Cet article retrace l'histoire de la Jeunesse sportive de Kabylie depuis sa création. Fondé en 1946. Après avoir commencé son existence en troisième division d'Alger (septième division), le club monte de 3 divisions avant le début de la Guerre d'Algérie en 1954. La fin de ce conflit en 1962 et le retour des compétitions n'interrompt pas l'ascension de la JSK qui arrive en première division en 1969 après son titre en deuxième division. Elle n'est jamais redescendue depuis. Avec 14 titres de champion d'Algérie, elle détient le record de titres obtenus.

Elle est tout aussi performante sur le plan africain avec 7 trophées remportés que sont deux Coupes d'Afrique des clubs champions en 1981 et 1990, une Coupe d'Afrique des vainqueurs de coupe en 1995, trois Coupes de la CAF d'affilée en 2000, 2001 et 2002 et une Supercoupe d'Afrique en 1982.

Durant l'époque coloniale

La première rencontre de football en Kabylie se déroule à Tizi Ouzou, plus précisément à la caserne des tirailleurs située à l'ancien bordj turc, le . C'est la première fois que le nom de l'Olympique de Tizi-Ouzou apparaît dans un hebdomadaire local "Le Petit Kabyle". Cette association sportive qui obtient l'officialisation de ses statuts le au siège de la Mairie de Tizi-Ouzou, devient le premier club de football de toute la Kabylie. Les jeunes sportifs de cette nouvelle association adoptent les couleurs bleu ciel et blanc dans un premier temps, avant d'opter pour celles de tango et noir, couleurs de la société sportive d'athlétisme dénommé "Racing Club de Tizi-Ouzou" (créée par Léon Weinmann en 1914), lorsque celle-ci fusionne avec l'Olympique de Tizi-Ouzou. Les rencontres de football de ce nouveau club se déroulent à la caserne des tirailleurs et les entraînements au square de la sous préfectureIl s'agit de l'actuel square du centre ville situé face à la Mosquée Cheikh Arezki Cherfaoui.. À cette époque, les autochtones sont plus ou moins acceptés au sein de cette association sportive, qui représentent à leur yeux plus un moyen de nourrir leurs familles qu'un passe-temps pour le sport ou le loisir.

Durant la Première Guerre mondiale, les activités sportives s'arrêtent un temps afin de soutenir l'effort de guerre, de nombreux hommes issus de l'arrondissement de Tizi-Ouzou s'engagent alors sur le front. À la fin du conflit, les membres de l'Olympique de Tizi-Ouzou s'organisent pour la reprise des activités sportives. Parallèlement une nouvelle association sportive apparaît à son tour, le Red Star Tizi-Ouzien (RSTO). Cette nouvelle société créée à l'initiative de jeunes indigènes, et empruntant son nom au célèbre club parisien du Red Star, organise quelques rencontres de football durant l'année 1918. Les initiateurs de cette nouvelle société tentent de susciter de nouvelles adhésions, mais les jeunes tizi-ouziens adhèrent principalement pour les olympiens. Face à ce manque d'engouement, le Red Star se voit contraint d'abandonner son projet.

Cette tentative de création d'un club sportif par des autochtones sera suivi par d'autres tentatives sur le territoire algérien à partir des années 1920. Ainsi des sociétés à but sportif, culturelle et éducatif font leur apparition à l'instar du MC Alger, du CS Constantine, de l'USM Oran, de l'USM Bel-Abbès et bien d'autres encore. Cette période coïncide également avec le réveil du nationalisme algérien et la création d'associations politiques telles que l'Étoile Nord Africaine (1926-1936), l'Association des Ulâma (1931-1956), le Parti du Peuple Algérien (1936-1939), etc.

Parallèlement, à Tizi-Ouzou, Arsène Weinmann est porté à la tête de la municipalité en 1921. Le nouveau maire de la ville amorce les travaux de terrassement pour la réalisation d'un stade municipal avec le concours de l'armée, durant la première année de son mandat. Les travaux dureront trois ans et en , à l'occasion des fêtes de la ville, des rencontres de football sont organisées dans le nouveau stade. Toutefois l'inauguration officielle de la nouvelle structure portant le nom du maire en son honneur pour sa contribution à la réalisation de celle-ci, s'effectue le et ce en présence de l'Olympique de Tizi-Ouzou et du Cercle des Sports Algérois.

Le Rapid Club de Tizi-Ouzou (1929-1932)

vignette|250px|Équipe du Rapid Club de Tizi-Ouzou en 1929. De Gauche à Droite :Debout Belhadj Kh. - Tchabaraka A. - Chikhaoui M.S. - Nouri M.S. - Zemirli S.O. - Mekacher R. - Mesbahi R. - Harchaoui O. Assis Gacem A. - Rafaï H. - Loukab M. - Hammoutène M.

Dans les années 1920, les jeunes kabyles de la ville de Tizi Ouzou, qui s'adonnaient à la pratique du football dans les rues, avaient organisés un mini championnat inter-quartier sous la houlette d'Ahmed Astouati, chargé de l'organisation administrative. Chaque quartier de la ville possédait sa propre équipe, ainsi participaient à ce championnat les quartiers de: Aïn Hallouf, Lalla Saïda, Tazegourt, Ihammoutène, Zellal et Tabnahlit.

C'est de ces quartiers, qu'un groupe de jeunes qui aspirait à changer leur quotidien sportif, émit l'idée de la création d'un nouveau club de football. Ceux-ci désiraient connaître d'autres sensations que ceux ressentit par les sociétaires de l'Olympique, un club inaccessible à leurs yeux. L'enthousiasme qu'avait ce groupe de jeunes à prouver à tous leurs valeurs, formèrent une sélection des meilleurs joueurs de leurs quartiers. Cette équipe était composée: des frères Mesbahi Saïd et Ramdane, des frères Rafaï Mohamed et Hocine, Harchaoui Omar, Zemirli Saïd, Souibes Rabah, Loukab Mohamed, Mekacher Amar, Boussad Ouamar, Mammar Mohamed, des cousins Hammoutène Abderazak et Mohamed, Belhadj Khelifa, Chabaraka Ahmed, Assas Hocine; regroupés tous autour de leur capitaine et doyen Seghir Mohamed âgé de seulement vingt ans.

Au début de l'année 1929,

La tentative de l'Association Sportive de Kabylie (1943)

vignette|Sidi Said Hanafi (1916-1943).

La création de la Jeunesse Sportive de Kabylie (1946)

vignette|La Jeunesse Sportive de Kabylie lors de sa première saison 1946-1947.De gauche à droite : Debout Boussad (c) - Hassoune - Hamoutène - Korogli - Azzoug - Benslama (joueur-entraineur) Assis Mammeche - Kouffi - S.Iratni - B.Iratni - Zemirli

Les débuts sportifs de la JSK (1946-1954)

thumb|right|200px|alt=But de la JS Kabylie|But de la JS Kabylie lors du match barrage perdu 1-4 pour l'accession en division face à l'OMSE; image tirée du journal Champion, 1949 thumb|right|200px|alt=But de la JS Kabylie|Article du quotidien sportif disparu Champion sur la victoire de la JS Kabylie en championnat de division. .

L'année 1946, voit donc les débuts sur le terrain de la JS Kabylie à Tizi Ouzou. À l'époque, c'est l'Olympique de Tizi-Ouzou, autre club colonial, qui jouissait de tous les privilèges dans la ville de Tizi Ouzouvoir Olympique de Tizi-Ouzou.

Néanmoins, le club s'étant affilié à la fédération, entre dans le football algérien par la troisième division d'Alger, composée de 28 équipes (équivalent du septième niveau national). La JSK entraînée par Ali Benslama fera sensation dès le début de saison, enregistrant victoire après victoire. Elle ne sera défaite qu'une seule fois face à l’AS Dellys, et ne connaîtra que deux matchs nuls, les deux contre le Bouira AC. Les 13 autres matchs seront des victoires obtenues notamment contre la JS Alma, la JS Aumale, le RC Fondouk ou encore le GS RovigoNaïm Adnane : 40 ans de Football, pages de 20 à 22. En finissant, troisième du championnat, la JSK connaît sa première accession en division supérieure.

Elle évolue ensuite, durant la saison 1947-1948 dans le groupe A de la deuxième division d'Alger (équivalent du sixième niveau national). Le club se maintiendra à l'issue de la saison. Dans la coupe Forconi (l'équivalent de la Coupe d'Algérie de football appelée de nos jours Coupe du Maouche) elle tombe au deuxième tour, le après avoir battu l’AS Rivet par quatre buts à zéro. Elle se fera cependant éliminée à la suite des réserves formulées par l’AS Rivet à propos du joueur Bouzar Boussad qui n’avait pas encore une année de licence Équipe B pour pouvoir évoluer en Équipe ASelon le règlement de l’époque, l’équipe réserve ne doit pas compter plus de quatre joueurs de première. Un joueur est de première s’il joue trois matchs.

L'année suivante, le club devient la coqueluche des médias sportifs de l'époque, c'est la révélation de la deuxième division.

« La JSK est la vedette de la division … la JSK est installée solidement depuis le début de la saison dans le fauteuil de leadeur du groupe A qu’elle semble dominer… » Citation de l'article du quotidien sportif Champion, daté du

Durant la phase aller, la JSK gagne cinq fois et perd deux matchs 1 buts à 0, contre la JSMA et l’US Ain-Taya. À noter, l'incident du durant le match JSK - RC Arba qui provoque une grosse bagarre générale à la fin du match. À deux jours de la fin de la compétition, le quotidien sportif Champion titrait déjà :

À la suite de la victoire face au SA Belcourt, le premier poursuivant compte cinq points de retard. Lors de la dernière journée, la JS Issers est battue 4-1 et la JSK gagne son groupe. Cependant, pour accéder la division supérieure, il faut disputer des play-off (barrages), et éviter la dernière place d'un groupe de 4 équipes, composé outre la JSK du GSA Hydra, de l’OM Saint-Eugène, et du WA Boufarik. Mais, en perdant les 3 matchs, le club échoue et doit repartir en division d'AlgerNaïm Adnane : 40 ans de Football, pages de 25 à 29.

Lors de la saison suivante, le club finira de nouveau premier de sa poule. Cette fois-ci, la JSK gagne les play-offs de montée, ce qui lui permet de gagner le titre de champion de deuxième division de la ligue d'Alger et ainsi d'être promu en première division de la ligue d'Alger.

La saison 1950-1951, la première dans le championnat de la première division de la ligue d'Alger (cinquième niveau national), est couronnée par une deuxième place au classement qui permet au club de disputer des barrages de montée, barrages où la JSK échoue. Les deux saisons suivantes seront conclues en milieu de tableau. La saison 1953-1954, qui est la quatrième saison de présence de la JSK dans la division permet au club de remporter le championnat de division une, et par la même occasion d'accéder en catégorie pré-honneurNaïm Adnane, 40 ans de football, pages 30-31 et 47.

Cette même année marque le début du conflit en Algérie, entre le FLN revendiquant l'indépendance de l'Algérie et la France souveraine du territoire. Comme la plupart des associations sportives kabyles, la JSK va cesser toutes ses activités durant la période du conflit entre les années 1954 et 1962, à la suite de l'appel du FLNvoir guerre d'indépendance de l'Algérie.

Après l'indépendance (1962-2010) Vers la première division (1962-1969) right|250px|thumb| Photo de la composition de l'équipe de la JS Kabylie du , lors d'un match de championnat contre le Hydra AC. Match qui a vu la victoire de la JSK 4 à 0.De Gauche à Droite: Debout: Terzi, Sedkaoui, Terzi, Haouchine, Karamani, Djezzar, Aït-Amar, Berkani.Assis: Rafaï, Derridj, Djerzar, Kouffi, Kolli, Ouahabi et Benfaddah (entraîneur joueur)Naïm Adnane, page 100 : « 40 ans de Football L'histoire exemplaire d'un club Algérien », page 100.

Au lendemain de l'indépendance en Algérie, les associations sportives reprennent les chemins des terrainsYoussef Fates : Sport et politique en Algérie, page 77 La JSK reprendra donc la compétition en pré-honneur, durant la saison 1962-1963 le club finit de son groupe.

L'équipe, accède donc en division d'honneur durant la saison 1963-1964, et continue son apprentissage. Le club pour sa première saison assure difficilement son maintien en terminant huitième. Durant les trois saisons suivantes, le club joue les premiers rôles en terminant les trois fois dans les cinq premiers de la division, mais sans finir à la première place qui lui permettrait d'accéder au national deux.