Leonard James Callaghan, dit James Callaghan et parfois surnommé Jim, Baron Callaghan de Cardiff, né le à Portsmouth (Hampshire) et mort le à Ringmer (Sussex de l'Est), est un homme d'État britannique, membre du Parti travailliste et Premier ministre du Royaume-Uni de 1976 à 1979.

Entré au Parti travailliste en 1931, il s'impliqua fortement dans les Trade unions jusqu'à son entrée comme secrétaire parlementaire dans le gouvernement de Clement Attlee en . Devenu l'une des principales figures du Parti travailliste à la suite du retrait de Clement Attlee en 1955, il devint l'un des principaux collaborateurs d'Harold Wilson au sein du parti. À la suite de la victoire de son parti lors des élections générales de 1964, il fut nommé chancelier de l'Échiquier par Harold Wilson. À ce poste, il fait voter un impôt sur les plus-values en 1965 pour tenter de résorber le déficit budgétaire qui ne cessait de se creuser depuis la fin des années 1940.. Il occupe les principaux ministères régaliens en étant également secrétaire d'État à l'Intérieur de à puis secrétaire d'État des Affaires étrangères et du Commonwealth après le retour du Parti travailliste au pouvoir en février 1974.

L'annonce du départ surprise d'Harold Wilson en entraîna une consultation interne au Parti travailliste. Remportant le scrutin, il fut nommé Premier ministre par Élisabeth II après le départ effectif de Wilson, devenant la personne la plus âgée à accéder à ce poste depuis Winston Churchill en . Son mandat fut marqué par les conséquences économiques liées à la récession consécutive à la guerre du Kippour. L'économie britannique, déjà fragile, connut une inflation chronique durant la décennie 1970. Le premier choc pétrolier et la grève des mineurs de 1974 eurent également des conséquences non négligeables. En , le Royaume-Uni fut contraint de contracter un emprunt assez lourd auprès du Fonds monétaire international, au prix de concessions importantes. Callaghan fut contraint de mettre en œuvre une politique de rigueur, impopulaire auprès de la population, fortement affectée depuis plusieurs années. De plus, le Parti travailliste perdit la majorité absolue à la Chambre des communes en , conduisant Callaghan à négocier un accord avec David Steel et le Parti libéral. Le fragile accord prit fin en , peu avant le début de . L'échec du gouvernement à prendre en compte le résultat du référendum de dévolution en Écosse conduisit au vote d'une motion de censure, déposée par la cheffe de l'opposition officielle et du Parti conservateur Margaret Thatcher. Ayant perdu la confiance de la Chambre des communes, il convoqua des élections générales qui furent remportées par le Parti conservateur. James Challagan fut ensuite chef de l'opposition officielle jusqu'en , puis doyen de la Chambre de à , avant de rejoindre la Chambre des lords. Il est, encore aujourd'hui, le Premier ministre du Royaume-Uni ayant vécu le plus longtemps, devant Harold Macmillan.

Situation personnelle Leonard James Callaghan est né le à Portsmouth. Il est le fils cadet de James Callaghan (1877-1921), catholique irlandais dont la famille a émigré lors de la Grande famine, et de Charlotte Callaghan (née Cundy) (1879-1861) d'origine juive. Ils se sont convertis au baptisme pour pouvoir se marier. Son père servit dans la Royal Navy, notamment à bord du pendant la Première Guerre mondiale, atteignant le grade de premier maître. Il meurt alors qu'il n'a que neuf ans des suites d'une crise cardiaque.. Sa mère ne bénéficiant pas de pensions de la part de l'État après la mort de son père, la famille Callaghan vécut dans la difficulté financière malgré les aides accordées par le gouvernement de Ramsay MacDonald, à raison de dix shillings par semaine. Durant ses jeunes années, il se fait appeler par son prénom Leonard, décidant à partir de 1945 de se faire appeler par son deuxième prénom, soit James ou le diminutif Jim.

En 1929, il abandonne son parcours scolaire pour entrer dans la fonction publique, devenant fonctionnaire aux impôts. La même année, il rencontre sa future épouse Audrey à Maidstone. Il démissionne de la fonction publique en 1937 pour devenir dirigeant syndical à plein temps.. Élevé selon les principes du baptisme, il s'éloigna de la religion lorsqu'il intégra les Trade unions. En 1942, il s'engage dans la Royal Naval Reserve. Durant sa formation comme officier, une tuberculose est diagnostiquée, contraignant James à s'occuper de tâches administratives à l'arrière. Ce n'est qu'en 1944 qu'il fut envoyé au front au sein de la flotte d'Orient sur le porte-avion d'escorte et fut promu au grade de lieutenant en . En 1945, il servit sur le cuirassé jusqu'au 8 mai 1945, après quoi il rentra en Europe. Entre-temps, il avait été sélectionné pour concourir aux élections générales de juillet dans une circonscription de Cardiff.

Parcours politique Premiers pas à la Chambre des communes (1945-1951) thumb|left|150px|James Callaghan photographié dans son bureau en 1947. Il entre à la Chambre des communes comme député de l'une des circonscriptions de Cardiff à la suite du raz-de-marée du Parti travailliste lors des élections générales de 1945 à 33 ans en battant Arthur Evans, son adversaire du Parti conservateur.. Il avait principalement campagne sur une démobilisation rapide des troupes et sur de vastes plans de logements sociaux.

En , il fut l'un des 22 députés travaillistes à voter contre l'octroi du prêt américain qui avait été négocié par John Maynard Keynes et le diplomate américain . En 1947, il devient secrétaire parlementaire pour le gouvernement de Clement Attlee. La même année, il signe avec 20 autres députés un texte appelant à une alternative aux politiques menées par les États-Unis et l'Union soviétique.

Dans l'opposition et au gouvernement (1951-1976) Figure montante du parti (1951-1964) Après l'échec du Parti travailliste lors des élections générales de 1951, il occupe divers postes au sein du cabinet fantôme, mais se spécialisa particulièrement sur les questions concernant les colonies. Apprécié de ses collèges députés, il se rapproche de l'aile droite du parti, au grand dam de certaines figures de l'aile gauche. Pourtant, Callaghan s'opposait au désarmement unilatéral prôné par celle-ci, notamment par Michael Foot ou Tony Benn qui avaient participé à la création de la campagne pour le désarmement nucléaire.. En 1960, il se présenta à la consultation interne pour désigner le chef adjoint du parti, forçant George Brown a un second tour. Lorsque Hugh Gaitskell décéda subitement en , il décida de concourir à la consultation interne pour élire le nouveau chef du Parti travailliste, mais il perdit face à Harold Wilson. Celui-ci le nomma chancelier de l'Échiquier après la victoire électorale du parti lors des élections générales de 1964.

Chancelier de l'Échiquier (1964-1967) thumb|right|250px|James Callaghan en compagnie des ministres des Finances de la Communauté économique européenne lors d'un sommet à La Haye, le . Lorsque Callaghan arriva au 11 Downing Street, la situation de l'économie britannique était très fragile.. Harold Wilson avait refusé de procéder à une dévaluation de la livre sterling pour ne pas être discrédité d'entrée de jeu, mais cette décision ne fut pas sans conséquences. Son prédécesseur Reginald Maudling avait mené une politique expansionniste, celle-ci favorisant dans un premier temps un boom économique. Cependant, la hausse des dépenses et la baisse des recettes publiques ont conduit à une forte hausse des importations, au détriment des exportations, la balance des paiements atteignant un déficit de 800 millions de livres (soit l'équivalent de 16 milliards de livres de 2019). Malgré la baisse du déficit, ramené à 67 millions en 1966, la balance des paiements négative conduisit à une crise monétaire continue de la livre sterling pendant trois ans. Pourtant, le gouvernement était très volontariste. Un ministère aux affaires économiques fut créé en 1965 et présenta un plan quinquennal fixant à 5 % le taux de croissance annuel pour restaurer l'économie britannique, mais également : Des gains de productivité de 3,4 % par an Une hausse des investissements de 5,5 % par an Une hausse des exportations de 5,25 % par an.

Une politique de l'offre pour favoriser les exportations fut également mise en place. Cependant, le plan fut abandonné dès l'été 1966 et le ministère aux affaires économiques supprimé dès l'année suivante. En , le gouvernement présenta un plan pour restructurer l'industrie britannique. Un fut créé à cet effet. Des taxes aux importations et sur la main-d'œuvre furent mises en œuvre à l'encontre des entreprises de services pour tenter de favoriser l'industrie. La concentration industrielle favorisa les regroupements et les fusions d'entreprises, dont le total atteignit 900 en 1970, parmi lesquelles British Leyland, General Electric ou International Computers Limited. En 1967, la sidérurgie fut renationalisée et le gouvernement obtient de pouvoir prendre des participations sans en référer à la Chambre des communes. Néanmoins, la planification ne donna pas les effets escomptés. De plus, à partir de l'été 1966, la livre fut de nouveau attaquée après qu'une vague de grèves n'ait affaibli la fragile reprise.

Le , James Callaghan présenta un plan de rigueur prévoyant plusieurs mesures, dont la hausse du taux de crédit ou le blocage des prix et des salaires, accompagné de la négociation d'un prêt de 1 milliard de dollars. Le plan, assoupli au printemps 1967, ne donna guère de résultats. À l'automne, le cours de la livre connut à nouveau des difficultés. La guerre des Six Jours, qui avait conduit à la rapide victoire d'Israël face aux forces arabes, ne fut pas sans conséquences pour l'industrie pétrolière et l'économie. Le cours du pétrole augmenta fortement, ce qui entraîna à nouveau un important déficit de la balance des paiements. C'est lui qui eut à procéder, à contrecœur, à la dévaluation de la livre sterling de 14,3 % de sa valeur en , ramenant sa parité de 2,8 à 2,4 dollars. Dans le même temps, le taux d'escompte passait à 8 %, l'offre de crédit était réduite tandis que les prélèvements obligatoires étaient encore augmentés. Un nouveau prêt de 1,4 milliard de dollars fut souscrit auprès du Fonds monétaire international. Il avait pourtant mis sa démission en jeu, ce qu'Harold Wilson refusa, dans un premier temps. Il devint secrétaire à l'Intérieur lors d'un remaniement du gouvernement, en partie grâce à la persévérance de son épouse Audrey qui le dissuada de quitter la politique..

Secrétaire à l'Intérieur (1967-1970) En , c'est lui qui décide de l'envoi de troupes en Ulster, alors que le conflit nord-irlandais s'embrase. Tout en étant membre du gouvernement, il n'hésita pas à s'opposer à Harold Wilson lorsqu'il le jugeait nécessaire. Il apporta notamment son soutien au livre blanc de la secrétaire d'État à l'Emploi Barbara Castle qui aurait modifié le statut des syndicats. C'est sous son autorité que le bureau de l'Intérieur (Home Office) abaissa la majorité civile de 21 à 18 ans. Il s'oppose à la libéralisation des drogues en .

Retour dans l'opposition (1970-1974) Lorsque le Parti travailliste retourna dans l'opposition, il fut tenté de présenter sa candidature pour prendre la tête du Fonds monétaire international, mais il finit par intégrer le cabinet fantôme.

Secrétaire aux Affaires étrangères (1974-1976) Lors du retour des travaillistes au pouvoir, il est nommé secrétaire d'État des Affaires étrangères et du Commonwealth. À ce titre, il fut chargé de négocier le maintien du Royaume-Uni au sein de la communauté européenne. L'objectif principal est de prolonger la période de transition pour harmoniser les règles au sein du marché commun, notamment pour le sucre des Antilles et le commerce avec le Commonwealth. Il défendit le lors du référendum de 1975. Il fait partie des 14 membres du cabinet à approuver la tenue du référendum.

Premier ministre du Royaume-Uni (1976-1979)