Charles Hermans, né à Bruxelles en Belgique le et mort à Menton dans les Alpes-Maritimes en France, le , est un peintre belge.
Biographie Hermans est né d’une famille bourgeoise n’ayant jamais fait obstacle à ses aspirations artistiques. À Bruxelles, Hermans fut élève des peintres François-Joseph Navez et Louis Gallait avant de passer par l’atelier Saint Luc à Bruxelles, un atelier libre et une alternative à l’enseignement traditionnel académique. Entre 1858 et 1861, il étudia auprès du peintre Charles Gleyre à l’École centrale des Beaux-Arts, une école d’art officielle parisienneAnonyme, contribution au catalogue d’exposition 150 ans d’art belge : dans les collections des Musées royaux des beaux-arts de Belgique, - , A. Adriaens-Pannier et al., Bruxelles, Musées royaux des beaux-arts de Belgique à Bruxelles, 1980, 105..
De 1862 à 1867, Hermans demeura en Italie où il devint passionné par la vie monastique de Rome, les moines étant pour lui, en tant qu’observateur scrupuleux, un sujet favori de nombreuses toiles de 1866 à 1869. Il fit ultérieurement encore plusieurs voyages, surtout dans la région méditerranéenne et en Espagne en particulier.
Hermans fut un membre de l’association Société libre des Beaux-Arts, fondée à Bruxelles le , réunissant plusieurs artistes naturalistes belges renommés (De Groux, Verwée, Meunier, Dubois, Artan, Rops, Smits, Baron…).
Hermans participa également à de grandes expositions internationales comme la section d’art de l’exposition universelle tenue à Paris en 1878Esquisse de À l'aube de Charles Hermans, reproduit dans L”Art moderne à l’Exposition de 1878, Publication de la Gazette des Beaux-Arts, sous la direction de Louis Gonse, Paris, A. Quantin, 1879, 141. où l’on montra son À l’aube. Ses tableaux furent acquis par des musées, autant en Belgique qu’à l’étranger.
À l'aube
Sa toile À l'aube, œuvre majeure du réalisme dans la peinture belge, provoque une vive sensation au Salon de Bruxelles de 1875, où elle établit la réputation de l'artiste. Elle constitue un premier manifeste, tant par son sujet réaliste que par ses tendances sociales, réalisé sur un format jusque-là réservé à la peinture d'histoire.
Le tableau est souvent interprété, dans la critique de l'époque, comme opposant deux groupes sociaux : à gauche, des ouvriers flamands blonds, parfois qualifiés de « germaniques », se rendant au travail au petit matin ; à droite, des représentants de la classe dirigeante, décrits comme des débauchés appartenant à la « race latine », reconnaissables à leurs cheveux foncés, accompagnés d'une femme blonde. À l'aube, ces riches fêtards quittent un établissement de divertissement de la capitale belge. Deux femmes soutiennent un homme ivre, dont l'équilibre précaire suggère qu'il pourrait bientôt s'effondrer dans l'égout, à l'image d'un bouquet de fleurs déjà tombé. Pendant ce temps, des ouvriers se dirigent vers leur travail. L'épouse de l'un d'eux, tenant son bras, porte un regard douloureux sur cette scène, tandis qu'un homme vêtu d'un manteau doublé de fourrure et coiffé d'un chapeau de soie observe la confrontation depuis l'embrasure d'une porte, semblant éprouver un sentiment de gêne face à ce contraste social.
Si la force expressive de la composition invite à une lecture sociale marquée, l'artiste n'a toutefois pas conçu l'œuvre comme un pamphlet politiquePierre Baudson, dans : Musée d'Art Moderne. Œuvres choisies, Bruxelles, Musées royaux des beaux-arts de Belgique à Bruxelles, 2001, 54-55..
Le succès rencontré au Salon de Bruxelles en 1875 marque également une date importante dans l'histoire de l'art belge. À l'aube est alors perçu comme un manifeste de « l'école du gris », caractérisée par le jour diffus et la pratique du plein air, et comme une affirmation de la modernité face à la domination de la peinture d'histoire.
Charles Hermans lui-même a livré le commentaire le plus éclairant sur son intention artistique. Selon le témoignage rapporté par l'un de ses biographes, Maurice Sulzberger, publié dans Artistes belges contemporains, l'artiste déclare :
Distinctions 60px|Chevalier de l'ordre de Leopold Chevalier de l'ordre de Léopold ()..
Références
Bibliographie Rétrospective Charles Hermans, catalogue de l’exposition au Cercle artistique et littéraire, Bruxelles, 1925 L. Solvay, Charles Hermans, dans : Bulletin, Académie royale de Belgique, Bruxelles, 1925 L. Solvay, Charles Hermans, Bruxelles, 1926, dans : B.N., XXIX, 1957
Liens externes
Biographie de Charles Hermans Œuvres de Charles Hermans dans la collection d’art flamand Une marine de Charles Hermans Les salons et l’avant-garde : la percée du Réalisme en Belgique (1855-1875) Le groupe d’Anseremme
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