Le carnaval d'Ivrée est une manifestation carnavalesque de la commune d'Ivrée dans la province de Turin.
Il se déroule durant les trois jours gras, dimanche, lundi et mardi gras précédant le mercredi des Cendres.
Présentation L'origine du carnaval actuel remonte en 1808, année durant laquelle l'autorité napoléonienne recommanda d'unifier les précédents carnavals de quartier en une seule et unique fête. Celle-ci était jadis différente de celle d'aujourd'hui dans sa forme et son déroulement, comme on peut le voir dans sa description en 1866. Toutefois, certains éléments n'ont pas changé : le « roi » du carnaval est toujours le général d'Ivrée, la meunière, les fifres et les tambours sont toujours là. Et à la fin du carnaval on brûle toujours les scarli.
Le programme de la manifestation s'articule de nos jours principalement autour du défilé du cortège et de la bataille d'oranges. La thématique du cortège est un mélange habile de divers épisodes de l'histoire, de la lutte contre l'odieux (la légende dit qu'il fut tué par la Mugnaia, la reine du carnaval), à l'écho de la révolte populaire des , jusqu'aux symboles de la révolte jacobine (bonnet phrygiens,..) et aux uniformes de l'armée napoléonienne.
Le véritable clou du carnaval est la spectaculaire bataille d'oranges.
Description du carnaval d'Ivrée en 1866
Jules Amigues écrit dans Le Monde illustréJules Amigues Le Carnaval d'Ivrée, Le Monde illustré, 24 février 1866, pp. 124-125. :
Le carnaval d'Ivrée aujourd'hui Le défilé du cortège Il débute par les fifres et les tambours, suivi par les alfieri porteurs des bannières puis par les officiels en costume médiéval et en uniforme napoléonien. L'émotion culmine avec le passage du char doré de la Mugnaia (la meunière), l'héroïne de la révolte. Accompagnée sur le carrosse de pages, vêtue d'un manteau d'hermine et coiffée d'un bonnet phrygien, elle lance généreusement à la foule des poignées de bonbons et des branches de mimosas. La bataille d'oranges
Elle se déroule sur les principales places de la ville qui se recouvrent vite d'un épais tapis composés d'agrumes éclatés pendant trois jours. Les marchands prétendent que plus de 500 tonnes d'oranges sont lancées entre les arancieri (littéralement « lanceurs d'oranges », casqués et revêtus de protections) perchés sur des chars représentant les différents quartiers de la ville et des milliers de participants (appelés « les roturiers ») non protégés. Il est conseillé aux spectateurs de porter un bonnet rouge supposé leur épargner d'être pris pour cible..
La fagiolata Il s'agit de quintaux de haricots mijotés avec de la couenne de porc, dans de grands chaudrons, et distribués à volonté aux visiteurs le dimanche matin précédant la bataille d'oranges. Moins connue, est la distribution de polenta et morue (plat traditionnel du Vendredi saint), organisée le mercredi des Cendres. La fin du carnaval Après l'incendie du dernier scarlo, celui du quartier de Borghetto, le général et son état-major descendent de cheval. Et le cortège du carnaval traverse le Ponte Vecchio, et par la via Guarnotta, la piazza Maretta, la via Arduino et la via Palestro arrive jusqu'à la piazza Ottinetti. Le long du parcours, devant la foule silencieuse, les fifres et tambours exécutent la triste et lente Marcia funebre (Marche funèbre). Arrivés piazza Ottinetti ils exécutent pour la dernière fois, pour le remercier la Marcia del Generale (Marche du Général). Puis la fête se termine avec le salut traditionnel en dialecte Arvedse. Salut avec lequel on se donne rendez-vous pour le carnaval de l'année prochaine.
Illustrations
Notes et références
Catégorie:Ivrée Catégorie:Folklore italien Catégorie:Culture au Piémont Ivrea