Harry Catterick, né le à Darlington et mort le à Goodison Park, à Liverpool, est un footballeur puis entraîneur anglais. Avant-centre, il appartient à l'Everton FC dès 1937 mais voit le début de sa carrière en compétitions officielles retardé par la Seconde Guerre mondiale. Il joue ensuite pour Crewe Alexandra, où il commence simultanément sa carrière d'entraîneur.

Après Crewe, Rochdale et Sheffield Wednesday, qu'il conduit au titre de deuxième division puis à la deuxième place du championnat d'Angleterre, Catterick revient à Everton comme entraîneur en 1961. Durant douze années à la tête du club, il remporte le championnat d'Angleterre en 1963 et 1970 et la Coupe d'Angleterre en 1966. Il construit successivement plusieurs équipes de premier plan, dont celle articulée autour du milieu formé par Alan Ball, Howard Kendall et Colin Harvey, connu comme la « Sainte Trinité » d'Everton.

Son bilan sportif et son influence sont longtemps moins célébrés que ceux de plusieurs contemporains plus médiatiques. Des travaux consacrés à son parcours soulignent pourtant qu'il obtient davantage de points dans l'élite anglaise au cours des années 1960 que les autres grands entraîneurs de la période. Il est intronisé à l'English Football Hall of Fame en 2010.

Biographie

Jeunesse et carrière de joueur Harry Catterick naît à Darlington, dans le nord-est de l'Angleterre. Sa famille s'installe ensuite dans la région de Stockport, où son père, également prénommé Harry, mène une longue carrière de joueur puis d'éducateur. Le jeune Catterick évolue d'abord dans des équipes locales. À quinze ans, il se distingue comme buteur avec Brinksway, puis joue pour Cheadle Heath Nomads, club amateur de la région.

Everton le recrute le 24 avril 1937 en provenance de Cheadle Heath Nomads. Âgé de dix-sept ans, il signe comme professionnel à temps partiel tout en poursuivant un apprentissage dans la construction de moteurs marins. À Everton, il côtoie notamment Dixie Dean à la fin de la carrière de celui-ci, mais la concurrence en attaque et surtout l'interruption du football de championnat par la Seconde Guerre mondiale retardent fortement son implantation dans l'équipe première.

Pendant la guerre, Catterick participe aux compétitions régionales qui remplacent les épreuves ordinaires. Everton Encyclopedia lui attribue 73 apparitions et 56 buts sous le maillot d'Everton dans ces rencontres, qui ne sont pas intégrées aux statistiques officielles de carrière. Il joue également ponctuellement pour des clubs de la région, notamment Stockport, dans le cadre du système de joueurs invités caractéristique du football de guerre.

Catterick doit attendre 1946, à l'âge de vingt-six ans, pour débuter dans le championnat avec Everton. Sans devenir constamment le premier choix au poste d'avant-centre, il conserve un rendement régulier dans une équipe qui traverse plusieurs saisons difficiles. Son passage comprend notamment un triplé lors d'une victoire 5-1 à Fulham en octobre 1950. Les statistiques d'Everton recensent 69 matchs et 23 buts toutes compétitions officielles, dont 59 rencontres et 19 buts en championnat et dix matchs et quatre buts en Coupe d'Angleterre.

Everton est relégué en deuxième division à l'issue de la saison 1950-1951. Après seulement quelques apparitions supplémentaires, Catterick quitte Goodison Park en décembre 1951 pour rejoindre Crewe Alexandra comme joueur-entraîneur, première étape de sa seconde carrière.

Carrière d'entraîneur

Crewe Alexandra et Rochdale À Crewe, Catterick cumule d'abord les fonctions de joueur et d'entraîneur. Son mandat dure jusqu'en 1953. Il prend ensuite la direction de Rochdale, alors installé dans les divisions inférieures de la Football League. Son travail est moins marqué par les trophées que par la stabilisation des deux clubs et par la construction de ses méthodes de management.

À Rochdale, il fait notamment entrer dans son encadrement Joe Fagan, futur entraîneur de Liverpool. Catterick reste cinq saisons au club avant de recevoir, en 1958, l'occasion de travailler à un niveau nettement supérieur. La base Soccerbase lui attribue 75 matchs dirigés avec Crewe et 238 avec Rochdale, avec respectivement 31 et 88 victoires.

Sheffield Wednesday Catterick devient entraîneur de Sheffield Wednesday en août 1958. Il obtient un succès immédiat : le club remporte la deuxième division dès sa première saison et retrouve l'élite. Pour sa première campagne après la promotion, Wednesday termine cinquième du championnat.

La progression se poursuit en 1960-1961. Sheffield Wednesday termine vice-champion d'Angleterre, derrière le Tottenham Hotspur de Bill Nicholson, qui réalise cette saison-là le doublé championnat-Coupe. Ces résultats installent Catterick parmi les entraîneurs les plus réputés du pays. Soccerbase lui attribue 138 rencontres à la tête de Wednesday, dont 77 victoires.

Everton

Prise de fonction et titre de 1963 En avril 1961, le propriétaire et président d'Everton John Moores se sépare de Johnny Carey malgré une cinquième place en cours d'acquisition, alors le meilleur classement du club depuis la guerre. Catterick est nommé quelques jours plus tard. Il hérite ainsi d'un groupe déjà compétitif comprenant notamment Brian Labone, Roy Vernon et Alex Young et entreprend de le rendre plus régulier et plus solide défensivement.

Dès sa première saison complète, Everton passe de la cinquième à la quatrième place et encaisse quinze buts de moins qu'en 1960-1961. Catterick recrute notamment le jeune gardien Gordon West et le milieu Dennis Stevens. À l'été 1962, l'arrivée de l'ailier Johnny Morrissey, acheté à Liverpool pour 10 000 livres, complète une équipe dont la majeure partie était déjà en place.

La saison 1962-1963 est fortement perturbée par un hiver exceptionnellement froid qui provoque de nombreux reports. Everton reste néanmoins au contact de Tottenham et de Leicester. Au printemps, Catterick renforce encore son groupe avec Tony Kay, qu'il avait déjà dirigé à Sheffield Wednesday, et l'ailier écossais Alex Scott. Une victoire 1-0 contre Tottenham à Goodison Park en avril place Everton en position favorable, puis un triplé de Roy Vernon contre Fulham lors de la dernière journée assure le titre de champion d'Angleterre.

Ce championnat met fin à vingt-quatre années sans titre national pour Everton. Le club remporte quelques mois plus tard le Charity Shield 1963 en battant Manchester United 4-0 à Goodison Park.

La saison suivante débute par une élimination contre l'Inter Milan au premier tour de la Coupe des clubs champions européens. Everton revient cependant dans la course au titre après le recrutement de Fred Pickering pour 85 000 livres, alors un record pour un transfert entre clubs britanniques. L'équipe termine finalement troisième après avoir été déstabilisée par le scandale des paris qui entraîne la suspension de Tony Kay.

Coupe d'Angleterre 1966 et reconstruction Les saisons suivantes sont moins linéaires et les relations de Catterick avec une partie des supporters deviennent plus tendues. En janvier 1966, après une défaite à Blackpool, des supporters se rassemblent autour de l'autocar de l'équipe. Catterick est bousculé et tombe. Les récits ultérieurs divergent sur la gravité de l'incident : la presse de l'époque parle d'une agression, tandis que Brian Labone soutient plus tard que l'entraîneur a surtout glissé dans la confusion.

Sur le terrain, la saison 1965-1966 se transforme pourtant grâce à la Coupe d'Angleterre. Everton atteint sa première finale depuis 1933 et affronte Sheffield Wednesday à Wembley. Menée 2-0, l'équipe de Catterick renverse la rencontre et s'impose 3-2, offrant au club sa troisième FA Cup. Catterick considère ensuite ce succès face à son ancien club comme l'un des sommets de sa carrière.

Le manager entreprend alors une nouvelle reconstruction. Le jeune Joe Royle s'installe en attaque et l'international anglais Alan Ball, champion du monde en 1966, est recruté pour 110 000 livres, un record britannique. L'année suivante, Howard Kendall arrive de Preston North End pour 80 000 livres. Avec Colin Harvey, issu de la formation d'Everton, Ball et Kendall composent progressivement la Sainte Trinité, cœur technique de la nouvelle équipe.

Everton retrouve la finale de la Coupe d'Angleterre en 1968. Le club s'incline 1-0 après prolongation contre West Bromwich Albion. Catterick choisit ensuite de conserver l'essentiel de son effectif. Everton termine troisième du championnat en 1968-1969 après avoir développé un jeu offensif qui contribue à la réputation de cette génération.

Champion d'Angleterre en 1970 La continuité porte ses fruits en 1969-1970. Everton remporte 29 de ses 42 matchs de championnat, ne s'incline qu'à cinq reprises et décroche le septième titre national de son histoire. Le milieu Ball-Harvey-Kendall donne à l'équipe sa maîtrise technique, tandis que plusieurs titulaires, dont Brian Labone, Joe Royle et d'autres joueurs issus de la formation du club, permettent à Catterick de combiner recrutements coûteux et promotion interne.

Cette équipe est rétrospectivement l'une des plus associées à la tradition de la « School of Science » d'Everton. Catterick défend alors une conception du football où le résultat doit rester compatible avec la qualité technique et le spectacle, dans une période du football anglais où l'intensité physique et les approches plus destructrices occupent une place croissante. Everton ajoute le Charity Shield 1970 à son palmarès en battant Chelsea 2-1.

Déclin et départ L'équipe championne ne parvient pas à prolonger sa domination. En 1970-1971, Everton atteint les quarts de finale de la Coupe des clubs champions européens, où il est éliminé par le Panathinaïkós selon la règle des buts marqués à l'extérieur, puis perd trois jours plus tard une demi-finale de Coupe d'Angleterre contre Liverpool. En championnat, le club chute à la quatorzième place.

La saison suivante est marquée par les graves blessures de Brian Labone et de Tommy Wright, puis par la vente d'Alan Ball à Arsenal en décembre 1971 pour un nouveau montant record britannique. Catterick souhaite alors reconstruire encore son effectif, mais plusieurs recrutements produisent moins d'effet que ceux de la décennie précédente.

En janvier 1972, il est victime d'un infarctus alors qu'il revient en voiture d'une mission d'observation à Sheffield. Il reprend ses fonctions environ dix semaines plus tard mais affirme par la suite qu'il lui faut beaucoup plus longtemps pour retrouver pleinement ses capacités. Everton termine quinzième en 1971-1972 puis dix-septième en 1972-1973.

Catterick quitte finalement la responsabilité de l'équipe première en avril 1973 et reçoit une fonction exécutive au club. Son passage à la tête d'Everton couvre douze saisons. Les compilations statistiques divergent légèrement sur le nombre exact de rencontres retenues : Everton Results recense 592 matchs compétitifs, avec 275 victoires, 156 nuls et 161 défaites, tandis que Soccerbase en compte 597, avec 278 victoires, 157 nuls et 162 défaites.

Preston North End et dernières fonctions Après deux années hors du banc, Catterick devient entraîneur de Preston North End en août 1975. Il y dirige notamment de jeunes joueurs qui connaîtront ensuite des carrières importantes, parmi lesquels Mark Lawrenson, Michael Robinson et Tony Morley. Soccerbase lui attribue 98 rencontres, 40 victoires, 24 nuls et 34 défaites entre août 1975 et mai 1977.

Après son départ de Preston en 1977, il pose sans succès sa candidature au poste de sélectionneur de l'Angleterre devenu vacant après le départ de Don Revie. Il revient ensuite travailler ponctuellement pour Everton dans le recrutement et l'observation de joueurs.

Méthodes de management et relations avec les médias