Les Jeux olympiques d'hiver de 2014, officiellement appelés les Jeux olympiques d'hiver, et en russe, sont célébrés du 7 au à Sotchi, ville russe bordée par la mer Noire à proximité du massif du Caucase. L'élection de Sotchi a eu lieu le , lors de la du CIO à au Guatemala. Sotchi a battu les villes de Salzbourg en Autriche (éliminée au ) et PyeongChang en Corée du Sud.
C'est la deuxième fois que les Jeux olympiques se tiennent en Russie après les jeux d'été de Moscou en 1980 et la première fois qu'ils sont organisés dans la fédération de Russie depuis l'éclatement de l'URSS.
« Bâties à partir de rien », les infrastructures des deux pôles principaux de compétition, à Sotchi au bord de la mer Noire et dans la vallée de Krasnaïa Poliana dans les montagnes du Caucase, ainsi que les liaisons routières et ferroviaires, entraînent une explosion du budget initialement annoncé à quatorze milliards d'euros, et qui sera finalement supérieur à (plus de de dollars). Les Jeux de Sotchi sont les plus chers de l'histoire, éditions hivernales et estivales confondues« Sotchi : la Russie peut-elle rentabiliser les JO les plus chers de l’histoire ? », La Tribune.fr, mis en ligne le 6 février 2014..
Ces Jeux composés de pour dans , comportent épreuves, dont les apparitions du slopestyle en ski et en snowboard et du saut à ski féminin.
La Russie domine le tableau des médailles avec un total de pour , mais après la révélation quatre ans plus tard du dopage institutionnel russe ayant entraîné des sanctions du CIO, c'est la Norvège qui apparait en tête de ce tableau. Sur un plan individuel, la patineuse de vitesse néerlandaise Ireen Wüst est l'athlète la plus médaillée de ces Jeux avec cinq podiums au sein d'une équipe des Pays-Bas qui bat des records en accumulant dans cette seule discipline. Le biathlète norvégien Ole Einar Bjørndalen devient le sportif numéro un des Jeux olympiques d'hiver en portant son total à (dont 8 en or) depuis 1998, tout comme sa compatriote skieuse de fond Marit Bjørgen qui s'installe en haut du palmarès féminin avec trois nouveaux titres pour un cumul de . L'Américaine Mikaela Shiffrin, et , est la plus jeune championne olympique de slalom, l'Autrichien Mario Matt, et , le plus vieux médaillé d'or du ski alpin et l'Américain Bode Miller, du super-G à et , le plus vieux médaillé. Enfin, l'Italien Armin Zöggeler, médaillé de bronze en luge, est le premier sportif à gagner six médailles en six éditions successives des JO d'hiver.
En , les premières sanctions à la suite de la révélation du scandale de dopage d'État organisé par la Russie lors de ces Jeux sont prononcées par le Comité international olympique. Le fondeur russe Alexander Legkov, vainqueur du et deuxième du relais est disqualifié. Il doit rendre sa médaille d'or et tout le relais russe perd sa médaille d'argent. Il en va ensuite de même pour le vainqueur de la compétition masculine de skeleton, Alexander Tretiakov puis pour les doubles médaillés d'or en bobsleigh Aleksandr Zubkov et Aleksey Voyevoda. Au , quarante-trois sportifs russes ayant concouru à Sotchi ont été disqualifiés, et treize médailles ont été retirées, dont quatre en or. Autre conséquence directe, la Russie est suspendue des Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang 2018, ses athlètes étant toutefois autorisés à y participer sous drapeau olympique et sous réserves.
En , le TAS (tribunal arbitral du sport) lève les sanctions de 28 des disqualifiés des Jeux de Sotchi et suspendus à vie par le CIO. Les Russes récupérèrent la plupart des médailles gagnées à Sotchi. Parmi les « sauvés » par le TAS, nous trouvons le fondeur Alexander Legkov et Alexander Tretiakov (skeleton), qui avaient tous deux décroché l'or à Sotchi. Le TAS a estimé que les preuves étaient « insuffisantes » pour établir des cas de dopage à l'encontre de ces sportifs. La réhabilitation de ces athlètes permet à la Russie de retrouver la première place au tableau des médailles de Sotchi avec , et , la Norvège et le Canada complétant le podium. Le CIO, qui avait fait appel de cette décision en , est débouté par la justice suisse sur le cas Legkov. Le CIO déclare : «... puisque les 28 décisions motivées du TAS sont similaires, le CIO ne fera pas appel pour les 27 autres cas »...
Sélection des villes
Sept villes se déclarent initialement candidates à l'organisation des Jeux olympiques de 2014 : Almaty au Kazakhstan, Borjomi en Géorgie, Jaca en Espagne, PyeongChang en Corée du Sud, Salzbourg en Autriche, Sofia en Bulgarie et Sotchi en Russie. Après examen des dossiers des villes requérantes, la commission exécutive du Comité international olympique annonce le que trois villes sont sélectionnées en tant que finalistes : Pyeongchang, Salzbourg et Sotchi. Le , pendant la session du CIO à Guatemala, les Jeux olympiques d'hiver de 2014 sont attribués à Sotchi, qui devance PyeongChang par contre 47 au deuxième tour.. Elle devient ainsi la première ville russe à accueillir les Jeux d'hiver, alors que Moscou avait organisée les Jeux olympiques d'été de 1980.
Dès son élection, le choix de la ville hôte soulève des questions. Du point de vue météorologique, le climat relativement doux dont bénéficie Sotchi, ville balnéaire située au bord de la mer Noire, en zone subtropicale, et sa région, fait courir le risque que les conditions climatiques ne soient pas celles attendues pour la bonne tenue des épreuves de sports d'hiver. .. Par ailleurs, les infrastructures nécessaires à l'organisation des Jeux sont presque toutes inexistantes au moment du vote, contrairement aux autres villes concurrentes.. Enfin, la situation géographique de Sotchi, située à proximité de régions instables sur le plan géopolitique, comme l'Abkhazie, fait planer des doutes sur la sécurité des Jeux.. Sur l'ensemble de ces points, le président russe Vladimir Poutine, qui s'est impliqué personnellement de la défense de la candidature de Sotchi, prononçant notamment devant les membres du le premier discours en anglais de sa carrière, se montre rassurant..
Résultats du choix de la ville candidate Ville candidate Pays Sotchi3451PyeongChang3647Salzbourg25-
Organisation
Le Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2014 (SOOC selon son sigle anglais) est chargé de l'organisation de ces Jeux.
Logo et slogan Deux logos différents ont été créés pour ces Jeux olympiques d'hiver de 2014, une pour la candidature de Sotchi et l'autre en tant que marque des Jeux eux-mêmes. Le logo officiel des Jeux olympiques est créé par l'agence internationale de marketing Interbrand et est présenté en à Moscou. C'est la première fois dans l'histoire des emblèmes des Jeux olympiques qu'une adresse Web, sochi.ru, y est indiquée. La typographie de Sotchi et 2014 est telle que les deux termes pratiquement symétriques se font miroirCorrespondance de S avec 2, o avec 0, i avec 1 et symétrie du h avec le 4, illustrant le fait que Sotchi est le point de rencontre entre la mer Noire et les montagnes du Caucase qui se reflètent dans cette mer ..
Alors que le slogan de la candidature était (« La porte du futur »), le slogan officiel pour ces Jeux est dévoilé en 2012 par le comité d'organisation : (« Chaleureux. Hivernaux. Pour toi »).
Mascottes Les trois mascottes sur des timbres.|vignette La sélection des mascottes des Jeux olympiques et paralympiques 2014 a été faite à l'issue de l'émission de télévision « Talismaniya Sochi 2014 – The Final » le . Le choix du léopard des neiges Barsik, du lapin Zaïka et de l'ours polaire Mishka (qui représentent respectivement l'or, l'argent et le bronze du podium olympique) comme mascottes olympiques a fait l'objet de controverses, notamment en ce qui concerne une fraude possible lors du vote par téléphone qui a placé en tête le léopard des neigesLe léopard a recueilli 28 % des voix, l'ours polaire 18 % et le lapin 16 %., candidat favori de Vladimir Poutine . Au cours de cette même émission, le rayon de soleil Loutchik et le flocon de neige Snejinka n'ayant pas été retenus, ils sont choisis comme mascottes des Jeux paralympiques par un jury composé de paralympiens.
Torche olympique thumb|Relais de la flamme olympique à Moscou.
La présentation de la torche olympique s'est déroulée en . Il s'agit d'un objet de de haut, dans sa partie la plus large, pesant . Elle a l'apparence d'une plume chrome argentée, rehaussée en son milieu d'une surface transparente rouge foncé, couleur traditionnelle de la Russie depuis le , symbolisant l'oiseau de feu né du folklore russe. Son équipe de designers, dirigée par Vladimir Pirojkov et Andrei Vodyanik, l'a conçue pour qu'elle puisse brûler malgré les contraintes climatiques russes..
Le parcours de la torche olympique pour les JO de 2014, qui a été allumée à Olympie le , débute le à Moscou et dure . Près de à travers des de Russie la portent le long de ce périple et ont été fabriquées à cet effet. Ce parcours cumule les records. En effet, la torche a fait un séjour dans l'espace du 7 au , dans la station spatiale internationale, elle a parcouru à bord du plus grand brise-glace à propulsion nucléaire du monde, le 50 Let Pobedy, pour faire l'aller-retour entre Mourmansk et le Pôle Nord géographique revendiqué par la Russie par le biais de la dorsale de Lomonossov. Elle est descendue dans les profondeurs du lac Baïkal en Sibérie et est montée, début février, au plus haut sommet d'Europe, le mont Elbrouz dans le Caucase. Elle a effectué en tout et pour tout un périple d'environ , un record qui permet à Moscou de mettre en scène sa souveraineté et de créer un effet unificateur pour la nation russe.
Médailles Parmi les distribuées lors de ces jeux, les sept attribuées le contenaient un fragment du météore de Tcheliabinsk, pour marquer le premier anniversaire de la chute de ce bolide ; il s'agit des médailles d'or de slalom géant féminin, du relais féminin en ski de fond, du saut à ski sur gros tremplin, du skeleton masculin, du masculin en patinage de vitesse, et du féminin et du masculin en short track..
Sécurité Les attentats de décembre 2013 à Volgograd (Russie), survenus quelques semaines avant le début des JO, visent, selon plusieurs analystes, à créer une . Gérard Chaliand rappelle par ailleurs en 2008Madeleine Leroyer, « Volgograd touchée par un deuxième attentat », in Le Figaro, mardi 31 décembre 2013, page 4.Gérard Chaliand, interviewé par Patrick Bèle, « Les séparatistes se sont reconvertis dans l'islamisme », in Le Figaro, mardi 31 décembre 2013, page 4..
Face à cette menace, , militaires et agents de renseignements sont mobilisés pour ces jeux, dont dans l'enceinte olympique protégée par un mur de trois mètres de haut. D'autres dispositifs de surveillance et de protection sont également déployés : , des drones, des missiles sol-air, des systèmes sophistiqués de détection aérienne et sous-marine (dont six batteries Pantsir S-1 pour assurer une bulle de protection resserrée autour du village olympique) et en mer des navires de surface et des sous-marins russes, assistés de deux navires de guerre, une frégate et le navire de commandement américain https://www.francetvinfo.fr/monde/jo-de-sotchi-l-un-des-deux-navires-americains-envoyes-en-mer-noire-s-est-echoue_533391.html JO de Sotchi : l'un des deux navires américains envoyés en mer Noire s'est échoué. Toutes les communications (téléphoniques, internet) sont surveillées par le système SORM du FSB.
Contrats publicitaires Les contrats publicitaires affichent une hausse continue. À la veille des jeux, la compagnie américaine de télévision NBC en est déjà à de dollars de contrats publicitaires, un record pour elle..
Constructions sportives
vignette|upright=1.2|Vue panoramique du parc olympique.
Les jeux se passent dans deux sites : le complexe côtier qui comprend le parc olympique de Sotchi situé dans le microraïon d'Adler ;