Le musée archéologique de Paros est situé à Parikiá, la ville et port principal de l'île de Paros dans les Cyclades, en Grèce.

Fondé en 1960, il dépend du ministère grec de la culture (vingt-et-unième éphorat des antiquités préhistoriques et classiques). Organisé en deux ailes autour d'une cour, le musée expose des objets allant du Néolithique à l'époque romaine : vases, statues, objets de la vie quotidienne, stèles funéraires ou éléments architecturaux. Il abrite les découvertes faites sur le site néolithique le plus ancien des Cyclades : celui de l'îlot de Saliagos remontant aux On peut y voir aussi une des premières statues connues de Gorgone, une partie de la célèbre « Chronique de Paros » et une grande mosaïque romaine représentant les travaux d'Hercule. La majeure partie des objets provient des fouilles archéologiques sur l'île ainsi que sur sa voisine Antiparos et est en marbre de Paros. Le musée compte de nombreuses œuvres originales des périodes archaïque et classique, alors que bien souvent celles-ci ne sont connues que par leurs copies hellénistiques ou romaines. Cela fait du musée archéologique de Paros un musée de province important.

Musée thumb|left|La cour du musée, vers l'ouest : les niches d'exposition sont visibles le long du mur nord ainsi que la basilique de la Panaghia Katapoliani à travers les pins.

Les premières découvertes archéologiques sur l'île de Paros furent entreposées dans la basilique de la Panaghia Katapoliani. Dans les années 1950, lors de la construction du lycée de Paros, une partie du bâtiment fut expressément prévue pour abriter les collections archéologiques. Sur un terrain municipal, une aile et une cour furent dédiées au musée. L'éphore Nikólaos Zafirópoulos fut chargé d'organiser les premières collections. L'ouverture du musée eut lieu en 1960 : il n'exposait alors pratiquement que des statues des Dès cette date, il se révéla insuffisant car de nouvelles fouilles avaient mis au jour un grand nombre d'objets. La construction d'une nouvelle aile commença immédiatement. Elle fut prête à la fin de la décennie 1960. Les deux ailes du musée ne communiquent pas directement, mais elles sont reliées par un portique d'abord entièrement ouvert. La moitié nord du portique fut close dans les années 1970 quand de nouveaux objets (dont la statue de l'Artémis Délia) furent ajoutés à la collection. Ces objets pouvaient supporter d'être présentés en extérieur, mais sans être totalement exposés aux intempéries. Les ailes du musée ferment au sud et à l'est une vaste cour. Des niches ont été installées dans le mur de la partie nord afin d'y présenter des objets. L'éphore N. Zapheiropoulos voulait proposer une partie de la collection dans son « environnement naturel », au milieu de la végétation cycladique et sous le soleil grec. C'est aussi pour cette raison que le mur ouest de la cour est suffisamment bas pour permettre aux visiteurs d'avoir une vue sur la ville de Parikiá (le musée est un peu en hauteur) et surtout sur la basilique de la Panaghia KatapolianiHistoire, ministère grec de la culture...

thumb|upright=2|Plan du musée

Le musée abrite les découvertes des fouilles archéologiques sur l'île, en grande partie les fouilles de sauvetage dans Parikiá menées par la seconde éphore Photeini Zapheiropoulou qui réorganisa aussi les collections. Son collaborateur sur les chantiers de fouilles et au musée à partir de 1986, Yannis Kourayos, fit de même. Des travaux de réfection et d'extension ont été réalisés au musée en 1995. Ainsi, la partie administrative qui était installée dans la première aile construite fut transférée à l'entrée sud-ouest de la cour, dans un bâtiment construit spécifiquement dans ce but. Sa collection de sculptures originales des périodes archaïque et classique, alors que souvent les œuvres de ces périodes sont plus connues via leurs copies hellénistiques ou romaines, en fait un musée de province important.

Les statistiques de fréquentation du musée laissent supposer qu'il est surtout visité par des touristes, de mai à septembre.

Le tableau ci-dessous présente le nombre de visiteurs gratuits et payants par année et par mois. La deuxième colonne indique le nombre total de visiteurs annuels.Source : Autorité hellénique de la statistique (ELSTAT), mars 2021. TotalJanvierFévrierMarsAvrilMaiJuinJuilletAoûtSeptembreOctobreNovembreDécembre2005160844166778626200617716850451685242007760715415149136200836017047250988512009131962778940479622120102018693999424614418201127499777147035282012332070587820931 7469571774620134211106351925644656720147292104401596853820153112814042689515336201611166147538602715120171915616365798238081201821118141532150392019292493817154622020112416ferméfermé4364960339225fermé

Le tableau ci-dessous présente les recettes par année et par mois en euros (€). La deuxième colonne indique les recettes totales annuelles.Source : Autorité hellénique de la statistique (ELSTAT), mars 2021. TotalJanvierFévrierMarsAvrilMaiJuinJuilletAoûtSeptembreOctobreNovembreDécembre2005120312986929200613417160684875222007122280600160062510830200811010058080084332009102664551607582420101063025564640202011262083633626552420122618412288909954338512201323126532379382152014302482530841852420151956150488178492016163217737281431212017161147566114342018151988543145432019161533742122382020122824ferméfermé4989516fermé

Collection Extérieur du musée À l'extérieur du musée, dans les parterres le long de la rue piétonne montant depuis le port, des fragments architecturaux sont dispersés tandis que le long du mur ouest sont exposés trois sarcophages d'époque romaine, spécifiques à l'île durant cette période. Ils servaient de sépulture familiale. Les décors sculptés sur les parois représentent des scènes caractéristiques de l'art funéraire : banquet ou défunt assis. Les couvercles à pignon supportaient les bustes des défunts..

Cour La cour centrale autour de laquelle sont organisées les ailes du musée regroupe un grand nombre d'objets divers et variés : stèles funéraires, sarcophages, urnes funéraires de marbre, statues et éléments d'architecture. Le long du mur sud sont alignés des sarcophages dits « anthropomorphiques » ou « phéniciens ». Ils sont uniques en Grèce et remontent à l'époque archaïque. Ils sont probablement grecs, mais une provenance d'un atelier phénicien n'est pas exclue. Ils attestent tout au moins des relations entre l'île et le Proche-Orient ancien. En plus des stèles funéraires, une stèle avec l'inscription « », qui marquait les limites antiques de la cité, est visible dans la cour. Elle remonte au et a été découverte à proximité des carrières de marbre. Non loin, cinq stèles avec « » servaient quant à elles à marquer les limites du sanctuaire d'Apollon délien. L'autel circulaire avec les guirlandes et les têtes de taureau remonte à l'époque hellénistique et avait une fonction funéraire ; il a été découvert dans les fondations de la basilique de la Panaghia Katapoliani. Les urnes funéraires de marbre (kalpides) remontent aux ...

Le long du mur nord, des antiquités sont exposées dans cinq niches carrées. Des stèles funéraires romaines décorées de « nekroedeipna » y sont visibles : un couple allongé sur un lit ; diverses stèles funéraires d'époque romaine ; une statue (fragmentaire : tête, bras et bas des jambes manquent) d'Artémis remontant aux A780 découverte près du village de Kóstos, la déesse porte un péplos attique avec la ceinture sous la poitrine, ses bras étaient sculptés indépendamment et fixés sur le buste (ils ont aussi été perdus) ; des reliefs votifs dédiés à Artémis, dont celui la représentant en chiton courtA735, debout devant un autel, carquois sur le dos ; des bustes romains et un immense pithos archaïque..

La mosaïque romaine représentant les travaux d'Hercule au centre de la cour a été découverte sous la basilique de la Panaghia Katapoliani lors des travaux de restauration des années 1960Guide Bleu., p. 296.. En fait, cette mosaïque provient d'un gymnase qui était encore utilisé au début du de notre ère. Une église byzantine aurait succédé à ce gymnase, avant de laisser la place à la basilique.

Portique Le portique semi-fermé qui relie les deux ailes du musée est dit aussi « portique de l'Artémis Délia » en raison de la statue monumentale d'ArtémisA1251 découverte, entre le et les années 1970 en 41 morceaux dans le sanctuaire d'Apollon délien et reconstituée au centre du portique. Elle était installée dans la cella du temple d'Artémis. La déesse était vêtue d'un chiton et d'un himation. Elle mesure et avec sa base entre et de haut selon les interprétations. Elle est datée des environs de 490 - 480 av. J.-C. et est une des rares statues originales connues, malgré son mauvais état de conservation, représentatives de la statuaire monumentale du début du Elle est attribuée aux ateliers pariens et aurait participé à la renommée de ceux-ci. Elle est considérée comme une transition entre la « rigidité » de la koré archaïque et la statue classique...

Une partie du portique est dédiée à l’Archilocheion, le monument commémoratif d'Archiloque, poète parien des On peut principalement voir le seul des chapiteaux ioniquesA733 conservés de ce monument. Il remonte au Il a été gravé au d'une inscription précisant : « Tombe d'Archiloque, érigée par Dokimos, fils de Néokréon ». Le chapiteau devait soutenir une statue, probablement de sphinx. Derrière la colonne (moderne), diverses inscriptions du A40, A92, A175, A176, A177 et A731 faisant allusion à la vie d'Archiloque, dont sa fameuse rencontre avec les Muses quand il aurait échangé sa vache contre une lyre. On peut aussi voir l'oracle de Delphes demandant la construction de l'héroôn ou les comptes des restaurations postérieures. Des fragments de poésie sont lisibles sur l'une d'elles1076 : neuf distiques élégiaques tandis qu'uneA40 a clairement été réutilisée comme pierre tombale au de notre ère...

Diverses autres inscriptions sont exposées (décrets honorifiquesA29, A39 et A179, taxes sur les grainsA36, colonnette portant (Zeus vengeur)A174, une autre avec une liste supposée d'athlètesA1357) à côté d'éléments architecturaux. Parmi ceux-ci, deux fragments sculptés de cimaise datés de la fin du A458 et A1351 représentent une tête de lion et des fleurs et proviennent du temple d'Apollon délien. Plus loin, se trouve un fragment de statue : une tête de taureau (ou de veau) attaqué par un lionA1184 remontant au et découvert dans le port de Parikiá à côté du grand fragment de statue archaïque de chevalA1185...

Aile A Salle de la Gorgone Comme son nom l'indique, l'élément central de cette salle (dite aussi salle A1) est une statue archaïque de GorgoneA1285 datant du milieu ou du dernier quart du Il s'agit de la première statue connue de gorgone. Elle représente une évolution dans la sculpture archaïque : le visage n'est plus de profil ou de trois-quarts face, mais il est orienté dans le sens de la course dont le mouvement n'est plus seulement stylisé, mais naturaliste. La statue fut découverte, dans les années 1990, dans le vaste sanctuaire () à l'est de Parikiá, au lieu-dit Aghios Panteleimon, en dehors des fortifications antiques. Elle pourrait avoir été l'acrotère d'un bâtiment de type corinthien aujourd'hui disparu. Sa plinthe en marbre était prévue pour couvrir la tuile de marbre sur laquelle elle reposait. Elle est représentée les ailes repliées, après avoir atterri. Dans la main gauche, elle tient un serpent qui s'enroule ensuite autour de sa taille, formant la ceinture de son chiton recouvert d'écailles. La main droite repose sur la cuisse gauche. Le corps combine les aspects humains : sous la ceinture, il est féminin aux formes mises en valeur par le vêtement y adhérant ; au-dessus de la ceinture, un monstre à écailles et tête disproportionnée par rapport au torse. De même, celle-ci combine des aspects humains et ceux typiques d'une gorgone : coiffure féminine, mais langue pendante, canines sorties et yeux exorbités...