vignette|Chasseurs dans la neige, de Pieter Bruegel. Historiquement, la chasse était souvent pratiquée en groupes qui voyageaient souvent loin de leurs villes à la recherche de proies. alt=Une femme debout tient une fourche et surveille la surface d'une étendue d'eau.|vignette|Une chasseuse de grenouilles séminole.
La chasse est la traque d'animaux dans le but de les capturer ou de les abattre, Émile Littré, Dictionnaire de la langue française (1872-1877), article en ligne.Définition sur le dictionnaire Le Robert.. Tandis que la chasse est soumise à une règlementation, la pratique de la chasse en dehors de son cadre légal est appelée braconnage. La « cynégétique » est l'art de la chasse.
vignette|Chasseurs de cerfs en Écosse
Le « chasseur » est défini par le codex Alimentarius comme une personne qui participe à l'abattage du gibier et/ou à la saignée, à l'éviscération partielle et à l'habillage partiel sur le terrain des animaux abattusCodex alimentarius ..
Histoire Préhistoire
vignette|250px|Scène de chasse à l'arc dans l'art levantin espagnol (Néolithique). vignette|250px|Joachim von Sandrart, Novembre, huile sur toile, 1643.
La pratique de la chasse par les premiers représentants du genre Homo fait encore débat au sein de la communauté scientifique Binford, L.R. (1981) - Bones : ancient men modern myths, New York, Academic Press. Brain, C.K. (1981) - The Hunters or the hunted ? An introduction to African cave taphonomy, Chicago, University of Chicago Press, 365 p.. Selon certains archéologues et paléontologues, l'analyse des traces d'outils et des ossements fossiles montre que nos ancêtres ont également consommé des cadavres d'animaux morts naturellementShipman, P. (1986) - « Scavenging or hunting in early hominids : theoretical framework and tests », American Anthropologist, 88, .Joulian, F. (1993) - « Chasse, "charognage" et hominisation », Préhistoire Anthropologie Méditerranéennes, 1993, .Brugal, J-P. et Jaubert, J. (1991) - « Les gisements paléontologiques pléistocènes à indices de fréquentation humaine : un nouveau type de comportement de prédation ? », Paléo, , . ou des animaux blessés ou malades qu'ils achevaient plus facilement. Avec des armes de chasse médiocres (massue, épieu en bois) et a fortiori avant leur usage, il est possible qu'ils aient pratiqué la chasse à l'épuisement aux gros mammifères (antilopes, zèbre, gnou), courant à une vitesse moyenne de 2,5 – /s pendant des heures et sur 10 à . L'homme est en effet un coureur de fond doté d'une grande endurance grâce à deux caractéristiques fondamentales : capacité à courir sur de longues distances à des vitesses exigeant des quadrupèdes qu'ils passent du trot au galop ; capacité, pendant la course, d'abaisser sa température en transpirant, alors que les quadrupèdes le font en haletant, ce qui leur est impossible quand ils galopent..
La chasse est clairement attestée dans les gisements archéologiques liés à l'homme de NéandertalJaubert, J., Kervazo, B., Brugal, J.-Ph., Chalard, P., Falguères, Ch., Jarry, M., Jeannet, M., Lemorini, C., Louchart, A., Maksud, F., Mourre, V., Quinif, Y. et Thiébaut, C. (2005) - « Coudoulous I (Tour-de-Faure, Lot), site du Pléistocène moyen en Quercy. Bilan pluridisciplinaire », in: Données récentes sur les modalités de peuplement et sur le cadre chronostratigraphique, géologique et paléogéographique des industries du Paléolithique inférieur et moyen en Europe, Molines, N., Moncel, M.-H. et Monnier, J.-L., (Éds.), BAR 1364, Actes du Colloque International de Rennes, 22-25 septembre 2003, .Jaubert, J., Lorblanchet, M., Laville, H., Slott-Moller, R., Turq, A. et Brugal, J.-Ph. (1990) - Les chasseurs d'Aurochs de La Borde - un site du Paléolithique moyen (Livernon, Lot), Paris, MSH, Documents d'Archéologie française , 157 p.Farizy, C., David, F. et Jaubert, J. (1994) - Hommes et bisons du Paléolithique moyen à Mauran (Haute-Garonne), Paris, CNRS, supplément à Gallia Préhistoire, 267 p.. À Coudoulous et à La Borde, les Néandertaliens ont utilisé des avens comme pièges naturels pour abattre de nombreux grands bovidés (bisons et aurochs). Elle est également probable pour des périodes antérieures Isaac, G.L. (1968) - « Traces of Pleistocene hunters : an East African example », in: Man the hunter, Lee, R.B. et Devore, I., (Éds.), Chicago, Aldine, ..
Le piégeage de petits animaux est une pratique très ancienne. Des populations préhistoriques ont pratiqué une chasse quasiment monospécifique (mammouth, renne) à tel point que certains auteurs ont évoqué une chasse spécialisée. Il semble que les chasseurs-cueilleurs suivaient leur gibier, remontant vers le nord l'été et revenant au sud bénéficier d'un climat plus doux l'hiver. Cette pratique a encouragé un nomadisme que les Inuits et certaines tribus amérindiennes pratiquaient encore il y a peu, mais qui n’existe pratiquement plus, les grands animaux (sauf les oiseaux migrateurs) étant par ailleurs totalement limités dans leurs déplacements par une fragmentation écopaysagère croissante, principalement due au morcellement du paysage par les infrastructures de transports (autoroutes, TGV clôturés, canaux aux berges infranchissables).
Au Paléolithique, durant cette période, de nombreuses avancées sont apparues comme le javelot de bois, l'épieu en if ou encore le propulseur permettant de catapulter des sagaies avec plus de force. Les armes assez variées ont permis de chasser toutes sortes de gibiers.
Au Mésolithique de nouvelles méthodes de chasse font leur apparition, comme la chasse et la pêche au filet, mais aussi de nouvelles armes, comme l'arc, une arme très importante pour l'époque.
Avec l'apparition du mode de vie sédentaire et de l'élevage, l'importance de la chasse en tant que moyen de subsistance diminua pour une grande partie des populations. Déjà dans certaines cultures antiques, la chasse n'était plus considérée que comme un passe-temps. De plus en plus, elle ne fut souvent pratiquée que par une petite partie de la population.
Antiquité vignette|250px|Face d'un sarcophage romain évoquant une chasse aux lions (musée du Louvre). De nombreux écrits sont depuis l’Antiquité consacrés aux techniques cynégétiques et de piégeage. La notion de droit de chasse est évoquée pour la première fois dans le recueil de coutumes des Francs Saliens (riverains de la Sala ou Yssel) écrit sous Clovis (époque mérovingienne) et dénommé ultérieurement « loi salique ». L'évolution de ce concept s'est articulée alternativement à travers des périodes de permissivité et de restriction, voire de prohibition.
Haut Moyen Âge La puissance des rois francs, chefs des principaux clans aristocratiques, se mesure aux richesses qu'ils obtiennent de la guerre et de la chasse. L'abondance de leur table, particulièrement en termes de venaison, suppose l'existence de réserves étendues de gibier noble. Dans l'affrontement avec les clans rivaux, les rois francs s'approprient, pour leur usage exclusif, les saltus qui jusqu'alors étaient parcourus par l'ensemble de l'aristocratie. Le patrimoine forestier royal, en Ardenne ou dans l'ancienne forêt des Silvanectes, est réparti en « forestes », espaces réservés aux chasses que le roi exclut de l’usage commun, et associés à une résidence royale occupée quelques semaines par an, à l'occasion des périples de la Cour itinérante. L'institution des forest se désagrège en France en même temps que la puissance carolingienne ; « forestis » ne désigne plus alors le district de chasse, « mais il prend un sens purement géographique ». Il n'en est de même pour l'Allemagne (Wildbannforst) et pour l'Angleterre (Forest). Le concept des « forestes » est introduit par les Normands en Angleterre au , lors de la Conquête normande de l'Angleterre, en 1066, et à l'apogée de cette pratique à la fin du et au début du , un bon tiers de la superficie du sud de l'Angleterre a été désigné comme forêt royale ; à un moment donné au , tout l'Essex était afforesté () et, à son avènement, Henri II déclara que tout le Huntingdonshire était une H._R._Loyn, Anglo-Saxon England and the Norman Conquest 2nd ed. 1991:378-82.. En Allemagne les forestes, régulées par le Wildbann, sont appelées par la suite Forst, expression qui survit aujourd'hui sans la connotation ancienne.
Moyen Âge et époque moderne Au Moyen Âge, la chasse conserve une importance économique, sociale et symbolique dans de nombreuses sociétés. Ses formes et son statut varient toutefois fortement selon les régions, les milieux sociaux et les traditions politiques. En Europe, elle est notamment associée aux élites aristocratiques, tandis qu'en Asie orientale elle peut également être liée à l'exercice du pouvoir, à la pratique militaire et aux traditions de cour.
Europe En France au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, la chasse est un plaisir de gentilhomme et un privilège seigneurial. Les rois sont grands chasseurs et entretiennent des équipages importants. Être admis aux chasses du roi est un des plus grands honneurs de la Cour. , qui a appris la lecture dans les ouvrages de vénerie, pratiquait quotidiennement toutes les chassesAndrée Corvol, Histoire de la chasse, éditeur Perrin, 2010 et chassa beaucoup en Sologne.
Le seigneur haut-justicier a ce droit dans l'étendue de sa haute-justice, le seigneur local dans sa seigneurie. Les roturiers n'ont pas ce droit sauf s'ils ont acheté un fief, une seigneurie ou une haute-justice (ordonnance sur les eaux et forêts de 1669). Les seigneurs ecclésiastiques, les dames hautes-justicières (pratiquant la chasse au vol), les nobles âgés sont tenus de faire chasser afin de réduire le surplus de gibier nuisible aux cultures (ordonnance de ).
Des espaces sont spécialement aménagés pour l'exercice de la chasse. Les garennes sont des parcs fermés, initialement dévolus à toutes sortes d'animaux, avant que le terme désigne spécialement un espace dévolu à l'élevage et à la chasse au lapin (). Au , les rois puis les aristocrates commencent à gérer leurs forêts avec des objectifs cynégétiques, notamment pour la vénerieJérôme Buridant, "La forêt et la chasse au ", in : Claude d'Anthenaise, Monique Chatenet, Chasses princières dans l'Europe de la Renaissance, Paris, Actes sud, 2007, ..
Les braconniers sont craints surtout à cause de l'éventualité du port d'armes. Les contrevenants sont sévèrement punis. L'édit de 1601 prévoit l'amende et le fouet pour la première infraction, le fouet et le bannissement pour la première récidive, les galères et la confiscation des biens à la seconde récidive, la mort en cas de troisième récidive. L'ordonnance de 1669 écarte la peine de mort. Les garde-chasse n'ont pas le droit au fusil. Les registres des cahiers de doléances montrent cependant que la verbalisation est beaucoup plus importante pour les délits forestiers que pour les délits de braconnage.
En Europe occidentale, la chasse reste au Moyen Âge une activité pratiquée par différentes catégories de la population, mais la chasse au grand gibier tend progressivement à être associée aux élites et à devenir un loisir aristocratique. Elle constitue également une activité économique et une forme d'entraînement aux pratiques militaires et équestres.
Chine En Chine, la chasse occupe également une place importante dans la culture des élites. Sous la dynastie Tang (618-907), la chasse, le tir à l'arc et l'équitation font partie des activités associées aux élites militaires et aristocratiques. La pratique de la chasse est notamment liée aux compétences martiales et à la représentation du statut social.
Cette association entre chasse, pouvoir et pratiques militaires possède des racines plus anciennes dans l'histoire chinoise. Sous les dynasties impériales, la chasse peut également prendre une dimension rituelle et politique, notamment dans le cadre des activités de la cour.
Japon