p. 57-66 (en ligne). Michel Castoldi, Michel Feugère, « Les simpulums », in : M. Feugère, C. Rolley (dir.), La vaisselle tardo-républicaine en bronze, Dijon, 1991, 61-88. Yves Marcadal, « Une salle collective des Caisses de Saint-Jean à Mouriès (B.-du-Rh.) », Documents d'archéologie méridionale, , 1992, p. 28-30 (en ligne). Yves Marcadal, « Les nouvelles stèles cultuelles des Caisses de Saint-Jean à Mouriès (B.-du-Rh.) », Documents d'archéologie méridionale, , 1992, p. 174-176 ( en ligne). Louis Chabot, Robert Cayol, Michèle Aureille, Anna-Marie Germain, Les Pennes-Mirabeau, le Temps Retrouvé, Barbentane, Édition Equinoxe, 1996. Olivier Coignard, Rolland Coignard, Nadine Marcadal, Yves Marcadal, « Nouveau regard sur le sanctuaire et les gravures de l'âge du Fer de l'oppidum des Caisses (Mouriès, B.-du-Rh.) », Documents d'archéologie méridionale, Entremont et les Salyens, Colloque d'Aix-en-Provence, , 1998, p. 67-83 (en ligne). Yves Marcadal, Jean-Marc Féménias, « Une sépulture remarquable du Ier s. av. J.-C. à Servanes (Mouriès, B.-du-Rh.) », Documents d'archéologie méridionale, , 1998, p. 185-199 (en ligne). , diff. Fondation Maison des sciences de l'homme. Florence Verdin, « Territoires, peuples et cités à l'âge du Fer dans le Sud-Est de la Gaule », in Le temps des Gaulois en Provence, Jean Chausserie-Laprée (dir.), Martigues, musée Ziem, 2000, p. 21-25 . Yves Marcadal, « Les nécropoles de Mouriès », in Le temps des Gaulois en Provence, p. 244, 246-247. Laurent Olivier, « Les incinérations de Mouriès au Musée des Antiquités nationales », in Le temps des Gaulois en Provence, p.189-190. Michel Rétif, « Les dépôts de La Patouillarde et de Mouriès », in Le temps des Gaulois en Provence, p. 264-265. Philippe Columeau, « Consommation de viande et élevage dans la vallée des Baux de l'âge du Fer au Moyen Âge d'après les vestiges osseux » in Milieu et Sociétés dans la vallée des Baux, Paris, CNRS, Revue Archéologique de la Narbonnaise, 2000, suppl. 31, p.347-357. Yves Marcadal, « Un habitat de plaine du et de la première moitié du au golf de Servanes (Mouriès, Bouches-du-Rhône) », in Milieu et Sociétés dans la vallée des Baux, Paris, CNRS, Revue Archéologique de la Narbonnaise, 2000, suppl. 31, p. 139-156. Robert Royet, Florence Verdin, « Servanes à Mouriès ou les faubourgs de l'oppidum des Caisses de Saint-Jean », in Milieu et Sociétés dans la vallée des Baux, , CNRS, Revue Archéologique de la Narbonnaise, 2000, suppl. 33, p. 157-180. . Jean-Claude Richard, Yves Marcadal, « Nouvelles monnaies de Mouriès», in Milieu et Sociétés dans la vallée des Baux, p.245-259 (en ligne). Alain Ferdière, « Milieu et sociétés dans la vallée des Baux - Études présentées au Colloque de Mouriès [11-12 mai 1996] », Revue archéologique du Centre de la France, , 2001, p. 310-311 (en ligne). Philippe Chapon, Louis Martin, Armelle Guilcher, Yves Marcadal, M. Poguet, «Les Alpilles : un inventaire archéologique après le passage du feu », Aix-en-Provence, Direction Régionale des Affaires Culturelles Provence-Alpes-Côte-d'Azur, 2001.