Le Sd.Kfz. 141 Panzerkampfwagen III (Pz.Kpfw. III), ou Panzer III est un char d'assaut allemand, conçu à la fin des années 1930 et utilisé intensivement pendant la première phase de la Seconde Guerre mondiale. Il fut mis au point pour opérer avec les Panzer IV. Son rôle était d'engager les blindés ennemis, d'abord avec un canon antichar 3,7-cm KwK 36 L/45, puis à partir d' avec un canon court de (5-cm KwK 38 L/42), auquel succédera un canon long du même calibre (5-cm Kwk 39 L/60) en , ultime tentative pour maintenir au niveau un blindé rendu obsolète par l'apparition du T-34 soviétique. Une trentaine d'exemplaires offerts à l'Italie étaient pourvus du 8,8-cm KwK 36 L/56. Le Panzer IV, qui lui était contemporain, était censé fournir des tirs d'appui aux troupes d'infanterie avec son canon de court (7,5-cm KwK 37 L/24), cependant, avec l'apparition de chars alliés de mieux en mieux protégés, il s'avéra le seul capable d'embarquer un canon capable de les détruire, à savoir un canon de long (7,5-cm KwK 40 L/43) à partir de . Il supplanta donc le Panzer III comme char principal de la Wehrmacht avant l'apparition du Panther.
La pénurie chronique de chars allemands qui avait déjà conduit à utiliser les chars tchèques renommés Panzer 35(t) et Panzer 38(t) dès 1939, a empêché les Allemands de retirer le Panzer III de la première ligne en 1943 et bien que totalement dépassé dès le début 1942, on le trouve engagé en masse sur le front de l'est : 83 % des Panzer III utilisés pendant la guerre y furent perdus, dont à la bataille de Stalingrad ( - ) et même lors de la bataille de Koursk en .
Histoire vignette|left|Panzer III Ausf A à Berlin en 1938 Suivant les spécifications de Heinz Guderian, inspecteur des troupes mécanisées, la direction de l'armement de la Wehrmacht, le Heereswaffenamt, demanda l'étude d'un char VK 619, destiné à devenir l'ossature des panzerdivisions en cours de création, on utilisa le terme Zugführerwagen ou ZW (véhicule de chef de section) pour camoufler le but de l'étude. Le char devait être capable d'atteindre la vitesse de sur route, et sa masse devait rester inférieure à pour pouvoir emprunter les ponts posés par le génie. Quatre sociétés répondirent au programme, en produisant des prototypes : Daimler-Benz, Krupp Ag, MAN, et Rheinmetall-Borsig. Finalement, après des essais intensifs en 1936 et 1937, c'est le modèle de Daimler-Benz qui fut choisi, et la première série de dix Panzer IIIA sortit des chaînes en . Cependant, la production de masse ne fut lancée qu'à partir de la variante F, en 1939. thumb|left|Panzer III Ausf F dans les Balkans en 1941 Le char était fabriqué en quatre sous-ensembles : châssis, superstructure avant, superstructure arrière et tourelle, qui étaient assemblés par boulonnage à la fin de la construction. Le char comportait trois compartiments distincts. À l'avant, prenait place le conducteur à gauche et l'opérateur radio à droite, qui servait aussi une mitrailleuse MG-34 sur rotule. Derrière, venait le compartiment de combat où le chef de char, sur un siège surélevé, était encadré par le tireur et le pourvoyeur. Enfin, derrière la tourelle venait le compartiment moteur qui entraînait la transmission passant à travers l'habitacle pour entraîner les barbotins, situés à l'avant.
S'il peut sembler inférieur à de nombreux chars contemporains sur le papier en termes de blindage et de puissance de feu, le Panzer III introduisait des caractéristiques le rendant particulièrement efficace sur le champ de bataille. La répartition de son équipage avait été bien pensée par l'emploi d'une tourelle triplace permettant au chef de véhicule ainsi débarrassé de toute autre tâche de se concentrer sur la surveillance des alentours et les ordres à donner. Cette répartition des rôles devint par la suite standard sur tous les chars. Autre avantage, l'emploi d'un interphone généralisé à tout l'équipage, permettant une bonne coordination et la répartition de la surveillance par secteur aux différents membres de l'équipage. L'emploi généralisé de la communication par radio entre les véhicules s'avéra lui aussi de plus en plus déterminant, car il permettait, même si les panzers étaient dominés individuellement, de réaliser des attaques coordonnées pour venir à bout des adversaires les plus coriaces.
Protection
Les premiers Panzer III avaient été construits avec un blindage très léger de d'acier homogène sur tous ses côtés. Le véhicule devant être employé en pointe du combat, il devait être protégé aussi bien contre des tirs venant de l'avant que des côtés ou de l'arrière. Seul le toit de la tourelle et la caisse blindés à , et le châssis à , avaient été jugés moins importants. Ces furent rapidement jugés insuffisants au regard des armes antichars alors en service et, dès le Panzer IIID, on porta l'épaisseur à . Ce blindage peu incliné se révéla par la suite lui-même trop faible et le Panzer IIIH fut protégé par deux plaques supplémentaires de boulonnées à l'avant et à l'arrière. Sur le J, ce blindage additionnel fut intégré sous la forme d'une plaque homogène de , plus résistante encore, et de nouvelles appliques de boulonnées sur l'avant apparurent sur les modèles L, M et N.
Armement
L'armement principal fut l'objet d'un désaccord entre Guderian et la direction de l'armement, cette dernière préférant adopter un canon d'un calibre de 37 millimètres KwK36 L/45, en lieu et place de celui de 50 prévu initialement, car elle souhaitait uniformiser le calibre et donc les munitions avec le canon antichar en service dans l'infanterie, le Pak 36. Cette volonté de standardisation aurait pu se révéler fatale à l'avenir du blindé, mais le constructeur avait néanmoins prévu une tourelle assez spacieuse, permettant le montage d'une arme de , ce qui s'avéra nécessaire très tôt dans la guerre.
À partir de la variante G, le KwK36 céda la place au KwK38 L/42, la seconde mitrailleuse coaxiale disparut alors pour dégager l'espace nécessaire au montage. Sur le J, on monta le KwK39 L/60, d'une longueur supérieure, 60 calibres au lieu de 42, donnant à l'obus une pénétration encore meilleure des blindages adverses. Cependant, la qualité de ceux-ci s'améliorant encore, il devint impossible au Panzer III de continuer la course à la puissance de feu en embarquant un canon long de calibre supérieur. La dernière variante du char le Panzer IIIN, fut donc conçue pour l'appui-feu avec un canon court de , le KwK37 L/24, qui équipait auparavant les premières versions du Panzer IV, ce dernier reprenant à son compte la mission de lutter contre les chars ennemis avec des canons de longs.
Une trentaine d'exemplaires offerts à l'Italie étaient pourvus du 8,8-cm KwK 36 L/56.
Mobilité
thumb|325px|right|Ce cliché de l'un des de la franchissant, à l'aide de son schnorchel, la rivière du Boug occidental fut exploité dans les revues d'actualité allemandes. Le franchissement de la ligne de démarcation germano-soviétique qui séparait le Reich de l'URSS depuis l'invasion de la Pologne et son équivalente soviétique était éminemment symbolique pour l' ; la propagande se targue d'une première dans l'utilisation des véhicules amphibies.
Jusqu'au modèle C, le est propulsé par un moteur Maybach HL 108 TR, de en V développant 230 chevaux, donnant une vitesse de sur route et un rayon d'action de 150 kilomètres. Le modèle D introduisit le nouveau moteur Maybach HL 120 TR, de 320 chevaux. Par la suite, tous les autres modèles sont équipés du Maybach HL 120 TRM, plus fiable avec 300 chevaux. Les performances variaient d'une version à l'autre en fonction de la masse totale du véhicule et de sa transmission, mais la vitesse de pointe était généralement aux alentours de sur route, mais en tout terrain, et l'autonomie de 150 kilomètres.
Comme tous les chars allemands de la Seconde Guerre mondiale, le , utilisait l'essence comme carburant, car celle-ci permettait de réaliser des moteurs, et donc des chars, compacts. Mais, surtout, contrairement au gazole, l'essence pouvait être réalisée de façon artificielle par synthèse, ce qui, vu les approvisionnements de l'Allemagne en pétrole naturel, était vital, ce dernier étant réservé à l'aviation (Luftwaffe).
La suspension des premières versions du évolua constamment, elle ne finit par se stabiliser que sur le modèle qui peut être considéré, réellement, comme le premier exemplaire de série. Les autres trains de roulements ne donnèrent absolument pas satisfaction, et les véhicules furent assez rapidement retirés du service, car sujets à de nombreux problèmes de chenille.
De même la transmission fut aussi un souci constant jusqu'au modèle E, dont la boîte, bien que complexe, permit enfin une conduite souple de l'engin. Par la suite, l'introduction de la boîte de vitesses SSG 77, à six rapports, sur le PzIIIH permit de simplifier la production, tout en gardant une grande qualité de conduite.
Variantes
Panzer III Ausf A ou 1/ZW version de pré-production, en puis 10 autres (numéros de châssis de 60101 à 60110) au cours de l'année. suspension à cinq roues de route et deux galets de retour. Panzer III Ausf B ou 2/ZW version de pré-production, (numéros de châssis de 60201 à 60215) en 1937, nouvelle suspension avec quatre bogies doubles et trois galets de retour, adaptation de la coupole de commandement du Panzer IV, amélioration de la vision du pilote et du système d'échappement. Panzer III Ausf C ou 3a/ZW version de pré-production, (numéros de châssis de 60301 à 60315) de à , suspension encore modifiée par le montage de ressort supplémentaires, direction améliorée. Panzer III Ausf D ou 3b/ZW version de pré-production, entre janvier et (numéros de châssis de 60221 à 60225 et de 60316 à 60340), blindage porté à , suspension avec ressorts inclinés, nouvelle boîte de vitesses à six rapports avant et un arrière. Panzer III Ausf E ou 4/ZWversion produite entre et , , deux fentes de vision pour le pilote et portes latérales de la tourelle à deux battants avec fentes de vision et de tir pour pistolet, suspension par barre de torsion définitive avec six roues de route et trois galets de retour, moteur TR-120M de 300 chevaux, nouvelle boîte de vitesses à dix rapports avant et un arrière. Panzer III Ausf F ou 5/ZW version produite à partir de , , armée par le canon KwK36 L/45 de , ils furent par la suite, pour certains, réarmés avec des canons de . Amélioration de la protection de l'admission d'air, des freins et l'ajout de feux supplémentaires. Panzer III Ausf G ou 6/ZW version produite entre et , . Une commande de 1250 fut placée en , mais fut ramenée à 800 en mai, lorsque le PzKpfw 38 devint disponible. À part les cent premiers exemplaires ils furent tous armés en usine, avec le canon 5-cm KwK 38 L/42 de . Ils se distinguent entre autres par le montage d'un casier de stockage à l'arrière de la tourelle et d'un ventilateur d'extraction des fumées sur le toit de la tourelle. Panzer III Ausf G(Tp)' modèle G équipé de filtre à air Fiefel monté à l'extérieur du compartiment moteur, et d'autre équipement pour le service dans le désert. Panzer III Ausf H ou 7/ZW version produite entre et , , blindage renforcé par le boulonnage de plaques de sur l'avant et l'arrière, nouvelle boîte de vitesses du panzer IV, plus simple ZF SSG 77 Aphon à six rapports avant et un arrière, chenille élargie de 38 à et nouveaux barbotins et roues tendeuses. Panzer III Ausf J version produite en 1941, , blindage avant et arrière en une seule plaque de . Panzer III Ausf J/1 version produite de 1941 à la mi-1942, , canon KwK39 L/60 de . Panzer III Ausf L version produite en 1942, , blindage avant renforcé par le boulonnage de plaques de . Panzer III Ausf M version produite en 1942 et 1943, , modifications mineures. Sd.Kfz.141/2 Panzer III Ausf N version produite aussi en 1942 et 1943, utilisé pour l'appui-feu et armés d'un 7,5-cm KwK 37 L/24, 700 réalisés à partir de versions J (3) , L et M.
Certains modèles furent équipés du revêtement Zimmerit contre les mines magnétiques.