Eresoinka est un ensemble instrumental, vocal et chorégraphique mixte, formé lors de la Guerre d'Espagne à l’initiative du gouvernement basque de Bilbao en 1937. Entre 1937 et 1939, cet ensemble composé de 101 Basques fait découvrir la culture musicale traditionnelle basque lors de tournées internationales qui les mènent jusqu'à Paris, Bruxelles, Amsterdam et Londres. Leur voyage pour une longue tournée aux États-Unis en 1939 est interrompue par la déclaration de la guerre. Les musiciens sont préparés par Enrique Jordá, futur directeur de l'Orchestre symphonique de San Francisco. Le chœur, placé sous la direction du compositeur Gabriel Olaizola, compositeur de la célèbre Berceuse basque, compte dans ses rangs Pepita Embil, future mère de Plácido Domingo, et Mariano Gonzalez Garcia, futur Luis Mariano. Des personnalités musicales comme les compositeurs Florent Schmitt et Stan Golestan font l'éloge d'Eresoinka dans la presse.

Genèse En 1937, José Antonio Aguirre, président du premier gouvernement basque, quelques jours avant la chute de Bilbao, confie à un musicien basque :

Deux jours avant son exil, il écrit à Rafael Pikabea et Felipe Urkiola, représentants du gouvernement basque à Paris : .

Choristes

La chorale Eresoinka est le résultat du choix des meilleures voix des provinces basques de Biscaye, Guipuscoa et Alava. Ce choix est organisé pendant la guerre par le gouvernement basque à Bilbao. La chorale compte , la plupart amateurs. On trouve parmi eux des industriels, des paysans, des ouvriers, des avocats, des instituteurs, des employés de bureau, un médecin, un architecte, un vétérinaire, un dentiste et un prêtre (l'abbé Laborda). Soprani 1 : Aurora Abasolo (de Durango), Miren Derteano (de Amorebieta), Auxilio Lizundia (de Zarautz), Andone Olaizola (de Saint-Sébastien), Iñake Olaizola (de Saint-Sébastien), Margarita Trueba (de Zumaia), Matilde Zabalbeascoa (de Pasajes, soliste à l'Orfeon Donostiarra) Soprani 2 : Juanita Arias (de Saint-Sébastien), Ramona Azurmendi (de Bilbao), Isabel Echenagusia (de Bilbao), Isabel Egurola (de Saint-Sébastien), Miren Teresa Oñate (de Bilbao), Feliza Orbegozo (de Tolosa), Miren Orrantia (de Bilbao), Maitane Trueba (de Zumaia), Maria Luisa Zulueta (de Saint-Sébastien) Alti 1 : Miren Abrisqueta (de Bilbao), Monika Arrillaga (de Tolosa), Anita Azcarate (de Bergara), Miren Etxabe (de Zarautz), Karmele Echenagusia (de Bilbao), Pilar Sansinenea (de Tolosa), Margarita Uzelai (d'Amorebieta) Alti 2 : Anita Casteres (de Tolosa), Barbiñe Echenagusia (de Bilbao), Pepita Embil (de Getaria, future mère de Placido Domingo), Asun Lizundia (de Zarautz), Miren Olaizola (de Saint-Sébastien), Miren Trueba (de Zumaia), Karmele Urresti (de Ondarroa), Aurora Velasco (de Saint-Sébastien), Eugenia Velasco (de Saint-Sébastien) Ténors 1 : Eugenio Berasategui (de Zumaia), Manuel Echeberria (de Ondarroa), Patxi Garate (de Bilbao), Ramon Irusta (de Deba), Ramon Laborda (de Bergara), Juan Madariaga (de Bilbao), José Ramon Otero (de Pasajes), Txomin Sagarzazu (de Fontarrabie) Ténors 2 : Ixaka Aspiazu (de Elgoibar), Isidor Echeberria (de Ondarroa), Eugenio Eizaguirre (de Pasajes), Teodoro Herandorena (de Zizurkil), Pablo Garmendia (de Pasajes), Mariano Gonzalez (d'Irun, soliste à l'Orfeon Donostiarra, futur Luis Mariano), Eduardo Sesé (de Tolosa), Tomas Yarza (de Tolosa), José Antonio Zabala (de Saint-Sébastien) Barytons : José Luis Arriola (de Ondarroa), Pablo Egibar (de Andoain), Jesus Elosegui (de Tolosa), José Izaga (de Saint-Sébastien), Txomin Olano (de Saint-Sébastien), José Maria Ormaechea (de Bilbao), Fernando Sesé (de Tolosa), Paulin Urresti (de Ondarroa) Basses : José Etxabe (de Zumaia), Santiago Insausti (de Saint-Sébastien), Gil Iturrioz (de Saint-Sébastien, de l'Orfeon Donostiarra), Patxi Iza (de Saint-Sébastien), Blas Labadia (de Tolosa), Serafin Lakatza (de Eibar), Guillermo Lizaso (d'Errenteria), Ramon Moraiz (de Tolosa), Angel Olalde (de Bergara), José Maria Solabarrieta (de Ondarroa)

Certaines sources (voir bibliographie) mentionnent également Trini Ibargüen, ancienne employée au conseil de Défense du gouvernement basque, J. Thalamas, Gotzon Olalde.

Danseurs (voir bibliographie) Danseuses Hadee Aguirre (de Santurce), Josune Alexandre (de Bilbao), Maite Cruzado (d'Irun), Aurea Etxebarria (de Bilbao), Garmiñe Echenagusia (de Bilbao), Irune Ibargüen (de Balmaseda), Iñake Olaizola (de Saint-Sébastien), Miren Olaizola (de Saint-Sébastien), Pili Saint-Sébastien (de Saint-Sébastien), Maitane Trubea (de Zumaia), Karmele Urresti (de Ondarroa) et Julene Urzelai (de Azkoitia).

Danseurs Vicente Amunarriz (de Saint-Sébastien), José Maria Arregui (de Saint-Sébastien), Esteban Barazadi (de Zarautz), Jon Bilbao (de Bilbao), Santos Busto (de Saint-Sébastien), Kepa Garate (de Bilbao), Anton Iradi (de Saint-Sébastien), Perico Munguia (de Saint-Sébastien), José Oñatibia (de Oiarzun), Manuel Otaño (de Saint-Sébastien), Leocio Pildain (de Bilbao), Satur Salegi (de Saint-Sébastien), Jesus Maria Sanchez Azkona, Perico Santamaria, José Miguel Saseta et Santiago Urkiola.

Musiciens Au txistu : Jon Oñatibia (de Oiartzun, premier txistu), Anton Bastida (de Saint-Sébastien, second txistu) Au silbote : Segundo Achurra (de Getxo) À l'atabal : Kepa Uranga (de Zumaia) citent également Jesus Elosegui, archéologue et ethnologue qui créera plus tard la Société des sciences Aranzadi

Décors Les différents tableaux du spectacle chorégraphique évoqueront des scènes de la vie du Pays basque comme une partie de pelote, la fête du village, etc. Les talents des meilleurs peintres basques du moment, José Mari Uzelai, Antonio Guezala, Tellaeche, les frères Arrue, Aranoa, etc. seront requis pour dessiner les costumes et les décors. De grands couturiers parisiens apporteront leur concours à l'entreprise : Chanel, Pierre Cardin, etc.

Direction artistique Les directeurs artistiques seront Gabriel de Olaizola, compositeur de la célèbre Berceuse basque, Enrique Jordá Gallastegui, futur chef de l'Orchestre symphonique de San Francisco (de 1954 à 1963), Txomin Olano, ancien pianiste d'Eusko Abesbatza, Jose Etxabe, ancien avocat, ancien secrétaire de la mairie de Zumaia et futur directeur du chœur Oldarra. Le chorégraphe en chef sera Jesus Luisa Esnaola qui au début des années 1970 créera le groupe Elgar Oinka à Hasparren (où lui succédera José-Maria Arregui, ancien danseur à Eresoinka).

Compositeurs Les compositeurs basques désignés pour préparer les programmes sont les meilleurs et les plus connus de l'époque : José de Olaizola, José de Uruñuela, Enrique Jordá Gallastegui, Alejandro Valdés-Goicoechea.

Direction administrative La direction générale d'Eresoinka est confiée à Manuel de la Sota, fils de Sir Ramon de la Sota, grand industriel, exploitant de mines de fer et armateur basque. Il est chargé de la promotion du groupe auprès des exploitants de salles de spectacles. Dès la fin de 1937, alors qu'aucune représentation n’est encore donnée, l'agenda d'Eresoinka est déjà plein.

Résidence à Sare Tous les éléments sélectionnés seront rassemblés fin août début à Sare, dans les Pyrénées-Atlantiques. Paul Dutournier accueille les premiers arrivés à l'Hôtel de la Poste (tenu par Jean-Pierre Doyarçabal, puis par sa fille, Maixan Jorajuria Doyarçabal, décédée en 2014 à l'âge de 100 ans). D'autres sont reçus dans la famille Garipuy, propriétaire de la maison Prefetenea. L'hôtel Eskualduna, près du fronton, héberge également des éléments du groupe. Les membres de cette communauté deviennent « les enfants chéris du village ». Les danseurs et txistulari vivent à Prefetenea et prennent leurs repas aux restaurants Maitagarria et Laztiry. Les répétitions, qui commencent le , ont lieu dans une salle de la maison Ihartzeartea où une fresque murale datant de cette époque, attribuée au peintre Montes Iturrioz et mettant en scène des danseurs, des joueurs de xistu et des pelotaris, témoigne encore de leur passage. Régulièrement la chorale se produit au trinquet Pleka et sur la place du villagePhilippe Salquain, Luis Mariano, la légende basque, Hors-Série de l'hebdomadaire La Semaine du Pays basque, 2010, .

Résidence à Saint-Germain-en-Laye vignette|Château de Belloy, 1939. Des membres d'Eresoinka reçoivent Jose Antonio Agirre, le président du Gouvernement basque en exil. Au début du printemps 1938, du fait du succès d'Eresoinka, le gouvernement basque choisit un endroit plus stratégique comme base pour la troupe. Le château de Belloy est loué près de Paris, à Saint-Germain-en-Laye. C'est désormais là que tous se retrouvent entre les tournées.

Tournées internationales Étapes des tournées d'Eresoinka : 1937 : église Sainte-Geneviève, Paris : église Saint-Pierre de Chaillot, Paris du 18 au : salle Pleyel, Paris ; le sont présentes les personnalités suivantes : le président du gouvernement basque, José Antonio Aguirre accompagné de membres de son gouvernement et de Manuel de Irujo, ministre de la République espagnole ; les représentants des corps diplomatiques d'Argentine et du Chili ; les représentants de la Generalitat de Catalunya ; le danseur Serge Lifar qui se déclare prêt à présenter ceux qu'il considère comme des danseurs exceptionnels ; l'écrivain Jacques Maritain qui, comme François Mauriac et Bernanos, a pris fait et cause pour le peuple basque. Avant le spectacle, le public a pu à loisir feuilleter le catalogue illustré par les photos de Boris Lipnitzky venu assister aux répétitions. : salle Pleyel, Paris : église Sainte-Geneviève, Paris 1938 : église Saint-Louis, Paris : porte Champerret, Paris : église Sainte-Geneviève, Paris : enregistrement à l'Université, Paris : radio Schaerbeek, Bruxelles du 8 au : théâtre Royal, Bruxelles : église des Pères Blancs, Bruxelles : théâtre Royal, Gand : théâtre Royal, Anvers : théâtre des Beaux Arts, Bruxelles : chapelle Expiatoire, Bruxelles : opéra, Bruges : théâtre Royal, Anvers : Stadsschouwburg, Amsterdam : salle Gebouw Kunsten, La Haye : Grand Théâtre, Amersfoort : Stadsschouwburg, Amsterdam : théâtre Gooiland, Hilversum : salle Gebouw Kunsten, La Haye : Schouwburg, Utrecht : Stadsschouwburg, Haarlem : Stadsschouwburg, Amsterdam : théâtre Gooiland, Hilversum : Groote Schouwburg, Rotterdam 6 et : théâtre de Paris : enregistrement pour la Columbia, Paris : émission radio, Paris : théâtre de Paris : émission radio, Radio Luxembourg, Paris du 9 au : théâtre de Paris : Radio Paris : église Saint-Germain l'Auxerrois, Paris (funérailles) : chez les Pères capucins, Paris du 13 au : Aldwych Theatre, Londres du au : Covent Garden, Londres : paroisse de Pont-Marly (messe) 13 et : théâtre municipal, Bayonne : casino, Biarritz : église Saint-André, Bayonne : Pau : Saint-Jean-Pied-de-Port : paroisse de Pont-Marly (messe) : église Saint-Germain l'Auxerrois, Paris (messe) : église Saint-Pierre-de-Chaillot, Paris : église de la Madeleine, Paris : Radio Paris 1939 : cathédrale de Tarbes : Le Vésinet, paroisse (messe) : Conservatoire de Paris : Radio Toulouse, Paris (émission) : radio Ile-de-France, Paris (émission) : salle Pleyel, Paris du au : théâtre de Saint-Germain-en-Laye 6 et : château de Belloy, Saint-Germain-en-Laye : Radio PTT, Paris : château de Belloy, Saint-Germain-en-Laye : salle des Fêtes, Saint-Germain-en-Laye : salle des Expositions, Paris : théâtre de Chaillot, Paris (concert avec Elai-Alai) : place de l'Opéra de Paris (danse)

États-Unis En 1939 Eresoinka est engagé pour de multiples dates en Amérique du Nord, mais la déclaration de la guerre oblige le transatlantique qui les transportait à faire demi-tour vers la France. C'est là que prend fin l'aventure d'Eresoinka.

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