Jaume Plensa est un sculpteur et graveur contemporain espagnol de renommée internationale né en 1955 à Barcelone en Espagne BBC - Press Office - Breathing press pack: Jaume Plensa.
Biographie thumb|L'âme de l'Èbre, sculpture monumentale de Jaume Plensa à Saragosse. Jaume Plensa est né le à Barcelone. Il y a fait ses études d'art à l'école de la Llotja, puis travaillé à la fondation Henry Moore et à l'atelier Calder à Saché.
Après une formation classique, travaillant le bronze, la fonte et le fer forgé, il incorpore dans ses travaux différents objets, dont des objets de récupération, avant de revenir par la suite à une technique bien plus classique.
Il abandonne ensuite la figuration pour travailler uniquement sur les formes et les volumes, et introduit des matériaux ou dispositifs technologiques, principalement afin d'ajouter de la lumière ou des oppositions entre la transparence et l'opacité.
Enfin, conservant cet acquis et ce savoir-faire, il abandonne l'abstraction et revient vers la figuration qu'il réintroduit peu à peu pour faire naître des jeux de sens avec les dispositifs lumineux qu'il a choisis.
Œuvre du sculpteur et du statuaire
À l'international En 1982, il a construit un livre de verre. Un livre transparent pour éviter de perdre ce qu'on vient de lire en tournant la page. En superposant les pages transparentes, il est possible de les lire simultanément.
Durant l'année 2000, Plensa s'était intéressé à l'origine des facultés humaines. Il avait réussi à créer un lien entre les parties du corps et les forces de l'esprit en s'inspirant des théories phrénologiques du . Il s'est plongé dans les travaux de l'anatomiste autrichien Franz Joseph Gall qui affirment que les différents sens et dispositions seraient en relation avec différentes parties du cerveau. Il a créé un corps-monde qui ressemble à une grande carte dans laquelle le corps s'étend sur les continents : Amérique et Océanie pour les pieds, Asie et Afrique pour la tête. Plensa y a appliqué son système de correspondances personnel : la générosité est liée au cœur, les sens de la conservation et de la reproduction dans les yeux, les sens de la découverte, de l'émotion et de l'abstraction dans le bras droit, les sens de transformations, de constatation, de la communauté dans la jambe gauche, le sens de la défense dans la bouche, le sens de l'ego dans la tête. Plensa imagine un homme idéal : jamais agressif, il se contente de se défendre en utilisant les mots car c'est un homme de paroles, sans frustration, il sait associer puissance et charisme soit un humain qui baigne dans un univers éthique. Il a créé un homme pour qui les mots sont sa matière, son guide et sur son corps est gravé l'univers.
En 2003, dans l'espace plongé dans la pénombre, 41 cymbales de bronze étaient accrochées au plafond avec des cordes rouges sur lesquelles sont gravées les vers de Blake issus de The marriage of Heaven and Hell. Les 78 vers étant de différentes longueurs, la taille et le poids des instruments est différente créant des tonalités variables. Des bassines de cuivre sont situées sous chaque cymbale. Des gouttes d'eau tombent du plafond à un rythme régulier.
thumb|upright|La Crown Fountain à Chicago Inaugurée en , la Crown Fountain du Millennium Park à Chicago est l'une des œuvres les plus célèbres de Jaume Plensa. L'eau et le granit se mêlent aux clichés numériques de d'habitants locaux qui apparaissent sur un écran Led dans une tour en verre de de haut. Il a reçu pour cette sculpture le prix Bombay Sahppire à Londres.
Jaume Plensa s'est représenté dans un Autoportrait de 2005 assis sur un tertre funéraire avec entre ses bras son arbre de vie calé entre ses genoux repliés et retenus par ses bras. Cette sculpture en aluminium est parsemée de lettres formant des mots précis. C'est comme s'il avait tatoué sur sa peau tous les auteurs qui avaient comptés pour lui : Blake, Canetti, Baudelaire, Dante, Goethe, Vicent Andrès Estellés ou William Carlos Williams. L'artiste a voulu suggérer que tout ce qui nous arrive nous marque physiquement. Les sculptures nous parlent d'elles-mêmes, les mots qu'elles portent sont écrits avec une encre invisible. Pour Doris Van Drathen, critique d'art, « dans la vision du monde de Plensa, sous ce premier texte inscrit sur nous par nos expériences et notre vécu, se trouve un second texte qui comme une structure cellulaire constitue notre être. Il y a un texte avant le tatouage et déchiffrer ce texte, c'est travailler à fonder son moi. Car il est plus facile de s'inventer que de se découvrir ». Comme un tatouage, tout ce que nous vivons s'imprime sur notre peau. Selon lui, les livres nous transforment intellectuellement et physiquement : ce que nous lisons devient une peau de mots, traverse nos flux, fabrique notre identité et change notre compréhension du monde. Pour Doris Van Drathen, « il crée un lien avec d'anciennes traditions : comme ce texte dans l'Apocalypse, qui présente le livre de vie comme le centre du paradis et l'assimile ce faisant à l'arbre de vie, un arbre dont les feuilles, comme les lettres du livre forment une totalité des êtres vivants. Une caractéristique de son approche tient au fait qu'il ne se contente pas de lire les auteurs qu'il a choisis, mais les entend comme des voix vivantes qui l'accompagnent. Pour percevoir ces voix, on a besoin d'un vide dans lequel puissent naître des idées, un dialogue, on a besoin d'un intervalle qui corresponde à une autre tension. »
Dans Three Graces (2005), Plensa a choisi d'inscrire sur leurs corps des passages des lettres adressées par Oscar Wilde au rédacteur en chef du Daily Chronicle en 1897 et 1898 pour révéler et dénoncer les conditions de détention des prisonniers anglais. Pour Doris Van Drathen, « les sculptures de Plensa révèlent, elles, les angoisses qui sont écrites sur la peau du cœur de la plupart des hommes mais dont un petit nombre seulement est conscient – le poids des frontières que nous imposons à nous-mêmes, un poids qui va de pair avec la douleur que font naître en nous les limites de l'existence humaine. Voilà pourquoi l'encre invisible a son sens ».
Avec Song of songs en 2005, il fixe les lettres sur des fils accrochés au plafond en plaçant ces derniers les uns à la suite des autres remplissant l'espace d'un interlude musical lié au cliquetis des lignes de lettres verticales. Ces colonnes de textes deviennent des êtres vivants qui projettent leurs ombres sur les visiteurs. Cette pluie de mots immerge le visiteur et rend incompréhensible le sens du message transposant le visiteur dans un espace séparant le non-dit et l'indicible.
Avec Scales en 2005, il utilise des plateaux de balance pour mieux faire comprendre l'expression peser ses mots. Des lettres sont réellement disposées dans chaque plateau de chaque balance. Il utilise les couples de concepts opposés ou avec des associations libres : Soul-Land, Desire-Dream, Silence-Heart. Un jeu s'établit entre le poids physique et le poids logique : le mot Darkness est plus léger que le mot Light, le mot Fire est plus lourd que le mot Water, le mot Earth est plus léger que le mot Air. En effet, plus la quantité de lettres découpées dans les plateaux de la balance est grande, plus les mots sont légers. Le monde de Plensa s'ouvre bien au-delà des lots en transgressant les lois de la gravité. Pour Doris Van Drathen, « au moment où il s'échappe à l'ordre, il le confirme – il confirme ce monde dont on dit qu'il vient des 10 Sephiroth, des nombres et des 22 lettres de l'alphabet qui ont été « dessinés, taillés, combinés, pesés, interchangés »selon un plan précis.
Pour les Jeux Olympiques de Turin en 2006, dans la région de Sestrière, il a collaboré avec l'architecte Norman Foster pour l'exposition The Snow Show en réalisant une œuvre de 27 mètres de diamètre intitulée Where are you ? Des inscriptions topographiques ont été creusées dans la glace et étaient constamment éclairées la nuit. Glace, neige et calligraphie sont les composants de cette poésie visuelle en suggérant la temporalité éphémère du texte.
Une autre de ses œuvres, Blake in Gateshead, est un faisceau laser qui, lors d'occasions spéciales brille haut dans le ciel nocturne de Gateshead au-dessus du . À l'été 2007, il a participé à l'exposition d'art urbain de Chicago, .
Cette même année, en 2007, il commence un projet dans lequel il travaille en étroite collaboration avec un groupe d'ex-mineurs à la création d'une nouvelle œuvre sur le site historique d'une ancienne mine de charbon près de Saint Helens (Merseyside), dans le cadre du projet Big Art, initié par Channel 4. Dévoilé au printemps 2009, se compose d'une structure allongée d'un poids de 500 tonnes, sculptée sous la forme de la tête et du cou d'une jeune femme méditant les yeux fermés. La structure est recouverte de dolomite d'Espagne blanche, contrastant avec le charbon habituellement extrait.
Le , la sculpture de Jaume Plensa est dédiée par le Secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, Ban Ki-moon, à la mémoire des journalistes tués en mission. La sculpture d'acier et de verre se trouve au sommet de la nouvelle aile de la Broadcasting House à Londres. À 22 heures chaque soir, un faisceau de lumière est projeté à partir de la sculpture s'étendant sur 1 kilomètre dans le ciel pendant 30 minutes pour coïncider avec le programme Breathing - a new sculpture for Broadcasting House.
Toujours en 2008, L'Âme de l'Èbre est créée pour l'Exposition internationale de Saragosse, dont le thème était « Eau et développement durable ». La sculpture mesure onze mètres de haut. Les lettres sculptées représentent les cellules du corps humain composé de plus de soixante pour cent d'eau. Ses lettres blanches et la structure creuse invitent à l'introspection et à la réflexion sur la relation entre les êtres humains et l'eau. L'œuvre est désormais la propriété de la ville d'Antibes. Son installation a été inaugurée le par Frédéric Mitterrand.
En 2010, Jaume Plensa poursuit sa création d’œuvres monumentales avec Awilda, exposée à l'université de Salzbourg, Nomade et World Voices sculpture hydraulique et musicale de 196 cymbales, exposée dans le hall du Burj Khalifa à Dubaï. En 2011, Jaume Plensa inaugure Echo en place au Madison Square Park à New York.
Sa sculpture Tempesta, composée de lettres, est intégrée dans le patio du Centre d'Art Hortensia Herrero, à Valence, où elle accueille le visiteur.
En France vignette|droite|Inscription sur l'escalier monumental d'Auch. En 1992, il réalise, en mémoire des victimes des inondations de 1977 en Gascogne, une œuvre en deux parties : L'Observatoire du temps, gigantesque plaque de fonte déposée sur le deuxième palier de l'escalier monumental de la ville d'Auch sur laquelle est gravé le récit biblique du Déluge. Surgissant du centre du texte, un puissant rayon lumineux scrute le ciel, comme pour en prévenir les caprices. L'Abri impossible, installé en regard sur l'autre rive. Ce sont quatre colonnes de fonte dressées comme les piles d'un pont serrées au point d'emprisonner les hommes dans le flot gonflé de la rivière. Il réside à l'Atelier Calder à Saché de mars à août 1996.
En 2007, Jaume Plensa inaugure sur la place emblématique de Nice, la place Masséna, le long du parcours du nouveau tramway un groupe de sculptures intitulé Conversation à Nice. Il s'agit de sept personnages translucides assis ou accroupis à la manière des scribes de l'antiquité (et assimilés souvent à tort à des bouddhas) disposés sur des perches métalliques d'une dizaine de mètres de hauteur, et réalisés en résine blanche opaque qui s'illuminent la nuit et prennent alternativement, progressivement et de façon aléatoire les couleurs les unes des autres. En effet, les statues symbolisent les sept communautés des sept continents et les variations de la lumière cinétique leurs échanges réciproques, porteurs de richesse et de beauté.