Michel Feher, né le , est un auteur belge, philosophe. et . Il a étudié à l'université libre de Bruxelles, l'université Columbia et à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est l’un des fondateurs de la maison d’édition new-yorkaise Zone Books en 1986, l'association Cette France-là en 2008 et le média en ligne diagrammes.fr en 2025.

Biographie Formation Michel Feher a étudié à l'université libre de Bruxelles et à l'université Columbia, New York.

Travaux Michel Feher est l’auteur de livres en français et en anglais, et le fondateur du collectif Cette France-là, qui a publié quatre volumes sur les politiques migratoires et qui s’est chargé de tenir le journal des effets de la politique migratoire de la présidence de Nicolas Sarkozy« Michel Feher, du collectif Cette France-là : "Xénophobie d’en haut et Sans papiers et préfets », France Culture, 7 avril 2012., ainsi que de la maison d’édition new-yorkaise Zone Books"The Hegemony of Finance: A Conversation with Michel Feher", Zone Books, ..

Dans Le Temps des investis. Essai sur la nouvelle question sociale (2017), Feher s'interroge sur l'avènement du capitalisme financier et ses effets sur l'érosion de la gauche.

Il propose de repenser entièrement les formes de résistance à l’hégémonie des institutions financières en prenant en compte les torsions que l’emprise de la finance fait subir à l’exploitation capitaliste. Il examine ainsi des formes gagnantes de luttes sociales, défend le revenu de base garanti et plaide en faveur de l'économie coopérative.« Face aux investisseurs, les investis », France Culture, ..

Sur le « producérisme » En 2024, dans son ouvrage Producteurs et parasites. L'imaginaire si désirable du Rassemblement national, à partir de l'étude du discours du Rassemblement national, Michel Feher estime que la popularité montante du parti et plus généralement de l'extrême droite s'explique par la satisfaction que son imaginaire et sa vision du monde procurent à ses électeurs : un monde qui serait divisé en deux classes moralement opposées, qui sont : les producteurs : ils sont imaginés, ou ils s'imaginent ne vivre que du produit de leur labeur ; c'est leur travail qui serait source de la prospérité nationale, laquelle découlerait de la somme de leurs efforts individuels, leurs investissements et leurs impôts. Les producteurs adoptent la valeur-travail ; des parasites : ils sont, eux, supposés réfractaires à la valeur-travail, ne feraient rien d'utile et s'approprieraient la richesse créée par d'autres. Ils seraient par exemple des spéculateurs, des capitalistes transnationaux exploitant à leur profit le capital financier ou culturel des Français ou captant illégitimement une part de la redistribution des revenus. Toujours selon Feher, quand cet imaginaire a glissé vers les idéologies de droite, cette catégorie des parasites s'est scindée en deux sous-catégories : les parasites d'en haut, qui font circuler les capitaux : spéculateurs, prêteurs et certains intellectuels, les parasites d'en bas : les assistés, accusés de vivre de la redistribution de revenus qu'ils n'ont pas contribué à produire.

Selon M. Feher, ; cette vision du monde était même originellement de gauche, quand elle a émergé dans le contexte de la Révolution française, dans la critique des privilèges et des rentes de la noblesse et de l'église, qui supposément exploitaient le travail du Tiers état. .. Dans cet imaginaire, le producteur serait naturellement fidèle à la culture et aux intérêts de son pays, alors que les parasites seraient infidèles. Pour M Feher, alors que le populisme imagine plutôt la société comme une pyramide avec l'élite en haut et le peuple en bas, le producérisme la montrerait plutôt comme une courbe en cloche ; ce qui plait dans son argumentaire est qu'il place, en le déculpabilisant, le peuple entre les « parasites d'en haut » et les « parasites d'en bas », et qu'il laisse penser que le Rassemblement national serait aussi, horizontalement, situé entre les tenants du grand capital et de l'extrême gauche.

Dans les années 2020, déclare M. Feher, n'est plus dans l'indignation face à l'injustice, mais dans le ressentiment, lequel conduit à l'idée qu'en se débarrassant des parasites, en punissant l'oisiveté, tout irait mieux. Cet imaginaire encourage alors une tendance à identifier les producteurs et les parasites, mais opère une dérive dangereuse vers le ..

Controverse autour de la généalogie et de la neutralisation théorique du « producérisme » Les tenants de l’école de la Critique de la Valeur (Wertkritik), où a été formulé à l’origine le concept de « producérisme », pointent deux problèmes dans l'ouvrage de Féher : l’absence de rigueur dans la reconnaissance de l’origine du concept par Moishe Postone et Mark Loeffeler et son appauvrissement.

En effet, pour la Wertkritik, le producérisme désigne une structure idéologique fondée sur une opposition fétichisée entre un « concret » (les producteurs, le travail) et un « abstrait » (finance, circulation, médiations sociales), opposition qui simplifie des rapports sociaux complexes en catégories personnalisées.

Dans la simplification idéologique du concept, il est également reproché à Feher de restreindre l’usage du producérisme à l’extrême droite et au Rassemblement national, en négligeant les formes de producérisme présentes à gauche. Cette asymétrie est interprétée comme une réduction du concept à un outil de lecture principalement orienté vers un seul camp politique, alors que, dans son cadre théorique d’origine, il désigne une structure idéologique transversale.

Enfin, cette restriction est jugée problématique car elle tend à laisser de côté la dimension théorique centrale du concept : celle selon laquelle l’opposition fétichisée entre « concret » et « abstrait » ne relève pas d’une simple grille d’analyse sociologique, mais d’un effet propre à certaines formes de critique marxiste du capitalisme lorsqu’elles se rigidifient en fétiche. En effet, l’école de la critique de la valeur traque la fétichisation des concepts, c’est-à-dire leur transformation en catégories concrètes, voire leur personnalisation en coupables et victimes désignées. Or, cette personnalisation mène parfois aussi à un antisémitisme de gauche.

Publications Ouvrages Redevenir juif . Les mésaventures d'un pacte de blanchiment réciproque. , La découverte , 2026 Producteurs et parasites. L'imaginaire si désirable du Rassemblement national, La Découverte, 2024Présentation : « Rassemblement national : les raisons d'un succès », France Culture, L'invité(e) des Matins, de Guillaume Erner, avec Michel Feher et Luc Rouban, le . Rated Agency: Investee Politics in a Speculative Age, Zone Books, 2018 Le Temps des investis : essai sur la nouvelle question sociale, La Découverte, 2017 Powerless by Design, Duke University Press, 2005 (éd.) The Libertine Reader: Eroticism and Enlightenment in Eighteenth-Century France, 1997 Conjurations de la violence, Presses universitaires de France, ,1981

En collaboration Éric Alliez, Michel Feher, Didier Gille, Isabelle Stengers, Contre-temps : les pouvoirs de l'argent, éditions Michel de Maule (2015/1988) (éd. avec Cette-France-là) Xénophobie d’en haut : le choix d’une droite éhontée, 2012 (éd. avec Cette-France-là) Sans-papiers et préfets : la culture du résultat en portraits, 2012 (éd. avec Gaëlle Krikorian et Yates McKee) Nongovernmental Politics, MIT Press, 2007 (éd. avec Paul Rabinow) The Essential Works of Michel Foucault, 1954-1984 ; vol 2 Aesthetics: Method and Epistemology, 2000 (éd. avec Ramona Nadaff et Nadia Tazi) Fragmentos para una historia del cuerpo humano, 1990 (éd. avec Ramona Nadaff et Nadia Tazi) Fragments for a History of the Human Body, 3 volumes, 1989 (éd. avec Jonathan Crary et Sanford Kwinter) Zone 1-2: The Contemporary Cities, 1986

Articles "Disposing of the Discredited: A European Project" in Mutant Neoliberalism: Market Rule and Political Rupture, sous la dir. de William Callison et Zachary Manfredi, Fordham University Press, 2020 "Movements of Counter-Speculation: A Conversation with Michel Feher"Voir sur lareviewofbooks.org., interview par William Callison, Los Angeles Review of Books, "The Political Ascendency of Creditworthiness"Voir sur www.publicbooks.org., Public Books, « Quand le capitalisme change de direction »Voir sur aoc.media., AOC, « La lutte sociale se joue désormais sur les marchés financiers »Voir sur alternatives-economiques.fr., entretien avec Michel Feher, Alternatives économiques, « Pourquoi et comment faire des marchés financiers le nouveau foyer des luttes sociales »Voir sur bastamag.net., Ivan du Roy avec Michel Feher, Basta, "The Critical State of the Union"Voir sur nearfuturesonline.org., Europe at a Crossroads, Near Futures Online, n° 1, "Europe and the spectre of democracy: Michel Feher interviews Yanis Varoufakis"Voir sur opendemocracy.net., Open Democracy, "Belonging and Neoliberalism: Michel Feher, in conversation with James Graham" dans After Belonging: The Objects, Spaces, and Territories of the Ways We Stay in Transit, Zürich, Lars Müller, 2016, p. 313-320 (éd. avec William Callison, Milad Odabaei and Aurélie Windels) "Europe at a Crossroads"Voir sur academia.edu., Near Futures Online, Issue n° 1, « Don, échange, partage : esquisse et croisement de deux projets »Voir sur mouvements.info., Mouvements, des idées et des luttes, « Que deviennent les arts d’aimer avec le néolibéralisme ? » entretien avec Michel Feher, propos recueillis par Catherine Achin et Olivier Roueff, Mouvements, 2015 vol. 2, n° 82, p. 148-158 « Le Proche-Orient hors les murs. Usages français du conflit israélo-palesinien », De la question sociale à la question raciale ? Représenter la société française, Didier Fassin et Éric Fassin, La Découverte, 2006 « Politique non gouvernementale », Vacarme, n° 34, , collectif dirigé par Michel Feher « Violences dans et hors l'école, quelles responsabilités ? » de Michel Feher, Roger Dadoun, Bruno Mattéi, et Dominique Gelin, Sciences de l'homme et Sociétés, n° 70, : Cultures en mouvement, Revue Cultures

Notes et références

Liens externes

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