Ni vu, ni connu est un film français réalisé par Yves Robert et sorti en 1958. Inspirée du roman L'Affaire Blaireau d'Alphonse Allais, publié en 1899 dans La Revue blanche, la comédie est l'un des premiers films à offrir un rôle principal à l'acteur Louis de Funès, entouré de Moustache et de deux futurs grands noms du cinéma comique français, les jeunes Pierre Mondy et Claude Rich. À sa sortie en , Ni vu, ni connu recueille de très bons résultats au box-office, obtenant plus de deux millions d'entrées. Le film est la troisième adaptation au cinéma du livre après le film muet de 1923 L'Affaire Blaireau de Louis Osmont puis le film L'Affaire Blaireau réalisé par Henry Wulschleger, en 1932. Un téléfilm éponyme est réalisé en 2010 par Jacques Santamaria, dans le cadre de la série Contes et nouvelles du sur la chaîne France 2.

On peut noter que le scénario adapté par Yves Robert, Jean Marsan et Jacques Celhay se distingue du roman, notamment en supprimant l'aspect criminel, en le remplaçant par un traitement plus trivial, léger et comique.

Synopsis Dans la ville de Montpaillard, la rivalité entre le facétieux braconnier Blaireau, aidé de son Jack Russell terrier « Fous-le-Camp », et son ennemi le garde-champêtre Parju provoque bien des remous. Le moindre prétexte est bon à Parju pour « coffrer » Blaireau. Parfaitement formé à l'exercice, Blaireau parvient à surclasser les principaux notables par son talent, lors du concours de pêche organisé par la commune, dont il est très largement vainqueur.

Lors d'une méprise, alors que le garde champêtre est assommé par inadvertance par Armand Fléchard, jeune professeur de piano amoureux d'Arabella la fille des châtelains, Parju croit que Blaireau est l'auteur du délit. Il le fait arrêter illico et, jugé coupable, Blaireau est incarcéré. Les notables de la commune ont toujours bénéficié des activités de Blaireau et de ses prouesses en ce qui concerne les poissons, les écrevisses et le gibier. La pénurie commence à devenir pénible pour tous. La ville entière se ligue pour sortir le présumé coupable de cette situation et prend le parti du sympathique hors-la-loi. Toutefois, de son côté, Blaireau sait tirer avantage avec malice de toutes les situations, y compris de ces quelques jours de prison. Acceptera-t-il sortir de prison où il se trouve comme un coq en pâte ?

Fiche technique Titre original : Ni vu, ni connuLe titre du film est graphié Ni vu... Ni connu... sur l'affiche et pour la sortie en vidéo. Réalisation : Yves Robert Scénario : Yves Robert, Jean Marsan et Jacques Celhay, d'après le roman L'Affaire Blaireau d'Alphonse Allais Assistants réalisateurs : Claude Sautet et Régis Forissier Musique : Jean Wiener Décors : Georges Lévy Costumes : Anne-Marie Marchand Maquillage : Pierre Berroyer Photographie : Jacques Letellier Chef opérateur : Jean Boffety Son : Jacques Lebreton Montage : Gilbert Natot Montage assistante : Marie-Josèphe Yoyotte Production : Jules Borkon Direction de production : Margot Capelier et Pierre Laurent Société de production : Champs-Elysées Productions Société de distribution : Pathé Consortium Cinéma Pays de production : Langue originale : français Budget : 105 millions d'anciens francs (soit environ en ) Format : noir et blanc — 35 mm — 1,66:1 — son monophonique Genre : comédie Durée : 91 minutes. Date de sortie : (France) Classification CNC : tous publics (visa d'exploitation délivré le ) Affiche : André Bertrand (France)

Distribution

Louis de Funès : Léon Blaireau Moustache : Ovide Parju Noëlle Adam : Arabella de Chaville Madeleine Barbulée : de Chaville Claude Rich : Armand Fléchard Frédéric Duvallès : M. Dubenoit, le maire Roland Armontel : Léon de Chaville Pierre Mondy : M. Bluette, le directeur de la prison Jean-Marie Amato : Maître Guilloche Lucien Hubert : Auguste Pierre Stephen : le procureur de la république Robert Vattier: M. Lerechigneux, le juge Paul Faivre : Victor, le gardien-chef de la prison Jean Bellanger : un détenu, ex-pédicure Grégoire Gromoff : Grégory, un détenu Henri Coutet : un détenu Max Montavon : un détenu Monette Dinay : Léontine, la domestique de Dubenoit Danièle Delorme : une admiratrice à la fête du village Pierre Mirat : l'hôtelier de Montpaillard Guy Favières : un adjoint au maire Marcel Rouze : un gendarme Charles Bayard : un assesseur du juge Yves Robert : le photographe lors du mariage (caméo) Jacques Couturier : un gendarme Raoul Saint-Yves : le détenu qui chante Bernard Charlan : le docteur Jimmy Perrys : Antoine, le détenu ex-tailleur Colette Ricard : Mademoiselle Rose Marc Blanchard : M. Duranfort Jeanne de Funès : une admiratrice (non créditée) Avec le chien « Fous-le-camp », le corbeau « Napoléon », la pie « Lucienne », le cochon « Parju » et les membres du Club de la fine gaule

Autour du film Le film est tourné du au , notamment aux studios Franstudio.

Le concours de pêche est mis en scène sur le canal de Bourgogne, plus précisément situé à Braux, à de Semur-en-Auxois. Le personnage de Blaireau (Louis de Funès) y clame régulièrement « 54 ! », son numéro de candidat au concours, à chacune de ses pêches fructueuses après avoir tapé du pied sur le sol. La scène du braconnage aux truites a eu notamment lieu dans l'Armançon ; celle où le garde-champêtre coule avec la barque, se situe sur le lac de Pont. Plusieurs autres scènes d'extérieur sont tournées en Côte-d'Or à Semur-en-Auxois (dans un hôtel de la rue du Rempart et place Notre-Dame) ainsi qu'au Château de Marigny-le-Cahouët. L'ensemble des scènes de braconnage, la scène du concours de pêche, tous les accrochages entre Blaireau et Parju, ainsi que les séquences avec le chien Fous-le-camp, sont des inventions propres au film n'existant pas dans le roman.

Deuxième rôle au cinéma pour Noëlle Adam et cinquième film de cinéma pour Claude Rich, ce long-métrage est le dernier tourné par Monette Dinay.

En illustration musicale, tout au long du film on remarque différentes adaptations de la pièce La Truite composée par Franz Schubert. Le chien nommé « fous-le-camp » s'apparente à un Jack Russell terrier dont les poils ne seraient pas tondus. vignette|redresse|gauche|Un « cousin » du chien du film, nommé « Fous-le-camp ».

Sortie et accueil Accueil critique Le film reçoit un accueil critique favorable dès sa sortie., qui salue notamment la prestation de Louis de Funès. Pour la critique du Figaro, et le rôle de Blaireau . De même, le journal La Croix, élogieux, est ravi de le voir .Le magazine américain Variety, s'il n'apprécie pas le film, cite la prestation de l'acteur comme un point fort. Libération salue le talent comique de l'acteur, qui . Max Favalelli de Paris-Presse le trouve , le comique vedette de l'époque. Dans Le Monde, Jean de Baroncelli constate que . Favalelli et de Baroncelli deviennent dès lors d'indéfectibles soutiens funésiens dans la presse critique.

L'hebdomadaire protestant Réforme juge que le film et son interprète principal relèvent le niveau du cinéma comique d'alors. L'Humanité se félicite d'avoir vu une . Citant un cinéaste comique considéré de qualité, Le Figaro qu'il y a du , mais trouve que la réalisation d'Yves Robert manque encore d'expérience.

Box-office Pour sa première année d'exploitation dans les salles, Ni vu ni connu est vu par , le hissant à la place du box-office annuel de 1958.. L'année suivante, le film poursuit modestement sa carrière sur grand écran avec supplémentaires, portant le cumul à .. En 1965, alors que Louis de Funès triomphe avec Le Gendarme de Saint-Tropez, Fantômas et Le Corniaud, le long-métrage obtient , totalisant depuis sa sortie à .. Finalement, Ni vu ni connu totalise ..

Sorties à l'étranger En Union soviétique, le film rassemble de spectateurs..

Éditions en vidéo À la fin des années 1980, l'éditeur René Chateau récupère les droits vidéo du film et sort une version au format 4/3 en vidéocassette, en 1991. puis en 1992.. En 1998, René Chateau et TF1 Vidéo sortent le film en vidéocassette VHS, toujours en version 4/3. En , René Chateau édite le film en DVD dans sa collection Les Années cinquante..

Trois ans après proposé une édition en DVD dans sa collection Gaumont Découverte DVD., Ni vu, ni connu sort en Blu-ray, par Gaumont en 2015, dans une version restaurée.. La face avant de la jaquette utilise une illustration colorisée, tandis que le film reste dans son format d'origine en noir et blanc. L'édition contient deux bonus, dont un entretien avec Bertrand Dicale, biographe de Louis de Funès, ainsi qu'une bande-annonce.

Notes et références

Annexes Articles connexes L'Affaire Blaireau (film, 1923), première adaptation du roman, film muet sorti en 1923 L'Affaire Blaireau (film, 1932), deuxième adaptation du roman, sortie en 1932 Alphonse Allais Braconnage 1958 au cinéma / Box-office France 1958

Bibliographie : texte intégral du roman . .

Liens externes

Scénario du film sur l'Internet Movie Script Database.

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