En japonais ; « Hiroo » doit se prononcer Hiro'o, en répétant le « o », ce n'est pas une voyelle longue. est un photographe japonais, né le et mort le .

Il est connu pour ses portraits en noir et blanc de gens pris à Asakusa (Tōkyō), un projet qu'il a poursuivi pendant plus de trente ans.

Premières années Kikai est né dans le village de Daigo (aujourd'hui absorbé par Sagae, préfecture de Yamagata) le , étant le septième et dernier enfant (et cinquième fils) de la familleLieu de naissance, famille : Kōtarō Iizawa, « Kikai Hiroo », dans Japanīzu Fotogurafāzu: 14nin no shashinka-tachi no ‘ima’ / Photographes japonais (Tōkyō : Hakusuisha, 2005), . Date de naissance : Shōmeidō Gallery, « Domon-Ken-shō jushō kinen Kikai Hiroo shashinten ‘Persona’ ».. Il a eu une enfance heureuse ; vers 11 ans, il aimait à jouer seul dans la campagne entourant le villageNoriyuki Kanda, « Gendai no shōzō: Shashinka Kikai Hiroo: Jinsei no fuhen o toru to iu otoko », Aera, 25 avril 2005, p. 61.. Sorti du lycée en 1963, il a travaillé à Yamagata un an, puis est allé à l'Université Hōsei à Tōkyō pour étudier la philosophie. Il était passionné de cinéma — il appréciait particulièrement les films de Andrzej Wajda, qui écrira plus tard la préface de certains de ses livres, et de Satyajit Ray — et il a dit qu'il aurait travaillé à la réalisation de film si cela ne demandait pas d'écrire, chose qui ne lui a jamais plu, et d'avoir de l'argent, qu'il n'avait pasGoût de film : Iizawa, p. 132. Film comme carrière : Kanda, .. vignette|redresse|Hiroh Kikai au Musée de la Photographie de Tōkyō (Tōkyō-to Shashin Bijutsukan), le 12 août 2011. Juste après son diplôme en 1968, Kikai travailla comme chauffeur routierL'édition en petit format de Persona (premier tirage, 2005, n.p.) et Labyrinthos (premier tirage, 2007, n.p.) disent 1978, évidemment une coquille qui s'est transmise d'un livre à l'autre. Plusieurs sources apparemment sérieuses disent que Kikai a été diplômé en 1969 : India (n.p.), Ya-chimata (n.p.), etc. In-between 8 indique 1968. Kikai lui-même confirme 1968 (conversation, 3 mars 2006).. Un an plus tard, il travailla dans un chantier naval tout en restant en contact avec son professeur de philosophie à l'université, . Ce dernier avait de vastes centres d'intérêt, jusqu'à écrire une chronique pour le magazine Camera Mainichi; il présenta Kikai au rédacteur en chef Shōji Yamagishi, qui lui montra des photographies de Diane Arbus qui l'ont fortement marquéIizawa, ; Kanda, p. 62.. Kikai a commencé à prendre des photos lui-même en 1969. À cette époque-là, un reflex Hasselblad coûtait yen, alors que le salaire mensuel normal d'un diplômé d'université était d'environ yen ; Kikai en trouva un soldé à et en parla à Fukuda, qui lui a immédiatement prêté l'argent, sans intérêts ni délai fixé (le prêt a été remboursé par la suite). Il s'agit du Hasselblad 500CM avec objectif de 80 mm que Kikai a employé pour tous ses portraits depuisAchat et utilisation du Hasselblad : « Watashi kyō kinō ashita 24: Kikai Hiroo san », Croissant , 10 juillet 2004, ..

Carrière photographique Kikai pensait qu'un travail en mer serait photogénique mais, faute d'expérience, il ne parvenait pas à se faire engager. Il finit par trouver un travail sur un thonier ; pour prouver qu'il ne forcerait pas le navire à se détourner, il s'était fait faire une appendicectomie, sans motif médical, et avait montré la cicatriceKanda, .. Il a navigué dans le Pacifique du au , avec une escale pour ravitaillement à Manzanillo (Mexique). C'est à cette période qu'il a publié ses premières photographies, dans le numéro de de Camera MainichiIizawa, ; Kikai, « Seamen’s Registered Number: Misaki 16000 », Camera Mainichi, Mai 1973, . Mais Kikai décida que pour être photographe il avait besoin de savoir travailler en laboratoire, et il prit un poste chez Doi Technical Photo à Tōkyō (1973–6)Iizawa, .. En 1973, il gagna un prix à la de l'Association japonaise des photographes de publicité (Japan Advertising Photographers' Association)Sumiyo Mitsuhashi, « Kikai Hiroo », Nihon shashinka jiten / 328 Outstanding Japanese Photographers (Kyōto: Tankōsha, 2000), .. Il est devenu photographe indépendant en 1984, l'année de sa deuxième exposition solo, un an après la premièreL'exposition Nagi s'est tenue en 1983 à la Konica Photo Gallery, Tōkyō ; l'exposition Indo Kikō s'est tenue en 1984 au Doi Photo Plaza. Mitsuhashi, « Kikai Hiroo »..

Kikai habitait près d'Asakusa (Tōkyō) et y allait souvent pendant ses journées libres, pour prendre des photographies des gens de passage. Il y vint plus fréquemment en 1985. Trois recueils de portraits ont été publiés à partir de ces visites.

Ses autres projets photographiques à long terme concernent les quartiers résidentiels de Tōkyō et sa banlieue proche, et des photographies de personnes et de scènes en Inde et en Turquie, toujours en noir et blanc. Cependant, certaines de ses digressions occasionnelles contiennent des photographies en couleur des îles Goto, et même des nusÎles de Gotō : « Nihon o arukō (19): Kikai Hiroo to aruku (Nagasaki): Gotō rettō », Nihon Foto Kontesuto, juillet 2006, . Nus : « On clear day », Asahi Camera, juillet 2005, ..

Kikai n'a jamais fait partie d'un quelconque groupe ou cercle, préférant travailler tout seul, ce qui est rare parmi les photographes japonaisKanda, .. Quand il ne sort pas exprès pour prendre des photographies, Kikai ne porte pas d'appareil. Il laisse les photos de famille à sa femme Noriko, et c'est elle qui utilise l'appareil photo quand ils partent en voyage ensembleKanda, ..

Au début de sa carrière, Kikai dut souvent trouver des palliatifs pour gagner sa vie : il travailla parfois en usine, en 1980 chez Isuzu et en 1982 chez SubaruEcce Homo, n.p..

Kikai enseigna pendant quelque temps à , mais il a été déçu par l'absence d'effort soutenu de la part des étudiants et a donc arrêtéNom de l'université : Shōmeidō Gallery (qui indique qu'il a commencé là en 1994). Mécontentement : « Watashi », ..

Kikai a fait des expositions solo à Tōkyō et ailleurs au Japon, ainsi qu'à Cracovie et à San Francisco ; ses tirages sont conservés par le et par le Centre international de la photographie (Center for Creative Photography) de l'université d'Arizona, à TucsonShōmeidō Gallery..

Portraits d'Asakusa vignette|gauche|Hiroh Kikai (g.) entre des portraits d'Asakusa au musée de la photographie de Tōkyō (Tōkyō-to Shashin Bijutsukan), le 12 août 2011

Dès 1973, Kikai avait commencé à prendre une série de portraits carrés en noir et blanc dans le quartier d'Asakusa. Il a laissé cette série de côté jusqu'à ce qu'il s'aperçoive en 1985 que les murs rouges unis du Sensō-ji feraient un arrière-plan idéal. À partir de cette année-là, il s'est fixé de nouvelles contraintes pour la plupart de ses portraits d'Asakusa : le sujet se tient seul, droit devant l'appareil (initialement un Minolta Autocord bi-objectifs, plus tard le Hasselblad), regarde directement le photographe et est cadré jusqu'aux genouxArrière-plan et contraintes : Iizawa, pp. 134-5. Autocord et Hasselblad : Iizawa, .. Kikai attend parfois au temple pendant quatre ou cinq heures, dans l'espoir de voir quelqu'un qu'il voudrait photographier, et passe parfois trois ou quatre jours sans prendre une seule photo ; mais il prend parfois jusqu'à trois personnes différentes en une seule journée, et il a photographié au total plus de six cents personnes de cette façonTemps d'attente, nombre total : « Watashi », . Jours sans photos, trois personnes en une journée : « Watakushi no naka no Persona », Tokyojin, novembre 2003, .. Il pense qu'avoir un arrière-plan uni et une confrontation directe avec le sujet permet au spectateur de voir le sujet dans sa globalité, comme une personne sur laquelle le temps s'inscrit, sans aucun facteur limitant ou détournant l'attention« Watashi », ; « Watakushi no naka », ..

Bien que Kikai ait commencé à photographier à Asakusa simplement parce qu'il vivait à proximité, il a continué à cause de la nature de l'endroit lui-même et de ses visiteurs. Asakusa, qui fut autrefois un quartier bouillonnant et à la mode, a perdu ce statut depuis bien longtemps. Kikai dit que si le quartier était aussi populaire et animé qu'il l'était avant la guerre, alors il irait ailleurs« Watakushi no naka », ..

Ōtachi no shōzō / Ecce Homo a été le premier recueil de portraits d'Asakusa, publiée en 1987. C'est un livre de grand format avec des portraits pris à Asakusa en 1985–6. Kikai a gagné le prix de Bienvenue 1988 de la Société photographique du Japon (PSJ) pour ce livre, et le troisième prix Ina Nobuo pour l'exposition correspondantePrix de la PSJ : PSJ, « Kako no jushōsha ichiran » (過去の受賞者一覧, Liste de lauréats passés) (consulté le 6 mars 2006); PSJ, « 2004-nen Nihon Shashin Kyōkai-shō jushōsha » (2004年日本写真協会賞受賞者, Lauréats 2004 de la PSJ) (consulté le 6 mars 2006). Prix Ina Nobuo: annonce du Ina Nobuo, 1988 (第13回(1988年)伊奈信男賞 鬼海弘雄写真展『王たちの肖像(浅草寺境内)』, Prix Ina Nobuo , Hiroh Kikai, Ecce Homo), Nikon (consulté le 5 mars 2006.) Voir aussi Ina Nobuo shō 20-nen: Nikon Saron ni miru gendai shashin no nenpu (伊奈信男賞20年:ニコンサロンにみる現代写真の年譜) / Ina Nobuo Award ’76–’95, Nikon Salon Books 23 (Tokyo: Nikon, 1996), avec quelques pages dédiées aux œuvres de chacun des gagnants du prix Ina Nobuo (Kikai est aux ), et qui donne également la liste des expositions dans les Salons Nikon de Ginza et Shinjuku. .

En 1995, un certain nombre de portraits de la série ont été exposés avec les œuvres de onze autres photographes à Shashin toshi Tōkyō (« Tōkyō, ville de la photo »), l'une des expositions d'ouverture du musée métropolitain de la photographie de Tōkyō Catalogue de l'exposition Shashin toshi Tōkyō (« Tōkyō, ville de la photo »)..

Le recueil Ya-Chimata, publié un an après, contient un plus grand nombre de portraits, avec une impression de moindre qualité et des pages plus petites.

Persona (2003) est un autre recueil de portraits pris à Asakusa. Quelques-uns font partie des premiers travaux de Kikai, mais la plupart sont postérieurs à tout ce qu'il a publié auparavant. Plusieurs sujets apparaissent deux fois ou plus, de sorte que le lecteur voit le temps passer sur eux. Le format du livre () est étonnamment grand pour un livre de photographies publié au Japon, et les planches ont été imprimées en quadrichromieKanda, « Gendai no shōzō », .. Le livre a remporté le Prix Domon Ken et le Prix Annuel de la PSJ en 2004Prix Domon Ken : « Domon Ken-shō no rekishi to zen-jushō-shashinka ». Prix de la PSJ : PSJ, « 2004-nen Nihon Shashin Kyōkai-shō jushōsha ».. Une édition en plus petit format avec des photographies supplémentaires a suivi deux ans plus tard.

Asakusa Portraits (2008) est un grand recueil édité par le Centre international de la photographie de New York, publié conjointement avec l'exposition « Heavy Light » de l'ICP, consacrée à l'art et la photographie japonaise contemporaine. Les travaux de Kikai exposés à cette occasion ont reçu des critiques favorablesCritiques favorables des photographies de Kikai dans « Heavy Light » : Roberta Smith, « Japanese Culture, in Vivid Color », New York Times, 13 juin 2008 (consulté le 17 septembre 2008, nécessite de s'enregistrer gratuitement); Heesun Wee, « », Newyorkology, 22 août 2008 (consulté le 17 septembre 2008); « Goings On About Town », New Yorker, 30 juin 2008 (consulté le 17 septembre 2008)., et Asakusa Portraits a été loué pour la qualité des photographies ainsi que (de la part de Paul Smith) pour la mode vestimentaire des personnes photographiéesPhotographie: Jörg M. Colberg, « », Conscientious, 10 septembre 2008; mode vestimentaire : Paul Smith, « Kikai Style », vogue.co.uk, 10 septembre 2008 (consultés tous deux le 17 juillet 2009)..

Portraits d'espaces