Nina Dyer, née Nina Sheila Dyer le à Ceylan et morte le à Garches, dans les Hauts-de-Seine, est un mannequin de nationalité britannique d'origine anglo-indienne. Mariée successivement à deux des hommes les plus fortunés de son temps, elle est connue par ses excentricités, sa collection de bijoux et sa fin tragique.
Premières années
Fille présuméeMargaret Nicholas, The World's Wealthiest Losers, Bounty Books, 1997 de Stanley Dyer, propriétaire de plantations de thé, et d'une mère indienne, Nina Sheila Dyer est élevée dans l'île de Ceylan, actuel Sri Lanka. À l'approche de sa vingtième année, elle se rend en Grande-Bretagne suivre des cours d'art dramatique à Liverpool, puis part tenter sa chance dans le milieu du mannequinat à Londres. Elle s'installe dans un petit appartement de l'élégant quartier de South Kensington.
Insatisfaite des propositions faites par les couturiers anglais, elle quitte Londres pour Paris où elle est engagée par Pierre Balmain dont elle devient un mannequin vedette et sera plus tard la cliente fidèle« Balmain, cocktail dress », provenance Nina Dyer, Beverley Birks Vintage Haute Couture Collection « Balmain strapless party dress, late 1950s », provenance Nina Dyer, Augusta Auctions, octobre 2006 .
Dès 1950, elle est remarquée parmi les invités des cercles mondains, notamment sur la Riviera française où elle apparaît dans de nombreuses fêtes à bord de yachts ou dans les villas de la cafe society« Former Cover Girl Nina Dyer Kills Self », St Petersburg Times , 8 juillet 1965 . Entretenant l'exotisme et le mystère elle pénètre rapidement les cercles de la haute société internationale. En 1953, elle y rencontre le baron Hans Heinrich von Thyssen Bornemisza, dit « Heini », avec lequel elle engage une liaison« Obituary : Baron 'Heini' Thyssen Bornemisza », The Telegraph, 29 avril 2002 .
Mariages
À cette date, le baron von Thyssen, 32 ans, milliardaire et grand collectionneur, est marié avec la princesse Theresa de Lippe et père de famille. Il couvre sa jeune maîtresse de 23 ans de cadeaux extravagants. Le jour de la Saint-Valentin, il lui offre une île jamaïcaine, Pellew Island , où elle fait construire une cabane de bambous et provoque, à l'époque, un scandale en se baignant nue« Protect Pellew Island Campaign », Jamaica environment Trust, . La presse note qu'elle reçoit également un des quatre seuls manteaux de chinchilla sauvage existant au monde« À la poursuite des panthères de Nina Dyer », L'Officiel de la mode n° 746, 1989 , deux voitures de sport aux clés de contact plaquées or et deux panthères noires qui la suivent dès lors partout, multipliant les dégâts dans les suites d'hôtel qu'elle occupe« The Baron, Tita, Bermuda and the Thyssen family feud triangle », The Independent, 17 octobre 1999 . Enfin, « Heini » consacre 400 millions de francs 1953 à lui offrir des bijoux qui vont constituer le noyau d'une collection renommée.
Très épris, Thyssen Bornemisza finit par divorcer de sa première femme et épouse enfin Nina Dyer en 1954. Après trois mois de mariage, il lui apparaît cependant que sa jeune épouse le trompe depuis longtemps avec un acteur français, Christian Marquand. Le baron se bat à coups de poing avec son rival dans un night club parisien et engage une procédure de divorce. Ce dernier sera prononcé le . À cette occasion, Thyssen Bornemisza déclare son intention « de rester célibataire pendant un certain temps ».
Ce n'est pas le cas de Nina Dyer qui, un an plus tard, le , convole en secondes noces au château de Bellerive, en Suisse, avec le prince ismaélien Sadruddin Aga Khan. Avant la cérémonie, la fiancée se convertit à l'islam, prenant le nom de Shirin, « douceur »« Aly Khan's Brother Weds Model », The New York Times, 27 août 1957 . Le mariage dure assez longtemps pour que la bégum Shirin soit une nouvelle fois couverte de cadeaux et de bijoux, notamment une parure célèbre « aux panthères » de la maison Cartier. Le prince Sadruddin agrandit également le domaine foncier de sa femme : il lui offre Tiamo (« je t'aime » en italien), île jamaïcaine voisine de Pellew Island, dont elle fait son garage à bateau. Le couple se sépare cependant trois ans après le mariage, en 1960, et le divorce est prononcé le .
De ses deux mariages successifs, Nina Dyer n'a pas d'enfant.
La collection de bijoux
Hans Nadelhoffer, Cartier, p. 334, Chronicle Books, 2007,
Dépression et suicide
« Les gens m'ont qualifiée d'intrigante mais rien n'est plus loin de la vérité. La chance m'est tombée dessus sans que je fasse quoi que ce soit, cela a été ainsi depuis mon enfance. Il est simplement arrivé que les grandes choses de la vie sont devenues mon quotidien.»
Témoignages photographiques
Portrait de Nina Dyer, studio Harcourt, 1951 (fonds Médiathèque de l'architecture et du patrimoine) voir en ligne (page consultée le ) Portrait de Nina Dyer en tenue de pêche, Slim Aarons, voir en ligne (page consultée le ) Nina Dyer et le prince Sadruddin Aga Khan au château de Bellerive, Suisse, cliché de presse non daté voir en ligne (page consultée le ) Mariage de Nina Dyer et du prince Sadruddin Aga Khan, cliché de presse, voir en ligne (page consultée le ) Le prince Sadruddin et sa femme la princesse Shirin Aga Khan (Nina Dyer), cliché de presse non daté voir en ligne (page consultée le )
Articles connexes Hans Heinrich von Thyssen Bornemisza Sadruddin Aga Khan
Notes et références
Liens externes
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