Une inondation est la submersion temporaire, naturelle ou artificielle, d'un espace par de l'eau liquide. Ce terme est fréquemment utilisé pour décrire : le débordement d'un cours d'eau, en crue puis en décrue, sur les terrains voisins ; l'eau se répand dans le lit majeur, les talwegs et les dépressions topographiques ; selon la pente et l'intensité du phénomène l'eau peut être plus ou moins stagnante ou au contraire affectée d'une vitesse plus ou moins grande ; le ruissellement très important d'origine pluviale, soit sur des terres cultivées (inondation boueuse), soit en zone imperméable urbanisée ; le débordement ou les conséquences de la rupture d'ouvrages artificiels hydrauliques tels que barrages, digues, canalisations (agricoles, d'eau potable, d'assainissement) ou la rupture d'une retenue naturelle comme celle d'un lac glaciaire, provoquant une inondation soudaine ; la remontée émergente d'une nappe phréatique ; l'envahissement temporaire par la mer d'une zone côtière lors d'une submersion marine ou d'un tsunami.

L'inondation est un des principaux risques naturels dans le monde ; c'est la catastrophe naturelle causant le plus de dégâts. Pour la période 1996-2005, environ 80 % des catastrophes naturelles mondiales étaient d'origine météorologique ou hydrologique. et elles devraient s'aggraver dans beaucoup de ports Hallegatte, S. et al. Assessing climate change impacts, sea level rise and storm surge risk in port cities: A case study on Copenhagen. Climatic Change 104, 113–137 (2011). et communes littorales Hanson, S. et al. A global ranking of port cities with high exposure to climate extremes. Climatic Change 104, 89–111 (2011). De Sherbinin, A., Schiller, A. & Pulsipher, A. The vulnerability of global cities to climate hazards. Environ. Urban. 19, 39–64 (2007). : selon une étude évaluant le coût probable de l'élévation des océans et des phénomènes météorologiques extrêmes pour les 136 principales métropoles littorales, les inondations pourraient coûter environ par an de 2010 à 2050, rien que pour ces villes « Future flood losses in major coastal cities » ; magazine Nature, le 18 août 2013.. En 2025, un Français sur quatre vit déjà en zone inondable, et ce risque grandit avec le réchauffement climatique. Causes thumb|3 derniers barrages sur la Seine, cotes du au 27 mars 2001. thumb|Barrage d'Amfreville, cotes de mars à avril 2001. Une inondation peut-être provoquée ou souhaitée dans certaines techniques culturales (rizières inondées) ou dans l'ancienne pratique des « atterrissements » ou « accoulins ». Au Bangladesh par exemple l'eau des crues annuelles charrie de tonnes de limons venus de l'Himalaya, indispensable à la fertilisation des terres agricoles. Qu'il s'agisse des moussons, de la fonte des neiges de l'Himalaya ou de cyclones tropicaux, le Bangladesh (situé à la confluence du Gange et du Brahmapoutre) est le siège d’inondations dramatiques comme celle de 1998, résultat des moussons particulièrement intenses et d'un dégel particulièrement abondant, où 66 % du pays était sous l'eau.

La plupart du temps une inondation est non désirée et a des causes naturelles ou anthropiques : causes anthropiques directes : implantations humaines inadaptées dans une plaine d'inondation ou en zone inondable ; dans le contexte urbain les surfaces imperméabilisées et dans le contexte agricole, l'imperméabilisation des sols due à une régression et dégradation des sols (battance), le fait par exemple, de certaines pratiques agricoles intensives, le drainage, peuvent accélérer le ruissellement de l'eau et en limiter l'infiltrationVoir vidéo avec le point de vue de l'ingénieur agronome Claude Bourguignon. ; certaines activités historiques de drainage dans des zones marécageuses de tourbière ont eu pour résultat d'abaisser le niveau des terres (contraction des tourbes), cause de nouvelles inondations ; . ; causes humaines indirectes liées aux modifications climatiques globales (émissions de gaz à effet de serre qui entraînent la fonte des glaciers et qui provoquent une montée du niveau des océans, des cours d'eau, ou qui pourraient entraîner des cyclones tropicaux plus intenses).

D'après le rapport 2007 du GIEC (mémento des décideursQuatrième rapport d'évaluation du Groupe de travail II du GIEC (page 7/20)) :

Typologies Les inondations résultent d’un certain nombre de conditions météorologiques avec une origine, des caractéristiques et une durée différentes. On en distingue trois grands types : lentes (inondation étendue) : comme les crues du Rhône en 1856. . et en 2003, faisant suite à une longue période pluvieuse ; brutales (crue-éclair) : après un orage violent ou un ou deux jours de fortes pluies sur sol sec, certaines inondations peuvent violemment endommager les champs, villages et villes, ainsi que de nombreuses infrastructures, comme à Florence en 1966 où l'eau a envahi de nombreux quartiers de la ville, des édifices prestigieux et détruit de nombreuses œuvres d'art entreposées dans les sous-sols des Offices. Elles peuvent être torrentielles comme en France à Nîmes en 1988, à Vaison-la-Romaine en 1992, le Gard en 2002 ou dans le Var en 2010 ; elles s'accompagnent alors souvent de coulées de boue ou de glissements de terrain ; des inondations (ou submersions) marines peuvent être dues à un tsunami, une rupture de digue ou d'écluse, ou à des conditions météorologiques exceptionnelles (exemple : tempête venant de la mer combinée à une dépression importante et une grande marée comme ce fut le cas avec la tempête Xynthia en 2010). thumb|Inondation s'écoulant sur un pont. Certaines crues éclair sont brèves et très localisées. Elles sont généralement dues à des pluies orageuses courtes mais intenses, qui ne parviennent pas à se disperser par infiltration, ruissellement ou écoulement. La cause la plus fréquente de ces inondations est un orage qui se déplace lentement et peut déverser d’énormes quantités d’eau sur une zone limitée en très peu de temps. Les orages qui se déplacent plus rapidement sont moins gênants à cet égard, car ils donnent de la pluie sur une zone plus étendue. Les crues éclair ennoient souvent des vallées ou des gorges. Quand l’air humide est poussé vers la montagne, il s’élève, et peut provoquer un orage accompagné de pluies torrentielles. Si le vent maintient l’orage stationnaire, l’eau peut ruisseler sur les pentes de la montagne et descendre jusqu’au fond de la vallée. Les gorges sont comme des entonnoirs qui accélèrent le débit de l’eau, dont la force emporte tout sur son passage.

Le niveau d'aléa lié à l'inondation est principalement lié à : la hauteur maximale de submersion, de moins de à plus d'un mètre cinquante ; la durée de submersion, de quelques heures à plusieurs semaines ; la vitesse d'écoulement, de moins de à plus d'un mètre cinquante par seconde ; la fréquence / période de retour (ie. inondation centennale) ; la soudaineté, voir la typologie des inondations ; l'ampleur, l'extension spatiale.

Lorsqu'une pluie est impliquée dans l'inondation, la hauteur ou le volume des précipitations, peut être donnée en millimètres ou en litres par mètre carré en pluviométrie car en sciences physiques ces deux unités sont équivalentes.

Conséquences vignette|Indiens du Gujarat durant leur évacuation, lors des inondations en Asie du Sud de 2017. vignette|Schéma conceptuel : Conséquences des inondations. Les inondations touchent tous les pays du globe mais avec des effets très diversifiés. Ces catastrophes naturelles ont un impact sociétal important. En 2011, elles représentaient 1 désastre naturel sur 2 et ont causé 57,1 % du total de victimes de catastrophes naturelles dans le mondeGuha-Sapir D., Vos F., Below R., with Ponserre S. (2012). Annual disaster statistical review 2011: The numbers and trends. CRED. Brussels.. Il faut donc analyser leurs impacts sur la vie et la santé, sur l'économie, mais aussi sur l'environnement et l'écologieG. Meire, 2014. Conséquence d’une inondation sur les zones humides de la vallée de la Somme - Effets sur le patrimoine floristique de la réserve naturelle de l’étang Saint-Ladre in Zones Humides Infos , 2014, Zones humides, submersions et inondations. Les politiques pour enrayer ce phénomène sont nombreuses et ne cessent de se multiplierMitchell J. K. (2003). "European River Floods in a Changing World". Risk Analysis, Vol. 23, No. 3, ., car la fréquence des inondations est en hausseLuxbacher, K., Uddin, A.M.K, (2011), Bangladesh’s comprehensive approach to disaster management, World resources report, Washington DC..

Vie et santé Les désastres hydrologiques sont ceux qui ont causé en moyenne le plus de victimes (morts et blessés) dans le monde de 2001 à 2010 (plus de et en moyenne de personnes affectées par an dans le mondeNOTT J. (2006). Extreme Events: a physical reconstruction and risk assessment. Cambridge, Cambridge University Press, 297 pages.

Les conséquences sanitaires sont notamment un risque accru de maladies infectieuses (maladies hydriques notamment dont choléra, malaria, dengue, leptospirose, fièvre jaune, infections cutanées ou respiratoires), des blessures physiques et de la malnutritionCoulombier & al. (1998), Mission épidémiologique sur les conséquences sanitaires du passage de l’ouragan Mitch en Amérique Centrale. Institut National de Veille Sanitaire [en ligne, consulté le 26/10/12], 306 p SCHATZ, J. (2008). "Floods hamper health-care delivery in southern Africa". The lancet, [en ligne, consulté le ]2012 : « Une grave épidémie de fièvre jaune touche le Darfour » sur Le Monde.fr, consulté le 05/05/13.. Ces conséquences peuvent être provoquées directement après la catastrophe ou à la suite d'un manque d’hygiène Khandlehla, M. et May, J.(2006) "Poverty, vulnerability and the impact of flooding in the Limpopo Province, South Africa". Nat Hazard, 39: 275–287. [en ligne, consulté le ] Alderman K., Turner L.-R. et Tong S. (2012). “Floods and human health : A systematic review”, Environment international, vol. 47, [en ligne, consulté ]. Un accès diminué à l'hygiène et aux soins et médicaments aggrave la vulnérabilité à d'autres maladies tel que le VIH. Des troubles psychologiques découlent souvent de la perte de proches, du logement ou des moyens de subsistance, se manifestant parfois par une perte du sens de la réalité, insomnies, cauchemar qui peuvent aussi contribuer à la dégradation de l’état physique des victimes. Des fractures et amputations sont fréquentes. Enfin, une malnutrition peut être induite par les pertes de cultures et d'animaux d'élevage et/ou la contamination des stocks d’eau potable DE GARINE, I.(1993) « Coping Strategies in Case of Hunger of the most Vulnerable Groups among the Massa and Mussey of Northern Cameroon ». GeoJournal, 30.2: 159-166. [en ligne, consulté le 05/04/13]Pan American Health Organization (1998). “Impact of hurricane Mitch in Central America”. Epidemiological bulletin, 19(4) [en ligne, consulté le 26/10/12]Marchand H. (2006). “Impacts of the tsunami on a Marine National Park area-Case study of Lanta Islands (Thailand)”, Ocean & Coastal Management, vol. 49, [en ligne, consulté le 18/10/12]. En effet, si l’on prend comme exemple le passage d’un tsunami au-dessus d’un puits, cela aura pour conséquence d’augmenter la concentration en sel de l’eau, avec aussi un impact important au niveau de la végétation. De nombreuses pertes humaines résultent soit directement de l’inondation, soit des éléments développés ci-dessus, à divers niveaux d’intensité (voir schéma).