La cohorte de la Légion d'honneur est une ancienne division administrative et territoriale française visant à organiser l'ordre de la Légion d'honneur lors de sa création sur l'ensemble du territoire de la première République française puis du Premier Empire.

Historique vignette|right|180px|Décret du () portant création de la Légion d'honneur.

Devenu Premier Consul, Napoléon Bonaparte entreprend de réorganiser le pays sur des bases nouvelles nées de la Révolution tout en conservant certains fondements de l'Ancien Régime. C'est dans ce contexte que s'inscrit la création d'une récompense, la Légion d'honneur destinée à regrouper l'élite de la Nation : .honneur

La Légion d'honneur créée, il fallut ensuite l'organiser. Le décret du régla l'organisation primitive de la Légion d'honneur : elle fut composée d’un grand conseil d'administration composée de 7 membresBonaparte organisa aussitôt le grand conseil d'administration. Le furent nommés membre du grand conseil de la Légion d'honneur, de droit, les trois Consuls : Napoléon Bonaparte, Cambacérès et Lebrun, le Sénat conservateur désigna le général Kellermann, le Tribunat Lucien Bonaparte, le Conseil d'État Joseph Bonaparte. Le Corps législatif n’étant plus en session, Bernard Germain de Lacépède fut désigné comme septième membre. L’une des premières tâches du grand conseil d’administration fut de nommer, le (), un Grand chancelier (ce fut Lacépède qui resta Grand Chancelier jusqu’à la fin de l’Empire et fut confirmé pendant les Cent-Jours) et un grand-trésorier (Jean François Aimé Dejean, ministre de l'Administration de la Guerre). et divisée, territorialement en quinze (puis seize) cohortes auxquelles étaient affectés des biens nationaux portant francs de rentes. L'arrêté du () compléta l'organisation et l'administration de la Légion d'honneur en découpant le territoire de la France en seize cohortes.

L'Empereur supprima cette expérience dès qu'elle se l'estima inefficace et ruineuse. Il renonça à une idée qui lui était chère au profit d'une utilisation plus pratique des terres domaniales. Cette réforme se fit en trois étapes : le décret du tout d'abord qui ordonna la vente de tous les biens non nécessaires pour constituer un revenu de à la cohorte (le revenu primitif était de francs), puis le décret du autorisa l'aliénation libre des biens des cohortes, enfin le décret du qui supprima l'administration des cohortes et en transféra les biens à la caisse d'amortissement qui les transforma en rentes.

Rôle Le projet reprenait l'optique des anciens ordres hospitaliers, car sur le territoire de chaque cohorte devaient se trouver . L'article 2 de la loi du 29 floréal avait fixé à quinze le nombre des cohortes, mais, la division militaire ayant été immédiatement composée et la réunion des départements du Piémont étant décidée, on dut en former une seizième cohorte, quoique la réunion ne fut légalement prononcée que le ().

Chaque cohorte avait une vie communautaire puisque tous les légionnaires faisant partie des conseils de l'ordre de chacune des quinze cohortes, devaient se réunir deux fois par mois au moins au siège de la cohorte, et tous les légionnaires gradés ou non devaient au moins une fois par an se réunir au siège de la cohorte sous la présidence du chef de cohorte, dans une assemblée où l'on recevait le serment des nouveaux légionnaires et où on entendait l'éloge de ceux qui avait disparu.

La cohorte jouait également un rôle de médiateur entre l'usager et l'administration tout puissante : ainsi, les vieux soldats paysans mais légionnaires, qui subissaient les tracasseries de fonctionnaires médiocres, pouvaient rencontrer en petit comité un prestigieux maréchal d'Empire ou un amiral ayant accès direct auprès du Premier Consul, puis de l'Empereur lui-même. Pierre-Louis Roederer disait d'ailleurs au Corps Législatif dans la discussion sur la Légion d'Honneur le : .

La Légion d'honneur possédait 10 millions de bien-fonds et pouvait donc régir ses vastes domaines selon un mode expérimentalUn exemple pris dans la (La comprenait la région rhénane, son chef-lieu est au château de Bruhl, elle comprend les départements de la Meuse inférieure, des forêts, du Roer, de la Sarre, du Rhin et Moselle et du Mont-Tonnerre) suffira à en comprendre le fonctionnement. L'agent de la cohorte M. Lamotte-Paisant dresse un rapport au chef de la cohorte, le maréchal Soult, et au chancelier, le prince de Salm-Dyck, dans lequel il expose les orientations nécessaires dans l'exploitation des domaines. . Les cohortes se devaient de favoriser l'acclimatation des arbres utiles ou de plantes potagères ou médicinales ; elles devraient également provoquer le dessèchement des marais, boiser les landes, fertiliser les dunes, importer des races étrangères d'animaux de labour ou de bêtes de somme, créer des haras particuliers nécessaires à la remonte de la cavalerie et de l'artillerie.

Le résultat de cette politique agricole fut d'augmenter les revenus des cohortes grâce auxquels on pouvait entretenir les hôpitaux et les fondations destinés aux légionnaires âgés ou malades, tout en créant également une école d'agriculture.

Composition vignette|right|250px|La première République française et son territoire en 1800.

L'organisation est de type militaire : chaque cohorte est dirigée par un général et composée de 7 grands officiers, 20 commandants, 30 officiers et 350 légionnaires. Chacun porte serment et reçoit un traitement prélevé sur les biens de la cohorte : pour un grand officier, pour un commandant, pour un officier, pour un légionnaire.

La cohorte regroupe tous les légionnaires d'une région française composée de 6 à 9 départements, sous la direction d'un conseil de 9 membres comprenant : 1 grand officier président, 2 commandants, 3 officiers, 3 légionnaires.

Les chefs des cohortes étaient tous maréchaux de l'Empire sauf ceux des et qui sont respectivement l'amiral Decrès et l'amiral Bruix.

Les 16 cohortes

Cohorte Chef-lieu Chef de la cohorte Chancelier Trésorier Revenus brutsQuotité du revenu brut des biens affectés à la dotation de chaque cohorte de la cohorte (en francs) Départementscomposant la cohorte Population de la cohorte(en nb d'habitants) Fontainebleau, puis Crosne Louis-Alexandre Berthier Claude François Lefeuvre, commissaire ordonnateur des guerres Martin-Roch-Xavier Estève, trésorier de l'Empereur Aube, Marne, Oise, Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne Abbaye Saint-Vaast, à Arras Adolphe Édouard Casimir Joseph Mortier François-Joseph Lefebvre-Cayet, député au Corps législatif Jacques Louis Nicolas Vaillant, ex-constituant, maire d'Arras Aisne, Ardennes, Jemmapes, Nord, Pas-de-Calais, Somme Abbaye Saint-Pierre de Gand Jean-Baptiste Bessières François Joseph Beyts, procureur général impérial près la cour d'appel de Bruxelles Joseph Sébastien Dellafaille, député au Corps législatif Lys, Escaut, Dyle, Deux-Nèthes, Ourthe, Sambre-et-Meuse Château de Brühl Nicolas Jean-de-Dieu Soult Joseph de Salm-Reifferscheidt-Dyck, député au Corps législatif Louis Maximilien Rigal, député au Corps législatif Meuse-Inférieure, Forêts, Roer, Sarre, Rhin-et-Moselle, Mont-Tonnerre Château de Saverne François Joseph Lefebvre Antoine Augustin Engelmann, conseiller de préfecture du Bas-Rhin Jean François Philibert Rossée, député au Corps législatif Bas-Rhin, Haut-Rhin, Meurthe, Vosges, Moselle, Meuse, Haute-Marne Ancien Palais des États de Bourgogne, à Dijon Louis Nicolas Davout Martin Lejéas-Carpentier, député au Corps législatif Nicolas Edme Viesse de Marmont, père du duc de Raguse Doubs, Jura, Haute-Saône, Nièvre, Côte-d'Or, Saône-et-Loire, Léman, Yonne Archevêché de Vienne (Isère) Michel Ney André Horace François de Barral de Rochechinard, général de brigade Claude Anne Planta., maire de Valence (Drôme) Rhône, Loire, Haute-Loire, Isère, Mont-Blanc, Ain, Puy-de-Dôme, Allier Ancien archevêché d'Aix Jean-Baptiste Bernadotte Joseph Gaspard Emmanuel Mathieu Pézenas, militaire Antoine-Ignace Anthoine négociant, maire de Marseille Basses-Alpes, Hautes-Alpes, Bouches-du-Rhône, Var, Drôme, Vaucluse, Alpes-Maritimes, Golo, Liamone Ancien évêché de Béziers Jean Lannes Marie Henri François Élisabeth de Carrion de Nisas, tribun Jean-Pascal Rouyer, général de brigade Ardèche, Cantal, Gard, Lozère, Hérault, Tarn, Aveyron Hôtel Saint-Jean puis ancien collège de l'Esquile de ToulouseDenis Decrès François Lagrange, ancien président du Corps législatif Guillaume Desazars, premier président de la Cour d'appel de Toulouse Aude, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Basses-Pyrénées, Pyrénées-Orientales, Ariège, Gers Ancien évêché d'Agen Bon Adrien Jeannot de Moncey Jean Chrysostôme Lacuée, premier président de la cour d'appel d'Agen Xavier de Sevin, chevalier de Malte Landes, Gironde, Lot-et-Garonne, Lot, Dordogne, Corrèze Abbaye de Saint-Maixent Joachim Murat Piter Deurbroucq, négociant, député Charles Jean Louis Aymé, officier du génie Deux-Sèvres, Vendée, Vienne, Charente, Charente-Inférieure, Loire-Inférieure Château de Craon et le Couvent des dominicains amiral Bruix Joseph Anne Robert Malherbe, ex-tribun Guy Lorin maire de Rennes Morbihan, Finistère, Côtes-du-Nord, Ille-et-Vilaine, Mayenne, Maine-et-Loire Abbaye du Bec, près de Bernay André Masséna Louis-Jacques Savary, député au Corps législatif Lézurier (l'aîné), président du tribunal de commerce de Rouen Manche, Calvados, Orne, Eure, Seine-Inférieure, Eure-et-Loir Château de Chambord Charles Pierre François Augereau Pierre Jean Alexandre de Tascher de La Pagerie, chevalier de Saint-Louis Henri de Fontenay, député au Corps législatif Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Cher, Indre, Loiret, Sarthe, Creuse, Haute-Vienne Pavillon de chasse de Stupinigi Jean-Baptiste Jourdan , officier général, de l'Académie de Turin Ignace Laugier, maire de Turin Doire, Éridan, Marengo, Sésia, Stura, Tanaro non communiqué

vignette|alt=Chefs-lieux des cohortes de la Légion d'Honneur|center|upright=3|Chefs-lieux des cohortes de la Légion d'honneur.

Annexes Bibliographie

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Légion d'honneur

Liens externes

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