vignette|De gauche à droite : Ker-Xavier Roussel, Édouard Vuillard, Romain Coolus et Félix Vallotton vers 1897-1899., à Villeneuve-sur-Yonne photographié par Alfred NatansonVuillard: a national touring exhibition from the South Bank Centre, : "From left to right: Ker Xavier Roussel, Edouard Vuillard, Romain Coolus and Felix Vallotton at Villeneuve-sur-Yonne Photograph by Alfred Natanson".. Jean Édouard Vuillard né le à Cuiseaux (Saône-et-Loire) et mort à La Baule (Loire-Atlantique) le est un peintre, dessinateur, graveur et illustrateur français.
Membre fondateur du mouvement nabi, il s'illustre dans la peinture de figure, de portrait, d'intérieur, de nature morte, de scène intimiste, de composition murale et de décor de théâtre.
Biographie vignette|redresse|Autoportrait (1889), Washington, National Gallery of Art. Édouard Vuillard est le fils de Joseph François Henri Vuillard et de son épouse, née Alexandrine Justinienne Marie Michaud. À sa naissance, son père était percepteur des contributions directesSource : Raymond Oursel, Le pays de Cuiseaux, revue « Images de Saône-et-Loire » (juin 1971), . et sa mère sans emploiArchives départementales de Saône-et-Loire, actes de naissance de Cuiseaux, 1868, enregistré sous le numéro 52, consultable en ligne .. Ses grands-parents étaient originaires du Haut-Jura du côté paternel, du Haut-Jura et de Paris du côté maternel..
Vuillard est élevé à Paris dans une famille modeste. Il fréquente le lycée Condorcet, où il rencontre Maurice Denis, Pierre Hermant, Ker-Xavier Roussel, Paul Sérusier et Pierre Veber. En 1885, il quitte le lycée et rejoint Ker-Xavier Roussel, son ami le plus proche, au studio du peintre Diogène Maillart. Ils y reçoivent les rudiments de l'enseignement artistique. Vuillard commence alors à fréquenter le musée du Louvre et se décide à suivre une carrière artistique, cassant ainsi avec la tradition familiale qui le destinait à l'armée.
Au mois de , il entre à l'Académie Julian, où il a pour professeur Tony Robert-Fleury. En , à sa troisième tentative, il est admis à l'École des beaux-arts de Paris. L'année suivante, pendant six semaines, il a pour professeur Jean-Léon Gérôme. Pendant ses études, Vuillard s'intéresse aux natures mortes réalistes et aux intérieurs domestiques. Les artistes allemands du l'intéressent particulièrement.
Plus tard, Vuillard peint aussi de grands panneaux décoratifs représentant des paysages.
Son père meurt lorsqu'il a vingt ans et sa mère vit d'un peu de couture. Son frère aîné Alexandre entre dans la carrière militaire et quitte tôt le foyer familial. Édouard Vuillard est sous l'influence des femmes de sa famille : sa mère, sa grand-mère et sa sœur aînée, qui épousera plus tard son meilleur ami, le peintre Ker-Xavier Roussel. Édouard Vuillard restera très proche de sa mère jusqu'au décès de celle-ci survenu le en son domicile du 6 place Vintimille Archives de Paris , acte de décès , année 1928 (vue 2/5).alors que le peintre avait soixante ans.
En 1889, Maurice Denis le convainc de se joindre à un petit groupe dissident de l'Académie Julian, qui réalise des œuvres empreintes de symbolisme et de spiritualité, et qui s'autoproclame « confrérie des nabis ». Paul Sérusier développe dans le groupe nabi un amour de la méthode synthétiste, qui repose sur la mémoire et l'imagination plus que sur l'observation directe. Vuillard, d'abord réticent à l'idée que le peintre ne cherche pas à reproduire de façon réaliste ce qu'il voit, finit, vers 1890, par s'essayer à ses premières œuvres synthétistes. André Waroquy, que Vuillard représente dans son autoportrait, fréquente de loin le groupeAutoportrait avec Waroquy, Édouard Vuillard, 1889 — Metropolitan Museum of Art.
Jos Hessel est son marchand exclusif et son mécène ; son épouse, Lucy, est son modèle favori, mais aussi sa maîtresse pendant de nombreuses années ; il la représente dans L'Allée en 1907Notice du musée d'Orsay (en ligne).. Dans l'entre-deux-guerres, le peintre séjourne souvent chez eux au château des Clayes (Yvelines). Le château et son parc lui furent une source d'inspiration pour de nombreuses œuvres. (Sous-bois au printemps au château des Clayes, Le Parc du château des Clayes, etc.). Une place de la commune porte depuis son nom.
Pierre Bonnard en 1910 ébaucha son portrait de profil qui était conservé dans une collection Mellon en 1966, ainsi qu'un autoportrait de 1891Reproduit dans le catalogue de l'exposition French Paintings 1966, Washington National Gallery of Art, 1966, et 169)..
Vuillard a représenté de nombreuses scènes d'intérieur, notamment avec sa mère jusqu'à la mort de cette dernière en 1928 Claude Roger-Marx, « Vuillard peintre de la vieillesse », L'Amour de l'art, vol.VI, 1945, .. La douce atmosphère de ces scènes de la vie quotidienne, dont il fait un sujet de prédilection, le qualifie comme artiste « intimiste ». Il a cependant contesté trouver le plus d'inspiration dans ces « lieux familiersAlyse Gaultier, L'ABCdaire de Vuillard, Paris, Flammarion, 2003, . ». (Antoine Salomon)..
Il est élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1938. Début , il tombe malade.
Ses amis Lucy et Jos Hessel, qui avaient décidé de quitter la capitale devant l'avancée des troupes allemandes, ne veulent pas le laisser seul à Paris et le transportent à La Baule où il meurt quelques semaines plus tard au Castel Marie-Louise. Il est inhumé à Paris, au cimetière des Batignolles ().
Décorateur vignette|Deux ouvrières dans l'atelier de couture (1893), Édimbourg, Galerie nationale d'Écosse.
Œuvres et projets décoratifs Tout en peignant des peintures de format intimiste, Vuillard a créé de nombreux ensembles décoratifs de commande pour orner les appartements, les hôtels particuliers et les villas, surtout pour ses patrons-amis, les , créateurs de La Revue blanche. Cette création s’inscrit dans l’esprit nabi, basé sur l’esthétique d'Albert Aurier ou le mouvement de Arts & Crafts, qui a pour but d'abolir les frontières entre les arts majeurs et mineurs et de faire pénétrer l’art dans le cadre de la vie quotidienne.
Paravent Desmarais, Les Couturières (1893) ; Châtaigniers : carton pour un vitrail Tiffany (1894-1895), détrempe sur carton marouflé sur toile, , musée d'Art de Dallas ; Paravent de Stéphane Natanson. Figures dans un intérieur (1898) ; Assiettes décorées (1895), diamètre .
Panneaux décoratifs Dans ses souvenirs, Jan Verkade, artiste nabi et futur moine-peintre, témoigne de l'enthousiasme partagé par des jeunes artistes vers le début de 1890 pour la peinture murale ou le panneau décoratif : Intéressés plus par l'intégration de la peinture dans l'architecture que par le tableau de chevalet isolé, Vuillard et d'autres artistes nabis pratiquent de nombreuses décorations intérieures, dont le panneau décoratif.
Quelques panneaux décoratifs vignette|redresse|Le Corsage rayé (1895), huile sur toile (), Washington, National Gallery of Art. vignette|Intérieur. Madame Vuillard et Grand-Mère Roussel à L'Étang-la-Ville (1900-1901), huile sur carton (), musée d'Art de Dallas. Jardins publics (1894), détrempe sur toileMusée d'Orsay : Édouard Vuillard, Jardins publics..
Alexandre Natanson a commandé à Vuillard en 1893 cette suite de panneaux pour orner la salle à manger ou le salon de son hôtel particulier, situé au 60, avenue du Bois (actuel 74, avenue Foch) à Paris. Paris, musée d'Orsay : Fillettes jouant (Voir la notice dans le site du Musée d'Orsay.) ; L'Interrogatoire () ; Les Nourrices () ; La Conversation () ; L'Ombrelle rouge (). Houston, Museum of Fine Arts : La Promenade (). Bruxelles, musées royaux des Beaux-Arts : Les Deux Écoliers (Musées royaux des beaux-arts, Bruxelles.). Cleveland, Cleveland Museum of Art : Sous les arbres (The Cleveland Museum of Art.). Collection Marlene et Spencer Hays : Les Premiers Pas (). Ce panneau a été présenté au musée d'Orsay à l'occasion d'une exposition consacrée à la collection du couple américain du au .
Washington, National Gallery of Art : Le Corsage rayé (National Gallery of Art, Washington); New York, Museum of Modern Art : La Tapisserie (The Museum of Modern Art.). Annenberg Collection : L'Album (). localisation inconnue : Cinq panneaux pour Thadée Natanson, dits également L’Album (1895), huile sur toile. Vuillard a composé ces cinq panneaux pour le frère d'Alexandre Natanson, Thadée dont Misia Natanson Godebski était alors l'épouse. L'ensemble des panneaux a été exposé lors du premier Salon de l'Art nouveau chez Siegfried Bing, en 1895 et dispersé à Paris à l'hôtel Drouot, à la vente de la collection de Thadée Natanson en 1908. La Table de toilette (); Le Pot de grès ();
Personnages dans un intérieur, dit Panneaux Vaquez (1896), peinture à la colle sur toile. Un amateur parisien, le docteur Louis Henri Vaquez, a commandé ces panneaux à Vuillard pour décorer la bibliothèque de son appartement, situé au 27, rue du Général-Foy à ParisMusée du Petit Palais (Paris).. Paris, Petit Palais : L'Intimité () ; La Musique () ; Le Choix des livres () ; Le Travail ().
Le Jardin du Relais à Villeneuve-sur-Yonne (1898), peinture à la colle. Destinés à l'écrivain Claude Anet, pseudonyme de Jean Schopfer, ces deux panneaux présentent la scène de la maison de campagne de Thadée et Misia Natanson, , à Villeneuve-sur-Yonne, où le couple se plaisait à recevoir ses amis. localisation inconnue : Devant la maison ()Gloria Lynn Groom, Edouard Vuillard: Painter-decorator : Patrons and Projects, 1892-1912, .. Dans le jardin ().
vignette|redresse|La Pâtisserie, lithographie de la série Paysages et Intérieurs (1899), Bonn, .
Le graveur Face à l'essor de la photographie, la fonction de la gravure devait être repensée. Elle allait au-delà de son rôle d'origine de reproduction d'œuvres d'art, tout en sollicitant la créativité et l'originalité de l'artiste qui la faisait. Puis la révolution de la technique de la lithographie en couleurs a facilité le développement de cet art graphique.
Vuillard a commencé à pratiquer la lithographie en noir à partir de 1893. Il a dessiné plusieurs illustrations pour des livres et des programmes théâtraux. En 1899, une belle suite des lithographies en couleurs, qui s'intitule Paysage et intérieurs, est publiée par un célèbre marchand d'art, Ambroise Vollard. Vuillard a aussi créé plusieurs eaux-fortes vers la fin de sa vie.
Quelques œuvres lithographiques Les programmes lithographiés pour le théâtre de l'ŒuvreVoir la section Activité théâtrale.. vignette|Paysages et intérieurs : À travers champs (1899), lithographie couleur, , Paris, Bibliothèque nationale de France. Paysages et intérieurs (album Vollard), suite de 12 lithographies en couleur, parue en 1899 chez Ambroise Vollard. Henry-Jean Laroche, Cuisine, illustré de 6 lithographies en noir d'Édouard Vuillard, Paris, Art et Métier Graphiques, 1935. Paris, 1937, ouvrage collectif, 62 lithographies par 62 artistes, dont Francis Carco, Faubourg Montmartre, lithographies d'Édouard Vuillard et André Dignimont, 500 exemplaires numérotés, Imprimerie Daragnès pour la ville de Paris, Exposition universelle de 1937.
Autres œuvres Collections publiques
vignette|Jeune femme au lit (1894), huile sur toile, , New York, Brooklyn Museum.
vignette|redresse|L'Intérieur vert (1891), huile sur toile, , New York, Metropolitan Museum of Art. vignette|redresse|Portrait de Toulouse-Lautrec à Villeneuve-sur-Yonne, chez les Natanson, Albi, musée Toulouse-Lautrec. vignette|L'Usine de guerre à Oullins, effet de soir.
États-Unis Boston, musée des Beaux-Arts PFA. : Roses dans un vase de verre (1919), huile sur toile (). Dallas, musée d'Art de Dallas : Châtaigniers (carton pour un vitrail Tiffany) (1894-1895), détrempe sur carton marouflé sur toile (.) ; Intérieur. Madame Vuillard et Grand-Mère Roussel à L'Étang-la-Ville (1900-1901), huile sur carton (.). New York : Brooklyn Museum : Jeune femme au lit. Metropolitan Museum of Art :