Le Musée suisse de l'explosif et de la pyrotechnie, également appelé Pyromin est un musée de Suisse situé dans l'ancien fort d'artillerie de Champillon.
Musée Collections Situé à Corbeyrier au-dessus d'Aigle dans l'ancien fort militaire de Champillon, il propose de découvrir les multiples applications de l'explosif, de la poudre noire à la fusée Ariane, en passant par les feux d'artifice. Parmi les collections du musée, sont présentés le travail des artificiers et démineurs, des simulations d'explosion et de tir de canon ainsi que des maquettes de machines à produire la poudre. On y voit aussi Berthold Schwartz, celui qui redécouvrit les secrets de la poudre noire en Occident, travailler dans son atelier.
Histoire du lieu Le fort a été construit entre 1942-1943 pour être remis l'année suivante à l'armée suisse qui l'utilise jusqu'en 1994 et le vend en 2005 à NL Pyrotechnique, société qui commercialise des produits pour feux d'artifice. Le musée est ouvert depuis le .
Fort de Champillon
Le fort de Champillon est un ancien de l'Armée suisse.
Situation vignette|gauche|Le secteur sous la responsabilité des fortifications de St-Maurice. Le fort de Champillon, entre le Lac Léman et Saint-Maurice, couvrait le secteur nord. Le fort est situé dans la colline de Champillon sur la commune de Corbeyrier dans le Chablais vaudois. Cette colline, sur les coteaux des Préalpes vaudoises, domine la rive droite de la vallée du Rhône entre Roche et Aigle.
Cet emplacement a été choisi pour apporter un soutien d'artillerie au secteur nord de l'axe Lac Léman - Grand-Saint-Bernard / Simplon, en particulier aux passages obligés de Chillon, de Saint-Gingolph - Fenalet et de la Porte du Scex, hors de portée des pièces d'artillerie du fort de Dailly dont les tirs atteignaient le sud d'AigleHistorique du fort de Champillon, fortchampillon.ch.
Les deux canons d'artillerie du fort de Chillon (batterie Lac), qui était également l'ouvrage principale de la position de barrage de Chillon avec ses quatre canons antichars, pouvaient tirer sur les positions de barrage de Fenalet (limite droite) et de la Porte du Scex (limite gauche). Les canons de Champillon avaient sous leur feu la position de barrage de Chillon (limite droite) et Fenalet (limite gauche).
La situation change en 1962 avec la mise en service à Dailly de deux canons tourelles de 15 cm qui atteignent Chillon mais pas St-Gingolph.
Histoire du fort d'artillerie vignette|gauche|L'entrée du fort d'artillerie de Champillon A365 Dès 1937, une planification avait débuté en vue de la création d'ouvrages à Champillon et à la Porte-du-Scex, armés de canons de 7,5 cm devant battre un obstacle antichars traversant la vallée du Rhône.
Le 28 août 1939, un décret du Conseil fédéral mobilise partiellement les troupes de couverture de frontière et les troupes forteresses et l’Assemblée fédérale est convoquée pour l’élection d’un général, le 2 septembre la mobilisation générale de l'armée suisse est déclenchée. De mai à novembre 1940, la compagnie de fusiliers de montagne III/18 construit le mur antichars de Saconnex à Corbeyrier.
Selon l'ordre 31 juillet 1940 donné par le commandant de la brigade de montagne 10, le groupement Sépey reçoit notamment la mission de barrer la voie d'accès conduisant aux Agites. Le , le général Guisan demande au Conseil fédéral un crédit de 150 millions de francs pour notamment la construction de 17 ouvrages d'artillerie, dont Roche, qui deviendra Champillon. Le 7 mai 1940, le projet a évolué et le crédit est accordé en deux tranches. Le 27 septembre 1941 un document du chef d'artillerie de brigade de montagne 10 prévoit l'implantation de 4 canons de 7,5 cm de forteresse. Les forts d'artillerie de Chillon, des Follatères, de Champex et de Commeire sont en construction. En novembre 1941, le projet d'armement de Champillon est modifié en prévoyant 2 canons de 10,5 et 2 de . Dans une lettre datée du 16 janvier 1942 le divisionnaire Combe de l’état-major du 1er corps d'armée informe le Brigadier Julius Schwartz, commandant de la brigade de montagne 10, que le programme de construction des forts d'artillerie a été révisé et précisé : un crédit de 4 millions est accordé pour projet à 4 canons de 7,5 cm et 2 de 10,5 cm. Le programme est le suivant : début des travaux le février 1942 (terrain à acquérir), prêt au tir en , défense rapprochée en , construction terminée en avril 1943 et équipement terminé en juillet 1943. Le fort est occupé par une compagnie d'artillerie à la fin de l'année 1943 et la compagnie d'artillerie de forteresse 64 est créée le janvier 1944.
Garnison À la fin de l'année 1943 la batterie d’artillerie de campagne neuchâteloise commandée par le capitaine H. Reichmuth est affectée à Champillon pour être convertie en compagnie d'artillerie de forteresse 64 (Cp art fort 64) au . Elle fait partie du groupe forteresse 4, au côté de la Cp art fort 9 (1942) du fort de Chillon. Le le groupe forteresse 4 intègre la brigade de forteresse 10 nouvellement créée. Le la cp art fort 64 de Champillon devient la compagnie fort I/4 (cp fort I/4), celle de Chillon la cp fort II/4 et la compagnie états-majors fort 4 est créée. Le l'artillerie de Chillon est supprimée et la cp fort II/4 devient la Cp ouv 55. Au , le groupe fort 4 est composé de la compagnie direction feux fort 4 (Cp dir feux fort 4) et de la cp fort I/4 de Champillon. Le le Gr fort 4 et ces deux compagnies, comme le régiment fort 19, est dissout. Les officiers, sous-officiers et soldats sont mis en réserve jusqu'à la fin de leurs obligations militaires ou incorporés au Bataillon de pionnier de forteresse 33.
Garnison du fort d'artillerie de Champillon : une compagnie de forteresse, la cp fort 1/4 (élément de combat Corbeyrier) Section d'artillerie : 1 officier d’artillerie, 3 sous-officier canonnier artilleurs, 1 sous-officier topographe, 16 canonniers artilleurs, 2 soldats topographes et 2 soldats transmissions.
Batterie à l'engagement : Poste de conduite de batterie (PCT bttr) : 1 of art, 1 sof art (sof sécurité), 1 sof topo, 2 sdt topo, 2 sdt tm Positions : 2 sof can art (chef de pièce), 16 can art Munitions (de la section commandement) : 2 sof art et 4 can art Niche radio : 2 sdt trm Artisans (de la sct cdmt) : 1 méc pièces et 1 ap art
Mission Le dernier ordre d'engagement est daté du . La mission de la Compagnie de Champillon était la suivante :
La Cp fort 1/4 feu art + 1 section de fusiliers de la cp I/135 + ouvrage miné de son secteur
assure l'engagement de l'artillerie du fort tient le fort de Champillon barre l'axe Yvorne - Luan dans la profondeur combat avec le feu lance-mines : prio : soutient la défense extérieure prio : combat les héliportages sur les plateaux de Luan - La Praille - Corbeyrier et Vers-Cort prio : est prêt à soutenir le point d'appui Grande Eau
Caractéristiques de l'ouvrage d'artillerie vignette|L'entrée camouflée du fort d'artillerie et un quai de déchargement vignette|L'entrée du fort derrière le camouflage Zone d'entrée principaleLe fort A365, fortchampillon.ch Blockhaus d'entrée (local de garde) : le premier échelon de la défense intérieure est assuré par la porte d'entrée blindée. À environ de l'entrée de l'ouvrage, un blockhaus avec porte blindée, embrasure pour arme personnelle et trou à grenades constituait le deuxième échelon. Prise d'air Bifurcation (place du réservoir) 60 mètres en avant du local de garde : à droite le couloir d'accès à la zone technique et à la zone protégée, à gauche les réservoirs d'eau potable, en face le couloir conduisant à la zone des positions. Zone technique : salle des filtres, salle des machines, atelier, réservoir de carburant 2 réservoirs d'eau Zone protégée Cantonnement 1 Place centrale 1 : locaux de la poste et du distributeur téléphonique. Couloir de gauche : bureaux (central d'ouvrage, poste de commandement (PC), poste de conduite de tir (PCT) du groupe de forteresse 4 et PCT de la batterie de forteresse I/4), chambres des officiers, escalier donnant accès aux réfectoires, mess des sous-officiers et mess des officiers. Couloir de droite : cuisine (1 chef et 3 aides de cuisines), bureau du fourrier, magasin de la protection d'ouvrage, escalier donnant accès à la zone sanitaire (infirmerie, salle d'opération et tisanerie) Cantonnement 2 : dortoirs du rez (1 x 40 places et 1x 20 places) et douche ainsi que dortoir de l'étage (2 x 40 places). Zone des positionsL'ouvrage A 365 Champillon - Son artillerie, fortchampillon.ch Sas anti-souffle (2 portes blindées et mécanisme de verrouillage) à 120 mètres de l'entrée Magasins munitions MM No 1 (charges et fusées d'artillerie, munition des armes d'infanterie (fusil d'assaut, pistolet, tube roquette, lance-mines 8,1 cm 1933, canon antichar, mines antichars et antipersonnel, etc.) ) et No 2 (24'000 obus) 2 casemates de tir équipées chacune d'un sur affût à flasques (+ 2 tubes en réserve), cadence de tir : 8 coups par minute, portée maximale : 18 km. Galerie d'échappement des magasins munitions Niche radio (ancien poste d'observation No 1, A 368 P obs Dailly) Sortie de secours (A366) : accès à la porte blindée par 256 marches
Position de barrage de Corbeyrier La position de barrage de Corbeyrier devait barrer l'axe Aigle – vallée de la Sarine par la vallée du Petit-Hongrin.
Histoire de l'axe Le passage Aigle – Corbeyrier – Luan – Les Agites – l'Hongrin a été utilisé dès le Mésolithique pour se rendre de la vallée du Rhône à celle de la Sarine. En 2000, des silex taillés ont été trouvés au col du Tompey dans la région des Agites. À époque gallo-romaine une route reliait probablement la région de Leysin aux Agites, par les hauts de Luan et le col de Tompey. L'éboulement catastrophique de 1584, qui entraina la destruction de Corbeyrier et Yvorne ainsi que l'évolution naturelle de ces terrains escarpés ont fait disparaître toutes traces de ce passage antique. Selon une légende locale, des bourguignons voulant rejoindre les territoires de la Savoie par le col de Tompey après la défaite de Charles le Téméraire à Morat en 1476, auraient été massacrés et enterrés par les habitants du lieu dans la région de Luan – La Praille, où l'on trouve aujourd'hui le lieu-dit Creux des Bourguignons. Plus tard, pour atteindre les pâturages allant des Agites jusqu'à l'alpage du Grand-Ayerne, le bétail des paysans de Corbeyrier passait par les Ruvines et Naircou (entre La Sarse et Les Nombrieux), passages bien nommés et peu engageant, sujets aux chutes de pierres et aux avalanches. A l'époque bernoise l'accès à la région des Agites par ce chemin permettait l'abattage du bois nécessaire à la mine de sel de Roche, première saline suisse ouverte en 1582. Les troncs étaient alors acheminer en plaine par l'Eau Froide, et dès 1695 grâce à la réserve d'eau du barrage de la Joux-Verte, un des premiers barrages-voûte d'EuropeSentier découverte de la Joux-Verte, Groupement forestier des Agittes..
En 1938, le syndicat de la Route des Agites, qui réunit les propriétaires d'alpages de la région, la commune de Corbeyrier et l’État de Vaud décide de la construction d'une route et du percement du Tunnel de la Sarse (souvent nommé tunnel des Agites) pour éviter le passage périlleux des Ruvines. Les travaux sont achevés en 1940, mais le chemin s'arrête toujours à l'alpage du Grand-Ayerne, ce qui rend les possibilités de liaison avec la vallée du Petit-Hongrin quasiment aussi inexistantes que par le passé en raison d'une importante zone marécageuse. Malgré tout les autorités doivent modifier leur plan pour la défense de la région.