La Copa Libertadores de América , dont le nom officiel est CONMEBOL Libertadores, est une compétition annuelle de football créée en 1960, qui réunit les meilleurs clubs d'Amérique du Sud.

Organisée par la Confédération sud-américaine de football (CONMEBOL), elle est la compétition sportive interclubs la plus prestigieuse du continent, devant la Copa Sudamericana, ce qui en fait l'équivalent de la Ligue des champions européenne.

La compétition a connu différents formats. Lors des premières éditions, seuls les clubs champions des pays sud-américains y participent. À partir de 1966, des clubs vice-champions sont intégrés. En 1998, les clubs mexicains sont invités à participer, et sont complètement intégrés au tournoi de 2000 à 2016, alors que le tournoi est élargi à 32 équipes. Aujourd'hui, chaque pays qualifient au moins quatre clubs, l'Argentine six et le Brésil sept. La compétition se déroule généralement en deux phases, une phase de groupe, puis un tournoi à élimination directe.

Le vainqueur de la compétition est qualifié pour l'édition suivante, ainsi qu'à la Recopa Sudamericana, la Coupe du monde des clubs et la Coupe intercontinentale.

Le club argentin d'Independiente est le plus titré de l'histoire de la compétition avec sept couronnes. Après l'édition 2024, les clubs argentins comptent 25 titres, les clubs brésiliens 24 (dont six d'affilée de 2019 à 2024). La coupe a été remportée par 27 clubs différents, dont quinze ont remporté le titre plus d'une fois, et elle a été remportée consécutivement par sept clubs.

En 2009, la CONMEBOL annonce la création d'un tournoi continental féminin, avec la participation de dix clubs, un par pays membre. Deux ans plus tard, un tournoi des moins de 20 ans est créé, avec douze clubs du continent.

Histoire Genèse et création

Les premières rencontres internationales entre clubs d'Amérique du Sud ont lieu au début du autour du Río de la Plata, l'estuaire séparant Buenos Aires et Montevideo, les capitales argentines et uruguayennes où le football est devenu rapidement un sport très populaire et où de nombreux clubs se sont créés. Argentins et Uruguayens se disputent au cours des années plusieurs trophées, la Copa de Competencia (ou « Cup Tie ») dès 1900, la Copa de Honor Cusenier, puis à partir de 1916, la plus officielle Copa Aldao, disputée par les clubs champions des deux pays (aussi connue comme le Campeonato Rioplatense ou la Copa Río de La Plata).

La première idée d'une coupe continentale arrive en 1948. Le dirigeant du Colo-Colo, par le leader Róbinson Marín, soutenu par le président de la CONMEBOL, le Chilien Luis Valenzuela, organise avec succès un tournoi des champions américains, le Championnat sud-américain des champions. Sont invités les champions de 1947 de chaque pays : Vasco da Gama (Brésil), River Plate (Argentine), Nacional (Uruguay), Emelec (Equateur), Deportivo Municipal (Pérou) et Litoral (Bolivie).

En , le Brésilien José Ramos de Freitas, président de la CONMEBOL, fait un voyage en Argentine, pour notamment discuter de la création d'un champion d'Amérique du Sud des clubs champions. En octobre de la même année, le président de l'époque de la Confédération sportive du Brésil João Havelange annonce à Paris la création de la « Coupe des Champions d'Amérique » et de la Coupe intercontinentale. L'idée a le soutien du Brésil, de l'Argentine, du Chili, de l'Uruguay, du Paraguay et du Pérou. Il ajoute que les autres pays d'Amérique du Sud et éventuellement le Mexique, les États-Unis et le Canada seraient également invités. Le , lors du congrès ordinaire de la CONMEBOL à Buenos Aires, les dirigeants sud-américains donnent leur accord au projet d'un « Championnat des Champions » présenté par le Chili et le Brésil.

Lors du congrès de la CONMEBOL de 1958 à Rio de Janeiro, la conception d'un tournoi entre les champions sud-américains commence, similaire à celui en Europe depuis 1955. L'UEFA elle-même soutient le lancement d'une compétition entre les clubs en Amérique du Sud, avec l'intention de faire face chaque année aux gagnants des deux confédérations (la Coupe intercontinentale). Lorsque le projet est présenté à la CONMEBOL, il est approuvé par tous sauf l'Uruguay. Le président nouvellement élu de la Confédération, l'Uruguayen Fermín Sorhueta, a la charge de mettre en place la compétition. Après plusieurs réunions, il est décidé que les champions de chaque pays participeraient et que, en cas du refus du champion de participer, le vice-champion le remplacerait.

Débuts (années 1960)

Le , le premier match de l'histoire de la compétition est joué : le Peñarol s'impose 7 buts à 1 contre Jorge Wilstermann. Les Uruguayens remportent la première édition.

En 1964, à l'initiative du directeur de Peñarol, Washington Cataldi, il est approuvé que les vice-champions de chaque pays puissent participer à la Coupe. Le nombre de clubs participants passent à 20.

En 1966, le tournoi est rebaptisé Libertadores en l'honneur des dirigeants des guerres d'indépendance américaine et brésilienne espagnole de l'Amérique du Sud : Simón Bolívar, Pierre du Brésil, José de San Martín, Antonio José de Sucre et José Gervasio Artigas. Le format de la compétition est modifié avec l'entrée en lice de deux clubs par nations et un passage à dix-sept clubs. Ensuite, en fonction de plusieurs conflit entre certains pays et la CONMEBOL, la compétition se joue entre 17 et 21 clubs jusqu'en 1973.

Compétition majeure (années 1970-1980)

Estudiantes de La Plata devient le premier club à remporter la coupe trois années consécutives, de 1968 à 1970. De 1972 à 1975, Independiente est sacré lors de quatre éditions de suite.

De 1974 à 1997, le nombre d'équipes se stabilise à 21 sauf en 1986 et 1990. La première année, la FIFA suspend la Fédération vénézuélienne pour irrégularités dans son administration et n'autorise pas ses deux représentants à prendre part à la compétition. Quatre ans plus tard, la compétition est marquée par l'absence de formations colombiennes, à la suite du meurtre d'un arbitre de touche lié à un pari sur une rencontre du championnat.

Développement économique (depuis années 1990)

En 1998, deux clubs mexicains sont invités par la CONMEBOL à prendre part à la compétition. Deux ans plus tard, l'augmentation du nombre de clubs engagés fait passer le tournoi de 23 à 34 équipes. Chaque fédération peut désormais engager trois représentants, à l'exception du Brésil et de l'Argentine, qui peuvent en aligner quatre. Pour cette même édition, un partenariat est mis en place auprès du nom de la compétition afin de fournir un revenu supplémentaire. Toyota est le premier, suivi de Santander puis Bridgestone. Au même moment, les clubs mexicains sont invités à participer à la compétition.

En 2004, le Venezuela et le Brésil obtiennent le droit d'aligner un représentant supplémentaire, ce qui porte à 36 le nombre d'équipes engagées. L'année suivante, le format de la compétition est à nouveau modifié cette année avec l'augmentation du nombre de clubs engagés, qui passe de 36 à 38 équipes : l'Argentine obtient un cinquième représentant alors le Mexique peut aligner 3 formations.

Jusqu'en 2016 tandis que la Libertadores se déroule généralement entre janvier et juillet, l'autre grande compétition sud-américaine, la Copa Sudamericana, se tenait entre août et décembre, permettant aux meilleurs clubs de se retrouver deux fois par an. À partir de 2017, la Copa Libertadores se déroule sur l'ensemble de l'année civile ce qui empêche les clubs de participer aux deux coupes continental de clubs. Les clubs mexicains, en raison d'un conflit avec leur calendrier, refusent de participer à cette édition, mais reste invités pour les suivantes par l'organisateur.

Format Qualification upright|vignette|droite|En remportant la Coupe du Brésil en 2010, Santos gagne le droit de disputer la Copa Libertadores 2011.

Lors des premières éditions, seuls les champions des principales fédérations sud-américainesSoit l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l'Équateur, le Paraguay, le Pérou et l'Uruguay peuvent participer à la Copa Libertadores. Dans les années 1970, une seconde équipe par pays est qualifiée et les clubs du Venezuela font leur entrée. Le nombre de participants passe de 24 à 28 puis de 32 à 38 et maintenant à 47 clubs.

Les équipes sont aujourd'hui qualifiées pour la Copa Libertadores grâce à leur victoire en championnat national ou pour avoir fini dans les premières places de ce championnat. Le Brésil, l'Uruguay et le Mexique sont les seuls pays à avoir un second tournoi qualificatif pour la LibertadoresAu Brésil, la Coupe du Brésil, depuis 1989 ; en Uruguay, la Liguilla pre-Libertadores depuis 1974 ; au Mexique, l'InterLiga depuis 2004..

Le Pérou, l'Uruguay et le Mexique utilisent auparavant un deuxième tournoi pour décider de la qualification (respectivement les "Liguilla Pre-Libertadores" entre 1992 et 1997, les "Liguilla Pre-Libertadores de América" de 1974 à 2009 et l'InterLiga de 2004 à 2010). Le Chili utilise encore un concours pour déterminer un participant à la Copa Libertadores, la "Liguilla para Copa Libertadores". L'Argentine n'utilise une méthode analogue qu'une seule fois en 1992. Depuis 2011, le vainqueur de la Copa Sudamericana est automatiquement qualifié pour la Copa Libertadores la saison suivante. Si les vainqueurs de la Copa Libertadores ou Sudamericana se qualifient pour le tournoi grâce à leur performance nationale, une place supplémentaire est attribuée au pays concerné pour la saison concernée.

En 2017, la désormais appelée « Conmebol Libertadores », génère plusieurs modifications, parmi lesquelles le changement dans le calendrier des compétitions et l'augmentation du nombre d'équipes participantes : 47 clubs, l'édition avec le plus d'équipes participantes dans l'histoire du tournoi.

La Copa Libertadores commence par un premier tour préliminaire concernant six équipes classées dans les six nations les moins performantes (Bolivie, Uruguay, Équateur, Pérou, Paraguay et Venezuela). Celui-ci est joué par matchs aller-retour à élimination directe. Les trois équipes qualifiées au tour rejoignent les treize clubs entrant en lice lors du deuxième tour préliminaire, qui se joue également par match aller-retour. Les huit clubs qualifiés s'affrontent pour un troisième tour préliminaire déterminant les quatre et dernière équipes qualifiées pour la phase de groupes. Les deux meilleurs perdants du tour sont repêchées en Copa Sudamericana. Les quatre qualifiés via les tours préliminaires rejoignent les 28 équipes entrant en lice lors de la phase de poules.

Répartition des places attribuées pour la Copa Libertadores1er tour préliminaire (6 équipes) des six nations les moins performantes (Bolivie, Équateur, Pérou, Paraguay, Uruguay et Venezuela) tour préliminaire (16 équipes)Trois qualifiés du tour préliminaire 2 équipes du Brésil 2 du Chili 2 de Colombie 1 d'Argentine 1 de Bolivie

1 de l’Équateur 1 du Paraguay 1 du Pérou 1 de Uruguay 1 du Venezuela tour préliminaire (8 équipes)Huit qualifiés du second tour préliminairePhase de poules (32 équipes)Dernier vainqueur de la Copa Libertadores Dernier vainqueur de la Copa Sudamericana Quatre vainqueurs du tour préliminaire (4) Champion d'ouverture d'Argentine Champion de fermeture d'Argentine Meilleur non-champion d'Argentine cumulé Second meilleur non-champion d'Argentine cumulé (4) Champion du Brésil Second du championnat du Brésil Troisième du championnat du Brésil Vainqueur de la Coupe du Brésil (2) Champion d'ouverture de Bolivie Champion de fermeture de Bolivie (2) Champion d'ouverture du Chili Champion de fermeture du Chili (2) Champion d'ouverture de Colombie Champion de fermeture de Colombie

(2) Champion d'ouverture d'Équateur Champion de fermeture d'Équateur (2) Meilleure équipe cumulée du championnat du Paraguay meilleure équipe cumulée du championnat du Paraguay (2) Champion du Pérou Finaliste du championnat du Pérou (2)