Menahem ben Juda ben Hizkiya (Menahem fils de Judas fils d'Ézéchias) ou Menahem ben Yaïr (Menahem fils de Jaïr), est un patriote judéen, dirigeant des Sicaires et un prétendant à la messianité du de l'ère commune.

Éléments biographiques

Selon Flavius JosèpheFlavius Josèphe, La Guerre des Juifs, . chapitre 17, §§ 8-10., seule source sur le personnage, Menahem est le fils de Juda ben Hizqiya le Galiléen (Judas fils d'Ézéchias)Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien du avant notre ère au de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, ., fondateur du parti des Zélotes, dont les Sicaires sont originellement une branche. Toutefois, certains critiques estiment plus vraisemblable qu'il ait été le fils de Yaïr ben JudaJona Lendering, Messianic claimants : Menahem, consulté le 23/01/2010. (Jaïr fils de Judas le Galiléen). Il serait identique au Menahem ben Hizqiya mentionné dans le TalmudT.B. Sanhédrin 98b..

Rassemblant de nombreux hors-la-loi sous ses ordres, il envahit, en 66 EC, la forteresse de Massada, exterminant la garnison romaine qui l'occupe et donnant le signal du déclenchement de la révolte. Il vient alors renforcer les insurgés de Jérusalem et aide à prendre le palais d'Hérode. Alliés à Eleazar ben Hanania, commandant du Temple, un des chefs zélote et fils de l'ancien grand-prêtre Ananias de Zébédée, ils assiègent la garnison romaine dans la forteresse Antonia. Menahem n'assiste pas à la reddition des forces romaines qui intervient juste après sa mort. Les troupes romaines sont alors désarmées et autorisées à se replier vers le nord. Elles seront toutefois massacrées au cours de leur retraite, alors que les blessés et les faibles que les Romains ont abandonnés à Jérusalem sont achevés.

Ivre de succès, Menahem se réclame dirigeant de tous les Zélotes. Il se présente à Jérusalem « paré comme un roi » selon l'expression de Flavius Josèphe et prend pendant une brève période la direction de tous les insurgés. Cela permet à ses partisans, aidés par certains Zélotes d'éliminer beaucoup de modérés, partisans d'un compromis avec les Romains. Il fait ainsi tuer plusieurs personnalités de Jérusalem dont l'ancien grand-prêtre Ananias (août 66Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien du avant notre ère au de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, .), père de son allié (Guerre des Juifs, , § 441). Il pourrait s'être déclaré Messie et semble avoir suscité des espoirs dans la population ( Talmud, sanhédrin 98b: « le consolateur [Menahem] qui soulagera est parti au loin », en référence à Lamentations 1:17K. Kohler & H. G. Friedmann, Pseudo-Messiahs, Menahem ben Juda in Jewish Encycopledia, éd. Funk & Wagnalls, New York 1901-1906).

Mais très vite Eleazar ben Hanania fomente une conspiration pour se débarrasser de son ennemi et rival. Ses anciens alliés du parti zélote le soupçonnent et veulent aussi probablement venger la mort du père et de l'oncle de leur chef (Ezéchias). Ils attaquent par surprise Menahem et ses partisans à coup de pierres alors que celui-ci se rend en grande pompe au TempleChristian-Georges Schwentzel, Juifs et nabatéens: Les monarchies ethniques du Proche-Orient hellénistique et romain, Presses universitaires de Rennes, 2013, Rennes (France), .. Il parvient toutefois à s'échapper et se cache sur le versant de l'Ophel où il est capturé. Il est torturé et exécuté en même temps que ses gardes. Cet assassinat provoque l'émiettement de la révolte en plusieurs bandes rivales, ouvrant ainsi une guerre civile sans pitié entre les différentes sectes juives. Les partisans de Menahem se réfugient alors dans la forteresse de Massada sous les ordres d'un petit-fils de Judas de Gamala, Eleazar Ben Yair (Éléazar fils de Jaïr) qui devient le chef des Sicaires.

Sicaires et Zélotes

Menahem appartient à ce qui a parfois été appelé « une dynastie » de révoltés opposés aux Hérodiens et aux Romains, bien que cela puisse paraître exagéréSimon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien du avant notre ère au de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, .. À partir du déclenchement de la Grande révolte juive (66), Flavius Josèphe le présente comme le chef des Sicaires. Le même auteur donne des informations qui semble indiquer que le père de Menahem, Judas le Galiléen a fondé un mouvement d'idée distinct des Sadducéens, des Pharisiens et des EsséniensSimon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien du avant notre ère au de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, . qu'il appelle la philosophie et qu'il rend responsable de la révolte et de la destruction du Temple de Jérusalem.

Bien que Flavius Josèphe n'utilise pas Après avoir utilisé le terme de «  philosophie », Josèphe désigne par la suite ce même groupe, de manière contradictoire, par l'appellation « sicaire » et non par celle de « zélotes ». Chez Flavius Josèphe, le terme Sicaire apparaît en 56, à l'époque du procurateur Antonius Felix lorsqu'ils assassinent le grand prêtre Jonathan ben Hanan.

Selon Simon Claude Mimouni, malgré cette confusion terminologique de Flavius Josèphe, on est certain que l'appellation « sicaire » vient des Romains et que l'appellation « zélotes » vient des JuifsSimon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien du avant notre ère au de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, .. Certains critiques estiment d'ailleurs que ces deux noms sont les appellations externe et interne du même mouvement. Une rupture entre ces deux groupes intervient dès le début de la révolte. Toutefois pour des historiens comme Mireille Hadas-Lebel ou Christophe Mézange, les héritiers du mouvement galiléen sont les Sicaires, alors que les Zélotes sont , dont le chef est Éléazar fils d'AnaniasSimon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien du avant notre ère au de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, . et qui sont disciples de l'école de ShammaïMireille Hadas-Lebel, Jérusalem contre Rome, Cerf, Paris, 1990, ..

Pour Simon Claude Mimouni, et que le mouvement de Judas le Galiléen relevait de la première entité plutôt que de la seconde.

Arbre généalogique

Certains critiques estiment que Menahem n'est pas le fils de Judas mais de Yaïr/Jaïre, ce qui n'est pas représenté ici. Cet arbre est tiré du livre Le Judaïsme ancien du avant notre ère au de notre ère, de Simon Claude MimouniSimon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien du avant notre ère au de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, ..

Bibliographie Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien du avant notre ère au de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF Mireille Hadas-Lebel, Jérusalem contre Rome, Cerf, Paris, 1990 Horsley R. A., Menahem in Jerusalem. A Brief Messianic Episode among the Sicarii, Not "Zealot Messianism", in Novum Testamentum Leiden 1985, vol. 27, ,

Notes et références

Catégorie:Adversaire de la Rome antique Catégorie:Personnalité juive de l'époque romaine Catégorie:Personnage du Talmud