James Springer White ( - ) est un pasteur adventiste américain, qui fonde avec sa femme Ellen (Harmon) White et Joseph Bates, l'Église adventiste du septième jour. Il crée en 1849 The Present Truth (aujourd'hui, Adventist Review), le premier périodique adventiste. Il est l'initiateur de l'organisation de l'Église adventiste du en 1860 et de la création de la Conférence Générale (le siège mondial) en 1863, dont il est le président à trois reprises. Il démarre de nombreuses institutions adventistes : des périodiques, des imprimeries, des structures scolaires et médicales. Il contribue au lancement des Missions adventistes à travers le monde.

Biographie Enfance et adolescence James Springer White nait le à Palmyra dans le Maine. Il est le cinquième des neuf enfants de John et Elisabeth White. Son père est le descendant d'un des colons qui débarquent aux États-Unis à bord du Mayflower et fondent en 1620 la colonie de Plymouth dans le Massachusetts. Jusqu'en 1820, le Maine est un district du Massachusetts.

Durant son enfance, James White a une maladie qui le rend partiellement aveugle et l'empêche d'aller à l'école. Il est le bras droit de son père dans la ferme familiale et développe ainsi une belle stature et une puissance physique remarquable. Durant son adolescence, il s'intéresse peu à la religion. À l'âge de 15 ans, il est néanmoins baptisé et devient membre de l'Église chrétienne (aussi appelée la connexion chrétienne). Il ne consomme pas d'alcool ni de tabac et ne jure pas, mais il pense qu'il n'avait pas de temps pour les choses spirituelles.

Prédicateur millérite À 19 ans, la vue de James White devient normale. Il étudie alors à St Albans Academy. Il obtient un certificat d'instituteur et enseigne brièvement dans une école. En 1840, il entend parler de William Miller qui annonce que le Christ reviendrait vers 1843-1844. Bien qu'incrédule, il accepte d'assister à un camp meeting millérite pour faire plaisir à sa mère. En entendant les sermons puissants, il a la conviction que Dieu dirige le mouvement. Il se sent appelé à avertir le monde de la venue de Jésus, mais résistant à cet appel intérieur, il étudie à Newport Academy.

En , James White entend William Miller et Joshua Himes à Castine dans le Maine. Il quitte alors les études et parcourt à cheval les villages et les villes de la région. Au cours de l'hiver 1843-1844, plus de mille personnes acceptent le message du retour du Christ l'écoutant prêcher avec puissance et chanter de sa voix de baryton un chant adventiste populaire :

Vous verrez le Seigneur revenir (ter) dans quelques jours. Alors qu'un ensemble musical (ter) résonnera dans les airs.

Son succès ne passe pas inaperçu. En , l'Église chrétienne ordonne James White comme pasteur.

Le désappointement d' est immense pour James White. Quand Joshua Himes visite les millérites à Portland dans le Maine quelques jours plus tard, il ne peut contrôler ses larmes : "Mes émotions furent presque incontrôlables. Je quittai le lieu de réunion en pleurant comme un enfant." Cependant la foi de White au retour du Christ ne chancela jamaisRichard Schwarz et Floyd Greenleaf, Light Bearers : A History of the Seventh-day Adventist Church, Nampa : Pacific Press Publishing Association, 2000..

Rédacteur en chef de la Review and Herald Au début de 1845, à une réunion à Orrington dans le Maine, James White entend Ellen Harmon raconter une vision qu'elle a eue en . Ce qu'il entend le persuade qu'elle est une messagère de Dieu. Il l'accompagne souvent durant ses voyages d'encouragement aux millérites. Ils se marient le . Peu après, ils lisent le livre de Joseph Bates, The Seventh-day Sabbath, A Perpetual Sign (Le sabbat du septième jour : un signe perpétuel) et se mettent à observer le sabbat..

Avec Joseph Bates, James White dirige "les conférences sur le sabbat et le sanctuaire" de 1848-1850 au cours desquelles les adventistes posent les bases de leur théologie. Sur le conseil d'Ellen White, il démarre en la publication du Present Truth (La vérité présente), le premier périodique adventiste. Après avoir créé Advent Review (La revue de l'avènement) en 1850, James White fusionne les deux revues en une seule : Second Advent Review and Sabbath Herald - appelée par abréviation, la Review and Herald (aujourd'hui Adventist Review, La Revue adventiste). Toute sa vie, les publications demeurent sa plus grande passion.

Organisateur de l'Église adventiste du septième jour

Durant la décennie 1850, James White mène une campagne acharnée en faveur d'une organisation des adventistes en Église. Expulsés de leurs églises durant le réveil millérite, ceux-ci ont ce système en aversion. White réalise très tôt que sans organisation, ils sont inefficaces et dispersés. Avec relativement peu de soutien, il travaille sans relâche, avançant étape par étape, vers cet objectif :

Vers la fin de 1849, il imprime le premier recueil de chants adventiste. En 1851, il procède aux premières ordinations de pasteurs adventistes. En 1852, il achète une presse et institue l'École du sabbat pour les enfants. En 1852, il crée et est le rédacteur en chef du Youth Instructor, un périodique pour la jeunesse. En 1855, il fait l'acquisition de l'imprimerie de Battle Creek, la première institution légale adventiste. James White devient alors le directeur de l'imprimerie et Uriah Smith (1832-1903) est le rédacteur en chef de la Review and Herald. En 1859, il généralise le plan de "générosité systématique", une collecte de fonds servant à payer les pasteurs.

James White convoque les adventistes à Battle Creek dans le Michigan à une assemblée générale du au . Joseph Bates est nommé président de séance et Uriah Smith secrétaire. White propose aux adventistes de se donner un nom. "Le bébé a grandi, déclara-t-il. Il est temps de lui donner un nom." Il raconte comment à chaque étape, il a rencontré de l'opposition, mais que toutes ces choses contribuent au développement de leur cause. Après une longue discussion, ils votent le nom proposé par David Hewitt : les adventistes du septième jour. Ils sont alors 3000 membres.

En , les adventistes procèdent à la création de leur première Fédération d'églises locales : la Fédération du Michigan. Très rapidement, sept autres Fédérations se forment en 1862. Puis sous l'initiative de James White, du 20 au , les délégués de chaque Fédération se réunissent à Battle Creek pour fonder la Conférence Générale de l'Église adventiste (la direction mondiale). Ils élisent White comme président mais il refuse, ne voulant pas laisser l'impression qu'il s'est battu pour une organisation dans le but de la diriger. John Byington (1798-1787), un ancien pasteur méthodiste, devient ainsi le premier président de la Conférence Générale. White laisse éclater sa joie : "L'organisation a sauvé la cause. La sécession est morte parmi nousJames White, Review and Herald, 6 octobre 1863.."

La guerre de Sécession

White utilise le mot "sécession" à dessein. Les États-Unis sont en pleine guerre civile. À partir du , la guerre de Sécession fait rage entre les états du sud (esclavagistes) et les états du nord (abolitionnistes). En , Ellen White a une vision et avertit les adventistes que la guerre serait longue et violente, une révélation à contre-courant de l'opinion largement répandue chez les nordistes que la guerre serait courte. Dans une déclaration publiée en 1863, elle souligne que Dieu déverserait son jugement sur les États-Unis pour "le grand crime de l'esclavage". La raison du prolongement de la guerre serait double, affirma-t-elle : "Il punira le sud pour le péché de l'esclavage et le nord pour avoir toléré si longtemps son influence envahissante et insupportableJohn Loughborough, Rise and Progress of the Seventh-day Adventists, Battle Creek, 1892,.Louis Reynolds, We have Tomorrow : The Story of American Seventh-day Adventists with an African Héritage, Washington : Review and Herald, 1984.".

Les adventistes sont partagés sur la position à adopter. Comme les millérites, ils sont abolitionnistes. Certains participent activement à libérer des esclaves, en particulier par le réseau souterrain du train qui arrive à Battle Creek. L'abolitionniste adventiste la plus célèbre n'est nulle autre que Sojourner Truth (1797?-1883), une esclave émancipée en 1828, qui est une conseillère du président Abraham Lincoln et une amie personnelle d'Ellen White, de John Byington et de John Kellogg (le père de John Harvey Kellogg), deux adventistes activement engagés dans le réseau de libération des esclaves. En 1843, Sojourner Truth assista à deux camp-meetings millérites et à partir de ce moment-là s'identifia aux adventistes jusqu'à la fin de ses jours. Uriah Smith la baptisa en 1859Jean-Luc Chandler, L'adventisme à la Martinique : l'histoire et la mission, Martinique : Caraib Ediprint, 2003, .Charles Dudley, Thou who hast brought us thus far, vol.3, Mansfield : Bookmasters, 2000..

Malgré leurs vues abolitionnistes, les adventistes ne se précipitèrent pas pour s'engager dans l'armée nordiste parce qu'ils ne virent pas comment ils pourraient respecter le quatrième commandement (sur le sabbat) et le sixième commandement ("Tu ne tueras pas") de la loi morale (Exode 20). Vers l'automne 1862, l'opinion de James White sembla établie en faveur du service non combattant. Si le gouvernement rendait l'incorporation obligatoire, les adventistes ne devaient pas lui résister mais ils pouvaient servir l'armée comme infirmiers, cuisiniers, ou tout autre service qui ne les amenaient pas à utiliser des armes pour tuer des êtres humains. Mais avec le prolongement de la guerre, le gouvernement américain réclama un nombre toujours plus important de soldats. Il devint plus difficile d'échapper à une incorporation obligatoire. Sur une suggestion de James White, les adventistes jeûnèrent et prièrent en février et pour une fin rapide du conflit. À leur grand soulagement, le , le général sudiste Robert Lee signa l'acte de reddition.

Problèmes de santé Après avoir été élu président de la Conférence Générale en , en dépit de ses objections, James White subit le à 44 ans une attaque de paralysie. Pendant trop d'années, il s'était surmené, faisant communément le travail surhumain de trois ou quatre personnes malgré les protestations de sa femme. Cinq semaines plus tard, il entra à "Notre foyer sur la colline", un établissement du Dr. James Jackson à Dansville dans l'État de New York. Il y resta jusqu'au mais son rétablissement fut long et difficile. Un an plus tard, sur l'insistance d'Ellen White, James passa environ trois mois hors de Battle Creek afin de reposer et faire de l'exercice (contre son gré). D'une manière générale, il eut toujours du mal à réfréner son activité furieuse mais attentive, sa femme veilla au grain. Au cours de sa vie, il subit néanmoins trois autres attaques de paralysie, moins graves que la première, qui le firent souffrir périodiquement.

Président de la Conférence Générale

Durant les décennies 1860 et 1870, James White fut le leader incontesté de l'Église adventiste. Il fut à l'origine de plusieurs initiatives importantes :

En 1865, il publia How to live, la première publication adventiste sur la santé. En 1866, il créa le Health Reformer, un périodique sur la santé. En 1866, il contribua au démarrage de l'Institut de la santé, la première institution médicale adventiste. En 1869, il fonda et dirigea la "Société missionnaire adventiste du septième jour". En 1870, il officialisa les sociétés adventistes de distribution d'imprimés. En 1872, il invita John Kellogg à étudier la médecine, lui prêtant 1000 dollars pour payer ses dépenses à l'école médicale de l'hôpital de Bellevue à New York. En 1873, il incita les adventistes à construire le collège de Battle Creek, le premier centre universitaire adventiste. En 1874, il encouragea les adventistes à envoyer des missionnaires dans le monde entier. John Andrews se rendit la même année en Europe.