André Sanson (1826-1902) est un vétérinaire qui fut professeur de zootechnie à l’École nationale supérieure d'agronomie de Grignon et à l’Institut national agronomique, et membre du comité central de la société d'anthropologie de Paris de 1862 à sa mort en 1902. Il a publié de nombreux ouvrages traitant de la classification des races animales domestiques, de la sélection et de l'élevage des animaux domestiques et des soins à leur apporter.
Biographie Né à Matha (Charente-Maritime), de père boulanger, diplômé de l'École vétérinaire d'Alfort en 1848, André Sanson fut d'abord vétérinaire militaire puis praticien civil, avant d'être recruté comme enseignant de physique, chimie et histoire naturelle à l'École vétérinaire de Toulouse. De caractère entier et difficile, ses relations avec ses supérieurs furent conflictuelles. Un livre qu'il publia alorsBernard Denis : Les missionnaires du progrès agricole selon André Sanson, Bull.soc.fr.hist.méd.sci.vét., 2004, 3 (1) conduisit au retrait par le pouvoir impérial de l'emploi qu'il occupait. Il se fixa à Paris et écrivit dans des journaux scientifiques et des revues agricoles tout en prenant le temps de fréquenter assidument les sociétés scientifiques malgré la gêne matérielle dans laquelle il se trouvait. C'est dans la Société d'anthropologie de Paris créée par Paul Broca qu'il conçut d'appliquer la crâniométrie à la détermination des races d'animaux et d'en faire une base de sa classification. Après la chute du Second Empire il fut nommé professeur de zootechnie à l'École d'Agriculture de Grignon puis conjointement à l'Institut AgronomiqueAndré Sanson, notice nécrologique, J. de médecine vétérinaire et de zootechnie, tome 6, 31 janvier 1902, pp 567 et 568P. Dechambre, Eloge d'André Sanson, document non référencé de 36 pages, bibliothèque de l'École vétérinaire d'Alfort.
En 1893 il reçoit la moitié du prix Barbier pour son ouvrage Sur l'hérédité. (l'autre moitié du prix Barbier est attribuée à E. Gilbert pour son ouvrage La pharmacie à travers les siècles).
Décoration
La classification des races domestiques de Sanson André Sanson est connu et encore cité aujourd'hui en tant qu'auteur d'une classification des races domestiques (Équidés, Bovidés, Ovidés, Suidés) dont on a surtout retenu les regroupements opérés au sein d'ensembles que Sanson appelait races et qu'aujourd'hui on appelle rameaux ethniquesAndré Sanson, Professeur de Zoologie et Zootechnie à l’École Nationale de Grignon et à l’Institut National Agronomique, Traité de Zootechnie, volumes I, II, III, IV et V, revue et corrigée, Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris, 1888.
La classification de Sanson était fondée strictement sur des critères morphologiques et notamment crâniométriques. Sur cette base, Sanson ne reconnaissait qu'un nombre limité de races pour lesquelles il avait adopté la terminologie latine trinominale dérivée de la nomenclature binominale de Linné. Au sein de ces races il distinguait des variétés qui correspondent aux races connues actuellement. Aujourd'hui les races de Sanson sont l'équivalent de rameaux ethniques tandis que les variétés de Sanson sont l'équivalent de nos races actuelles. Par exemple la race Bos taurus aquitanicus de Sanson équivaut au rameau blond du sud ouest actuel. Une classification postérieure, celle de Baron rapportée par DechambreDechambre P. (1913), Traité de zootechnie III. Les bovins, Ed. : Ch. Amat, Asselin et Houzeau, Paris.Bernard Denis : Parenté et filiations des races bovines actuelles vues par les anciens auteurs. Ethnozootechnie, 32, 141-158 (1983), s'appuya sur un ensemble de caractères morphologiques principalement (profil crânien, proportions, format), et secondairement sur la robe et les aptitudes. Aujourd'hui ces classifications et regroupements ont surtout un intérêt culturel et historique, même s'il leur est souvent fait référence dans des notices de races. Les méthodes génétiques actuelles s'appuyant sur l'utilisation de marqueurs moléculaires polymorphes mesurent la distance génétique entre groupes ethniques. Elles débouchent sur une classification de type cladistique des populations qui converge en partie seulement avec les anciennes classificationsF. Grosclaude, R.Y. Aupetit, J. Lefebvre et J.C. Mériaux : Essai d'analyse des relations génétiques entre les races bovines françaises à l'aide du polymorphisme biochimique, Genet. Sel. Evol. (1990), 27, 317-338.
Notions de race et d'espèce selon Sanson Sanson se situe dans le prolongement des grands naturalistes classificateurs, Linné, Cuvier, avec une vision zoologique de sa discipline, la zootechnie, dont l'identité, en tant que vaste corpus de connaissances appliquées dans le domaine de l'élevage et des productions animales, n'était pas forgée comme elle l'est aujourd'hui.
Sanson exprimait des idées fixistes et récusait les théories "transformistes" (selon lui) de Darwin. De fait, une vision créationniste transparaît même si elle n'est pas formulée clairement, Sanson refusant, de prendre position sur ce point :
On pourra en juger au travers des extraits suivants tirés du tome II de son traité de zootechnie :
Pour Sanson, l'espèce ne désigne pas un ensemble au sein duquel se retrouvent différentes races mais elle exprime une notion de forme ou de type morphologique :
Dans une communication devant la Société d'Anthropologie de Paris intitulée "Sur la variabilité des métis"Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris 1865, Vol.6, N°6, pp. 572-575 , il affirmait l'existence d'une et niait que les ovins métis de la Charmoise puissent donner une race (la race de la Charmoise créée par Édouard Malingié), de même les métis Dishley-Mérinos ne pouvaient non plus, selon lui, donner une nouvelle race (l'Île de France, créée par Yvart).
Ces conceptions ont été oubliées. Aujourd'hui on ne cite principalement de l'œuvre de Sanson que les regroupements de sa classification des races animales opérés sur la base d'observations morphologiques, crâniométriques principalement. Ces regroupements conservent toujours, dans l'ensemble et hors cas particuliers discutables, une grande pertinence. On trouvera ci après la classification des races bovines selon Sanson et on se reportera, pour ce qui est des races ovines, à l'article spécial qui leur est consacré, largement fondé sur la classification de Sanson.
Classification des races bovines de Sanson La classification des races bovines est donnée ici comme exemple. Son intérêt, comme il a été dit, est surtout culturel et historique même si les regroupements opérés conservent une certaine pertinence. Les changements rencontrés dans la cartographie des races, dans l'importance numérique de chacune d'elles et les transformations qu'elles ont subies ont remis en question non seulement le contenu des classifications conçues à cette époque mais leur principe même d'inspiration zoologique.
Races bovines dolichocéphales Race de Pays-Bas (B.t. batavicus). Variétés : Courtes cornes de Durham Hollandaises (de Groningue, de la Frise, du Noord-Holland, de la Zélande, …) de l’Ostfriesland Oldenbourgeoise d’Angeln-Tondern Danoises (de Jutland et de Fionie) Flamande Wallonne Ardennaise ou Meusienne Morvandelle
Race Germanique (B.t. germanicus). Variétés : Allemandes (Breitenburg et Wilstermarsh) Normandes (Cotentine et Augeronne) Hereford
Race Irlandaise (B.t. hibernicus). Variétés : Kerry Ayrshire Devon Iles de la Manche (Jersey, Alderney) Bretonnes Bordelaise
Race Britannique (B.t. britannicus). Variétés : Galloway Angus Norfolk Suffolk
Race des Alpes (B.t. alpinus). Variétés : Suisses (variété lourde de Schwitz, moyenne des Grisons, légère du Valais, Tessin et Appenzell) Wurtembergeoise D’Allgau et de Dachau Tyroliennes Tarentaise Gasconne Ariégeoise ou Saint-Gironnaise
Race d’Aquitaine ( B.t. aquitanicus). Variétés : Agenaise Garonnaise Limousine Lourdaise
Races bovines brachycéphales
Race Asiatique (B. t. asiaticus). Variétés : des Steppes de l’Asie et de la Russie méridionale Kirghizes de l’Ukraine Podolienne Lithuanienne Hongroise Moldo-Valaque Bellunaise Romagnole Camargue
Race Ibérique (B. t. ibericus). Variétés : Corse, Sarde, de Naples et de la Sicile Algériennes Espagnoles et Portugaises Pyrénéennes (Basquaise et Béarnaise) Landaise Carolaise
Race Vendéenne (B. t. ligeriensis). Variétés : Maraîchine Nantaise Choletaise Poitevine, Gâtinelle ou Parthenaise Berrichonne Marchoise de l’Aubrac
Race Auvergnate (B. t. arvernensis). Variétés : du Cantal dite Salers du Puy de Dôme dite Ferrandaise
Race Jurassique (B. t.jurassicus). Variétés : Bernoise ou Simmenthal Fribourgeoise Pinzgau Bressane Comtoise Fémeline du Glane et du Donnersberg Charolaise Nivernaise Bourbonnaise
Race Écossaise (B. t. caledonensis). Variétés : de West-Highland de Kiloe Blanche des forêts
Populations bovines métisses
Bovins Jersiais, Manceaux, Bazadais, Mézenc, Villars-de-Lans, Vosgiens, Nivernais et Bourbonnais.
Classification des races ovines présentes en France dérivée de la classification de Sanson
Une classification très largement inspirée de celle de Sanson a été proposée par Yann QuemenerYann Quemener : Panorama général de l'évolution des races ovines de France, thèse de doctorat vétérinaire, année 1997, 89 pp, École nationale vétérinaire de Nantes Yann Quemener : Panorama général de l'évolution des races ovines de France, in Éléments d'histoire des races bovines et ovines en France, Ethnozootechnie, 2002, n° hors-série 3, pp 59-118, Ed Société d'Ethnozootechnie , en 1997, sur la base d'une synthèse de données historiques fournies par la littérature et des quelques données biochimiques disponibles à cette date. Voir l'article Liste des races ovines de France.
Bibliographie
Notes et références
Annexes Articles connexes Zootechnie Paul Broca
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