Présentation générale
Définition générale C'est un ensemble de méthodes qui relèvent de ce qu’on appelle « l'apprentissage expérientiel » ou constat de performance qui signifie « apprendre en faisant ». La tâche du formateur consiste à impliquer les participants dans des situations tirées de la réalité - calquées sur elle le plus possible - pour qu'ils puissent appliquer leurs compétences et les faire évoluer au cours de la formation.
Les moyens utilisés sont nombreux et doivent toujours être adaptés au processus de formation. Parmi les plus importants, on peut citer : les exercices multiples et les études de cas, les jeux de simulation et les jeux de rôles, les supports informatiques et audio-visuels (tutoriels, didacticiels interactifs, CD, CD-ROM, DVD-ROM, simulateurs, cas vidéo... ou dans un autre domaine, les méthodes interactives qui nécessitent une participation active de l'apprenant (méthode socratique ou maïeutique par exemple).
Ces moyens doivent être adaptés aux différents types de publics : classes maternelles et enfants, adolescents, formations pour adultes. S'il existe des règles communes (portant surtout sur le contenu de l'enseignement), la mise en œuvre d'une action de formation dépend du public (âge moyen, niveau de formation, motivation...) et des objectifs à atteindre (formation générale, savoir-faire, préparation à un examen...) Ce sont ces deux paramètres - les objectifs et les contenus - qui conditionnent les méthodes d'enseignement.
Bien que la Pédagogie active repose sur des méthodes et une approche relationnelle de la transmission de connaissances, elle est de plus en plus liée aux évolutions techniques. Les écoles et les centres de formation sont de mieux en mieux équipés en moyens informatiques qui interfèrent dans la pédagogie, donnent à l'enseignant à la fois plus de liberté dans l'acte de transmission et génèrent des contraintes inhérentes à toute technique. Les programmes pédagogiques développés à partir de ce qu'on appelle l'EAO (l'enseignement assisté par ordinateur) offrent de jour en jour de nouvelles possibilités reposant sur l'évolution des langages utilisés pour programmer les applications pédagogiques et la mise au point de méta-langages plus faciles à utiliser. Cette évolution signifie qu'à terme - et c'est déjà le cas pour les cours d'enseignement programmé - l'acquisition de savoirs pourra se faire aussi bien dans un centre, une école, qu'à distance à travers des réseaux spécialisés ou internet ou à travers des systèmes de communication actuellement embryonnaires de CAR (communication assistée en réseaux) avec un environnement pédagogique intégré (tableaux interactifs, gestionnaires de cours et de suivi, exercices d'autocontrôle, webcam...) C'est en fait tout l'avenir et l'évolution des Technologies de l'information et de la communication pour l'éducation qui est posé ainsi, de son impact sur les méthodes pédagogiques et le positionnement des enseignants à son égard.
Observations et règles de base thumb|Caractères pour journal de classe (méthode Freinet) La pédagogie Freinet est une des plus connues et des plus utilisées. Basée sur l'expression libre des enfants avec des textes, des dessins, réalisation d'un journal de classe... recherche la meilleure implication possible des participants. Si elle est toujours très utilisée - avec le plus souvent quelques variantes, elle ne cesse d'évoluer comme le voulait son initiateur Célestin Freinet. D'autres ont pris la relève comme Ferrière, Claparède, Ovide Decroly, Roger Cousinet, etc.).
Les actions en classe de maternelle : apprentissage par la reproduction et le passage au concret
De l'enseignement à l'éducation Deux paramètres essentiels vont interagir pour déterminer le type d'enseignement et par la suite le type de méthodes utilisées : le contenu qui peut aller du plus général au plus pointu selon les types de formation (initiation à l'informatique ou formation de programmeurs par exemple) et la pédagogie axée plutôt sur les contenus (formations scientifiques) ou plutôt sur les personnes (sciences humaines).
D'une façon générale, on peut constater que : Plus une formation est orientée sur les contenus et plus ces contenus sont spécialisés : plus on aura tendance à utiliser des méthodes directives (méthodes traditionnelles appelées encore méthodes didactiques) Plus une formation est orientée sur les personnes et plus les contenus sont généraux : plus on aura tendance à utiliser des méthodes actives à base d'implication de l'apprenantvoir le schéma récapitulatif : diagramme des méthodes.
On peut en tirer qu'une formation centrée sur le contenu sera plutôt qualifiée « d'enseignement » et que par contre une formation centrée sur les personnes sera plutôt qualifiée « d'éducation ».
Les fondements de la pédagogie
Le terme paidagôgia, qui apparaît à la fin du , concerne étymologiquement (pedo vient du grec pais ou paidos, « jeune garçon ») l'éducation des enfants. Ce n'est que plus tard, surtout au quand on s'est intéressé à la façon d'enseigner, de transmettre des connaissances, que ce terme a désigné les méthodes d'enseignement.
Cette évolution s'explique d'abord par les progrès de la psychologie, d'abord celle destinée aux enfants puis aux adultes avec Théodule Ribot et Alfred BinetAlfred Binet a fondé avec Henri Beaunis la revue intitulée L'Année psychologique, les progrès de la linguistique (science du langage)Voir Ferdinand de Saussure Cours de linguistique générale et ses différents développementsVoir la distinction entre expression et contenu de Louis Hjelmslev dans Essais linguistiques et les travaux d'Émile Benveniste, en particulier vers la sémiologieappelée aussi la sémiotique qui ont permis de se poser la question fondamentale : qu'est-ce que recouvre pour un enseignant l'acte de transmettre ?
Poser une telle question, c'est admettre que le maître n'a pas forcément la science infuse, qui se traduit par une remise en cause essentielle du rôle de l'enseignant et du contenu des programmes dominés pendant très longtemps par l'enseignement traditionnel et la scolastique. C'est reconnaître aussi qu'il se crée entre le maître et l'élève une interaction qui est d'autant plus riche et gratifiante qu'elle permet une meilleure compréhension, une meilleure assimilation du contenu. Cette question permet de poser la pédagogie en termes de communicationSur la communication et la motivation, voir les travaux d'Abraham Maslow et de Kurt Lewin, remettre en cause la relation traditionnelle d'autorité entre celui qui enseigne, qui possède la connaissance et celui qui reçoit passivement cet enseignement. Ainsi l'on passe de la passivité à l'interactivité.
L'évolution de la pédagogie est due à la conjonction de trois facteurs principaux qui ont chacun marqué leur siècle : la diffusion du savoir au par le travail considérable fait par les encyclopédistes, surtout Diderot et D'Alembert, de conception et de diffusion de cette œuvre monumentale appelée à lentement être vulgarisée ; la gratuité de l'instruction publique primaire qui, sous l'impulsion de Jules Ferry, va marquer la fin du . À cette occasion, un premier niveau de culture, savoir lire et écrire, va pouvoir se répandre peu à peu dans toute la Nation, jusqu'au plus profond des campagnes françaises ; la démocratisation de l'enseignement au après la Seconde Guerre mondiale où la population la moins favorisée va avoir accès à l'enseignement secondaire et même supérieur puisqu'elle va aussi progressivement investir les universités.
thumb|110px|Philippe Meirieu. L'impact de ces modifications qui touchent en profondeur l'institution enseignante est considérable. Il est en effet impensable d'utiliser les mêmes modèles et les mêmes méthodes d'enseignement pour former une élite intellectuelle et scientifique avec La Sorbonne ou Polytechnique comme références ou pour diffuser un enseignement de masse qui touche presque toutes les couches sociales. Comme le fait remarquer Philippe Meirieu, il existe un décalage entre la nécessaire acquisition de savoirs de la part des élèves et la prise en compte de ses centres d'intérêt indispensable à la motivation, « seuls les savoirs scolaires faisant sens pour l'élève pourront être assimilés durablement. » La difficulté de l'enseignant réside dans le fait de concilier, de trouver un lien entre ces deux objectifs, de stimuler l'intérêt de l'élève tout en l'amenant aussi à prendre goût à ce qui a priori ne l'intéresse pas forcémentVoir Philippe Meirieu, Faire l'école, faire la classe, 2004.
Le contenu de l'enseignement est aussi objet de polémiques et de recherches. Certains chercheurs pédagogues ou sociologues comme Edgar Morin prônent un retour à l'idée des encyclopédistes de donner une vision universelle des connaissances humaines et de défractionner les disciplines enseignées qui s'émiettent de plus en plus avec l'apport de nouvelles technologies en particulier. Edger Morin propose « une approche transdisciplinaire... pour saisir les problèmes dans leur globalité, [...] rassembler des savoirs dispersés dans chaque discipline, expliquer le mode de production des savoirs » sans nier les incertitudes, « les erreurs et les illusions. »Voir Edgar Morin, Les Sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur, Le Seuil, 2000.
Concept de pédagogie active
En cette matière, la notion de compétence est fondamentale : elle repose sur une performance mesurable, pouvant être évaluée de façon objective et fiable, avec des connaissances sous jacentes maîtrisées. Elle s'exprime à travers des actions, à l'intérieur d'un périmètre défini (profession, communauté...) et confortée par des standards ou critères de performance.
À partir des travaux de Jean Piaget et de John Dewey, Kurt Lewin définit la formation en quatre étapes : Expérience concrète Observation et réflexions Formation des concepts abstraits Test des concepts
thumb|La non directivité. David A. Kolb a une approche similaire, en 4 étapes d'un cycle expérientiel : le recours à l'expérience concrète, le passage à l'observation réfléchie, savoir conceptualiser et s'initier à l'abstraction et enfin passer au stade de l'expérimentation active, normalement dans cet ordre en un tour complet. Il est à noter que dans son modèle, un cycle d'apprentissage quelconque ne commence ni se complète pas nécessairement au cours de l'étape de l'expérience concrète, mais en fonction du style d'apprentissage propre à chacun, que Kolb répartit en quatre groupes généraux de styles cognitifs: divergent, assimilateur, convergent, accommodateur.
Les pédagogies actives peuvent être mises en œuvre individuellement par interactions successives entre le maître et son élève à travers l'apport du maître qui renvoie à l'élève ses propres questions (maïeutique), l'aiguille sur des pistes de recherche sans préjuger d'une solution ou de solutions possibles, le met aussi en condition de trouver lui-même les clés aux problématiques étudiées et de s'auto-évaluer (techniques de résolution de problèmes, la non directivité).
Elles sont la plupart du temps utilisées en groupe pour que les participants puissent bénéficier au maximum de la richesse de leurs échanges, mettre en commun leurs acquis et en tirer des compétences supplémentaires. On dit parfois que 1 + 1 = 3, façon de signifier que dans un échange, une discussion guidée par un intervenant, chacun en retire son apport personnel, celui qu'il reçoit de l'autre (connaissance supplémentaire) et ce qu'il a appris ou retenu de leurs interactions. Dans ce cas, chacun améliore sa compétence (ou sa performance) à partir de trois sources différentes.
Particularités de la pédagogie active Sa mise en œuvre Elle doit être basée sur des situations pédagogiques proches de la réalité pour concrétiser les concepts abordés. Elle doit permettre une transposition facile à la réalité quotidienne envisagée (vie de l'entreprise par exemple).