de Suède (en suédois : av Sverige), né le à Stockholm (Suède) et mort assassiné le dans la même ville, est roi de Suède et grand-duc de Finlande du jusqu'à son assassinat.

Pendant ce temps, il devient l'un des principaux partisans d'une politique connue sous le nom d'« absolutisme éclairé », où il épouse les idéaux des Lumières tout en augmentant sa propre puissance et autocratie. À cette fin, il devient un mécène des arts suédois, réduit le pouvoir et la corruption de la noblesse et introduit des réformes pour libéraliser l'économie. Dans le même temps, il accumule un énorme pouvoir personnel et sévit contre la liberté de la presse.

La Suède perd ses possessions baltes pendant la grande guerre du Nord avec la Russie au début du , et bien qu'il ait un certain succès militaire, ne réussit pas à reprendre les territoires dans une guerre avec la Russie en 1788-90. Dans d'autres domaines de la politique étrangère, est le premier chef d'État neutre au monde à reconnaître l'indépendance des États-Unis en 1782 et assiste militairement les rebelles. Il tente également de former des alliances visant à restaurer sur le trône français après la Révolution française en 1789.

Alors qu'il réduit le pouvoir des nobles et impose son absolutisme, de nombreux nobles en Suède commencent à mépriser le roi et complotent activement contre lui. Le , alors que le roi assiste à un bal masqué à l'opéra royal de Stockholm, Jacob Johan Anckarström tire sur le roi, dans le dos. meurt treize jours plus tard d'une septicémie.

Histoire Fils d'Adolphe-Frédéric de Suède et de Louise-Ulrique de Prusse, une des sœurs cadettes de Frédéric de Prusse, il épouse en 1766 sur proposition du Parlement mais contre l'avis de sa mère Sophie-Madeleine de Danemark, fille du roi . Il est initié aux Lumières par le francophile Carl Gustaf Tessin et entretient une correspondance avec VoltaireEdmond Dziembrowski, Le Siècle des révolutions (1660-1789), Perrin 2018 .

C'est lors d'un voyage qu'il effectue à Paris et à Versailles du au , que le jeune prince âgé de 25 ans apprend la mort de son père. Avant de repartir pour la Suède, un souper est organisé au cours duquel il remet officiellement un collier de diamants à la petite chienne de salon de la comtesse du Barry, favorite du roi , afin de concrétiser le soutien qu'il compte recevoir de la France. Rentré au pays, la première mesure qu'il prend est de protéger sa mère en renforçant sa garde, tant il la sait impopulaire.

Cependant, la Suède est alors gouvernée par un Parlement qui possède le pouvoir depuis la constitution de 1719, et qui se déchire entre faction francophile (les Chapeaux) et faction russophile (les Bonnets). Le roi a peu de pouvoir politique.

effectue un coup d’État en au moment où le pays s'apprête à sombrer dans l'anarchie. Soutenu par sa mère, l'armée et le peuple, il fait arrêter les membres du Riksdag et du rad. Il règne dès lors en despote éclairé, en réorganisant la justice et les finances et en abolissant la torture. Il encourage l'enseignement primaire, améliore la condition paysanne, amorce le remembrement des sols et institue la liberté de commerce des grains.

En revanche, ses relations avec sa mère, la reine douairière Louise-Ulrique, s'enveniment.

Parlant et écrivant parfaitement le français, est un souverain francophile, adepte de la philosophie des Lumières ; il admire Beaumarchais, Marmontel et Voltaire. Il visite à deux reprises la Cour de Versailles, qui lui réserve le meilleur accueil. Patron des arts, il entretient une troupe de comédiens, de chanteurs et de danseurs français. En 1773, il crée la première troupe d'opéra de Suède et fait bâtir le premier opéra royal de Stockholm, qui sera inauguré en 1782.

Il favorise la diffusion en Suède d'œuvres d'art françaises. En sens inverse, le portraitiste d'origine suédoise Alexandre Roslin fait la plus grande grande partie de sa carrière en France, comme Gustav Lundberg, Adolf Ulrik Wertmüller ou Pierre Adolphe Hall.

En 1786, il fonde l'Académie suédoise, dont il rédige lui-même en grande partie le règlement, en lui assignant des missions calquées sur celles de l'Académie française, et en premier lieu de veiller

La reine douairière et le scandale de 1778 Femme de pouvoir, la reine douairière — qui avait tenté, en vain, de faire renverser le Parlement en 1756 — pensait que son fils gouvernerait avec elle. Or fait preuve d'indépendance, ainsi qu'il le montre dès 1775, quand il autorise son frère cadet et héritier Charles, duc de Södermanie, à épouser la princesse de Holstein-Gottorp, proche parente de la tsarine , alors que la reine douairière mettait en avant une de ses nièces prussiennes.

D'ailleurs, la reine douairière, qui donne son affection à ses deux cadets, le prince Frédéric-Adolphe et la princesse Sophie-Albertine (qui resteront célibataires), apprécie peu ses belles-filles. Elle trouve l'épouse de son fils , la reine Sophie-Madeleine, trop timide et trop froide, et la duchesse de Södermanie trop frivole. De plus, aucune des deux ne semble capable de donner un héritier à la couronne.

En effet, après 11 ans de mariage, le couple royal n'a toujours pas d'enfant, et le duc de Södermanie reste l'héritier putatif de son frère.

En 1778, après douze ans de mariage, la reine Sophie-Madeleine accouche enfin d'un fils, le futur . Des rumeurs, colportées par les frères du roi chez la reine-mère Louise-Ulrique, prétendent alors que le père de cet enfant est le comte , que la cour dit épris de la reine. Le scandale est immense : la reine-mère a une violente altercation avec son fils et la famille royale se trouve divisée, avant que le roi n'oblige ses frères et sa mère à déclarer, ouvertement et par écrit, qu'ils croient sincèrement en la légitimité du petit prince royal. La reine-mère est exilée et ne reparait plus à la cour. Le roi ne se réconciliera avec elle que sur son lit de mort (elle meurt en 1782 au château de Svartsjö).

Cette année-là, le roi et la reine ont un autre fils, Charles, duc de Småland, mais le petit prince meurt en bas âge l'année suivante.

Le renforcement du pouvoir Depuis 1780, le roi est membre de la franc-maçonnerieDenslow, Wm. R. (1958), 10,000 Famous Freemasons. St. Louis, Mo: Missouri Lodge of Research.. vignette|gauche| de Suède. Désireux de renforcer ses liens avec la France et de donner à la Suède un empire colonial, se fait céder par la France l'île de Saint-Barthélemy contre un droit d'entrepôt à Göteborg en 1784. Les Suédois font de Saint-Barthélemy un port franc en 1785. En hommage au roi de Suède, le principal bourg de l'île (Le Carénage) est renommé Gustavia vers 1787.

En juin-juillet 1784, accompagné de son favori Gustaf Mauritz Armfelt R. Knapas (éd.), Resan till Italien: Gustaf Mauritz Armfelts resedagbok 1783-1784, Stockholm, Atlantis, 1997, ., il entreprend un voyage en France sous le nom de « comte de Haga »..

En 1789, pour lutter contre la noblesse, renforce son pouvoir absolu par « l'Acte d'Union et de Sécurité » (Förenings- och säkerhetsakten), qui accorde à tous les Suédois l'égalité des droits, dont l'accès aux fonctions publiques. La conséquence de cet acte est qu'une grande partie de la noblesse va se liguer contre lui.

Les bonnes relations que le roi entretenait avec la France furent rompues lors de la Révolution française

La réaction nobiliaire vignette|Costume porté par lors du bal masqué au cours duquel il fut assassiné. La noblesse fomente alors un complot. Le , au cours du bal masqué de l'opéra royal de Stockholm, le roi est blessé d'un coup de pistolet par Jacob Johan Anckarström. Il meurt quelques jours plus tard, le , la blessure s'étant infectée. Son fils lui succède, sous la régence du prince Charles, duc de Södermanie. Mis en jugement, Anckarström est décapité après avoir eu la main coupée le .

La reine consort Sophie-Madeleine meurt en 1813, après avoir été témoin de la destitution de son fils et de ses petits-enfants en 1809, au profit de son beau-frère , puis de l'élection en 1810 comme prince héritier au trône de Suède d'un militaire français issu des rangs de la Révolution française, puis maréchal de l'Empire français : Jean-Baptiste Bernadotte, qui règne officiellement à partir de 1818 sous le nom de .

Généalogie de Suède appartient à la première branche de la maison de Holstein-Gottorp, issue de la première branche de la maison d'Oldenbourg. Cette branche aînée de la maison de Holstein-Gottorp s'éteint en 1877 par les mâles, avec la mort de Gustave d'Ittenbourg, prince de Vasa, fils aîné de , et en 1907 par les femmes, avec le décès de la princesse Caroline de Vasa, épouse du roi Albert de Saxe.

Descendance Le roi épouse le à Stockholm la princesse Sophie-Madeleine de Danemark. De cette union naissent deux enfants : Gustave (1778-1837), roi de Suède de 1792 à 1809 ; Charles-Gustave (1782 – 1783), duc de Småland.

Représentations dans la culture populaire En 1775, Linné rend hommage à Gustave III en lui dédiant le nom d'un arbre : Gustavia augusta.

Le , une des premières montgolfières, qui emporta Élisabeth Tible la première femme de l'histoire de l'aéronautique, fut baptisée en son honneur La Gustave. Il assista à son décollage à Lyon..

En 1833, Daniel-François-Esprit Auber compose l'opéra , ou Le Bal Masqué rendant hommage à l'action du roi de Suède et relatant les événements liés à son assassinat. Il est probable qu'Auber soit le premier compositeur à avoir abordé ce sujet, puisque la création de eut lieu en 1833 au Grand Opéra de Paris. Giuseppe Verdi n'avait alors que 20 ans.

Le roman Le Joyau de la reine (Drottningens juvelsmycke) de Carl Jonas Love Almqvist, paru en 1834, a pour toile de fond l'assassinat de Gustave III, les personnages principaux du roman étant tous présents lors du bal masqué durant lequel on attente à sa vie.

En 1859, Giuseppe Verdi compose Un ballo in maschera (Un bal masqué), dont l'assassinat de est à l'origine de l'intrigue (la version non censurée par les autorités autrichiennes portait d'ailleurs le titre ; elle a été éditée en 2003 par Dynamic). L'opéra, sur un livret d'Antonio Somma, est créé au Teatro Apollo de Rome le .

Lieu d’inhumation Le roi est inhumé dans la crypte située sous la chapelle Gustave-Adolphe de l’église de Riddarholmen à Stockholm.

Ascendance

Titres et honneurs Titulature – : Son Altesse Royale le prince héritier Gustave de Suède. – : Sa Majesté le roi de Suède. Armes Le roi était grand maître de l’ordre des Séraphins et ses armoiries sont exposées dans l’église de Riddarholmen :

Notes

Annexes Bibliographie Claude Nordmann, : un démocrate couronné, Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve-d'Ascq, 1986. ; [Collectif], Le Soleil et l'Étoile du Nord - La France et la Suède au XVIIIe siècle, 1994 (catalogue de l'exposition présentée à Stockholm puis aux Galeries nationales du Grand Palais, à Paris), 467 pages.

Articles connexes Guerre russo-suédoise de 1788-1790

Liens externes

Elena Balzamo, « On a tiré sur le roi ! »

* Catégorie:Roi de Suède du XVIIIe siècle Catégorie:Maison de Holstein-Gottorp Catégorie:Personnalité de la franc-maçonnerie suédoise Catégorie:Personnalité de la franc-maçonnerie initiée avant 1800 Catégorie:Personnalité ayant donné son nom à une ville Catégorie:Chevalier de l'ordre de Saint-André Catégorie:Récipiendaire de l'ordre des Séraphins Catégorie:Naissance en janvier 1746 Catégorie:Naissance à Stockholm Catégorie:Décès en mars 1792 Catégorie:Décès à Stockholm Catégorie:Décès à 46 ans Catégorie:Souverain suédois assassiné Catégorie:Assassinat par arme à feu Catégorie:Personnalité inhumée dans l'église de Riddarholmen Catégorie:Mort assassiné au XVIIIe siècle Catégorie:Mort assassiné en Suède