La rue Taitbout est une rue du de Paris.

Situation et accès

Située dans les quartiers de la Chaussée d'Antin et de Saint-Georges, elle commence au 22, boulevard des Italiens et se termine au 19, rue d'Aumale.

Origine du nom Cette rue porte le nom de Jean-Baptiste Taitbout « père », greffier du bureau de la ville de Paris en 1698, dont le fils et le petit-fils, Julien Taitbout, l'étaient encore en 1775Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817. Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments..

Historique Elle a été ouverte le , entre le boulevard des Italiens et la rue de Provence, et nommée à cette date, « rue Taitbout ». La place Adrien-Oudin occupe aujourd'hui la première partie de cette rue.

L'exécution de ces lettres patentes rencontra une assez vive résistance de la part des trésoriers de France, en ce qui concernait le coude à former au milieu de la nouvelle rue. Ces lettres furent néanmoins enregistrées au parlement le , et la rue Taitbout fut tracée et ouverte le de la même année, conformément aux dispositions arrêtées par le roi.

Mais les trésoriers de France obligèrent M. Bouret de Vezelay à former une autre branche de rue qui, partant du coude de la rue Taitbout, devait aboutir au rempart. M. Bouret de Vezelay se soumit à cette condition, mais n'étant point propriétaire de tous les terrains que devait traverser le percement, il ne put établir qu'une impasse qui prit le nom d'« impasse Taitbout » et qui, plus tard, au moyen de son prolongement jusqu'au boulevard des Italiens, devint la rue du Helder.

Ainsi, cette rue a été ouverte en trois fois : la partie, ouverte entre 1773 et 1775 entre le boulevard des Italiens et la rue de Provence sous le nom de « rue Taitbout » ; la partie, ouverte, en 1781, entre la rue de Provence et la rue Chantereine sous le nom de « rue de La Houssaye » ; la partie, ouverte, entre 1777 et 1781, entre la rue Chantereine et la rue Saint-Lazare sous le nom de « rue des Trois-Frères ».

En 1853, la rue de La Houssaye et la rue des Trois-Frères fusionnent avec la rue Taitbout.

En 1854, la rue Taitbout est prolongée jusqu'à la rue d'Aumale en absorbant l'impasse Taitbout.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

2 : célèbre Café Tortoni, qui ferma ses portes en 1893. 6 : à cet endroit, Pierre-Philippe Thomire tient son commerce de meubles, bronzes et dorures. Le , il achète la maison Lignereux au 41. 10 : ici, ont vécu et sont morts la compositrice et pianiste Louise Farrenc (1804-1875) et son époux, musicologue et flutiste Aristide Farrenc (1794-1865). 13 : ici est né l'acteur et auteur-compositeur-interprète Saint-Granier (1890-1976). 23 : ancienne banque aménagée dans les années 1930. Rénové en 2016, le site accueille de nos jours le club Haussmann, une boîte de nuitSite officiel du Club Haussmann.. 24 : premiers locaux de la maison de mode Callot Sœurs jusqu'en 1914. Pendant la Première Guerre mondiale, le même immeuble accueille un Foyer musulman destiné aux soldats nord-africains qui peuvent y célébrer leurs fêtes religieusesEmmanuelle Cronier in Michaël Bourlet, Yann Lagadec et Erwan Le Gall, Petites patries dans la grande guerre, Presses universitaires de Rennes, 2019, p. 237 « Paris, au foyer Musulman, 24 rue Taitbout, la fête de Aïd El Kébir. Le groupe des invités », juillet 1918.. 28 : ici se trouvait la maison de couture Laferrière, célèbre dans les années 1880-1890.. 41 : ici se trouvait en 1804 la maison Thomire-Duterme et , successeurs de , marchands de meubles, ébénisterie, bronzes et dorures. 50 : galerie de Berthe Weill. 59 (en 1804 7, rue des Trois-Frères) : ici se trouvait la maison du peintre miniaturiste Jean-Baptiste Isabey et de son épouse Justine Laurisse de Salienne. 62 : galerie de meubles de Justin Lécoules, créée en 1905 et reprise par son fils Pierre jusqu'en 1992, réputée pour son mobilier du XIX siècle et ses objets d'arts.. , au croisement avec la rue Saint-Lazare : poste construite par l'architecte Paul Bessine vers 1935.. 80 : le square d'Orléans. 89 : siège de Wendel.

Citations dans la littérature Au , la rue Taitbout est l'une des rues où les riches financiers logent leurs courtisanes. Balzac la cite dans Splendeurs et misères des courtisanes (ainsi que dans la nouvelle Une double famille) : Frédéric de Nucingen y a installé la jeune courtisane Esther Gobseck. C'est là qu'elle reçoit en cachette Lucien de Rubempré :

Dans la saga de Georges Duhamel, Les Pasquier, le riche Joseph Pasquier habite rue Taitbout.

Dans Nana, le neuvième roman de la série des Rougont-Macquart, Émile Zola fait de la rue Taitbout le cadre dramatique dans lequel le comte Muffat guette les preuves d'adultère de son épouse, bouleversé et ivre de jalousie après les révélations brutales de Nana : « Alors, mon petit, reprit-elle, je ne sais pas ce que tu fiches chez moi... Tu m'assommes depuis deux heures... Va donc retrouver ta femme, qui fait ça avec Fauchery. Oui, tout juste, rue Taitbout, au coin de la rue de Provence... Je te donne l'adresse, tu vois ».

Notes et références

Pour approfondir Bibliographie

Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments.

Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817.

Articles connexes Liste des voies du de Paris

Liens externes

Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris

Catégorie:Rue dans le 9e arrondissement de Paris Catégorie:Chaussée d'Antin Catégorie:Voie de Paris se référant à un nom d'homme